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Saint Nectaire ; Tours et détours dans la France profonde en Auvergne

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Après une petite étape à Salers, nous faisons une seconde étape auvergnate pour consacrer un peu de temps à la visite des superbes églises romanes du secteur : Saint Nectaire, Orcival, Saint Saturnin, … mais aussi pour découvrir l’architecture civile et déguster quelques bonnes spécialités de la région.

 

Après notre bref séjour à Salers, nous arrivons à Saint Nectaire pour passer quatre jours dans cette partie de l’Auvergne qui comporte en autres, … mais au préalable il faut que j’avoue que je suis un fanatique d’art roman et que j’admire plus particulièrement l’art roman auvergnat, une pléthore d’églises romanes toutes plus harmonieuses les unes que les autres. Donc, à proximité de Saint Nectaire on peut voir les cinq églises majeures de l’art roman auvergnat : Saint Nectaire évidemment, Notre-Dame à Orcival, Saint Saturnin dans le village du même nom, Saint Austremoine à Issoire et Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand. Attention, il ne s’agit pas de la cathédrale de Clermont-Ferrand mais d’une autre église érigée dans ville basse.

Nous arrivons à Saint Nectaire en fin de journée et nous pouvons admirer dès notre arrivée le joyau de la ville sur son promontoire qui domine la cité sans l’écraser. Mais, avant d’entreprendre une visite plus studieuse, nous rejoignons notre logis pour le séjour : la Villa Saint Hubert, où un couple de Néerlandais ayant choisi de vivre en France a rénové cette ancienne demeure pour y faire un gîte et quatre chambres d’hôte dont l’une nous abritera pendant les trois nuits où nous résiderons dans cette ville. Nous acceptons l’offre de notre hôtesse qui nous propose de partage le diner qu’elle a préparé pour ceux qui sont hébergés ce jour à la villa et nous passons une excellente soirée avec nos hôtes et deux autres couples qui séjournent comme nous à la Villa Saint Hubert.

saint nectaire auvergne

La journée du lendemain est bien évidemment réservée à une visite minutieuse et enthousiaste de cette merveilleuse église que j’avais découverte en voyage d’étude dans les années soixante, tout nous ramène toujours à ces fameuses années où le monde changea de face. L’église est toute pimpante, juste au sortie d’une cure de rafraichissement qui, à mon goût, est peut-être allée un peu trop loin en éclaircissant un peu trop la lumière ambiante. Le blanc a peut-être été utilisé avec trop de générosité, il aurait peut-être fallu mieux préserver cette lumière plus discrète, plus appropriée à la piété, que j’avais découverte à ma première visite, mais la mémoire peut trahir facilement, alors … Cette église reste tout de même une merveille d’harmonie et d’équilibre malgré le passage des hommes de Viollet-le-Duc qui n’hésitaient à refaire plutôt qu’à conserver et à interpréter plutôt qu’à lire. Nous avons aussi la chance d’être guider par un jeune homme passionné qui connait parfaitement les lieux et qui sait interpréter les intentions spirituelles des bâtisseurs même si parfois ses intentions sont beaucoup plus pragmatiques. Il faut tout de même que l’édifice tienne debout ! Et, juste un autre petit bémol, l’édifice semble un peu échapper au brave Saint Nectaire pour être de plus en plus dévolu au sacro-saint tourisme. Mais de telles merveilles ne peuvent pas rester ignorées des masses bien longtemps.

Nous terminons notre première journée par une visite aux grottes du Cornadore qui ont abrité des termes romains. Cette visite est un peu courte et pour tout dire un peu décevante, elle sert juste de préambule à la traversée du magasin où l’on essaie de vendre des babioles auvergnates produites dans des pays qu’on appelle désormais « low coast » pour que personne ne puisse y attacher une connotation péjorative. Et nous achevons cette journée dans un restaurant tout à fait correct au centre ville.

