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Agenda Allemagne: Festivals musicaux, Opéras et Concerts à ne pas manquer

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 Agenda Allemagne… Découvrez les festivals de musique et Concerts à ne pas manquer en Allemagne!

  • Festival Richard Strauss à Garmisch Partenkirchen

    Kazuki Yamada dirige la Staatskappelle de Weimar

    Premier grand concert d´une semaine festivalière riche en découvertes musicales avec ce brillant chef japonais de renommée internationale qui vit aujourd´hui à Berlin. Kazuki Yamada dirige depuis 2010 l´Orchestre de la Suisse romande, et, depuis septembre 2014, est aussi le chef principal invité de l´Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, dont il deviendra le Directeur artistique et musical à partir de la saison 2016/2017. A Garmisch, il dirige l´Orchestre d´Etat de Weimar (Staatskappelle Weimar), un orchestre quadricentenaire avec lequel collabora en son temps Richard Strauss, un compositeur qui occupe une place de choix dans son répertoire. La Staatskappelle a fait le déplacement au grand complet puisque la première oeuvre interprétée, le Don Juan du jeune Richard Strauss, demande le déploiement d´un grand orchestre de 80 instrumentistes.
     

    En 1888, Richard Strauss n´a que 24 ans lorsqu´il compose son poème symphonique Don Juan au départ d´un poème du poète romantique autrichien Nikolaus Lenau (1802-1850), un homme tourmenté au destin tragique puisque il meurt interné dans un asile. Si Strauss place trois extraits du poème de Lenau dans la préface de sa partition, il ne souhaite cependant pas que son oeuvre rappelle ou s´inscrive dans la tradition du Don Giovanni de Mozart ou des oeuvres littéraires qui ont contribué á élaborer le mythe d´un grand séducteur. Son objectif avoué est de „produire par l´expression de la musique érotique une impression profonde à tous ceux qui sont capables de la ressentir“.

    Kazuki Yamada, lutin bondissant, maîtrise à la perfection l´orchestration straussienne du poème symphonique en faisant virevolter le grand orchestre des expressions musicales d´ensemble à l´individualisation des groupes musicaux. Il donne à voir et à ressentir jusqu´à la moelle l´érotisme de cette oeuvre qui évoque la personnalité pulsionnelle du séducteur dont elle évoque d´abord l´histoire pour la mêler ensuite aux thèmes qui incarnent la femme et l´idéal féminin. Une musique qui nous traverse et nous emporte comme un torrent.


    Vient ensuite le concerto en ré mineur pour violon, op.8, une oeuvre de jeunesse pour virtuose que Strauss conservera malgré les réserves qu´il émettra lui-même dans la maturité à l´encontre de ce concerto rarement pratiqué, même si quelques grands violonistes l´ont interprété. Le Festival de Garmisch, qui s´est donné cette année  pour objectif  de revisiter l´oeuvre de jeunesse de Richard Strauss, l´a placé au programme en ayant soin de choisir un orchestre, un chef et une violoniste rompus au langage straussien. Et la rencontre de Kazuki Yamada, un chef qui allie à la vivacité du geste un langage aussi complexe que précis, avec Isabelle van Keulen, une violoniste enthousiaste et brillante qui a déjà enregistré un CD consacré à Strauss, a tiré le meilleur de ce concerto dont ils ont donné une interprétation inspirée. Isabelle van Keulen dispose d´une puissance et une fulgurance d´interprétation  nourries de la plus fine des intelligences musicales. Largement applaudie, elle interprétera encore le thème des Variations Goldberg de Bach qu´elle a elle-même adapté pour violon.
    La seconde partie de la soirée s´ouvre avec un moment plus léger, quasi anecdotique, les trois préludes de Guntram, le premier opéra de Strauss, avec ses accents encore très wagnériens. Les musiciens de la Staatskappelle l´interprètent avec l´affection familière qu´on a pour ses ancêtres puisque cet opéra connut sa première en 1895 précisément à Weimar. La soirée s´achève en apothéose avec Tod und Verklärung (Mort et transfiguration), un poème symphonique d´un mysticisme inspiré que Strauss compose alors qu´il n´a encore que 25 ans, juste après avoir terminé son Don Juan. Dans cette oeuvre à l´aura métaphysique, Strauss aurait voulu exprimer la dernière heure d´un artiste dans une expression musicale où le sublime dépasse le tragique. L´interrogation sur la mort se retrouve à plusieurs reprises dans l´oeuvre de Strauss et notamment dans le célèbre vers des Quatre derniers Lieder, « Ist dies etwa der Tod? ».  Richard Strauss évoquera d´ailleurs cette oeuvre sur son lit de mort. Kazuki Yamada et la Staatskappelle de Weimar en dont donné une interprétation pénétrée, solennelle et mystique, un très grand moment musical.

