Apprendre l'allemand pour voyager en Allemagne ou en Autriche : vaut-il mieux Babbel ou Duolingo? 2

Apprendre l’allemand pour voyager en Allemagne ou en Autriche : vaut-il mieux Babbel ou Duolingo?

Babbel, Duolingo ou une autre méthode, quelle solution privilégier pour apprendre l’allemand afin communiquer dans la langue de Goethe lors de vos prochaines vacances ou d’un déplacement professionnel?


Vous voulez apprendre l’Allemand pour voyager en Allemagne, en Autriche ou globalement dans toute l’Europe centrale et orientale où la langue est très pratiquée? Vous avez envie de reprendre les bases après avoir appris l’allemand à l’école et oublié l’essentiel, car vous ne le pratiquez plus? Du moins, le croyez-vous. Une langue apprise ne s’oublie pas tout à fait, mais disparaît au fond de la mémoire. Vous voulez progresser et améliorer votre connaissance de l’allemand, tout en variant les leçons et travaillant des thèmes en rapport avec vos besoins ou centres d’intérêt? Quelle bonne idée! Mais quel outil choisir parmi les nombreux sites et applications existant sur internet? Outre l’indémodable Assimil Allemand débutant (9,90€) ou la version simplifiée L’allemand pour les nuls (7,90€), élémentaires en version papier, deux acteurs dominent le marché en Europe quand on recherche une solution plus interactive et dynamique. Duolingo en solution gratuite et Babbel, sous forme d’abonnement. Vaut-il mieux apprendre l’allemand avec Babbel ou Duolingo ? Je vous donne mon avis sur ces méthodes.


Je ne le répéterai jamais assez. Voyager, ce n’est pas seulement admirer des lieux, des paysages et des sites culturels et historiques. C’est aussi découvrir la gastronomie d’un pays, sa culture et ses modes de vie. Parler la langue locale est aussi le meilleur moyen d’échanger avec les autochtones pour partager leur quotidien et cerner comment une langue facilite la compréhension de l’autre, au-delà de la traduction de mots ou d’expressions. Même si on ne passe que quelques jours en Allemagne, apprendre l’allemand peut s’avérer un voyage en soi et une aventure très plaisante.

Pour apprendre une langue, il n’y a pas une méthode parfaite, ou une manière de faire ou de dire. La sélection des outils que j’ai testés reste donc suggestive. On renonce aux promesses pour apprendre une langue en quelques jours ou semaines. Elles sont mensongères. En revanche, on peut avoir un niveau conversationnel correct en quelques mois et pouvoir envisager une progression par pallier, en fonction de son niveau d’exigence. Il faut accepter de prendre du temps, d’investir du temps pour apprendre des choses qui ne serviront que ponctuellement. Même si ce vocabulaire ne semble pas très utile au quotidien, il reste nécessaire si vous souhaitez parler et ne pas seulement communiquer avec quelques phrases.

Apprendre du vocabulaire reste le coeur du travail. Un travail long, parfois motivant, parfois plus rébarbatif ou angoissant quand cela semble se compliquer ou qu’on a l’impression de toujours manquer d’un mot lors d’un échange. 50% de l’apprentissage consiste donc à apprendre des mots et des formules, 25% à intégrer les bases grammaticales qui confirment la compréhension de la rigueur de la langue, même si on peut être compris en commettant des erreurs. Les 25% restants tiennent à la capacité d’interaction, qui exige d’apprendre à prononcer, à fluidifier son expression et à échanger avec plus de confiance, en sachant qu’on comprend et qu’on est compris.

Certes l’allemand a la réputation d’être une langue difficile et pour certains, cela suffit à les rebuter. Or, apprendre les bases de l’allemand n’est vraiment pas si compliqué. Que vous optiez pour l’apprentissage dans la durée ou en mode express pour parler lors d’un voyage en Allemagne et vous débrouiller lors des échanges basiques auxquels est confronté un touriste, vous ne pourrez qu’apprécier l’effort et vos interlocuteurs l’apprécieront tout autant. Les professionnels des langues estiment qu’en général, on peut se faire comprendre dans le quotidien avec une base de 1000 mots. On peut parler et communiquer à partir de 2000 mots et soutenir une conversation plus poussée, dès 3000 mots.

