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Sortir a Munich Agenda 2014 des ballets et scènes de danse

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Sortir a Munich : Agenda 2014 des ballets et des scènes de danse à ne pas manquer dans la capitale bavaroise. Une offre de ballets riche et variée réunissant des artistes de renommée internationale…

Si vous avez envie de sortir a Munich pour découvrir les manifestations Loisirs et , peut-être aurez-vous envie d’assister à une soirée des ballet?! Au cours de l’année 2014, la ville de Munich offre une foule d’événements, et notamment des ballets qui réjouiront les amateurs grâce à la venue de grands noms du ballet pour des représentations exceptionnelles.

  • Saison 2013-2014 au Bayerische Staatsoper de Munich

    Photo : 1943 – 1963 – 2013  Mehr dazu gibt's morgen bei unserer Pressekonferenz zur Spielzeit 2013/14. Ab 10 Uhr könnt ihr per Live-Stream dabei sein und Fragen stellen: http://bit.ly/jahrespressekonferenz
    1943 et 2013, 50ènne anniversaire de la réouverture (1963)

    C’est un Directeur général tout sourire, détendu et ravi qui a présenté ce matin à la presse la saison 2013-2014 du Bayerische Staatsoper. La présentation était retransmise en live sur internet et les internautes pouvaient poser leurs questions que relayaient un opérateur présent dans la salle.

    Kirill Petrenko. © Wilfried Hösl sortir a munich
    Kirill Petrenko

    Le Directeur général, Nikolaus Bachler, a d’abord présenté le nouveau Directeur musical, Kirill Petrenko. Les deux hommes se connaissent bien et s’apprécient, et font preuve d’une complicité manifeste. Petrenko, dont la carrière est remarquable, arrive à la direction musicale d’une des plus prestigieuses maisons d’opéra tout auréolé du sa désignation parallèle au Festival de Bayreuth où il dirigera le Ring à partir de cet été, et sans doute pour plusieurs saisons. Le public de l’opéra de Munich bénéficiera de l’expérience de ce double engagement lorsque Petrenko dirigera dans les années à venir à Munich les reprises du Ring monté la saison dernière dans la mise en scène d’Andreas Kriegenburg.

    Pour marquer le 50ème anniversaire de la réouverture de la Maison, détruite par les bombardements de 1943 et réouverte en 1963, le Théâtre National reprend Die Frau ohne Schatten, qui fut précisément l’opéra de Richard Strauss qui ouvrit la saison 1963-1964. L’année 2013 sera placée sous la bannière nietzschéenne puisque le thème de la saison prochaine provient de Ecce homo, un écrit autobiographique du philosophe:  Wie man wird was man ist? Comment l’on devient ce que l’on est?  Un thème qui convient fort bien en cette année anniversaire. 1943 – 1963 – 2013. Des années phares, on peut l’espérer aussi pour 2013 avec la nouveauté toujours marquante pour une grande maison d’opéra d’un changement de la direction musicale, et un remarquable ensemble de nouvelle sproductions. Qu’on en juge:

    Kirill Petrenko dirigera fin novembre Die Frau ohne Schatten, que met en scène Krzysztof Warlikowski. On pourra ensuite voir La forza del destino mis en scène par  Martin Kušej, avec Asher Fisch au pupitre. De Mozart, Kiril Petrenko dirigera La clemenza di Tito dans une mise en scène de Jan Bosse. Au printemps 2014, Kirill Petrenko s’attaquera à Die Soldaten de Bernd Alois Zimmermann, une oeuvre exigeante qui aux dires du nouveau directeur musical suppose un travail de préparation intense. L’oeuvre sera jouée dans une mise en scène d’Andreas Kriegenburg. Le Festival d’été 2014 se fera sans la présence du directeur musical retenu par le Ring à Bayreuth. Il s’ouvrira par le Guillaume Tell de Rossini,dirigé par Dan ettinger et mis en scène par Antu Romero Nunesqui fait ses débuts à l’opéra de Munich. Enfin L’Orfeo de Monteverdi rentre au répertoire du Bayerische Staatsoper vers la fin du festival , mis en scène par dDvid Bösch et dirigé par Ivon Bolton.

