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Un roman français de Frédéric Beigbeder : entre soupirs et agacement

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Dans Un roman français de Frédéric Beigbeder, l’auteur essaie d’explorer l’identité et de répondre à la question : qui suis-je? D’où est-ce que je viens?

un roman francais Frédéric BeigbederUn roman français ayant obtenu le prix renaudot 2009, prix attribué il y a quelques années à un livre que j’aime beaucoup, Une suite française d’Irène Némirovsky, je me suis laissée tenter. Les intentions de son auteur me paraissaient engageantes: voir à travers un homme le destin d’une nation défaite, mais persuadée d’être encore victorieuse.
Malheureusement, je devais rapidement me rendre compte que ce roman n’était pas différent de l’édition française actuelle: autobiographique, fortement attiré par le fait divers, plus proche de référents télévisuels que de références littéraires.

Alors voilà l’histoire de Frédéric, l’auteur du roman, qui au sortir d’une boite de nuit se fait choper à sniffer de la came sur le capot d’une voiture. Il est arrêté avec un autre auteur (anonyme celui-là) par la police qui les amène au dépôt de l’île de la cité. Là notre Frédéric bien-aimé va faire le bilan de sa vie, depuis sa naissance jusqu’à ce jour fatidique où il devra
partager sa cellule avec des petits criminels. En revenant sur la rencontre entre ses deux parents, l’auteur évoquera également les origines de sa famille au début du siècle. Dans cet essai de psychanalyse condescendante, on apprendra également que Frédéric aime beaucoup son frère (et l’admire), qu’il est sensible, qu’il a eu à Neuilly une enfance pas facile, et que le divorce de ses parents l’empêche de construire des relations durables. Certes.

Sauf que Frédéric ayant eu une vie relativement banale, elle n’a pas plus d’intérêt littéraire que celle d’un voisin, d’un ami ou d’un collègue. Ce qui aurait pu la rendre intéressante littérairement relève justement de l’écriture littéraire: une certaine distanciation avec le récit autobiographique, un ancrage plus historique, une écriture plus romanesque ou plus poétique.

Sauf qu’il n’y a rien de cela dans ce roman. Alors que reste-il? Les jérémiades d’un enfant de 30 ans qui passe une nuit en prison parce qu’il a fait une bêtise et qui a peur de ne plus en sortir. Pathétique. Certains critiques louent son humour. Mais dans ce cas, Bigart aussi a de l’humour, il n’en est pas écrivain pour autant. Qu’un tel roman soit publié, cela ne me surprend plus: l’édition française se complaît dans l’autobiographique bourgeoise (avec une prédilection pour les histoires de coucheries), dans le fait divers, dans l’absence de récit et d’imagination (mot visiblement à proscrire dans les maisons d’édition). Qu’il est eu un prix me surprend plus. On ne va pas en plus leur donner des prix, histoire de les confirmer dans leur sottise. Peut-être était-il le meilleur roman de la sélection? Et dans une société où il faut donner son bac à tout le monde, peut-être qu’il faut des prix littéraires, aussi ineptes soient-ils? Histoire de croire
que non seulement notre nation n’a pas été défaite mais qu’elle a encore une littérature française.

PS: une critique sur le net compare Beigbeder à Sartre, son Roman Français au Mots. Rires. Soupirs avec une pointe d’agacement.


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Un commentaire

  1. Il n’y a rien dans ce roman. C’est juste le vide sidéral. Une enfance bourgeoise, un couple divorcé, oui, et alors ? Deux nuits en garde à vue ? La belle affaire !!! Ce récit est d’un plat incroyable, sans émotion. Si c’était l’intention de son auteur, c’est une réussite.

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