Nota bene : On excuse souvent le manque de motivation ou d’intérêt par le manque de temps. Mais à raison de 5 mots appris en 5 minutes par jour, il vous faudra 200 jours (environ 6 mois) ou 100 jours soit un trimestre en passant à 10 minutes au lieu de 5 min par jour. Ce serait suffisant pour discuter avec des allemands lors d’une conversation simple ou pour des besoins pratiques. Que sont 5 minutes par jour? Êtes-vous prêt(e) à relever le défi?


Mon essai pour apprendre l’allemand avec Duolingo

A l’été 2017, je découvrais par hasard Duolingo avec pour objectif d’apprendre l’allemand. Ou plutôt de le réapprendre. J’étais très bonne élève en allemand sans avoir toujours eu l’impression de pouvoir tenir facilement une conversation sur des sujets divers lors de mes divers séjours en Allemagne. Pourtant, j’adore toujours l’Allemagne et tout ce qui s’y rapporte. A commencer par la langue pour laquelle j’avais eu un coup de coeur immédiat. L’idée de reprendre une langue dont j’avais l’impression d’avoir presque tout oublié à force de ne plus la pratiquer, me motivait.

Duolingo allemand : gratuit, intuitif mais robotique

La gratuité de Duolingo était le principal déclencheur. L’intuitivité de l’application, utilisable sur ordinateur, tablette ou smartphone, le mode de leçons très basiques et de courte durée (entre 5 et 10 min par leçon selon ses objectifs), ont été déterminants. J’ai testé Duolingo pendant six mois. Au début, mon enthousiasme était fort. Les leçons très rapides et faciles surtout quand on a déjà appris un peu la langue. Je les enchaînais comme une enfant découvrant un jouet qui lui plaît.

Le côté ludique des mini cours est renforcé par le système de points, qui stimulent l’apprentissage au moins au début. On est “couronné” également quand on a franchi un certain nombre de niveaux. Chaque leçon terminée rapporte des lingots que l’on peut échanger contre des défis quitte ou double, des exercices chronométrés, des gels de séries en cours. Seule frustration? Savoir que les efforts des séries peuvent retomber à zéro si on oublie de se connecter dans les 24h suivant la précédente leçon. Et quand on est motivé par le défi de cumuler les lingots, c’est agaçant, mais cela fait partie du jeu. Les mécanismes d’addiction fonctionnent bien, comme le système d’échanges de lingots par des récompenses. On a au début du moins envie d’être reconnu et la ludification de l’appli y contribue.

Apprendre l’allemand avec Duolingo est possible et parler comme un natif est presque envisageable vu que ce sont des natifs qui parlent,, mais la solution convient surtout à mon avis aux personnes qui veulent réviser du vocabulaire ou se limiter aux bases. En cause : l’apprentissage un peu trop robotique. La reconnaissance vocale est assez souple et accepte les approximations donc elle n’est pas un frein pour l’expression verbale, mais elle s’avère limitée. On ne peut donc pas vraiment apprendre à parler, on mémorise essentiellement des mots, des phrases, des expressions classés par thème.

L’évolution se fait par pallier et débute logiquement par les bases, les formules de politesse, la présentation, puis le vocabulaire courant organisé par univers thématique : on croisera les animaux combinés avec l’environnement, l’alimentation comme les fruits et les légumes et les mots utiles au restaurant ou au café. On saura nommer les membres de la famille, les pièces de la maison et les vêtements, puis progressivement on associera un nom avec un verbe et un adjectif etc. Mais on reste toujours dans des phrases de 3 à 5 mots. On apprend aussi au passage les pronoms personnels, possessifs, et autres notions grammaticales élémentaires, mais l’absence d’explications  donne l’impression d’évoluer à l’aveuglette.

Chaque thème intègre plusieurs niveaux de 0 à 4 et est composé de 3 à 5 leçons en général. Avant de passer à un nouveau thème, une étape de révision avec 20 questions/expressions permet de confirmer l’acquisition des mots et notions.  Il est aussi possible de relever le défi de franchir un niveau plus rapidement ce qui oblige à faire un nombre minimum de fautes.