    35 autres productions seront reprises dont Babylon, Boris Godounov, La Calisto, L’Enfant et les sortilèges / Der Zwerg, Eugene Onegin, Rusalka,Salome, Il turco in Italia et Wozzeck. Un concert est prévu pour commémorer le 150ème anniversaire de la naisssance de Richard Strauss. L’Opera Studio The Rake’s Progress au Théâtre Cuvilliés.

    Nikolaus Bachler s’est dit très heureux de l’expérience du live stream qui en un an a compté plus d’un million de visiteurs pour 9 productions. Cette expérience de démocratisation de l’opéra est plus que concluante et sera poursuivie et encore améliorée tout au long de la saison prochaine.

    On retrouvera en 2013-2014 des artistes de renommée internationale comme, pour ne citer qu’eux,  Diana Damrau (en Violetta), Edita Gruberova (Lucrezia Borgia), Anja Harteros (Tosca), Anna Netrebko (Macbeth), Joseph Calleja (présent pour cinq productions dont les Contes d’Hofmann et Butterfly), Ildebrando D’Arcangelo (Il turco in Italia), Jonas Kaufmann (Il trovatore), Erwinn Schrott (Le nozze di Figaro).

    Sortir a Munich : Ballets – Agenda 2013-2014

    LES PREMIERES

    Richard Strauss
    Die Frau ohne Schatten

    Kirill PetrenkoKrzysztof Warlikowski
    Le 21 novembre 2013 (Nationaltheater)Giuseppe Verdi
    La forza del destino
    Asher FischMartin Kušej
    Le 22 décembre 2013 (Nationaltheater)Wolfgang Amadeus Mozart
    La clemenza di Tito
    Kirill Petrenko / Jan Bosse Le 10 février 2014 (Nationaltheater)Igor Strawinsky
    The Rake’s Progress
    par l’Opera Studio
    30 avril 2014 (Cuvilliés-Theater)Bernd Alois Zimmermann
    Die Soldaten
    Kirill Petrenko / Andreas Kriegenburg
    25 mai 2014 (Nationaltheater)Gioachino Rossini
    Guillaume Tell
    Dan Ettinger / Antú Romero Nunes
    Festival, le 28 juin 2014 (Nationaltheater)Claudio Monteverdi
    L’Orfeo
    Ivor BoltonDavid Bösch
    Festival le 20 juillet 2014 (Prinzregententheater )

  • Festival du Ballet d’Etat de Bavière du 4 au 13 avril au Théâtre national de Munich

    Le Festival  du Ballet d’Etat bavarois (Bayerisches Staatsballett) aura lieu du 4 au 13 avril 2014 au Théâtre national de Munich. A partir du 4 février , on pourra du acheter des billets pour l’ensemble du Festival du Ballet tant dans les bureaux de vente qu’en ligne ou par téléphone.

    En première mondiale, Der gelbe Klang (Aszure Barton, Russel Maliphant)

    Le Festival s’ouvre le 4 avril par la représentation en première mondiale de Der gelbe Klang, un spectacle avec des chorégraphies d’Aszure Barton et Russel Maliphant. La chorégraphe canadienne Aszure Barton a conçu son ballet à partir d’un concerto pour violon du DJ et compositeur américain Mason Bates.  Le décorateur et costumier Michael Simon  utilise la musique de Frank Zappa pour créer un théâtre chorégraphique d’images basées sur le concept synesthésique de l’oeuvre de Wassily Kandinsky intitulée Der gelbe Klang (Le son jaune). Russell Maliphant a obtenu la collaboration du célèbre musicien de scène londonien Mukul Patel. Les costumes pour sa création ont été conçus par Stevie Stewart, le fondateur du label BODYMAP,  créateur attitré de stars comme Kylie Minogue .

