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Cyclotourisme – Tour de France de 6000 kilomètres : flâneries…

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Récit de voyage d’un tour de France de 6000 kilomètres : flâneries et cyclotourisme au programme pendant trois mois…

Après avoir effectué plusieurs diagonales, quelques transversales (genre Haute Route Pyrénéenne à Vélo*), des tours régionaux, est ce que je suis enfin prêt pour partir trois mois faire un tour de France de 6000 kilomètres, voire plus ? Le parcours définitif alterne le mode cyclosportif et touristique, de sorte que ce voyage soit un plaisir, de vraies vacances en perspective avec du temps de libre pour faire des rencontres, voir ou revoir des paysages. Pour cela, je me suis aidé de forums de discussion, de cartes, de guides, de mon expérience.


 

Penser l’itinéraire et le voyage en cyclotourisme en France

Entre ceux qui me disent qu’il fait encore trop froid en avril, ceux qui n’envisagent pas le voyage dans la même optique que moi, et ceux qui se désistent à la dernière minute, je décide de partir seul (Grand Pédaleur Libre) . De toute façon, je préfère voyager seul que de mal accompagner un cyclo qui n’aurait pas le même rythme…Je vais éviter les gîtes d’étape (même si il pleut) car certains se plaignent des insectes indésirables (punaises de lits, puces…) de toute façon, il suffit d’un seul qui ronfle pour semer la zizanie dans le refuge. Au moins, en pratiquant le camping, on peut s’isoler des autres et dormir plus facilement…sauf quand il y a des intempéries. Lors de ce voyage, j’ai pris des photos…plus de 500 et donc je ne peux pas les diffuser par Internet car vous passeriez votre nuit à télécharger le tout ..donc le texte est moins lourd et peux vous donner une idée de mon voyage…en espérant que cela vous inspire un futur projet…qui sait !

Au départ du Pays Basque et à la découverte du pays landais


 

Mon idée est de partir de la cathédrale de Bayonne en empruntant le chemin de halage de l’Adour, les Barthes, et la réserve ornithologique dans laquelle on y aperçoit des cigognes, des aigrettes, des huppes, des grues…
J’initialise le compteur kilométrique à partir de la cathédrale de Bayonne. Je quitte la ville par le port du Boucau pour rejoindre la piste cyclable de Tarnos plage. Celle ci est très agréable en cette période (avril) ; Ondres, Labenne-Océan, « la piste des allemands « puis Capbreton où et les gens affluent sur la promenade du front de mer. Les bateaux sortent en mer malgré le vent du large qui fait tinter l’accastillage des voiliers car ils n’ont pas encore déployé leurs voiles. Capbreton et Hossegor se touchent… La rue principale d’Hossegor est bordée de boutiques dont la plupart des vitrines représentent les plus grandes marques de vêtements de sport et plus particulièrement de surf. Le lac d‘Hossegor est à marée montante et laisse découvrir une plage jonchée d’algues et de branchages. Me voici sur la piste cyclable rectiligne et plate qui longe la route de Seignosse à Moliets, certes un peu monotone.
Je prolonge cette piste ou je m’oriente vers le lac blanc et l’étang noir ? C’est déjà le début de l’après midi et donc prend le chemin le plus court, c’est à dire, l’ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable et ce, jusqu’à Léon. A la sortie du village, je la retrouve sur le côté gauche de la route qui mène à Vielle, puis elle bifurque sur le lac et se rapproche de la mer en passant par la dune primaire. C’est à cet endroit que l’on trouvait, il y a trente ans, des aragonites en forme de croix, de couleur rouge…mais le gisement a été pillé depuis.. En me lavant les mains à la fontaine miraculeuse de Yons, je rencontre le garde de la maison de la Jaougue qui interpelle un forestier dans son abatteuse. Il y a du travail en perspectives sur plusieurs années et quand on voir les aires de stockage de bois, on se rend compte de l’étendue des dégâts.
La côte d’Argent s’étend ainsi de Capbreton à Biscarosse. Essentiellement plantée de pin maritime, à l’exception de la portion Cap de l’Homy à Contis semée de chênes liège, forêt privée appartenant au Comte de Lurce-Saluce, famille propriétaire de plusieurs belles demeures landaises et bordelaises de caractère. C’est d’ailleurs en partie grâce à cette famille que le littoral landais a été en partie préservé.