En 6 mois, j’ai révisé 60 thèmes. Leur organisation ne me semblait pas forcément toujours logique par rapport à mes besoins qui consistaient surtout à parler allemand pour voyager et communiquer sur des échanges simples et pratiques. Impossible d’aller vers le thème de mon choix. Je ne saurais pas évaluer le nombre de mots mémorisés. Hélas, je n’ai pas renoué avec les bases de conjugaison et grammaire ou du moins pas de façon didactique et détaillée. Le présent, le futur, la négation, la manière de poser des questions, ce sont les seuls éléments abordés jusqu’à ce niveau, ainsi que l’utilisation du génitif sans explication. Il faut déduire la règle en essayant de trouver la bonne réponse. Cela manque de structuration, en dépit des thèmes qui abordent ces questions. Ce serait probablement plus intuitif de les aborder au coeur de conversations plus utiles aux échanges du quotidien. Il n’y a presque aucune explication pour comprendre comment conjuguer, poser une question, comprendre qu’il y a plusieurs genres pour les mots, apprendre qu’il y a plusieurs déclinaisons et (identifier clairement lesquelles) selon la fonction du mot ou nom dans la phrase.

Pourquoi me suis-je finalement lassée après 6 mois à apprendre l’allemand sur Duolingo?

Je ne parvenais pas à mesurer mes progrès concrètement, dans la mesure où les modules de leçons ne sont pas vraiment hiérarchisés. Je me contentais d’apprendre des mots sans retrouver la logique de ce que j’avais appris à l’école en matière de règles grammaticales. L’aspect ludique des séries à maintenir et des lingots, m’a frustrée à plusieurs reprises quand par accident j’oubliais de me connecter dans les 24h et perdais une longue série de sans faute! Anticiper une absence en renonçant à quelques lingots et passer à la caisse du magasin ne faisait pas partie de mes réflexes. Les rappels quotidiens pour me dire qu’il fallait maintenir l’effort d’apprendre tous les jours m’ont  agacée plus qu’encouragée, mais je mets cet élément sur mon caractère et ma manière de fonctionner.

Je ne pense pas qu’on puisse parler allemand après avoir appris via Duolingo, même en répétant. On ne tiendra pas une conversation sérieuse en ayant révisé l’allemand avec cette appli. L’apprentissage est trop répétitif et manque de souplesse pour aller vers les sujets qui pourraient être adaptés aux besoins réels. Les performances sont exagérées pour donner l’impression à celui qui apprend qu’il progresse vite et lui donner envie de continuer. Duolingo reste un jeu plus qu’une méthode réelle d’apprentissage. Il est utile pour ceux qui débutent vraiment ou les faux débutants qui ont oublié. Cela peut aussi être un bon complément à une autre méthode. Si vous apprenez l’allemand depuis un profil en anglais, vous pourrez accéder à des stories, des petites histoires et des dialogues qui simulent des situations réelles.

Points forts

  • Gratuit
  • Leçons de 5 minutes ; idéal pour ne pas s’ennuyer
  • Progression rapide pour maîtriser les mots simples et des expressions utiles
  • Une reconnaissance vocale encourageante quand on débute

Points faibles

  • Apprentissage trop robotique et uniquement basé sur la répétition
  • Exercices pas assez variés
  • Organisation des thèmes pas toujours pertinente
  • Manque de leçons de grammaire pour les fondamentaux

A qui s’adresse Duolingo allemand ? A des vrais débutants qui veulent apprendre des mots et expressions à raison de 5 min par jour pour ne pas se décourager ou des personnes qui veulent se remettre dans le bain en révisant du vocabulaire…

Découvrez Duolingo dès maintenant? – Un autre avis sur la méthode Duolingo ?


Mes débuts en langue allemande sur Babbel

A la faveur d’une promotion sur Vente Privée (25€ pour un abonnement d’un an au lieu de 59€), je me suis lancée dans l’apprentissage de l’allemand avec Babbel. J’avais déjà vu ci et là des publicités télévisées et je connaissais le nom de ce site de référence pour apprendre les langues en ligne que j’imaginais comme une version numérique d’Assimil. Après avoir essayé de me remettre à l’allemand pendant les vacances 2018 sur Duolingo et m’être à nouveau lassée dès la rentrée, j’ai supposé que l’investissement financier pourrait être une motivation supplémentaire pour ne pas abandonner et renoncer aux efforts inhérents à l’apprentissage d’une langue.

Des cours structurés par des experts et un apprentissage global simple et pratique

Deux options sont données pour débuter :

  • niveau débutant pour apprendre pour la première fois ou reprendre le Baba
  • niveau intermédiaire si on souhaite progresser en ayant déjà appris et maîtrisant les bases

Dans mon cas, “débutant” s’imposait puisque j’estimais devoir repartir de zéro, même si je reconnais que les premières leçons n’ont été qu’une formalité comme les premières suggestions de vocabulaire.