    Pour en savoir plus sur le Festival Richard Strauss, visiter son site

    Les King´s Singers au Festival Richard Strauss à Garmisch Partenkirchen

    Un charmant divertissement vocal

    Les organisateurs du Festival Richard Strauss 2015 nous ont offert une soirée quelque peu hors contexte en invitant le choeur a cappella très british des  King’s Singers (littéralement ‘Les chanteurs du roi) à venir se produire sur la scène de la Maison du Congrès de Garmisch. Le nom de ce groupe de vocalistes rappelle son origine,  le King’s College à Cambridge en Angleterre, où le groupe a été formé par six élèves en 1968.  Le groupe se compose de six chanteurs, avec des membres qui changent au fil des ans. Ses membres actuels sont deux contreténors, David Hurley et Timothy Wayne-Wright, un ténor, Julian Gregory, deux barytons, Christopher Bruerton et Christopher Gabbitas, et une basse, Jonathan Howard. Hier soir, les six vocalistes ont interprété des chants choraux d´Orlando de Lassus, Claude Debussy, Gyorgy Ligetti et de Paul Drayton, ainsi que trois choeurs pour hommes de Richard Strauss d´après des poèmes de Friedrich Rückert.

    Les King´s Singers (Photo Axel Nickolaus)
    Musica Dei donum optimi
    Trahit homines, trahit deos
     
     
     
    D’emblée, les King´s Singers séduisent avec des chants médiévaux d´Orlando de Lassus qu´ils interprètent avec la technique vocale impeccable qui les caractérisent. Le Moyen Age est encore à l´honneur avec les poèmes de Charles d´Orléans mis en musique par Claude Debussy. La modernité est  présente avec les amusantes compositions de Ligetti notamment inspirées d´Alice au pays des merveilles, des morceaux qui exigent des prouesses et des jongleries vocales dont semblent se jouer les chanteurs des King´s Singers. En fin de spectacle, le groupe propose l´étonnant Masterpiece de Paul Drayton, une oeuvre qui a pour ambition de résumer en une dizaine de minutes quatre cents ans d´histoire de la musique, en pastichant avec humour le style des plus illustres des compositeurs, Bach, Haendel, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Debussy, Johann Strauss, Wagner, et jusqu´à John Cage ou Gershwin.
     
    Cette agréable soirée a surtout permis aux festivaliers straussiens d´entendre des oeuvres chorales pour choeurs d´hommes de Strauss qui sont rarement exécutées. Richard Strauss aimait la poésie intimiste de Friedrich Rückert, un contemporain de Hölderlin, dont il appréciait les fioritures, qu´il estimait stimulantes pour la composition. C´est à Garmisch-Patenkirchen qu´en 1935, il composa trois choeurs d´hommes au départ de ces poèmes. Il les dédicaca à son ami Eugen Papst et aux choeurs d´hommes de la ville de Cologne dont il avait remarqué les qualités dès 1924. Ils furent chantés pour la première fois à Cologne sous la direction de Papst en avril 1936. Les King´s Singers ont interprété successivement Vor den Türen, Traumlicht et Fröhlich im Mayen, avec une pronociation et une diction allemandes irréprochables. Ils ont d´ailleurs présenté tout leur programme dans la langue de Goethe. 
     