Enfin voilà le phare de Contis, zébré de noir et de blanc et la piste qu’il cache derrière permet d’arriver à Mimizan par la forêt de lespecier.
Mimizan est une ville pionnière dans le développement du réseau des pistes cyclables. Pour finir ma première étape, je passe par la lette de dunes primaires située dans une réserve ornithologique ZPS (zone de protection spéciale), piste plus sauvage et qui me permet de prendre plus facilement une ancienne voie ferrée réaménagée qui me conduit à Pontenx-les-Forges, reconnaissable à sa place principale décorée d’arcades et d’un petit bassin bordé de plantes aquatiques.
Nicole m’accueille pour planter ma tente dans son jardin. C’est une personne retraitée dont la passion est la peinture et le jardinage. Ces tableaux sortent de l’ordinaire : superbes, avec beaucoup de poésie et d’imagination. Les tons sont souvent de couleurs « pastelles » et les traits soignés. Un visage me saisit …on dirait le portrait de ma fille. Pas un nuage à l’horizon ! Je récupère la piste de Mimizan à Biscarosse par Sainte Eulalie en Born, où je croise les deux cyclottes avec qui j’avais fait connaissance et qui finissent leur vacances. Leur voyage se termine à Arcachon en passant par Biscarosse plage tandis que moi, c’est vers Sanguinet et Lège Cap Ferret. Il fait une chaleur orageuse, elles ont le courage de maintenir leur cadence jusqu’à Parentis où je les rejoins sur la place de l’église. On discute un peu sous un arbre dans le square de l’église. Celle-ci , comme beaucoup de constructions du Born, est construite en garluche, une pierre formée d’agglomérat sableux ferritique de couleur marron ou rouge. Cela donne un aspect particulier aux façades de maison. Les landes sont pourtant généralement formées de calcaires de la fin du crétacé recouverts d’une épaisseur de 20 mètres de sables « éoliens » avec éventuellement une couche dite d’ »alios », un agglomérat de gré siliceux à particules ferrugineuses. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, les sources sont potables mais l’eau a le plus souvent un goût désagréable. A sanguinet, j’accélère le mouvement pour arriver avant la nuit au camping de lège Cap Ferret, sur la piste du bord du bassin d’Arcachon. A Audenge, je fais un détour sur le parc ornithologique du Tech, une ZICO (zone d’importante communautaire pour les oiseaux) Une gamine qui rentre du collège à bicyclette, préoccupée par son téléphone, manque de me rentrer dedans. Une petite halte à Cassy pour mettre un petit mot dans une boite aux lettres, et me voilà déjà à Andernos. Je fais mes emplettes avant la fermeture de l’épicerie, et arrive à 21 heures au camping, isolé et calme.
Au petit matin, réveillé par un coucou et des tourterelles, engourdi par le froid, j’enjambe ma décapotable à deux roues pour Le Porge Océan. Le pont enjambe le courant canalisé qui va se jeter dans la mer.
J’adore me promener sur cette piste, isolée, rectiligne, où je m’amuse régulièrement à battre des records de vitesse. …c’est d’ailleurs la piste d’essai des vélos couchés Optima Sport.
je ferai mieux avec l’autre vélo couché, qui lui, est plus aérodynamique et beaucoup plus léger. Il se met à pleuvoir mais cela ne contrarie pas vraiment mon parcours puisque j’arrive à Lacanau, en passant juste derrière la dune qui longe l’Océan. Des surfers s’entraînent sur de grosses vagues qui déferlent violemment sur la plage et malgré leur combinaisons intégrales d’hiver, ils ont bien du courage d’affronter une eau qui ne doit guère dépasser 12°C. Le vent polaire maritime se lève et les gens, couverts, flânent sur l’estacade du front de mer. Les commerçants préparent la saison et rangent leur boutique. Le vent devient franchement gênant pour la progression de la journée, surtout lorsque je parviens à la maison forestière « Alexandre » qui mène à Carcans, car en plus de la mauvaise météo, les dalles sont disjointes, parsemées de trous et cela devient dangereux…je change de parcours au niveau du Hourtin, et à hauteur des fûts de résiniers de l’ancien quai de chargement, j’utilise la piste du Hourtin à Soulac (pointe du Médoc), plus rapide et j’arrive au camping des sables d’argent à 21 heures. Situé au bord de la mer, je mange sur le la plage. Je ne profite du mobil home voisin pour regarder à travers la fenêtre le film du soir auquel je ne comprends rien, vu que je n’entend pas les dialogues. Vite lassé, je m’endors profondément Avant de quitter le camping, un jeune essaie le vélo couché. La position est particulière, le début un peu chaotique Il persévère et parvient à se diriger correctement. La promenade du front de mer est parsemée de blockhaus de la dernière guerre. J’arrive à l’embarcadère pour le bac du Verdon qui me permet d’aller à Royan. La traversée dure 20 minutes, le vent et la pluie s’invitent et la vue panoramique sur Royan n’est pas surprenante. Royan ayant beaucoup souffert pendant la dernière guerre des bombardements britanniques pour faire tomber l’occupation allemande, l’architecture de la ville a été entièrement refaite après la guerre.