La section “allemand des affaires” est disponible pour les professionnels en recherche d’un allemand plus technique. Il y a aussi une section “allemand en voyage” pour aller à l’essentiel quand on veut parler un peu pendant les vacances et s’initier aux habitudes des allemands afin d’éviter les incompréhensions culturelles.

J’ai réalisé les 23 leçons du mode débutant 1 en 3 jours, car l’objectif était de reprendre l’allemand en douceur et sans pression des résultats. J’ai apprécié les diverses solutions proposées pour mémoriser les mots, les règles grammaticales limitées, Le mélange de ces exercices avec reconstitution du mot à partir de lettres mélangées, l’écriture en aveugle, et d’autres permet de travailler la mémoire visuelle, auditive et écrite. J’ai essayé de m’obliger à enchaîner pour reprendre un rythme, faute de pouvoir m’immerger en Allemagne et réapprendre dans le bain.

Après ces leçons sur une approche thème / version, je maîtrise le vocabulaire de base pour voyager en Allemagne : me présenter, évoquer ma nationalité, mon pays d’origine, réserver un hôtel, commander et payer dans un café, acheter un billet et me déplacer par divers moyens de transports. Le tout en comptant jusqu’à 20 et en maîtrisant 10 verbes clés et les verbes avoir et être au présent de l’indicatif, la prononciation de toutes les lettres et leurs différences par rapport au français. Autant dire que je suis capable de m’exprimer sur des besoins simples et pratiques. Cela correspond à 21% du niveau Débutant tels que défini en cours européens.

La cohérence de l’organisation des leçons m’a semblé plus pertinente que sur Duolingo et on sent que des experts ont travaillé pour garantir une intégration claire des termes par la répétition. Sans pour autant se lasser. Alors que sur Duolingo, les thèmes défilent sans toujours une logique, les mots clés, les conjugaisons et conversations proposés favorisent une compréhension plus complète de la logique de la langue. Je n’ai pas eu l’impression d’enchaîner les mots. J’ai validé quelques mots à chaque fois et les ai intégrés grâce à une méthode variée d’exercices. En revanche, la reconnaissance vocale m’a agacée rapidement.

Les leçons de cette section Cours Débutant 1 sont découpées en 3 étapes : deux durant lesquelles on apprend et une pour réviser et confirmer l’acquisition des mots. Chaque thématique alterne avec une étape sur la prononciation pour apprendre les subtilités qui amélioreront forcément la compréhension et l’expression en allemand sur le terrain. Mon effort sans prise de tête à raison de 15 min par jour a été sanctionné par un certificat ce qui m’a ramenée aux années scolaires. Le fait d’avoir déjà appris l’allemand a facilité mon rythme rapide. J’ai cumulé 3135 points (mais je ne sais pas encore à quoi ils me servent) et j’ai appris 87 mots.

certificat Babbel allemand

J’apprécie le potentiel qu’offre l’abonnement, même si son prix mensuel est un peu élevé par rapport à la concurrence. Mieux vaut néanmoins tester pendant un mois que de s’engager pour un an à prix normal et renoncer en cours de route. L’abonnement pour apprendre plusieurs langues est aussi très intéressant pour les voyageurs qui aiment apprendre les bases pour communiquer dans la langue autochtone plutôt que dans une langue internationale comme l’anglais. Qu’on s’abonne pour une année, un semestre ou un mois, on accède à l’ensemble des cours, exercices et supports.

Après 8 jours, j’ai atteint le niveau Débutant 3 et maîtrise désormais 196 mots. Alors qu’à la fin du niveau 1, j’étais à 21% de réalisation pour passer en niveau intermédiaire, je suis après le niveau 2 à 31%.

L’apprentissage assez scolaire et qui pourrait sembler un peu fastidieux, est gommé par la variété des exercices et la possibilité de passer d’un thème à un autre ou d’un type de leçon à un très différent sans avoir besoin de valider des niveaux comme sur Duolingo où on impose le franchissement complet d’un thème et la révision de ce qui a été appris avant de passer au suivant. Vous vouliez apprendre le vocabulaire utile en voyage en Allemagne avec Duolingo? Il vous faudra apprendre à mémoriser les noms des animaux, les pièces de la maison ou les vêtements avant de pouvoir réserver un hôtel ou un billet de train!