    Christa Ludwig dirige les master classes au Festival Strauss de Garmisch Partenkirchen


     

    On fait sa carrière avec sa tête, pas avec sa voix!

     

    La Kammersängerin Christa Ludwig et le pianiste Julian Riem

    Avoir la chance de suivre une classe de maîtrise donnée par Christa Ludwig est une des plus belles expériences que l´on puisse vivre au Festival Richard Strauss de Garmisch. La mezzo-soprano allemande est âgée de 87 ans, un âge qu´elle porte magnifiquement avec la fierté d´une existence consacrée au chant lyrique où elle s´est illustrée depuis la fin des années 40 jusqu’au début des années 1990, aussi bien dans l’opéra que dans les lieder. Une des plus grandes voix du 20ème siècle donne aujourd´hui des classes de maîtrise avec une générosité qui n´a d´égale qu´une exigence extrême. Une main de fer dans un gant de velours, pour le plus grand bien des jeunes qui viennent bénéficier de son expertise.

     

    Christa Ludwig n´y va pas par quatre chemins! Elle dit clairement ce qu´il y a à dire, mais toujours avec affection, tact et respect pour le jeune chanteur qui vient recevoir son enseignement. L´épreuve est d´autant plus grande pour les élèves qu´elle se déroule ici en public, mais le chant lyrique est un art qui ne peut s´encombrer de timidité. Concentrée, attentive, Christa Ludwig relève le moindre défaut, corrige la moindre erreur. Chaque consonne, chaque voyelle comptent, l´articulation, la diction, la projection de la voix, l´interprétation totale du texte, la compréhension des émotions qu´il véhicule, tout compte, tout a la plus grande importance. Il faut que le chant serve le texte et la musique, il faut que le public sente le texte pénétrer son âme et éveiller ses sens. Le corps doit exprimer ce que la bouche chante. Dans les Lieder de Strauss, là où il est souvent question d´amour, Christa Ludwig insiste sur l´expression correcte des modulations infinies de l´amour, de l´attente amoureuse, au ressenti des sensations corporelles, de la sensualité à l érotisme, toutes choses dont il faut percevoir et savoir exprimer les moindres nuances. Christa Ludwig fut une des plus grandes maréchales du Chevalier à la Rose, un rôle qui ne se peut chanter qu´avec une connaissance intime de l ´amour. Et de l´amour, mais un amour exigeant, son coeur en déborde aujourd´hui encore pour le chant et ceux qui y consacrent leur vie.

  • Festival Richard Strauss à Garmisch-Partenkirchen

    Du 11 au 19 Juin 2014 se tient le festival Richard Strauss…

    Festival richard strauss 2014
    „Happy Birthday, Mr. Strauss!“ Pour le cent cinquantième anniversaire de la naissance du compositeur, la Directrice artistique du festival, la Kammersängerin Brigitte Fassbaender, a prévu un programme d’exception.
    Le budget du festival est en augmentation, un demi million d’euros sont prévus pour l’édition 2014. Mais si ce chiffre peut paraître important, les professionnels de la musique classique savent qu’une telle somme n’offre que des possibilités relativement limitées. Et c’est là qu’avec sa passion, sa générosité et son engagement, Brigitte Fassbaender  parvient à réaliser de véritables miracles. Pendant les neuf jours du festival on aura l’occasion d’entendre un opéra rarement joué, L’Amour de Danaé, l’avant-dernier opéra du compositeur, qu’interprétera l’Opéra de Francfort en version concertante avec la participation d’Anne Schwanemils. L’orchestre radiophonique symphonique de Prague interprétera la Symphonie alpestre, l’Orchestre philharmonique de Bruxelles donnera le poème symphonique Mort et transfiguration et la fameux Ainsi parlait Zarathoustra. Le  Münchner Rundfunkorchester et le Bamberger Symphoniker seront aussi de la partie. Pour la première fois, un concert d’orgue sera donné dans le cadre du festival en l’église Maria Himmelfahrt. 