Arrivé à Royan, je me dirige le long de la côte où je pique nique devant l’esplanade du casino. J’y aperçoit Daniel, cyclosportif et marathonien, d’Agen, parti la veille pour rejoindre Nantes en cinq jours, programme ambitieux qu’il réalisera . Je suis toujours mon régime, à savoir : des aliments gras le matin, qui se transforment en sucre dans le reste de la journée, des protéines le midi, et le soir vers 18 heures, des aliments sucrés. Normalement, cela devrait m’aider à tenir bon pour les 100 jours à venir. Le camping de Maremme est agréable. J’y rencontre de nouveau Daniel et on décide de faire route

pour deux jours ensembles, vu que l’on a décidé de faire le même parcours. Visite des ports de plaisance et de pêche de la Tremblade et route à travers les marécages de la réserve de Brouage. Visite de la citadelle qui connut des émeutes en 1792 par les citoyens car on transforme leur ville en prison. En effet, à cette époque, l’estuaire de la Charente sert de mouillage aux navires négriers lorsque ceux ci ne peuvent pas descendre la Gironde pour se rendre à Bordeaux. Et puis, il y a aussi le clergé qui y est enfermé, puisque beaucoup de prêtres et de religieuses ont été emprisonnés plusieurs mois à Brouage dans des conditions précaires. Curieusement, une église a tout de même été construite dans l’enceinte de cette prison. On sort par la porte Nord de cette citadelle pour se rendre à Rochefort, ancienne place forte royale avec bâtiments de la Marine Royale, corderies…et même des passionnés reconstruisent à l’identique un navire de l’époque :. Il nous faut arriver rapidement à La Rochelle, par la piste cyclable jusqu’à ce que celle ci soit interrompue : le pont s’est brisé avec la tempête Cynthia. On arrive à un cimetière de voitures endommagées et de mobil home fracassés par les flots. La corniche qui surplombe la falaise de Châteaulaillant est superbe. On part le l’Houmeau pour faire le tour de l’île de Ré
On emprunte le pont de l’île de Ré en longeant la corniche de Rivedoux plage, le fort de la Flotte
joli et tout en longueur puis on se dirige vers la Prée, ancienne abbaye près de Saint Martin de Ré, que l’on traverse par les ports de plaisance en forme de croissant et la citadelle fortifiée Vauban. La porte de Thorras et la Couarde en Ré où on déjeune tranquillement, vu que le soleil s’est enfin montrée. On achète le dessert à la boulangerie du coin puis on mange le plat du jour dans un restaurant, histoire de faire des économies et de bien manger quand même. On se promène dans les marais salants et on va au phare des baleines, sa vieille tour de 1632 et on retourne par Saint Clément et par la forêt domaniale de Ars en Ré
le bois de Sainte Marie en Ré. Le soleil se couche et on arrive juste à temps au camping.