En revanche, ce que j’ai peu apprécié avec Babbel, ce sont les phrases de description des mots dans la phase d’acquisition du vocabulaire par thème. Chaque thème rassemble une dizaine de mots censés être classés en fonction de leur niveau de difficulté et d’utilité. On peut passer d’un thème à l’autre contrairement à Duolingo et c’est très bien. Mais si on s’essaie simultanément aux leçons, à la grammaire et au renforcement du vocabulaire, je trouve que les phrases sont trop longues et compliquées puisqu’elles ne semblent pas adaptées au niveau de connaissance de la langue. Elles sont proposées que l’on débute ou qu’on ait un niveau intermédiaire et certains mots sont réellement peu accessibles et découragent dans l’effort de compréhension !

Avec Babbel, on apprend selon son envie avec des leçons de longueur raisonnable d’environ 15 min. On pioche dans les divers sujets et  on peut définir ses objectifs en fonction de ses besoins. Logiquement, au fur et à mesure que l’on progresse dans l’apprentissage, plus les dialogues des leçons se complexifient pour familiariser à des échanges plus soutenus.

J’ai beau vouloir améliorer ma prononciation, l’utilisation de la reconnaissance vocale est décourageante. Les réglages ne sont pas évidents si on ne travaille pas dans un environnement parfaitement silencieux. J’ai quasiment renoncé à l’utiliser et les petits “trucs” pour comprendre les spécificités pourraient être plus simples à intégrer. Du coup, je ne m’imagine pas me rappeler du mot français donné pour effectuer la correspondance selon les voyelles courtes et longues, les consonnes faisant l’objet d’une prononciation spécifique. Par rapport à l’objectif de la compréhension et expression orale, la solution alternative de l’immersion, présentée ci-après, est sans équivalent, car son auteur réconcilie avec cet aspect qui pourrait être bloquant quand on cherche à communiquer.

Apprendre le vocabulaire de manière disciplinée est possible comme sur Duolingo et s’accompagne d’un défi du jour pour confirmer qu’on a bien appris les mots du thème. Au bout d’une semaine, je n’ai pas investi encore cette opportunité, car cela me rappelait de mauvais souvenirs du bourrage de cerveau de mes cours de Prépa. Je préfère m’assurer d’intégrer les quelques mots par thème plutôt que de vouloir emmagasiner et faire plus d’efforts, alors que ma mémoire s’est déshabituée de ces réflexes.

J’alterne une révision de 10 mots par écoute, et une révision par écrit pour forcer la mémoire. J’accomplis chaque jour une leçon d’acquisition de nouveaux mots en jonglant avec les thèmes pour ne pas me lasser et une leçon de grammaire ou révision des leçons par niveau. Cela évite la route.


Points forts

  • Souplesse dans l’évolution
  • Cours sérieux réalisés par des experts
  • Leçon de 15 minutes et variété des exercices
  • Grammaire et conjugaison de façon abrégée et intégrée dans un apprentissage plus global
  • Des cours pour explorer la culture, le pays et les habitants
  • Une base de 3000 mots et 1000 expressions essentiels

Points faibles

  • Comptabilisation des erreurs dès qu’on inverse une lettre dans l’exercice de remise en ordre des mots même si on n’a pas validé le mot
  • Exercices de révision complémentaires peu pertinents
  • L’apprentissage par reconnaissance vocale est dissuasif et on ne comprend pas toujours pourquoi un mot n’est pas validé.
  • Coût élevé de l’abonnement mensuel

A qui s’adresse Babbel Cours d’Allemand ? A tous les profils et tous les niveaux d’apprenants qui veulent apprendre de façon complète la langue en travaillant vocabulaire, bases de grammaire et de conjugaison,  prononciation et aspects plus culturels ou thématiques

Débuter en allemand avec Babbel ? Une leçon de test gratuite vous aidera à vous convaincre avant de payer votre abonnement.

Pour les plus motivés, vous pouvez acheter Babbel à vie à prix réduit. A l’utilisation, vous avez une licence 3 ans qui, fin décembre, passe en licence à vie ici. On a accès aux 14 langues et à tous les outils!