    Le 8 et 9 Avril le Théâtre national accueille la chorégraphe Sasha Waltz et son ensemble pour des représentations de  Dido & Aeneas, un opéra chorégraphique créé en 2004 . 
    Deux premières mondiales sont au programme de la Junior Company (Bayerisches Staatsballett II) le 13 Avril: une création de Sebastian Goffin sur de la musique de Graham Fitkin et les Tableaux d’une exposition chorégraphiés pour l’Ensemble par le Directeur du ballet Ivan Liska, en collaboration avec Norbert Graf et Ayman Harper, sur la musique éponyme de Moussorgsky.

    Le Festival donnera également l’occasion de voir ou de revoir oeuvres exceptionnelles du répertoire du Bayerisches Staatsballett: La Bayadère , Heroes , Le Songe d’une nuit d’été et  Forever Young

    Festival du Ballet d’Etat de Bavière  2014

    Du 4 au 13 avril
    au Théâtre National de Munich

    Programme et chemin vers les réservations: cliquer ici, puis cliquer sur k-a-r-t-e-n pour réserver à la fin de l’encadré du spectacle choisi.

     

    Festival de ballet: Der Gelbe Klang au Théâtre national de Munich

    Der Gelbe Klang au Théâtre national de MunichPour l’ouverture de son Festival de Ballet, le Bayerisches Staatsballett a eu l’idée de présenter une nouvelle mise en scène de la pièce de théâtre Der gelbe Klang de Kandinsky. Cet essai de théâtre musical constitue la première partie d’une soirée qui comporte trois volets, les deux suivantes étant constituées de deux chorégraphies en création mondiale: Spiral Pass de Russel Maliphant sur une musique de Mukul, et le Concerto pour violon et orchestre de Mason Bates chorégraphié par Aszure Barton.

    Sonorité jaune (Der gelbe Klang), Michael Simon, Vassily Kandinsky

    Vassily Kandinsky a créé cette oeuvre de théâtre expérimental en 1909, une oeuvre qui sera par la suite publiée dans l’Almanach du Blaue  Reiter en 1912. L’oeuvre est la  première d’une série de quatre drames colorés que Kandinsky a composés entre 1909 et 1914, les trois autres oeuvres ont pour titre  « Sonorité verte » (1909), « Noir et blanc » (1909) et « Sonorité Violette » (1913). Kandinsky avait pour ambition de créer une oeuvre de spectacle total incluant musique et peinture, ballet et jeu scénique. La forme picturale est au centre de la mise en scène et son installation recourt aux variations combinées de la narration, de l’expression corporelle, de la danse et de la musique. Kandinsky est sur la même longueur d’onde que le Baudelaire du sonnet Correspondances ou que le Rimbaud du sonnet  Voyelles*.

     
    On n’est pas loin non plus de la source du structuralisme linguistique et de la sémantique saussurienne. De fait, les préoccupations esthétiques de Kandinsky résultent aussi d’une réflexion sur le signifiant: le son est un phénomène ondulatoire que l’on peut exprimer par la couleur. Le signifiant se dessine aussi par des lignes qui forment des lettres,  il s’inscrit dans la forme d’un mot, chacune des lettres étant formée du dessin d’une ligne, que l’artiste peut à son tour reproduire et décomposer. Kandinsky va établir des correspondances entre les différents  sens et les différentes expressions artistiques. Ainsi pour Kandinsky une sonorité peut-elle s’incarner dans toute une série d’expressions artistiques: un thème musical, bien sûr, mais aussi et surtout dans son cas une peinture, ou encore un mouvement de danse.
    Kandinsky ne verra jamais son oeuvre portée à la scène. De concert avec ses collègues du Blaue Reiter, Franz Marc, August Macke et Alfred Kubin, il travailla intensément à la préparation d’une production munichoise de l’oeuvre, qui devait se jouer en 1914, peut-être au Georg Füchs’s Künstlertheater, qui disposait de la technique d’éclairage que requérait le projet. La guerre porta un coup fatal à la production de l’oeuvre à Munich.
    Dans son essai théâtral “Sonorité jaune”, c’est l’histoire d’un géant jaune qui est contée essentiellement par une suite d’impressions visuelles: une pièce en un acte et six tableaux, sans chant ni dialogue, avec un enfant, des figurants costumés en créatures rouges aux formes incertaines, corolles florales ou oiseaux, et un géant qui se compose et se décompose en plusieurs personnages. Une oeuvre entre symbolisme et expressionnisme, et déjà à l’orée du surréalisme.

