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Comment lutter contre les petites phobies des turbulences en avion?

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Bien des voyageurs reconnaissent avoir peu de l’avion surtout à cause des turbulences. Mais comment lutter contre les petites phobies des turbulences en avion?

 

11 am – Hopper – 1926
… ou en attendant les turbulences…

La nuit s’annonçant longue et le vol tourmenté, j’ai décidé de faire ce qui me semblait le plus à même de calmer mes angoisses liées à ces ballottements incessants…écrire quelques mots gardés en stock pour les moments de tumulte dans les airs. Je ne sais pas vous, mais moi, je déteste les turbulences. J’ai vaguement du les aimer il y a très longtemps, dans mon jeune âge, une espèce de grand manège enchanté sans danger. Ca a disparu le jour où je me suis rendue compte que c’était de vrais avions et que malgré toutes les lois de la thermo-dynamique, ça n’en restait pas moins anxiogène! Je vous explique…

J’ai commencé à avoir peur par procuration, mais une vraie grosse angoisse qui a viré à la phobie. Ma sœur, mon modèle, mon cœur, rentrait de Montréal avec son mari et leur avion décida soudain, contre toute attente, de commencer à s’arrêter en vol… ce qui selon les mêmes lois de la thermo-dynamique citées précédemment, n’est pas de bonne augure, mais alors pas du tout. Les dieux des moteurs étant avec les passagers, le pilote et l’équipage, l’avion, très diminué, se posa plusieurs longues minutes plus tard à Montréal et avec un unique moteur qui cessa dès lors de fonctionner. Bref, la peur des passagers, bien réelle, me fut transmise par le téléphone sans que je m’en rende compte… explication rapide d’un vol retardé, rassurer des neveu-nièce dont je m’occupais et qui attendaient leurs parents.

Quelques jours plus tard, je m’envolais à mon tour et étrangement, ce vol fut un cauchemar. Je guettais tous les bruits suspects, tous les trémoussements que je jugeais anormaux, je cessais de respirer pendant les turbulences, bref, j’eus quelques difficultés à survivre à ce vole de 13 heures, car retenir sa respiration aussi longtemps, c’est mauvais pour l’organisme et l’irrigation du cerveau. Les neurones endoloris, je mis cette angoisse soudaine sur le compte d’une forte poussée hormonale inattendue et n’y prêtais plus aucune attention jusqu’à ce que 2 semaines plus tard, la proximité d’un autre vol m’empêcha de dormir quelques nuits et me fit imaginer mon avion en flammes foncer vers des fonds abyssaux attendus mais jamais atteints. Je me retrouvais dans la salle d’embarquement, ruisselante de sueur, les lèvres crispées et le teint blafard ce qu’une hôtesse, fine psychologue, interpréta comme les suites d’un chagrin d’amour dont elle décida de me soigner durant les heures de vol qui suivirent. Autant dire que je ne fus pas réceptive à ses arguments ! Mais je trouvais son entrain si sympathique qu’il ne me vint à aucun moment l’idée de la dissuader. Je n’étais pas dans la merde ! J’avais la phobie de l’avion, c’était évident, clair, net, lumineux !

Le gros problème, car il y en avait un, c’était la fréquence des vols que j’empruntais. Je sombrais alors dans la drogue, oui ! De la drogue en préparation des vols, des narcoleptiques puissants pour, au moins, avoir l’espoir de m’écraser en paix tant tous ces voyages incessants étaient devenus un calvaire. La phobie venait de l’absence de maîtrise de la situation. Je croyais encore maîtriser les choses… Ca se compliqua après plusieurs vols difficiles dont un qui faillit être dramatique… un avion-taxi au-dessus de l’Amazone sur le chemin de Santarem. Le bi moteur, à train rentrant, décida de vivre sa vie, de plonger vers le fleuve pour fuir un orage tandis qu’un aide-pilote, qui réalisait quelques heures de vol, nous dit, le visage cendreux et la sueur brillante au front « it’s not dangerous », dans un anglais charmant mâtiné d’un fort accent portugais. Ca faillit se compliquer quand le train, capricieux, décida jusqu’à la limite du possible de rester à l’intérieur, des fois que…

Bref, quelle joie d’arriver enfin sur la terre ferme, de monter dans un véhicule touts terrains et d’être secouée quelques heures sur une piste déglinguée, mais sur le plancher des vaches ! Là, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, la vie allait devenir un véritable enfer. Elle le fut quelques années, de décollages en pleine mousson, en survols tourmentés de l’Himalaya, jusqu’aux traversées de l’Atlantique et du Pacifique peu reposantes. Et puis un jour, j’ai fait la paix avec ma phobie, je me suis dit qu’en croisant les doigts au décollage et à l’atterrissage, après quelques signes cabalistiques de mon cru censés protéger tous ces passagers qui ne se doutaient de rien, le vrai danger c’était moi et ce qui se passait dans mon cerveau… ou le peu qu’il en reste avec ce vol de 13 heures où je tentais de retenir mon souffle (oui, faudrait suivre et ne pas sauter de lignes).Bref, d’un commun accord avec mon bien-être, j’ai décidé de me laisser-aller, au moins un peu, ça ne peu pas faire de mal.

L’avènement de l’écran individuel dans les Airbus et les Boeing contribua beaucoup à mon nouveau calme, tout comme les ordinateurs portables. Alors bien entendu, quand je prends l’avion, et je le prends souvent, je regarde parfois la carlingue et je me dis que je monte dans un cercueil volant… oui, parce que parfois, j’ai des idées extrêmement optimistes et riantes, mais je me dis ensuite que les foutues lois de la thermo-dynamique appliquées aux vols aériens me protège du pire, de l’attraction terrestre incontrôlée, je me dis aussi que ce beau pilote qui a l’air compétent, comme le co-pilote et ces hôtesses et ces stewards n’auraient pas cette allure désinvolte et cette insouciance dans la démarche s’ils n’étaient pas surs d’arriver à bon port. Je me dis surtout qu’il faut respecter le destin… parce qu’en commençant comme ça, un jour, on peut avoir la phobie de la vie et ça, c’est hors de question !N’empêche que là, cette nuit, le vol est agité, j’ai oublié mes narcoleptiques et je suis un peu inquiète, j’ai le droit.



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