Ce matin, la brume sur la mer est épaisse et lorsque je traverse les marais, j’y aperçois des bécasseaux, des aigrettes. Je finis l’étape par la forêt domaniale de chênes verts de Longueville, fatigué par ce vent (le dahu) Françoise arrive à ma rencontre (providentielle) pour alléger mon chargement et m’escorter jusqu’à la maison. On passe une très bonne soirée et la fatigue s’estompe peu à peu. Je profite de ma journée de repos pour la passer en leur compagnie. Bien requinqué, me voici prêt pour prolonger mon périple. Je quitte Longueville et mes amis à travers la campagne, ses fleurs, sa faune ses dolmens, ses châteaux. La route passe par l’abbaye Notre Dame de Lieu Dieu sur la D108 par Port Bourgeney puis la corniche de l’anse, l’abbaye de Saint Jean d’Orbestieu et la station balnéaire des Sables d’Olonne. Il fait 25°C et les gens se baignent. Charme et sa corniche sauvage est un très bel endroit. Je suis sur un sentier de randonnée bien balisé mais en terre battue et celui ci mène à Olonne sur Mer par la forêt, la plage de Sauveterre, puis Bremme sur Mer, Brétignolles sur mer. C’est un vrai plaisir de traverser le boccage en bord de mer. Le sentier me mène à Saint Gilles Croix de Vie, puis Commerquiers où je trouve en soirée un camping calme et loin de tout.
Je vais à Saint Jean de Mont par Soullans, route avec des paysages magnifiques, je m’arrête devant un moulin à vent, traverse un joli bois, puis parviens à la plage de la tonnelle. Me voici sur le pont de Guois passage à gué obligé pour se rendre sur l’île de Noirmoutier à vélo, aujourd’hui bien ventée.
Je fais rapidement le tour de l’île par la plage des sables d’or pour rejoindre la terre ferme par la côte de Jade jusqu’au port de conchyliculteurs et pêcheurs de Port du Bec. Cinq éoliennes disgracieuses tournent à plein régime. Je passe par Bourganeuf et Moustiers en Retz ou je décide de m’arrêter pour la nuit après avoir flâné dans le boccage de la baie de Bourgneuf le camping étant situé en bord de mer, j’en profite pour faire la promenade du front de mer et y croise les riverains qui font leur footing et la pêche aux coquillages. Beaucoup de détritus ont été laissés par la dernière tempête Cynthia De plus, la plage est jonchée d’algues vertes et rouges échouées par les marées d’équinoxe.
La falaise de la plage de la Boutinardière n’a pas résistée à l’assaut des vagues. Je déguste un craquelet aux pommes, une spécialité du pays. Muni d’un trident et d’un grand couteau, une personne âgée recherche des spicules, des praires pétoncles et les met dans un panier grillagé.
A la sortie de la Bennerie en Retz au niveau de l’ancien moulin à vent, je bifurque sur la vélo route « vélocéan » route partagée balisée par une flèche verte (marquage au sol) jusqu’à Saint Nazaire. Au niveau de la ferme viticole, je traverse la propriété pour accéder au quartier de la Josselière, où le sentier abrupte descend jusqu’à un autre moulin à vent. Arrivé à Pornic par le château bordé par le petit

port de plaisance et gros port de pêche avec quelques répliques de vielles embarcations à voile, je m’arrête pour la pause pique nique. Le long des canaux, sont alignées des cabanes tchanquées avec des « carrés » pour la pêche. Je vais jusqu’à la pointe de Gildas entre l’anse de le pré et le poteau aux goths de Préfailles. Je retourne par le port de Gravette, port Giraud d’où j’aperçois de loin de pont de Saint Nazaire. Je connais bien cette région car j’avais déjà fait une diagonale « Pau- Saint Nazaire » accueilli par une cyclotte avec laquelle on avait passé la semaine à chercher des fossiles dans les falaises pour trouver des ammonites pyritisées, des oursins, des empreintes de pattes d’animaux préhistoriques.