    Plusieurs soirées de Lieder sont également au programme et Brigitte Fassbaender prépare un coffret de Cds de l’ensemble des Lieder du compositeur qu’elle fera enregistrer pendant tout le mois de novembre avec la contribution de nombreux chanteurs et chanteuses straussiens venus du monde entier. Le coffret sera présenté pour la première fois au public dans le cadre du Festival.
    Christa Ludwig participera à un entretien artistique public avec Brigitte Fassbaender et on aura aussi l’occasion d’assister à des classes de maîtrise données par la Kammersängerin, dont la réputation d’excellente pédagogue n’est plus affaire, une occasion unique d’approcher la technique du chant straussien.
    Dans la ville, on pourra voir une exposition itinérante préparée par la Fondation Richard Strauss ainsi qu’assister à un parcours de ville sur les traces du compositeur animé par des comédiens.
    Alors, à Garmisch en juin? Bon anniversaire, Monsieur Strauss!
    On peut télécharger le programme complet du festival sur le site du Festival Richard Strauss (cliquer ensuite sur Programmheft).

     Festival de rue de Landshut: Estas Tome joue The Song of the Golden Dragon

    La vieille ville de Landshut organise chaque année un grand festival de spectacles de rue. En 2014, la neuvième édition aura lieu du 19 au 21 septembre:
     „9. Internationale StadtSpektakel – Landshut – European Buskers Festival Germany“.

    Les spectacles de rue sont gratuits. Le soir la fête se prolonge avec des animations dans les bars et les restos.

    Les artistes sont rémunérés par les seuls dons spontanés du public, ils font la manche et récoltent le produit de la quête.
    L’extraordinaire guitariste Estas Tome s’y était produit en 2011.

    Plus d’infos sur l’édition 2014: Stadtspekta landshut

  • 2013

    Depuis plusieurs années, un festival Richard Strauss est organisé au mois de juin à Garmisch-Partenkirchen, la ville où Richard Strauss, munichois de naissance, a longtemps résidé et est décédé.

    Cette année, il se déroule du 8 au 14 juin 2013, sur le thème de l’humour. En allemand Strauss signifie aussi autruche, de là le jeu de mots Strauss, ein komischer vogel, Strausss, un drôle d’oiseau. De là la caricature qui attribue un long cou au compositeur. La finesse, l’humour  et l’ironie du compositeur se manifestent dans plusieurs de ses oeuvres. La plus caractéristique en est sans doute Ariadne auf Naxos qui sera interprétée en version concertante ce vendredi par le Wiener Staatsoper sous la direction de Patrick Lange.

    Relevons encore dans le programme, un concert par le Gililov Quartett de Berlin ce mardi. Un concert par la philarmonique d’Essen mercredi, et un récital de lieder interprétés par Michael Volle ce jeudi.

    Cours magistral de chant au Festival Richard Strauss de Garmisch-Partenkirchen

    Ce mercredi, le Festival Richard Strauss de Garmisch conviait le public à un cours magistral de chant. Deux grandes dames du chant d’opéra, la Kammersängerin Brigitte Fassbaender, qui préside aux destinées du festival, et  Anna Tomowa-Sintow,  se sont prêtées à l’exercice d’un cours de chant public avec de jeunes chanteurs et chanteuses aux talents déjà confirmés qu’elles ont accepté comme élèves.

    Ks. Brigitte Fassbaender
    Ks. Brigitte Fassbaender

    Les chanteurs travaillaient avec leurs professeures des airs des grands opéras de Richard Strauss, en solo, ou plus rarement en duo, comme le grand air de Zerbinetta dans Ariadne auf Naxos, ou le duo de la rose du Rosenkavalier, au moment où le comte  Octavian Rofrano présente la rose d’argent à Sophie de Faninal. 
    C’était une opportunité unique d’être admis à l’exercice difficile de l’apprentissage du chant: les exigences des professeures n’avaient d’égal que la passion de ces jeunes chanteurs aux talents déjà confirmés pour l’exercice de leur art. L’acuité de la concentration, le soutien exigeant et attentif, et l’empathie des enseignantes ne laissaient passer aucune erreur tout en assurant les tremplins de l’amélioration de la qualité du chant. 