    Le metteur en scène, scénographe et éclairagiste Michael Simon a choisi de mettre ce récit en scène sur des musiques de Frank Zappa. L’orchestre composite, à gauche un orchestre classique, à droite un ensemble de percussionnistes, est admirablement dirigé par Myron Romanul. Avant le lever de rideau, Michael Simon commence par une présentation d’ éléments de décors qu’il fait longuement, trop longuement, défiler devant le rideau de scène portés par des installateurs de décors ou des appariteurs: échelles, parties du corps du géant, grandes découpures de morceaux de tableaux de Kandinsky. A droite de la scène, titre oblige, un gramophone jaune déploie son pavillon. La première partie nous fait rentrer dans l’univers abstrait du peintre russe par une installation dynamique. Des danseurs circulent porteurs ou revêtus de parties du corps du géant jaune: l’un arbore un immense pied gauche, un autre un pied droit, un troisième porte un bras gigantesque, un autre encore le torse, etc. Le décor s’installe et se désinstalle; un enfant à tête de poupée surdimensionnée circule entre les échelles et s’essaie à la création d’un monde de lumières et de couleurs qu’il essaye de contrôler. Plus tard le géant jaune finira par se constituer, les diverses parties de son corps s’étant regroupées pour former un individu unique, un géant hybride qui tient à la fois du bonhomme Michelin et de Shrek. Une constitution suivie d’une dissolution: nouvel Adam issu de la glèbe et destiné à y retourner, le géant jaune est issu de la couleur, s’en constitue et finit par s’y dissoudre. Sans doute, aux côtés d’une mystique de l’impermanence peut-on y voir, entre autres, une réflexion sur le processus de création de l’artiste. 
     

    Michael Simon  s’est donné pour objectif l’évocation de l’univers coloré de Kandinsky, un univers rythmé par la musique entraînante et joyeuse de Frank Zappa, et qui se termine dans une belle farandole multicolore de danseurs enthousiastes. Mais son travail manque de substance, il reste trop en superficie et ne parvient pas au coeur de la vision artistique de Kandinsky, qu’il ne fait qu’effleureur.

    Le public désarçonné et visiblement  peu préparé à recevoir une installation théâtrale là où il s’attendait à voir un ballet, a accueilli la performance avec des avis très partagés: les applaudissements très fournis des modernes se sont heurtés aux huées de désapprobation des anciens. Il est vrai que l’installation des éléments du décor est longuette, et que la ronde dansée avec ses sauts synchronisés, tout à fait charmante au demeurant, ne relève pas, c’est le moins qu’on puisse en écrire,  de la prouesse chorégraphique. Mais la musique est belle, rondement menée et parfaitement exécutée, et le dynamisme onirique de l’univers de Kandinsky est passablement bien exposé. On est un peu surpris, gentiment satisfait, on a peut-être passé un moment agréable et coloré, animé d’excellentes musiques, mais on n’est pas touché. Certains le sont si peu qu’ils quitteront le Théâtre national dès la fin de la première partie.

    *A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

    Je dirai quelque jour vos naissances latentes (Rimbaud)

    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
    (Baudelaire)

     