Sur la plage, des sportifs s’entraînent au char à voile, d’autres au sky surf. St Brévin sur Océan est une petite ville balnéaire encore épargnée par les promoteurs immobiliers et le front de mer est décoré de jolis bosquets et prairies bien entretenues. Un blockhaus mais aussi un dolmen et un moulin à vent dominent la plage. Ici, le vent est permanent et les habitants y sont habitués. Je traverse sans encombre Saint Nazaire par la base maritime, le mémorial américain et le sémaphore de la pointe de Themoulin et enfin le Pornichet, petite cille balnéaire très soignée. Entre le vent et la pluie, je démarre de la station balnéaire du Pornichet pour me rendre dans le parc naturel de la Brière par Saint André des Eaux, Mussilac, Herbignac, la chapelle aux marais. Le parc ornithologique est en ZNEFF (zone naturelle intérêt écologique faunistique et floristique). Les chaumières sont faites de toit de 20 centimètres d’épaisseur d’ajoncs. Je prends la piste cyclable de Questembert, qui passe par La Rochefort En Terre, où un château est bâti sur une ancienne motte féodale. J’admire les petites routes pittoresques campagnardes très peu habitées avec des étendues de pâturages sur un relief vallonné offrant un paysage varié et typique. Je prolonge la piste jusqu’à Malestroit je séjourne pendant plusieurs jours pour sillonner la Bretagne sans mes bagages. Le premier jour je longe le canal de Nantes à Brest. Il est partagé en 3 parties. L’une va de Nantes à Redon par l’Erdre et l’Isac, soit 95 kilomètres. L’autre partie, de Redon à Pontivy par l’Oust d’une distance de 11O kilomètres et la dernière de Pontivy à Port Launay par le Blavet et l’Aulne soit 159 kilomètres Les écluses sont larges de 4.70 m et la largeur du canal avoisine les 14 m. Par contre, la profondeur ne dépasse pas 1.60m, ce qui en fait une voie navigable agréable et sécurisée par des écluses automatiques. Merveilleuse journée malgré le vent et la pluie. La deuxième journée se fait à La Roche Bernard et Rochefort en Terre. Les maisons sont faites de granit, de pierres schisteuses. Le petit port de La Roche Bernard vaut le détour. De vieux gréements s’y amarrent…aux lampadaires du port. Rochefort en Terre, est une cité médiévale remarquable.
Le lendemain, je me rend à Rennes. Le troisième jour, je fais un tour du côté du Cap Fréhel. Le jour suivant, il pleut et j’en profite pour visiter la « perle de l’Oust ». L’Oust est paraît-il navigable depuis le IV° siècle. Cité millénaire, elle abrite une ancienne léproserie située dans l’ancienne chapelle dans laquelle d’ailleurs fur signée les trêves de la guerre de cent ans .
Aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre les abords du Mont Saint Michel. :
J’emprunte donc la piste cyclable jusqu’à Mauron, située sur l’ancienne voie ferrée, puis je longe la vallée de la Rance à Caro. Une multitude ruines de châteaux, de manoirs. J’y trouve une ancienne borne milliaire dédicacée pour Carus Piu Esuvus Tétriais donc du 3 ème siècle. Elle se trouve dans l’ancien cimetière (c’est en allant capter le l’eau…) Dinant est bien jolie ville que je traverse pour regarder la plus ancienne maison de la ville, à colombage, un peu « destroy », soutenue par les maisons d’à côté. On se demande bien comment elle ne s’est pas encore affaissée. Depuis la Richardais, je me dirige vers Saint Malo par le barrage de la marée motrice de la Rance. Visite de Saint Malo. J’en profite pour regarder les réplique de vieux navires qui servent de bâteaux-promenade pour touristes ..fortunés. L’ancienne ville vaut la peine de s’attarder une bonne heure.
Me voici maintenant sur la route du bord de mer par Cancale, puis Beauvoir sur mer par le GR34, sur la côte d’Emeraude. La visite du Mont Saint Michel est saisissante. Tout a commencé en 708…Commment ont-il fait pour monter cet édifice ? Il y a certes un monte charge, de l’eau douce mais tout de même avoir bâti quelque chose d’aussi imposant sur de la vase me laisse perplexe. Je démarre la visite à 7 heures du matin…à la « fraîche » et quitte les lieux dès 12 heures, les touristes commencent à envahir le site.
