Dans l’enfer de Bornéo

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Dans les années 70. Il y a 35 ans.

Part.1 : Borneo, une vision de l’enfer

Juillet-aout, c’est, à la télévision, l’époque des rediffusions…on ressort films et séries des archives. C’est ainsi que – cette nuit – je me laissais prendre au charme désuet  « d’Angélique marquise des anges ». Michèle Mercier, et  Robert Hossein    en pleine gloire, avec le rappel de dîners avec Bernard Borderie  (le réalisateur) racontant – de vive voix – le « making of du film » et les histoires croustillantes concernant les acteurs.

A la fin des années 70, je voyageais en Asie, avec mon premier mari et nos deux enfants – 5 et 3 ans – dans des pays où on ne se balade pas souvent avec des petits enfants. J’écrivais une sorte de journal de bord que j’avais – au retour – tapé sur une petite machine à écrire Reynolds… Les caractères sur le papier sont en train de s’effacer avec le temps, alors j’ai décidé de les saisir sur mon ordinateur pour en garder une trace. Mes petites filles apprécieront un jour, puisque rien ne s’efface jamais sur la toile. Je n’avais pas la même facilité à écrire qu’aujourd’hui, mais ces récits ont le mérite de la spontanéité puisque j’écrivais au jour le jour.

Je ne les prendrai pas dans l’ordre et puisque hier soir, j’ai ouvert – au hasard – la page sur Bornéo… voilà :

BLOG 89
« Nous avons laissé Manille se débattre avec un début de typhon : maisons décoiffées par le vent rageur, arbres échevelés de l’avenue Roxas et tordus sous les rafales, égouts déversant leurs torrents de boue, sourires séchés derrière les ombrelles de papier huilé.

Ce matin le soleil brille sur une avenue bordée de bougainvillées mauves et d’hortensias roses. Des petits bungalows de bois croulent sous les glycines et derrière leurs étals de fruits, de vieilles malaises fument le cigare. Kota Kinabalu – kéké – comme disent les malais –  surprenante de propreté, calme, reposante. Un peu triste après la bouillante Manille. J’aime.

A quelques kilomètres de KK, capitale de cette province malaise, une plage déserte, et vierge. Le sable y est jaune et, pour une fois, cocotiers et palmiers  – si familiers aux paysages tropicaux – ont fait place aux casuarinas. Face à la mer et  caché sous les arbres, une douzaine de bungalows : « Le Bornéo Hotel ». Se réveiller avec le chant des oiseaux, s’endormir avec le gémissement du vent dans les casuarinas et le clapotis des vagues sur la grève… Douces sensations de sérénité, de bien-être paresseux. Pas de touriste, pas de voyageur, pas de curieux. Nous sommes seuls, livrés à nous-mêmes dans cet hôtel isolé et vieillot. Nous et nos traces de pas sur le sable. Nous sans spectateurs.. Ne rien faire et pourtant vivre intensément, ne rien dire et pourtant être heureux. Le temps file comme le sable entre les doigts, lentement mais inexorablement et je me surprends à le haïr ce temps qui nous trahit à chaque instant, qui transforme chaque minute en souvenir, absorbe ce merveilleux présent pour en faire un passé déjà triste. Tandis que se profile à l’horizon, la perspective d’un retour redouté, je me demande si ce voyage n’aura pas fait de nous des êtres définitivement « différents ». Souvenirs, expériences, sensations emmagasinés en vrac, font maintenant partie de nous-mêmes et dans une certaine mesure conditionneront probablement notre avenir. Mais il n’est pas encore temps d’y songer.

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Apres trois jours à KK, on se dit « Tu ne crois pas que.. ? » Pas besoin d’explications : appel de la jungle, fourmillement dans les jambes, tentations d’aller à la rencontre des tribus Murut ou Dayaks… « Demain, d’accord ? » Et voilà comment on se retrouve dans un train bloqué par les inondations qui submergent la voie, glissant sur un paysage de marécages ou pataugent des buffles d’eau, longeant des plages où viennent mourir les vagues à la rencontre de la végétation. Celui qui n’aurait jamais connu ces instants d’inquiétude, celui qui n’aurait jamais ressenti la bienheureuse trouille du « où dormirons-nous ce soir ? » ou cette étreinte passionnante avant la plongée dans l’inconnu, celui-là  sait-il ce qu’est le vrai voyage ? Ici je donnerais tous les temples et les musées du monde pour ces moments d’angoisse excitante qui vous obligent à improviser avec un fatalisme oriental. Sacrifier un Borobudur pour des heures d’attente dans un wagon bloqué en pleine forêt, oublier un Prambanan pour patauger avec des malais dans la gadoue d’une rizière. Sacrilège ? Mais on ne se refait pas. Et l’aventure continue…

Mais pour le moment un éboulement de terrain obstrue la voie. Et le voyage s’arrête, momentanément,  là. Il va falloir improviser pour la suite.