    Spiral pass, Russell Maliphant, Muktul

    Der Gelbe Klang au Théâtre national de MunichChangement total d’atmosphère lors de la deuxième partie. La salle est plongée dans un noir absolu et soudain jaillissent la musique de Mukul et la danse de Russell Maliphant, et la magie commence. Maliphant donne ici sa troisième production munichoise. On est tout de suite électrisé par une des plus belles chorégraphies que la scène du Théâtre National ait porté ces dernières années. Pas de décor, rien que le faisceau précis d’un projecteur (belles lumières de Michael Hulls) sur un extraordinaire pas de deux exécuté à la perfection par d’incomparables étoiles de la danse: Lucia Lacarra et Marlon Dino (photo). Mukul et Maliphant sont de vieux complices, il s’agit de leur cinquième collaboration. Le Bayerisches Staatsballeett a commandité la musique de Spiral pass qui est exécutée ici en première mondiale. Sur les perucssions envoûtantes de Mukul, Maliphant nous fait plus que jamais la démonstration de son travail sur l’équilibre des corps et de sa recherche sur les contacts entre les danseurs. Le titre de la chorégraphie provient du langage footballistique américain: un spiral pass, c’est un lancer de ballon en spirale: il s’agit de faire tourner la balle avec les doigts pour lui donner de l’effet; au moment du lâcher prise, le joueur utilise ses doigts pour  faire rouler le ballon hors de sa main. Dans la chorégraphie de Maliphant, on retrouve la  précision de ce type de manipulation, mais le ballon est devenu le corps d’un ou d’une partenaire de danse. Les corps se coulent, s’enroulent, se lovent puis se déroulent dans des contacts surprenants baignés dans des lumières qui semblent simples mais qui en fait par leur précision aident les spectateurs à percevoir les mouvements de la danse. Maliphant sollicite le meilleur des danseurs et des danseuses du Bayerisches Staatsballett et les entraîne aux confins du possible. La danse se déploie dans une fluidité continue des contacts entre les corps. Maliphant crée des équilibres qui défient la gravité, ainsi une des danseuses évolue-t-elle avec élégance et naturel  sur les mains, les bras et les épaules de danseurs, comme si elle se déplaçait sur un plancher aérien, virtuel et invisible. Le travail au sol est aussi prodigieux que le travail aérien, dans des mouvements coulés où les corps se déplacent en glissant dans une fluidité de mouvement stupéfiante. Un spectacle qui monopolise totalement l’attention et stupéfie par sa précision et son inventivité chorégraphique. le public est pris dans la spirale magique de la danse, et le spectacle est salué par un tonnerre d’applaudissements, de cris et de trépignements enthousiastes.

    Concerto pour violon et orchestren, Aszure Barton, Mason Bates

    A nouveau un changement total d’atmosphère en troisième partie avec la chorégraphie d’Aszure Barton sur le très beau concerto composé en 2012 Mason Bates. La musique en soi est remarquable, avec une partie virtuose pour violon magistralement jouée par David Schultheiss auquel Myron Romanul offre un tremplin musical bien mérité. Un concerto néo-classique, qui évoque par certains aspects César Franck et Gerschwinn. Le classicisme se retrouve aussi dans la chorégraphie de Barton qui nous invite à un spectacle d’une danse légère, aérienne et diaphane, avec des harmonies  qui évoquent la joie et le bonheur dans une grande simplicité de moyens: un rideau de fond de scène représente en pointillés une danseuse dans son envol, les danseurs et les danseuses portent de simples tuniques et pantalons blancs fins et souples qui souligent la caresse visuelle des mouvements (costumes de Linda Chow). Katherina Markowskaja et Lukáš Slavický (photo) donnent un remarquable pas de deux dans ce spectacle de la joie.

    On pourra regretter l’organisation très déséquilibrée du spectacle. Il est pour le moins curieux de commencer un festival de ballet par un début de soirée qui relève du théâtre expérimental, alors qu’on s’attendrait à l’exposé de la démonstration des qualités du corps de ballet bavarois. Ensuite, plus qu’en contraste, la chorégraphie Spiral Pass fait tout le contraire et nous donne l’illustration d’un spectacle contemporain tellement réussi et définitif qu’il laisse peu de place à l’appréciation d’une troisième   partie beaucoup plus classique, et qui mériterait davantage d’attention, par exemple en la présentant dans une constellation plus homogène. Il faut cependant  courir voir ce spectacle pour ses deux chorégraphies si magistrales quoique si différentes, et par curiosité culturelle, pour approcher un aspect moins connu de l’oeuvre de Kandinsky.

    Agenda

    Les 27 avril, les 2 8, 11 et 17 mai, le 22 septembre et le 4 octobre  2014
    Le 23 avril, les 12, 13, 14 et 19 mai 2015.
    Réservations: cliquer icii puis sur la date choisie.