    Anna Tomowa-Sintow

    Pour le public, l’occasion de se rendre compte, s’il ne le savait déjà, de la somme de travail que représente l’apprentissage d’un air d’opéra: chaque attaque, chaque syllabe, chaque respiration, chaque intonation doivent être étudiées et maîtrisées. Relaxation, respiration, échauffement vocal, articulation, interprétation, rien n’est laissé au hasard, tout est travaillé. Il n’est pas assez de dire qu’un chanteur a du talent ou une belle voix, sans doute faut-il les deux, mais quel travail ardent et passionné ne faut-il pas pour arriver à chanter un air abouti. Au sortir de ces leçons publiques, on a conscience du privilège d’y avoir été convié et du travail immense qu’accomplissent ceux et celles qui se vouent à la pratique de cet art. 

    On sort de ces leçons avec un enthousiasme reconnaissant.
    Pour consulter le programme détaillé, voir le site du Festival de Garmisch.

     

     

     Festival Richard Strauss: l’opéra de Vienne fait jubiler Garmisch

     

    L’opéra de Vienne a clôturé hier soir le Festival Richard Strauss 2013 en donnant aux festivaliers une Ariadne auf Naxos éblouissante. La scène de la grande salle de la Maison du Congrès de Garmisch n’étant pas assez grande pour recevoir des décors, c’est une version concertante en costumes avec jeux scéniques qui a été proposée. Les jeux de scène et les qualités théâtrales d’un plateau d’exception étaient cependant suffisants pour suivre avec plaisir cet opéra bien connu d’un public tout acquis à la musique du compositeur munichois. Patrick Lange dirigeait l’orchestre de l’Opéra de Vienne en donnant une interprétation extrêmement précise empreinte d’une exquise élégance de la partition de Strauss, avec ce qu’il faut de légèreté primesautière et d’humour souriant.

    Le prologue fut l’occasion pour Stephanie Houtzeel de démontrer d’exceptionnels talents de comédienne dans la composition du personnage du compositeur, avec un art de la nuance tant musicale que théâtrale dans l’expression du sentiment amoureux ou dans celle de ses convictions artistiques mises à mal par les caprices du mécène. Ricarda Merbeth conne une Primadonna/Ariadne vibrante, avec une stature imposante et une puissance vocale percutante, alors que la costaricaine Iride Martinez compense admirablement son absence de volume (il faut parfois tendre l’oreille) par sa maîtrise bondissante de la  difficile partie de Zerbinetta, dont elle semble se jouer comme si elle s’amusait des difficultés techniques de la partition avec facilité. Elle éblouit spécialement pendant la seconde partie,  avec un jeu de mimiques de scènes des plus gouailleurs. Ce sont là trois grandes chanteuses qui maîtrisent à la perfection des rôles qu’elles ont souvent pratiqués.  Le Tenor/Bacchus de Burkhard Fritz recueille lui aussi un grand succès. Mais c’est tout le plateau*, d’une qualité exceptionnelle, qui déchaîne l’enthousiasme d’un public qui terminera ses applaudissements nourris et prolongés par une standing ovation crépitante.

    Le Festival 2014 s’annonce exceptionnel. On célébrera en effet le 150ème anniversaire de la naissance du compositeur.