Nous traversons le village sous l’œil ébahi de quelques boutiquiers chinois, salués par les Kadazans, habitants de cette région du nord Bornéo. S’il y a des chinois, il y a sûrement un hôtel  Alors, plus de souci pour ce soir. Coup d’œil à la chambre : rideaux arrachés et un grand lit pour quatre. Ça fera l’affaire. Notre passage dans le kampong ne suscite pas le délire comme à Zamboanga ou au Rio Hondo, mais une curiosité plutôt distante. Les femmes répondent timidement à notre « Salamat Malan » (bonne nuit) et courent chercher leur mari ou un autre membre de la famille pour signaler notre présence et surtout pour parler des cheveux de Florent. Plusieurs fois j’entends murmurer avec étonnement «  putih, putih » (blond, blanc).

Dès le lendemain nous courons aux nouvelles, à la gare tout proche. « Oui le train va à Tenom aujourd’hui mais on ne sait pas quand il y parviendra ». Qu’il ne reste que 90 kilomètres à parcourir ne veut absolument rien dire, ça peut se traduire par deux heures ou deux jours, voir, plus. Trois heures s’écoulent sur le quai, dans une atmosphère irrespirable d’étuve. Les enfants se sont assoupis sur des sacs de riz, abrutis de chaleur. Je fais des efforts surhumains pour ne pas me laisser aller moi aussi et m’écrouler sur les paquets qui recouvrent le plancher de la gare. Cette cabane, une gare ? Mais il ne faut surtout pas « perdre la face » devant malais et chinois qui attendent imperturbables et silencieux, assis sur leurs talons. Une vieille femme mâche une grosse chique de bétel entre ses dents noircies et crache des jets de salive rougeâtre avec indifférence. Elle nous regarde fixement, perdue dans son rêve. Des enfants courent après des poules sur la voie ferrée… Enfin le train arrive et le chargement commence sous le soleil brûlant. Comment décrire la prise d’assaut de ce train a Bornéo ? Il faut avoir un jour participé à cette joyeuse bousculade, à cette débandade bruyante pour se rendre compte que le calme de l’Asiatique n’est qu’une légende. Pour une fois, c’est nous qui prenons notre temps… plus asiatiques que ces malais qui nous bousculent pour quelques centimètres de banquette en bois.

La voie est envahie par les herbes folles, les branches et les feuilles géantes griffent les wagons, un tunnel de végétation épaisse masque le soleil. Des écoliers descendent du tortillard et disparaissent, engloutis par la forêt. Florent a enfoncé sa casquette sur ses cheveux blonds, mais quelques boucles s’en échappent et reflètent le soleil comme une auréole de lumière. Que faire quand on est un petit garçon bouillant de vie et qu’on s’ennuie à mourir dans un train bourré de grandes personnes qui ne s’occupent pas de vous ? Taquiner sa sœur Anh-Mei ? Oui mais c’est bien plus intéressant de s’attaquer aux adultes qui le dévisagent curieusement. Faire fondre leur réserve, les obliger à parler, les faire rire surtout. Jeux d’enfant pour Florent passé maître dans l’art des grimaces et des fous rires interminables. Sans parler de son anglais zozotant, de son regard malicieux et de ses plaisanteries pleines d’humour. Encouragé par les rires qui fusent de toute parts et stimulé par les curieux qui ont quitté leur place pour se camper devant lui, sûr de son pouvoir sur ce public facile, il gesticule et palabre en mélangeant anglais et malais. Où a-t-il appris tout ce vocabulaire ? J’éclate de rire moi aussi lorsqu’il pointe un fusil imaginaire sur une proie tout aussi imaginaire et dit : « I want to shoot a cui cui » Sans perdre les pédales. Il remplace un mot par une  onomatopée, se retourne sur les passagers pour s’assurer de leur complicité, et éclate une fois de plus de rire.

Tout à coup, les freins grincent et la machine s’arrête le long d’une rizière qui s’étale paresseusement dans u lit de sable jaune. Autour de nous les passagers s’agitent, se penchent aux fenêtres, jettent leurs paquets sur le bas-côté. Quelqu’un nous fait signe de descendre. Un rocher gigantesque bloque la voie. Une équipe d’hommes armes de pioches, tentent, à grands renforts de cris et de rires, d’entamer la masse rocheuse. En vain. Un train attend de l’autre côté de l’éboulement. Nouvelle débâcle, nouvelle prise d’assaut. Pierre, imperturbable, filme.