    Crédit photographique: Wilfried Hösl

  • Didon et Enée de Sasha Waltz au Festival du Ballet au Théâtre national de Munich

    Didon et Enée de Sasha Waltz au Festival du Ballet au Théâtre national de Munich
     
    Pour sa semaine de festival du ballet, le Bayerisches Staatsballett a invité Sasha Waltz et sa célèbre mise en scène de Didon et Enée de Purcell. L’occasion pour le public bavarois de découvrir une production majeure de l’art chorégraphique contemporain.
     
    Avec Didon et Enée, Sasha Waltz revisite le concept du Gesamtkunstwerk du point de vue de la danse. Elle utilise simultanément de multiples disciplines artistiques au départ de la musique de Henry Purcell, avec des visées symboliques. Danse, musique, chant et théâtre se mêlent pour former l’unité du spectacle. Le spectacle a été créé en 2005 au Grand Théâtre de Luxembourg, et est depuis lors représenté sur les grandes scènes internationales avec un succès jamais démenti.
     
    Le chef italien Attilio Cremonesi a travaillé au départ de la partition de Purcell, un travail légitime puisque le livret est plus long que la partition qui est incomplète. Cremonesi connaît particulièrement bien la musique baroque, il a été formé à l’école de René Jacobs dont il fut l’assistant. Rappelons que l’on doit à René Jacobs une très belle interprétation de Didon et Enee (Harmonia Mundi 2001, avec notamment Lynne Dawson). Cremonesi dirige l’ Akademie für Alte Musik de Berlin avec beaucoup de finesse, un grand sens des nuances théâtrales et de la dramatisation. Cremonesi a imaginé une reconstruction de la partition, notamment au niveau du prologue qu’il propose mi parlé-mi chanté, en se servant notamment de fragments d’autres musiques de Purcell, et en restant bien dans l’esprit du maître du baroque anglais. Avec les jeux scéniques, cela double le temps de la partition initiale ( environ 50 minutes pour l’original, 1H40 de représentation dans la version reconstruite). Cela présente le désavantage de rompre le rythme musical, un inconvénient que Sasha Waltz s’efforce compenser par un surcroît de théâtralité à la lisibilité  sans doute volontairement embrouillée.
     
    Le travail des choeurs du Vocal Consort Berlin séduit, comme celui des musiciens. L’Enée de Reuben Willcox passe bien la rampe, mais les voix de femmes manquent souvent de projection. Le volume de la salle du Théâtre national de Munich avec plus de 2000 places dépasse celui du Grand Théâtre de Luxembourg (940 places). Ainsi Aurore Ugolin donne-t-elle une Didon vocalement faible, ce qu’elle compense par un jeu scénique magistral, particulièrement remarquable dans les scènes finales.
     
    Didon et Enée de Sasha Waltz au Festival du Ballet au Théâtre national de MunichOn ne vient pas voir le spectacle de Sasha Waltz pour la seule musique, mais pour faire le voyage d’un spectacle total qui décloisonne les genres et multiplie les points de vue. Chaque chanteur est doublé d’un danseur, parfois de deux, dont l’expression corporelle incarne les sentiments du personnage. L’art de Sasha Waltz ne permet pas nécessairement une compréhension rationnelle du spectacle, on ne sait pas toujours qui chante, qui danse, qui représente quel personnage. La danse déborde le chant, et les chanteurs et les choristes, souvent mêlés aux danseurs, participent d’une vaste sarabande. S’il est parfois difficile de discerner qui est qui,  les aspects fusionnels et les mouvements de groupe dépassent de loin l’individualisation. 
     
    On est séduit dès le premier tableau présentant un aquarium géant, qui est devenu l’image d’Epinal de ce spectacle, dans lesquels des plongeurs évoluent dans une danse aquatique expressive. Une image bienvenue puisque Didon et Enee est un opéra éminemment marin. 
    Les groupes en grappes se meuvent et se transforment en une progression de tableaux colorés, avec les magnifiques costumes de Christine Birkle. La mer est très présente,  les mondes souterrains sont évoqués par des trappes qui s’ouvrent et d’où des personnages, où d’autres disparaissent et s’engloutissent, l’aérien est aussi de la partie avec un suspensoir en forme de balance qui permet de beaux mouvements de danses en vol suspendu. Du final, on retiendra l’image effrayante de Didon et de ses doubles danseuses emprisonnées dans leurs longues chevelures qui deviennent arachnéennes. On est transporté dans un univers mythique où l’amour et la haine s’affrontent sur fond de guerre, et où l’amour sort triomphant au prix de la mort. 
     