Jusqu’à quand aurais-je envie de continuer à apprendre l’allemand avec Babbel? A suivre… A ce jour, après 5 semaines, j’ai validé 5 niveaux dans l’apprentissage “débutant” soit 55 leçons et 415 mots acquis. Après 2 ans de pratique, je poursuis ma réinitiation avec plaisir en alternant les leçons, les révisions de vocabulaire et l’acquisition de nouveaux mots. J’ai achevé les bases de grammaire dont les leçons sont bien structurées.


Busuu, une méthode de langue mondialement connue

La grande rivale de Babbel, Busuu est très réputée, mais je n’ai pas accroché pour apprendre l’allemand et je n’ai pas eu envie de dépasser les 5 min de séances gratuites.

Elle n’est pas révolutionnaire sur le principe et fonctionne comme Babbel, avec un service pour apprendre une langue ou pour apprendre les 12 langues disponibles, ce que je vous recommande car la différence est très limitée. Il y a un paiement mensuel entre 9,99€ et 10,99€ ; le prix baisse à moins de 6€ et 7€ pour l’engagement d’un an et environ 5€ pour un abonnement sur 24 mois. Il y a une formule premium, et une formule premium plus incluant des plans d’apprentissage personnalisés, la délivrance de certificats de niveaux officiels, la possibilité de pratiquer avec des natifs et l’accès à toutes les langues.

On ne choisit pas forcément son niveau ou sa formule en amont. Tout d’abord, on effectue un test de 8 min environ durant lequel le niveau de langue est évalué. Je ne suis pas convaincue par le mode de vérification, mais à l’issue du test, Busuu évalue à partir duquel niveau vous pouvez débuter. Après deux mois de pratique de Babbel et un test sur Busuu, je peux débuter au niveau Intermédiaire B2. On vous propose la formule premium ou premium plus avec un plan personnalisé et une offre à – 50% pour inciter à faire ce choix. Cela permet de planifier un niveau d’entraînement adapté au niveau et aux ambitions. Mais rien n’oblige de le sélectionner.

On peut continuer à apprendre gratuitement en accédant directement au niveau défini par Busuu. Dommage d’ailleurs de ne pas pouvoir accéder au niveau que l’on estime utile. Là, je suis balancée vers une leçon gratuite de 5 min qui m’amène au cinéma et m’apprend à dire les mots acteur/actrice, film, cinéma, caisse, ticket, thriller, film dramatique et science fiction. Cela me semble étrange pour apprendre une langue. Evidemment en payant, j’aurais droit à un programme sur mesure qui me serait utile. Là, je ne fais qu’apprendre quelques mots sans objectif et occuper 5 min.

En version gratuite, l’apprentissage est limité et pas très pertinent, malgré la volonté de motiver et convaincre que l’on progresse. C’est si limité que je sens que tout est fait pour m’obliger à passer à la version payante. J’aurais préféré que l’on me laisse un accès complet pendant une semaine quitte à démarrer ensuite mon abonnement ou ne pas poursuivre. On me félicite d’apprendre vite car j’ai reconnu les divers mots que j’ai appris et que je les ai bien sélectionnés dans un dialogue autour du sujet. Après ce test, j’avoue ne pas avoir envie de payer pour en savoir plus sur les cours payants. Le prix n’est pas le blocage principal, mais les divers exercices ne m’ont pas séduite et je n’ai pas accroché avec les locuteurs.


Mosalingua, un bon outil de complément pour apprendre du vocabulaire, apprendre et réviser des mots

En apparence, on pourrait penser que Mosalingua est un équivalent de Babbel. Mosalingua fonctionne sur le même principe d’un abonnement mensuel à 5,99€. Le petit plus de Mosalingua est de proposer un test gratuit sur la durée et possibilité de payer par Paypal, Stripe ou carte bancaire de façon sécurisée : vous avez donc 15 jours pour vous initier et décider si cela vous convient, et vous pouvez demander un remboursement sous 30 jours si vous n’êtes pas convaincu par la méthode. Une promotion permet aussi d’apprendre 6 langues pour le prix d’une. Autant dire que tout est fait pour vous motiver à investir dans Mosalingua.