    Iride Martinez,
    Zebinetta

    *Hans Peter Kammerer | Der Haushofmeister
    Wolfgang Bankl | Ein Musiklehrer
    Stephanie Houtzeel | Der Komponist
    Burkhard Fritz | Der Tenor (Bacchus)
    Herwig Pecoraro | Ein Tanzmeister
    Íride Martínez | Zerbinetta
    Ricarda Merbeth | Primadonna (Ariadne)
    Clemens Unterreiner | Harlekin; ein Lakai
    Peter Jelosits | Scaramuccio
    Janusz Monarcha | Truffaldin
    Pavel Kolgatin| Brighella
    Ileana Tonca | Najade
    Lena Belkina | Dryade
    Anita Hartig | Echo

     Opéras de Korngold à Augsbourg

    Deux opéras de Korngold au Théâtre d’Augsbourg

    Markus Trabush a mis en scène pour le théâtre d’Augsbourg deux opéras de jeunesse d’Erich Wolfgang Korngold: Der Ring des Polykrates et Violanta. La direction musicale est assurée par Roland Techet. Jeune compositeur prodige, Kormgold s’est mis très tôt à composer de la musique. Il écrit ces deux opéras alors qu’il est âgé d’à peine 19 ans. Né le 29 mai 1897, il est le fils du critique musical Julius Korngold, qui ne tarde pas à reconnaître les talents de son fils et cherche à en faire un nouveau petit Mozart. Il profitera de son statut de critique pour promouvoir la carrière de son fils. EW Korngold est surtout connu pour son opéra la ville morte (Die tote Stadt), qu’il compose à 20 ans.

    La production d’Augsbourg recueille un grand succès et a été unanimement saluée par la critique. La dernière se jouera dimanche 16 juin et il reste encore des places à des prix très doux.
    Renseignements et réservations: voir le site du Théâtre d’Augsbourg


    Stephen Owen et Sally du Randt dans Violanta

    L’Opéra d’Augsbourg (Theater Augsburg) a eu l’excellente idée de mettre à l’affiche deux oeuvres de jeunesse d’Erich Wolfgang Korngold: Der Ring des Polykrates et Violanta, en reproduisant la combinaison de ces deux oeuvres comme lors de leur création à Munich en 1916 par Bruno Walter. On sort là des sentiers battus de l’opéra, pour beaucoup ce fut à la fois une découverte et une soirée variée, puisque le premier opéra est plutôt léger et appartient au genre comique, avec une musique qui annonce déjà les musiques de film ou les comédies musicales, alors que le second est une sombre tragédie aux accents shakespeariens. Si, dans les deux cas, les livrets peinent à la vraisemblance, on est étonné par la maturité de la composition musicale, surtout pour la seconde oeuvre. Ajoutons à cela une compagnie d’artistes permanents d’excellent niveau et on a les ingrédients qu’il faut pour passer une excellente soirée d’opéra.

    Le patronyme Korngold peut se traduire littéralement par Graindor, et comme l’action des deux opéras se passe dans des milieux extrêmement fortunés, cela a sans doute inspiré la belle mise en scène de Markus Trabusch et les décors entièrement dors de Volker Hintermeier.