    Le public conquis à l’art de Sasha Waltz salue cette production d’un enthousiasme quasi unanime pour cet opéra chorégraphique transmué en un spectacle visionnaire qui porte davantage la marque de la chorégraphe que celle du compositeur. 
     
    Pour suivre le travail de Sasha Waltz, visiter  le site de la chorégraphe.

    Dido & Aeneas – trailer from Sasha Waltz & Guests on Vimeo.

     Création d’un nouveau ballet de Jo Strømgren: ARSEN – EIN ROKOKOTHRILLER

     
    A partir du 20 mars, le Theater-am-Gärtnerplatz présente en création mondiale un nouveau ballet du chorégraphe norvégien Jo StrømgrenStrømgren, un chorégraphe visionnaire dont les créations ont suscité l’enthousiasme de la critique et du public, monte son spectacle ARSEN – EIN ROKOKOTHRILLER (Arsenic – Un thriller rococo) avec le ballet et l’orchestre du Staatstheater am Gärtnerplatz. Il met en scène la double morale décadente du rococo, qui déploie de manière ostentatoire les artifices de sa vertu, pour mieux voiler son essence véritable. L’arsenic s’insinue, distille ses toxines  et envahit les corps qu’il déforme et mutile. Le poison nous invite à une bacchanale de la mort. Jürgen Goriup dirige l’orchestre du Theater am Gärtnerplatz qui interprète des musiques d’Antonio Vivaldi, Tomaso Albinoni, Arcangelo Corelli et Heinrich Ignaz Franz Biber.
     
    A propos du chorégraphe
     
    Jo Strømgren travaille en tant que chorégraphe, metteur en scène et auteur indépendant. Il a conçu des chorégraphies pour des nombreuses compagnies, comme le Ballet de l’Opéra de Vienne, le Ballet de l’Opéra du Rhin, le Ballet royal de Suède, la Cedar Lake Dance Company, la GöteborgsOperans Danskompani, le Cloud Gate Dance Theatre of Taiwan et le ballet du Théâtre d’etat de Nuremberg. Il est aussi le chorégraphe résident du Ballet national de Norvège. Sa compagnie, la Jo Strømgren Kompani, s’est produite dans 57 pays, où elle a présenté ses spectacles faits d’un mélange subtil de danse, de théâtre et de théâtre de marionnettes, témoignant du travail particulier de Jo Strømgren qui cherche à relier entre elles diverses formes artistiques et théâtrales. Ainsi dans sa nouvelle création travaille-t-il sur le riche répertoire du rococo: au départ des musiques de l’époque, il chorégraphie un ballet qui s’entrelace avec un travail sur le texte et la voix.
     
    Agenda
     
    Un spectacle du Theater-am-Gärtnerplatz dans le cadre rococo du Théâtre Cuvilliés, dans la Résidence de Munich.
     
    Pour 9 représentations du 20 mars au 11 avril 2014.
     
    Réservations en ligne: cliquer ici puis sur la date souhaitée

    Les photos sont de © Lioba Schöneck

 

Qui est l’auteur de cet article?luc le belge ideoz voyages munich allemagneLuc Le Belge est expatrié à Munich, en Bavière et vous fait découvrir la belle ville de Munich aux multiples attraits et à l’actualité culturelle très dense, mais aussi la société bavaroise, qui est si particulière en Allemagne…Découvrir le blog MUNICH AND CO…

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A propos de l'auteur

Luc Le Belge est expatrié à Munich, en Bavière et vous fait découvrir la belle ville de Munich aux multiples attraits et à l’actualité culturelle très dense, mais aussi la société bavaroise, qui est si particulière en Allemagne…Un Belge à Munich : le blog

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