Il se met à pleuvoir et je me réfugie dans ma tente avant de la déplacer sous le préau après avoir déplacé la table de ping pong et autres jeux avec l’aide du gérant du camping. A noter que il y a 30ans, on avait trouvé sur les marnes grises de la baie du Mont saint Michel des empreintes de pattes de dinosaures et autres mammifères
Un dédale de chemins vicinaux me conduisent sur Ducey charmante bourgade construite autour d’une grosse battisse transformée en mairie. Delà, je vais vers Saint Quentin sur l’Homme, Saint Ovin, le lieu dit « les trois croix », célèbre dans la chouannerie. Je traverse Brécey par une hêtraie qui me rappelle la Soule ou les vallées Basques de Iraty. Le relief est vallonné, verdoyant. Le lait des vaches sert à faire le camembert. Les prés sont délimités par les haies de noisetiers et si les granges ne sont pas toujours construites en torchis (paille et boue et branches de noisetiers) elles le sont en pierres sèches. Je suis sur une voie romaine et cela ressemble aux attractions dites des « montagnes russes ». Bien calé dans mon fauteuil, je tire un grand développement pour atteindre rapidement 80 km/h dans la descente et mini 30 km/h en haut des montées. J’arrive ainsi à Saint Lô, avec ses remparts et une place immense pour accueillir la gare. Je me dirige vers la route de Bayeux par une jolie forêt Je demande un renseignement dans une ferme et la femme m’invite à boire son cidre fait maison…mais où sont les pommiers ? En effet, ils proposent souvent du cidre, mais je n’ai pas encore vu de pommiers…ici, c’est vraiment rural…et pauvre. J’arrive à Bayeux, connue pour sa cathédrale et ses tapisseries
Départ pour Arromanches. Ici tout est fait pour perpétuer le souvenir du débarquement. Déjà l’accès se fait par la voie de la liberté (qui est une ancienne voie romaine) par laquelle les alliés canadiens, américains, anglais sont passés pour délivrer Paris. Des dépôts de chars, d’engins de guerre. La côte de Nacre foisonne de vieux bunkers, de blockhaus et le seul point positif dans cela est que la baie este entièrement épargnée par les promoteurs qui ont certainement eu quelques scrupules à construire sur un lieu mythique. Courseuilles sur Mer, Luc sur mer, c’est là que je traverse le port de plaisance où le tintement de l’accastillage sur les mâts des voiliers et enfin la piste Ouistreham Caen –Cabourg –Merville, Franceville qui passe par le pont Pegasus empruntée par la 6 ème division aéroportée britannique dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Je connais bien cette région pour y avoir cherché des fossiles il y a trente ans avec des amis.
Je rejoins Cabourg et j’en apprécie la campagne aux alentours. Les valons sont beaux, verdoyants, mais un peu ventés. Houlgate est une belle station balnéaire, que je préfère à Deauville. La plage est immenses les demeures sont de style du début du XX° ou fin XIX ° et j’en prend quelques photographies.
La traversée du pont de Normandie ne peut se faire à vélo que le dimanche entre 12 heures et 14 heures et cela est bien vrai…il n’y a personne.
Je suis l’itinéraire que m’a indiqué Gérard, un cyclo du coin, et je traverse Le Havre sans stress. Passé le port autonome, je m’oriente vers Etretat en suivant scrupuleusement le trajet indiqué jusqu’au phare d’Autefert puis Etretat. La plage est faite de gros galets (de gros sables comme ils disent ici…). Un cycliste est sur le bord de la route en détresse. Une grosse panne : l’axe du pédalier est desserré. Je démonte la manivelle avec la clé adéquate puis il me donne un coup de main pour resserrer le moyeu de pédalier qui en fait est une cassette dont j’ai aussi la clé. Bon, il n’y a plus de jeu, on remonte le tout mais cela prend du temps car il faut être sûr que cela sera autobloquant par la suite. Le parc de Brotonne est une forêt composée de hêtres, de chênes et de charmes. Je quitte la « vélocéan » pour rejoindre rapidement un endroit pour dormir.
Il est maintenant 20 heures et il n’y a pas de campings ouverts à Etretat. Je sollicite l’hospitalité dans une ferme où le propriétaire est bouilleur de cru…il fait des liqueurs de cerises, de poires, de pommes…des mélanges avec de la limonade ou avec du sucre de canne. Je me garde bien de boire ses breuvages mais hume volontiers les parfums qu’il s’en dégage. La Normandie est une belle région vallonnée et verdoyante.