    L’histoire de l’anneau de Polycrate a inspiré Schiller et Maeterlinck, ou encore Heinrich Teweles dont Leo Feld et Julius Korngold (le père du compositeur) se sont inspirés pour le livret de notre opéra, une oeuvre à la philosophie très sommaire: nul ne peut décider de son destin, si on est destiné à être riche, on vivra dans l’opulence et tout nous sourira, si par contre on est né sous une mauvaise étoile, on vivra dans la poisse et le sort s’acharnera contre nous. Comme le veut l’adage, il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade. Vae victis! Le Hofkapellmeister Arndt vit une existence dorée que la mise en scène représente avec des moyens dépouillés et efficaces: une simple armature de maisonnée toute dorée, un lustre de cristal et de métal doré, une échelle dorée que gravit la soubrette de la maison pour épousseter le lustre, et même la poussière que balaye Lieschen est faite de paillettes d’or. L’action est simple:  Arndt, sa femme et sa maisonnée, sont nés gagnants et le resteront, et le perdant, Vogel, accumule malheurs et déconvenues et sera prié de s’en aller (il n’avait d’ailleurs pas été convié) et d’emporter sa mouise avec lui. On retrouve avec plaisir Sophia Christine Brommer en Lieschen, une des étoiles de la compagnie, qui avait enchanté le public munichois lors du concours international ARD l’an dernier. Dans le second opéra, elle chante Bice avec le même bonheur. La distribution est très homogène pour cette oeuvre agréable sans être définitive.
    Violanta étonne et ravit, d’abord par la découverte de l’oeuvre, d’une composition beaucoup plus dynamique et complexe que celle du Polykrates avec une architecture musicale bien agencée et Roland Techet et l’orchestre du Theater Augsburg rendent avec une sensibilité admirable. Ici aussi, le palais vénitien de Simone Trovai est rendu par une armature hexagonale entièrement dorée dont les panneaux arrière sont translucides et miroitants, permettant par exemple d’apercevoir le passage d’une gondole. Une sphère dorée (-un grand grain d’or-) est posée sur le sol de cette demeure opulente, mais ici, en contrepoint de l’oeuvre précédente, l’argent et l”or ne font pas le bonheur, l’or sera terni par le sang d’une haine jalouse et meurtrière. Violanta est interprétée avec une fougue passionnée par Sally du Randt, dont la Laura de la première partie avait déjà charmé, mais la chanteuse avait réservé le meilleur pour le rôle titre du second opéra, avec un beau jeu de scène, et ravit un public enthousiaste. Stephen Owen rend bien par son chant aux beautés sombres les vertus patriciennes, l’amour conjugal puis la fureur vengeresse de Simone Trovai.  Le jeune Ji-Woon Kim donne un Alfonso avec une voix au timbre aussi doré que le décor, et qui donne envie de l’entendre en Rodolfo ou en Alfredo, deux rôles qu’il a pratiqué cette saison à Augsbourg.

    Comme c’était la dernière de cette production, il faudra en attendre une reprise éventuelle, mais on pourra toujours découvrir Violanta dans l’interprétation de Marek Janowski, avec Eva Marton et l’excellent orchestre de la radio de Munich.

     Wagner à Bayreuth

    Découvrez toute l’actualité du festival de Bayreuth 2013 qui se déroule dans la ville natale de Richard Wagner. Le festival de Bayreuth est plus qu’un événement pour les amoureux d’opéras. C’est une institution dont l’histoire est ponctuée aussi de polémiques…

    Le Ring du bicentenaire sera confié à Frank Castorf. Sulfureux!

    Le Festival de Bayreuth était en panne depuis le mois d’avril. Alors que Wim Wenders avait été pressenti pour mettre en scène le Ring du bicentenaire de la naissance de Richard Wagner,  les divergences de points de vue  du  cinéaste et de la direction du festival n’avaient pu être aplanies, et les deux parties avaient d’un commun accord renoncé au projet de coopération, sans fournir d’ailleurs d’explications détaillées. Il semble que Wim Wenders ait souhaité pouvoir exploiter cinématographiquement ses mises en scène de la tétralogie, et que les négociations n’aient pu aboutir sur ce point, ce qu’on pourra regretter.

