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Rue des voleurs de Mathias Enard ; une promesse non tenue (Litterature francaise)

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Rue des voleurs de Mathias Enard, c’est l’histoire d’un jeune marocain ordinaire de Tanger trop épris de liberté qui rêve d’exil et va vivre dans l’errance, alors que l’Europe se retrouve frappée par la crise économique et que les pays arabes vivent leurs “révolutions”.

Littérature française – Rue des voleurs de Mathias Enard


 

rue des voleursQuelle est l’histoire de la Rue des voleurs de Mathias Enard? Lakhdar voit sa vie basculer le jour où il est surpris par sa famille dans les bras de sa cousine, Meryem. La jeune fille est répudiée, envoyée dans la campagne marocaine où elle ne vivra que de souffrances. Lakdhar lui est rejeté par sa famille, jeté comme un chien à la rue, sans travail, sans toit, sans famille désormais. Après un an d’errance, il rejoint un groupe d’islamistes qui lui donnent du travail et un emploi en échange d’un petit travail de libraire. Lakdhar va à la mosquée, mais regarde avec incrédulité ces croyants qui veulent porter le glaive de l’Islam. Lui rêve de filles, de Meryem, de l’Europe qui est à quelques encablures de Tanger, d’Occident. Du Maroc, il voit la vie défiler autour de lui: les révolutions arabes sont ailleurs, de même que l’avenir. Petit à petit il sera emporté loin de son pays natal vers l’Espagne où il se rendra compte que là aussi la Révolution fait rage mais qu’elle ne va pas non plus le concerner.

J’ai été un peu déçue par Rue des voleurs. Si je reconnais que l’auteur connaît bien et même très bien la société arabe et l’Espagne, ce qui lui permet d’en donner une vision plus réaliste et moins idyllique, son traitement des Révolutions arabes et des mouvements des Indignés en Espagne m’a paru plus faible. Je trouve ses propos sur les Révolutions proches finalement de ce qui est dit dans la presse et je n’ai pas senti l’apport de l’écrivain là-dessus. Je trouve enfin que son livre est beaucoup trop terre-à-terre. J’ai beaucoup de mal quand, dans un roman, la narration de Rue des voleurs fait référence à des événements contemporains, ce qui est le cas ici. On trouve entre autres, les Révolutions arabes, le mouvement des indignés, mais également les meurtres à Montauban. Ce genre d’évocations me fait tout de suite sortir du livre, j’y vois alors une évocation banale de l’actualité, d’autant que l’auteur n’a finalement pas de point de vue éclairant (ou surplombant) sur ces affaires. Enfin, un autre livre, une autre histoire m’aurait énormément intéressée: celle de Meryem, rejetée par sa famille, morte en couche après avoir accouchée de son premier enfant. Dommage, le livre me laisse sur ma faim, malgré de très beaux passages…

Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l’os pourri qu’on voudra bien leur lancer, et moi tout comme eux, je suis un être humain, donc un détritus vicieux esclave de ses instincts, un chien, un chien qui mord quand il a peur et cherche les caresses.

… et cette phrase “j’ai fait usage du monde”, comme une promesse non tenue finalement.

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