Tenom, au cœur du pays Murut ressemble à tous les villages malais : une rue principale avec quelques échoppes, véritable bazar ou s’entassent les objets les plus hétéroclites, de la machine a coudre a pédale, aux bouteilles de médecines sans étiquette, des serpentins d’encens aux jouets de bois grossie, du poisson séché au dentifrice, des cure-dents aux durions. Epicerie, pharmacie, droguerie, boutique de préteur sur gage… un magasin chinois quoi !

Florent entraîne à sa suite, une bande de gamins et disparaît de notre horizon. Nous avons acquis une certaine dose de  philosophie avec le temps pour ne pas en  inquiéter. Je suis d’ailleurs persuadée qu’a 5 ans, il pourrait se débrouiller en Asie de bien meilleure façon que la plupart des adultes ne parlant pas un mot d’anglais et n’ayant jamais voyagé. Non seulement en raison de ses facilites d’adaptation à toutes les situations, mais parce qu’il parle anglais à présent et baragouine le malais.

Le soir, à travers les cloisons de bambou de la chambre de l’hôtel chinois, nous participons, sans y avoir été conviés, à une partie de mah-jong aux rebondissements passionnants si j’en juge par les cris, les rires, les disputes et les éclats de voix. En dessous, c’est le tintamarre habituel de casseroles et de fourneaux. Les chinois sont aussi bruyants de jour comme de nuit… certainement parce que chacun se repose à son heure – qui n’est jamais la même que celle des autres membres de la famille -« 

La beauté de l’enfer vert

Part II


SARAN, ravie d’apprendre que nous avons décidé de passer la nuit dans la foret, nous entraîne dans sa paillote, à quelques mètres de la « long house ». Il fait très chaud, ma robe de coton colle à la peau. Sa mère nous accueille avec force courbettes et cache sa honte d’habiter une si modeste demeure, derrière un sourire qui ne la quittera plus jusqu’à notre départ.  Des nattes sont installées sur un plancher très propre – pour le cas où nous déciderions de faire la sieste. Au milieu de la cour, un jeune buffle broutille paresseusement, des femmes et des enfants, massés autour de l’habitation, nous regardent, immobiles. Deux Murut affutent des petits éperons de métal qu’ils fixeront à l’ergot de coqs de combat.

Une vieille femme fait cuire le riz au-dessus d’un  feu de bois. Le temps s’est arrêté, il n’a plus prise sur nous, nous nous sentons bien comme si vivre dans ce village de la jungle de Bornéo était la chose la plus naturelle du monde. Et ça l’est puisque nous sommes là : Florent et Anh-Mei jouent avec un petit singe apprivoisé et courent autour de la maison en criant. Je fume une cigarette mais la chaleur moite lui donne un arrière-gout écœurant, je la jette. Un Murut, torse nu et luisant sous le soleil, nous apporte une jarre de tapaï en riant. Il nous tend deux  petites tiges de  bambou creux et mime l’aspiration. Nous l’imitons donc, mais après une première goulée j’ai la gorge en feu. Pour ne pas le décevoir, et mesachant observée, je fais semblant d’aspirer ce tord-boyau avec un sourire de reconnaissance, c’est la moindre des politesses.. Content, il s’éloigne,  en rigolant.

deux enfants à borneo

Apres le déjeuner – riz et lanières de viande séchée –  SARAN nous fait comprendre que PINGAI, son frère, aimerait nous emmener dans la forêt. « Walk, walk.. » Florent, entouré de gosses nus, joue sans plus se soucier de nous et Anh-Mei s’est endormie sur une natte, de petites gouttes de transpiration dégoulinent de son front. Je troque mes sandales contre des tongs en caoutchouc et nous suivons PINGAI sur un petit chemin de terre dans une atmosphère étouffante et une lumière glauque d’aquarium. La piste est recouverte d’une mousse brune, épaisse comme de l’éponge dans laquelle on s’enfonce doucement, des toiles d’araignées géantes scintillent comme des fils d’argent, l’air est immobile, lourd, saturé d’odeurs capiteuses plus enivrantes encore que le tapaï.

Au sommet d’un promontoire dénudé, s’étend une mer d’arbres couleur émeraude. A l’horizon, des crêtes de montagnes bleues. Au-delà de ces renflements gigantesques, la mer. A l’ouest, Sarawak, et vers l’est, noyée dans une brume de chaleur, la masse monstrueuse du Mont Kinabalu, point culminant de toute l’Asie du Sud-Est. Je contemple ce décor époustouflant, avec une sorte d’ivresse, accentuée par le tapaï ingurgité tout à l’heure avant le repas, J’ai envie de m’envoler, de pleurer ou de faire quelque chose d’excessif, de fou, d’insensé.. genre rester là, ne plus rentrer en France…ça me prend à chaque fois que je suis  bouleversée par un sentiment trop fort, l’accueil des Murut ou la beauté insupportable de ce  paysage par exemple.