    Les héritières de Richard Wagner se sont donc mises à la recherche d’un autre metteur en scène pour le Bicentenaire et l’oiseau rare a été déniché. C’est à présent officiel: Katarina Wagner et Eva Wagner-Pasquier ont nommé Frank Castorf codirecteur du Festival de Bayreuth 2013. Le metteur en scène avait été approché fin juillet et la presse avait alors évoqué la possibilité de cette désignation qui, comme d’habitude, ne rencontre pas tous les suffrages. Ainsi le Berliner Zeitung  affuble-t-il Castorf de l’étiquette de provocateur, et ce quotidien est loin d’être le seul. Il est vrai que Castorf multiplie les déclarations agressives. Comme il l’a récemment annoncé au Sueddeutsche Zeitung, l’homme, qui est âgé de 60 ans, ne se sent pas partie intégrante de la  société allemande qu’il estime par trop malhonnête. Les palabres incessantes de la télévision sur des thèmes toujours identiques l’exaspèrent. La société allemande serait selon Castorf  anglo-américanisée, elle est ennuyeuse, stupide et petit-bourgeoise ad nauseam, une insulte à l’intellect. Avec de telles déclarations, qui confirment la réputation sulfureuse d’un metteur en scène dont le travail est déjà souvent critiqué, on peut imaginer que les amateurs de sensationnalisme font déjà leurs choux gras du festival 2013. De la dynamite…
    Frank Castorf dirige pour l’instant la Volksbühne am Rosa Luxemburg Platz de Berlin. Le metteur en scène a davantage l’expérience du théâtre que de l’opéra. On lui connaît une mise en scène bâloise de l’Othello de Verdi il y a treize ans, et la mise en scène berlinoise des Maîtres-chanteurs en 2006, une mise en scène plutôt hors normes, puisqu’il l’avait qualifiée de «Dispositif expérimental pour  révolutionnaires entre champs de bataille et salles de jeux, salon et  prison, subventions et  subversion.” L’orchestre était composé de deux pianos, d’un keyboard et de cinq instruments à vent. Et dans le livret, Castorf avait inséré des extraits d’un drame révolutionnaire d’Ernst Toller. Pour Castorf, il faut que les textes du passé aient quelque chose à dire sur les hommes d’aujourd’hui. Et l’ironie est une arme qu’il manie bien.
    Frank Castorf est bien connu du public munichois: à partir de 1989 ses mises en scène ont été jouées  au Prinzregententheater et au Théâtre de la Résidence. Et, coïncidence, hier soir les Munichois ont pu découvrir la première Kasimir und Karoline, une oeuvre d’Ödön von Horváth, au Théâtre de la Résidence.

    En France, on a pu voir son travail en 2002 au Théâtre national de Chaillot, avec les Mains sales de Jean-Paul Sartre, en 2010 à l’Odéon, avec une pièce d’Heiner Müller, Die Hamletmaschine, et en 2010 encore, au Théâtre Nanterre-Amandiers avec Nach Moskau ! Nach Moskau!, d’après deux pièces de Tchekov.

    Pour se familiariser, avec le metteur en scène, voici une interview sous-titrée en français sur son travail à Nanterre-Amandiers (après la pub…)

    Entretien avec Frank Castorf

     

    Le festival de Bayreuth sur la scellette judiciaire?

    La magistrature allemande va devoir se pencher sur la politique controversée de la billetterie du Festival de Bayreuth. Le Procureur Gerhard Schmitt a en effet annoncé hier que deux plaintes ont déposées au tribunal de Hof, en Franconie. Les services du tribunal enquêteront dans le but de  déterminer si des fraudes ou des malversations ont eu lieu dans la distribution ou l’attribution des précieux sésames. Il semblerait que seulement 40 pour cent des 58000 billets émis par an soient distribués en vente libre. 60 pour cent des billets seraient attribués aux VIP et à une série de tours operators qui disposeraient d’un quota. Et les modalités d’attribution seraient des plus opaques.

    L’accès au Festival de Bayreuth est ainsi quasi impossible à l’amateur qui ne dispose ni d’un contact privilégié ni d’importants moyens (Ainsi voyait-on cette année des places se revendre à 1000 euros sur Ebay.) Le temps d’attente par la voie de réservation normale serait de 10 ans.

    Le problème, c’est que le Festival de Bayreuth est largement subventionné avec de l’argent fédéral, autrement dit des fonds publics. Le fait que l’accès au festival soit largement réservé à une caste de privilégiés pose évidemment question, l’argent public devant par définition servir l’intérêt général.

    Et dire que Wagner avait à l’origine souhaité la gratuité de l’accès au festival…

    Plus d’infos en allemand sur le site du Süddeutsche Zeitung

Découvrir le blog MUNICH AND CO…

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A propos de l'auteur

Luc Le Belge est expatrié à Munich, en Bavière et vous fait découvrir la belle ville de Munich aux multiples attraits et à l’actualité culturelle très dense, mais aussi la société bavaroise, qui est si particulière en Allemagne…Un Belge à Munich : le blog

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