Réveillé par le froid et par la « galerne » le vent d’ici, je tente de démonter ma tente mais heureusement, le propriétaire vient me donner un coup de main car le vent est si fort que l’un des piquets en polyester s’est brisé. Je remplace le piquet par un de rechange. Je range tout mon matériel et il m’invite à boire du lait…de jument et du vrai beurre normand fait maison. La maison est faite de silex taillé soigneusement alignés le tout formant un appareil homogène et esthétique. Il m’explique que les chauve souris sont protégées dans la ferme car elles sont utiles. J’arrive à Fécamp au creux d’un vallon couronné par des éoliennes. La ville possède un joli port de pêche encore actif et je longe le littoral par Veulette sur Mer, St Valery en Caux, Veules les Roses. La vélo route ou route partagée , domine la falaise et du côté droit, les champs de colza, de blés, d’orges, sont nourris par des terres peu
fertiles d’origine calcaires et crayeuses. Les fleurs foisonnent dans les fossés et annoncent les prémices du printemps. Ici, il y a de belles demeures de luxe, bien protégées des regards, habitées en principe par des gens de la région parisienne. A Biville sur Mer, je déploie ma tente toute mouillée de la veille. Dans le champ d’à côté, deux chevaux se grattent mutuellement le museau pour peut-être chasser les mouches. Je quitte la côte d’Albâtre pour la côted’Opale
Mon but aujourd’hui est d’aller sur la route d’Abbeville puis Amiens par le long du chemin de halage de la Somme, appelé aussi chemin de Patis. Je passe beaucoup de temps dans le parc ornithologique de Marquenterre. Situé à Saint Quentin en Tourmont. Ici, 360 espèces ont été recensées. Des postes d’observation permettent de contempler cet espace privilégié. Les oiseaux fréquentent la baie de Somme
La Camargue du Nord est constituée de Polders entourés de digues. On y aperçoit des vanneaux, des hérons, des barges à queue jaune avec une livrée rousse juchées sur de longues pattes. IL y a aussi des canards marrons et blancs avec une tête noire appelés la tadorne de Belon, le courlis cendré, les cigognes, des goélands, des avocettes, des spatules et plein d’autres espèces d’oiseaux dont je ne me souviens plus du nom. C’est stupéfiant de voir un endroit avec autant d’espèces d’oiseaux différentes en totale liberté… d’autant plus qu’il y a aussi ,tous leurs prédateurs comme les renards, les visons, les ragondins et autres …
Le printemps est la période idéale pour voir certaines espèces. J’accélère la cadence entre Abbeville et Amiens. Je passe par le château féodal de Rambures : cela vaut le détour car la roseraie du château compte plus de 400 variétés de roses différentes. Le Moulin Saint Maxent pour enfin rejoindre en fin de soirée Amiens Je contacte Hélène qui me fait visiter la ville
Le lendemain, je visite les environs avec le quartier Saint-Leu. On visite la cathédrale, le beffroi, le temple romain, les maisons renaissance. Je passe un très bon moment et suis très heureux de pouvoir partager mes premières impressions de voyage avec elle. Au quartier Saint Leu, les façades de maisons prennent des couleurs du midi, très colorées, et puis, il y a les jardins flottants maraîchers le long de la Somme Je quitte Amiens sous une pluie battante. J’ai repéré la D 11 qui doit me conduire jusqu’à Pas en Artois. Je mange à Doullens, une bourgade qui autrefois était protégée par une citadelle. Ensuite je bifurque sur la D5 pour me rendre à Avesne et enfin l’ancienne voie romaine pour arriver à Aubigny en Artois. La route descend tranquillement et je réussis à garder ma cadence de 35 Km/h pendant plus deux bonnes heures pour arriver avec un jour d’avance à Lorgies, accueilli chaleureusement par la famille. Le lendemain, je nettoie la bicyclette, effectue quelques réglages et visite Lens. Le jour suivant, on part à Lille. Ensuite, j’effectue une promenade le long du canal près de Givenchy à Seclin puis retour par Béthune. D’un naturel écologue (et non écologiste) je prend le temps de lire les panneaux d’information ornithologiques. Je flâne le long du canal et regarde les péniches naviguer. Je profite des jours suivants pour gambader à bicyclette au musée de la mine de Lewarde. La visite de ce musée est passionnante d’autant plus qu’elle est commentée par un ancien mineur d’origine polonaise qui nous explique bien l’atmosphère et le mode de vie des mineurs. Il nous explique comment est arrivé le drame de la mine de Courrières où plus de 1000 mineurs ont été ensevelis. Ensuite, dans une réplique de galerie, il nous montre comment un mineur manipulait des outils et ustensiles. La visite du musée se poursuit par une exposition des fossiles trouvés dans les mines

Je consacre une autre journée pour voir Notre Dame de Lorette et le mémorial de la crête de Vimy. Le lieu historique du Canada de la crête de Vimy se veut être un hommage à la mémoire de tous les canadiens et canadiennes qui ont risqués leur vie au nom de la paix et de la liberté au cours de la première guerre mondiale sur une ligne de front de 14 kilomètres faite de tranchées, souterrains. A l’aube du 09 avril 1917 les quatre divisions du corps d’armée canadien réussirent à s’emparer de leur objectif en début d’après midi on dénombrait 3598 canadiens tués dans la bataille.