Notre deuxième journée commence par une excursion sur les pentes de l’impressionnante forteresse de Murol, un château fort vraiment très fort, sous un soleil de plomb, on peut manger l’aligot et la truffade, il est facile d’éliminer sur de tels reliefs avec un tel soleil. Le château de Murol est un magnifique château fort qui domine la vallée entre le lac de Chambon et Saint Nectaire, il comporte de magnifiques vestiges et il offre des panoramas splendides sur la ville et la campagne environnante. Une très belle visite qui se mérite car il faut grimper là-haut sous un soleil généreux et peu avare de ses rayons. Juste un petit repas rapide sur les berges du charmant lac de Chambon et nous reprenons la route pour visiter cette fois les grottes de Jonas qui sont en fait des habitations troglodytiques creusées à flanc de falaise avec tous les attributs d’une cité médiévale : église, grenier, prison, etc … Cette visite sollicite elle aussi les mollets et chauffe aussi copieusement car le soleil darde la falaise qu’il faut explorer pour découvrir toutes les excavations creusées par les habitants pour s’abriter, se protéger et réaliser tous les actes de leur vie quotidienne. Un véritable village à la verticale. Comme ce site est à quelques kilomètres seulement de la petit ville de Besse qui a donné naissance à la station de ski de Super-Besse, nous décidons de pousser jusqu’à cette bourgade pour terminer la journée par un repas réparateur après toutes les calories dispersées sur les diverses pentes que nous avons dû escalader, sans compter tous les escaliers que nous avons grimpés pour atteindre le sommet des édifices que nous avions choisis de visiter. Nous ne nous attendions pas à trouver une petite cité historique truffée d’édifices renaissance, notamment, maisons à échoppe, tours, portes, … et une inévitable église romane. Une belle surprise qui nous a fait oublier l’orage mais ne nous a pas dissuadés de déguster un dernier tripoux avant la fin de notre voyage.

Et le dernier jour des vacances arrive, mais nous ne sommes pas amers, nous avons vécu de très bon moments et nous avons plein d‘images dans la tête, des saveurs plein les papilles, des odeurs plein le nez, des silences plein les oreilles et de l’amitié vécue aux détours de nombreuses routes. Mais avant d’évoquer le passé, nous devons faire encore une visite longuement attendue : revoir Notre-Dame d’Orcival que j’avais découverte, elle aussi dans ces fameuses années soixante. Nous découvrons cette merveille absolue avec un brin de déception, les travaux de réception sont en cours et les échafaudages masquent une partie du fameux chevet de cette basilique. L’intérieur mérite lui aussi une cure de jouvence qui est programmée mais la basilique est tout de même splendide et impressionne toujours par son équilibre, son harmonie, son ambiance pieuse, sa sobriété, et … on pourrait allonger cette liste car cet édifice est une merveille d’architecture au service d’une grande piété. Nous déjeunons sous les murs de la basilique  et, comme pour retarder la fin du séjour, nous décidons de faire le détour par Saint Saturnin pour faire découvrir l’église romane que je ne connais pas encore. Et, là aussi nous ne sommes pas déçus car l’église, si elle n’est pas plus grande, est peut-être la plus authentique des églises romanes auvergnates étant restée à l’abri des restaurations souvent intempestives. C’est cette église qui aurait servi de modèle à la construction de toutes les autres mais qui il conviendrait de solliciter l’avis des experts pour l’affirmer avec plus de certitude. Saint Saturnin possède aussi de nombreux édifices historiques dont un énorme château que nous n’avons pas le temps de visiter mais que nous reviendrons voir un jour prochain car cette région comporte trop de richesses pour les quelques jours que nous lui avons consacrés et une expédition en Albigeois étant programmée en octobre, il pourrait y avoir une opportunité à cette occasion.

Nous n’achèverons donc pas nos vacances en ce jour, nous nous octroierons encore une étape dans un charmant hôtel de Digoin où nous prendrons un dernier succulent repas. Et, le lendemain aux aurores déjà bien avancées, nous prendrons la route pour regagner notre demeure et vaquer à nos occupations habituelles.



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A propos de l'auteur

Retraité depuis juin 2007, je suis un dirigeant sportif très impliqué mais surtout un passionné des littératures du monde. "La littérature pour passion, le sport pour engagement" De formation historienne, maîtrise, que je n'ai jamais utilisée dans mon job que j'ai exercé pendant plus de 33 ans dans une institution qui se préoccupe de l'économie et de la vie des entreprises.

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