Mosalingua s’utilise en ligne ou hors ligne (ce qui est pratique), elle s’adapte en fonction du niveau et du temps d’apprentissage quotidien dont on dispose, un peu comme Babbel ; les leçons ne dépassent donc pas 15 min en général. Mosalingua dispose d’une version web, et d’une appli pour mobile et tablette pour apprendre sur les deux supports. Il y a une différence avec Babbel sur le principe, car Mosalingua n’est pas une méthode de langue au sens strict, mais un outil pour apprendre le vocabulaire avec des cartes mémoires (flash cards) avec le mot en allemand et en français et un principe de répétition pour mémoriser. Il est possible de créer ses propres cartes pour réunir le vocabulaire dont on a besoin, mais les limites apparaissent rapidement dans les possibilités de personnalisées.

Un test initial est proposé pour évaluer le niveau par lequel on doit commencer. Mais ce test reste trop sommaire à mon sens pour être pertinent et cela peut orienter vers un niveau inexact par rapport à son réel niveau. Heureusement, on peut changer de niveau.

L’objectif est clair et facile à atteindre : apprendre 600 mots importants en 60 jours à raison de 10 mots par jour, soit environ 10 min consacrées pour les mémoriser et les répéter. Il y a quatre étapes : l’écoute pour entendre le mot et s’enregistrer afin de vérifier si on prononce correctement, la phase de mémorisation où l’on doit retrouver le mot que l’on vient d’apprendre, alors qu’on vous donne le mot en français, la phase d’écriture, avec l’utilisation des lettres proposées pour reconstituer le mot et une phase d’autoévaluation pour estimer si vous maîtrisez bien le mot qui vous est proposé. Chaque jour on est amené à vérifier si on a bien assimilé ou pas. On retrouve ce principe également chez Babbel, donc l’outil n’est pas original, mais Mosalingua sort son épingle du jeu avec des contenus dans l’appli utiles mais pas toujours assez visibles quand on débute.

La clé est de revenir chaque jour pour apprendre peu mais de façon sûre et continue.Le choix de la méthode est celui de la répétition espacée, défendue par certains scientifiques qui ont prouvé que la répétition à quelques minutes, heures d’espacement, puis régulièrement dans le temps, permet de mieux ancrer le vocabulaire. La mémoire à court terme et à long terme sont sollicitées pour garder les mots dans sa tête. Comme Duolingo, Babbel, il y a des rappels par notifications. Le vocabulaire est l’ambition de Mosalingua. Chaque mot est associé à une image, pour ceux qui ont une mémoire visuelle. Les mots sont placés dans des contextes utiles du quotidien ; cela vous aide à apprendre 5, 10 ou 15 mots par jour. C’est vous qui fixez l’objectif. Des conseils pour améliorer sa mémorisation sont donnés au fil de l’apprentissage. Des dialogues vous aident à vous familiariser à des échanges comme si vous étiez vous-même amené à parler.

L’une des particularités est d’intégrer une librairie dans laquelle sont intégrés divers langues au-delà de la langue classique : on peut apprendre l’argot en allemand ou le langage plus informel, l’allemand professionnel, universitaire. Il est donc possible de cibler son apprentissage en fonction de l’environnement dans lequel on pense le pratiquer. Car ce n’est pas la même chose d’essayer de parler comme un natif, que de se faire comprendre comme touriste dans la rue en demandant une information ou de communiquer au travail ou dans une école. Ainsi, Mosalingua mise beaucoup plus sur des ebooks, des vidéos et livres audios. Le site revendique une communauté de 8 millions de personnes dans le monde pour l’ensemble des langues. La communauté germanophone n’est pas la plus développée, mais cela fait une différence avec Babbel qui n’a pas cet aspect communautaire.

Facile à utiliser, ne nécessitant pas beaucoup de temps quotidien pour progresser et à prix très raisonnable. Pour franchir le pas : un essai gratuit de 15 jours et une garantie satisfait ou remboursé pendant 30 jours


Points forts

  • Prix attractif à moins de 6€ / mois, paiement pour 1 an
  • Durée de la leçon définissable selon les besoins
  • 15 jours pour tester gratuitement et 30 jours pour bénéficier de la garantie satisfait ou remboursée
  • Objectif des 60 jours facilement atteint
  • Une variété de supports : ebooks, vidéos, livres audios

Points faibles

  • Méthode trop basée sur la répétition même si elle reste essentielle
  • Exercices pas assez variés
  • Orientation très tournée vers l’acquisition du vocabulaire

Apprendre l’allemand gratuitement avec deutsch.info

Plus qu’une méthode de langue, deutsch.info est une base de données qui organise l’apprentissage de la langue allemande avec des cours par niveau pour acquérir les bases afin de communiquer lors d’un séjour en Allemagne. Il y a une catégorie dédiée à la grammaire dans laquelle sont classées les principales thématiques pour comprendre les règles grammaticales. La présentation des informations est scolaire, mais bien rigoureuse. Il n’y a pas d’aspect ludique sur deutsch.info. Disons que cela peut être un excellent complément pour plonger un peu plus en détails dans les sujets qu’une appli comme Duolingo ne va pas expliquer. A commencer par les règles de grammaire. Une communauté aide à pratiquer la langue, quel que soit le niveau.