« C’est magnifique » dit Pierre bluffé lui aussi par  ce décor grandiose, émouvant comme la mer.

Des cris nous parviennent, étouffés par la masse touffue de la jungle : de grands singes sautent de branche en branche, ils sont les rois de la forêt. J’envie un moment leur liberté, mais pour moi qui ne fait que passer dans cette forêt des génies, j’oublie trop vite que derrière cette somptueuse et insolente beauté, se cache le danger, se tapit la peur de l’enfer vert avec ses moustiques, ses taons, ses sangsues et ses araignées aux piqures venimeuses contres lesquelles les Murut doivent lutter jour après jour, sans parler de la tuberculose qui fait des ravages, des fièvres des marais et du choléra. L’envers du décor, c’est aussi le combat incessant contre la vegetation tentaculaire, le déluge de la mousson, la chaleur écrasante et l’humidité.

En notre honneur, le soir venu, on fait griller des quartiers de porc sur la braise tandis que des chiens sauvages, rodent alentour, essayant d’attraper quelques restes de nourriture. Lorsqu’ils s’approchent de trop près, les hommes les chassent à coups de cailloux, alors ils s’éloignent en grondant comme des loups. A l’intérieur de la « longue maison », des femmes accroupies sur leurs talons, mâchent du bétel et crachent un peu partout. Elles nous observent d’un air hébété. Le village entier baigne dans l’ombre chaude de la nuit sans électricité, des nuages, poussés par le vent de la mousson, masquent la lune. A la lueur indécise des lampes à pétrole, nous faisons un délicieux repas généreusement arrosé de tapaï. Comme doivent être passionnantes les légendes de la forêt et les histoires de génies racontées par les vieux Murut au corps tatoué. Ce soir, ils ont choisi de s’exprimer en dansant et en chantant. SARAN berce tendrement Florent dans ses bras. Anh-Mei s’agite au rythme des clacs clacs de bambou, Pierre enregistre au magnéto et moi je me fabrique des souvenirs pour un futur que je redoute de plus en plus.

Vers 10 heures, tous ceux qui ne partagent pas la vie communautaire de la « long house » s’en retournent bruyamment dans leur paillote. Avant de m’allonger sur la natte, un coussin calé sous les reins, je m’assieds sur les marches de bois de la terrasse. L’immobilité de l’air est oppressante et des éclairs de plus en plus rapprochés zèbrent la nuit. Un enfant pleure, la forêt bruisse doucement, omni présente.

« Sais-tu qu’il y a 30 ans, les Murut, poussés par les japonais qui occupaient alors Bornéo, coupaient encore les têtes des anglais et des australiens qui se perdaient par ici ? » Puis, avec un rien de mélancolie dans la voix, Pierre dit  : « Si j’avais été seul, le chef du village m’aurait sûrement présenté une jeune-fille pour la nuit » « Eh bien dis-donc, on sait recevoir chez les Murut » ai-je répondu, moqueuse.

LOW, un chinois de Singapour m’avait  appris l’existence de cette charmante coutume. Alors qu’il visitait une tribu Murut du sultanat de Brunei, le chef du village lui offrit une gamine 15 ans. Il ne put échapper à la tradition,  les hommes avaient beaucoup bu et on est susceptibles chez les Murut.

Une fois allongée, je ne parviens pas à trouver le sommeil et me retourne inlassablement sur la natte, attentive aux frémissements de la jungle. J’ai sûrement trop bu. Les moustiques, eux, s’en donnent à cœur joie et le vent se met à souffler par rafales. Enfin la pluie se met à tambouriner sur la toiture et l’orage éclate au loin,  roulant d’une montagne à l’autre.

Le lendemain, toilette tous les quatre dans l’eau claire du fleuve PADAS, près des femmes qui battent deja leur linge. Soleil brûlant et eau fraîche alternent, nous passons de l’un à l’autre avec le même frisson de plaisir. Les enfants s’ébrouent  avec des cris de jeunes chiots. Comment ne seraient-ils pas heureux dans cet univers sans barrière,  loin des bancs de l’école ?

Près de l’embarcadère la silhouette d’un homme nous salue de loin, à  contre soleil :  notre passeur. Pincement au cœur, le moment est venu de quitter le village. Que dire lorsqu’on ne peut s’exprimer avec des mots ? Comment remercier les Murut de leur chaleureux accueil ? Vite, des mains qu’on serre, des baisers sur les joues couleur de pain d’épice des enfants. Quelques larmes sur le visage de SARAN… Des bras s’agitent, la pirogue s’éloigne au fil de l’eau, laissant derrière elle, un village heureux.

Michèle Jullian

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