Deutsch.info dispose d’une section consacrée aux informations pratiques utiles à retenir si vous envisagez des vacances en Allemagne ou si vous comptez partir y vivre. C’est très bien résumé, même si la présentation peut sembler un peu stricte. On comprend mieux comment fonctionne la société, le modèle éducatif, on retient l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour le travail, les impôts, la santé, les hébergements…

Deutsch.info, plateforme multilingue pour apprendre l’allemand, condense donc en accès gratuit une sorte de méthode d’initiation et de révision, un dictionnaire, un espace d’échanges pour pratiquer et des tests pour évaluer son niveau.


D’autres pistes pour apprendre l’allemand : le site 50langues propose l’application « Apprendre 50 langues » qui est connu pour mettre en ligne plus de 30 véritables leçons gratuites. Pourquoi pas pour débuter la langue, mais vous ne parlerez pas allemand à l’issue des leçons.

Lang-8 Superprof cours d’allemand, est une plateforme réunissant des professeurs de langues ou des natifs proposant leurs services pour apprendre, réviser ou communiquer. Ce n’est pas uniquement dédié aux cours de langues, puisqu’il y a des cours de tout et n’importe quoi. Vous cherchez un coach pour vous motiver à condition d’avoir les moyens de payer pour parler? Ce n’est donc pas un site pour apprendre à parler, mais trouver éventuellement un prof ou un coach. A mon sens, c’est la dernière ressource à utiliser, car le coût reste élevé entre 15 et 50€ par heure et rien ne permet vraiment de garantir la réalité de l’expertise de l’interlocuteur, en dépit d’un système d’évaluation et de la proposition d’un premier cours gratuit.


Apprendre l’allemand en s’amusant, une alternative par l’immersion

L’immersion me manque et c’est la principale limite des solutions Duolingo et Babbel, bien qu’on entende des voix prononçant des mots et phrases. Dans l’attente d’un prochain séjour en Allemagne où je vérifierai que j’ai bien retenu mes bases, je me suis tournée vers la chaîne Apprendre naturallemand, animée par Jeanne, une française qui a vécu plusieurs années en Allemagne et a réalisé à quel point sur place elle avait bien du mal à parler avec des allemands (et surtout avec la bonne prononciation), malgré ses années d’études de cette langue. Vous aurez compris le jeu de mot Apprendre Naturallemand est une invitation à apprendre en s’amusant et en s’intéressant au passage à la culture allemande. N’hésitez pas à télécharger gratuitement son petit guide pour comprendre sa méthode des 5 ions appliquée à l’allemand et sa philosophie générale pour apprendre l’allemand à travers l’aspect culturel et pratique plutôt que dans une approche trop scolaire.

Jeanne a logiquement appris plus en un an et autant de rencontres dans son quotidien ou son travail, qu’en des années passées à enchaîner des leçons à l’école sans toujours être assurée que cela servirait dans les échanges du quotidien pour comprendre et se faire comprendre des allemands. En quatre ans, Jeanne est devenue bilingue et propose sa méthode personnelle pour apprendre l’allemand naturellement. Simplement et sans passer par les leçons fastidieuses du thème et de la version. Sur son blog et sa chaîne Youtube, elle aborde différemment l’allemand et permet de s’accoutumer à la langue sans fournir de grands efforts. Elle jongle entre l’allemand et la traduction ou l’explication en français. J’aime les petits rendez-vous réguliers de 5 à 10 min qui entretiennent mes efforts pour renouer avec l’allemand sans avoir l’obligation ni le sentiment de beaucoup travailler.

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1 réflexion sur “Apprendre l’allemand pour voyager en Allemagne ou en Autriche : vaut-il mieux Babbel ou Duolingo?”

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