Je quitte les « chtis » par le canal la Deûle jusqu’à Auby puis par le canal de la Scarpe jusqu’à Douai. Je visite la ville : beffroi, hôtel de ville et vieilles bâtisses puis file sur Cambrai. Les pavés du nord sont une torture pour le cadre du vélo déjà mené à mal par le poids qu’il supporte.
Le long du canal, des péniches sont amarrées. Je retrouve l’ancienne voie romaine qui s’oriente plein est vers Saint Quentin. La route est rectiligne, vallonnée et face au vent…les romains n’avaient pas pensé à tout… Je monte à Laon, située sur un promontoire crayeux entouré d’une muraille fortifiée par Vauban sur le flan est, et par un château féodal sur le flan droit. Le palais épiscopal au
pied de la cathédrale est fabuleux. La cathédrale, quant à elle, malgré la révolution nous dévoile de belles sculptures sur le tympan du porche. Je dévale la pente à vive allure pour rejoindre Reims car il se fait déjà tard. (Reims a été détruit pendant la dernière guerre par les bombardements alliés mais la cathédrale, elle, est restée intacte.) Depuis Laon, il y a trois possibilités de parcours : le chemin des Dames- l’ancienne voie romaine- le canal de l’Aisne-
En passant par le tunnel de Rinqueval long de 6 kilomètres construit sous la période de Napoléon 1er sur le canal de l’Oise. Enfin, en soirée, j’arrive à Reims et entame la montagne de Reims, qui fait partie du parc régional naturel avec une chênaie remarquable, du gibier dense. Le sol, quant à lui est composé de strates de roches sédimentaires dans lesquelles on trouve des oursins fossiles ainsi que des poissons fossiles. Dans la partie sud de la montagne, le sol est davantage composé de calcites…sans grand intérêt géologique. J’arrive enfin à Epernay au camping municipal vers 21 h30.
Après avoir visité Epernay où tout est fait pour la promotion du « Champagne », le canal de la Marne au Rhin me conduit direction Dixy puis Ay. A midi j’arrive à Vitry le François. Je glisse ma baguette de pain au frais dans mon tapis de sol (qui se trouve enroulé et accroché aux sangles des sacoches). Je fais le détour par Nettancourt pour arriver à Bar le Duc en fin de soirée sous une pluie battante. La cité haute de Bar le Duc est pourvue de belles demeures de style renaissance avec fontaines décorées de statues. Une bien jolie ville.
En cours de nuit je me réveille car le duvet et toutes les affaires qui sont dans la tente sont trempés. L’orage est de plus en plus menaçant Je m’engouffre sous le préau du château de Bar le Duc qui jouxte le camping pour mettre à l’abris les affaires et déménage ma tente (autoportée) pour éviter l’inondation. Les campeurs, eux, ont squattés les lavabos. Il faut dire qu’avec la grêle, le vent, la pluie et la foudre, on n’est pas en sécurité sous la tente.
« La pluie du matin n’arrête pas le pèlerin »
Je range tout le matériel mouillé dans les sacoches avec dépit en direction de la piste cyclable qui longe le canal qui doit me conduire à Ligny en Barrois. C’est une jolie promenade bordée de prés verts. Dans un champ, des sangliers se prélassent alors que dans l’autre partie du champ, les vaches paissent en toute tranquillité.
Un renard, surpris par ma présence rebrousse chemin avec une proie dans la gueule. Avant d’arriver à Gondecourt, le chemin se dégrade et je prends la route parallèle (la D166) qui me conduit à Doremy la Pucelle, ville natale de Jeanne d’Arc. En cours de route, à Vouthon, je fais la connaissance de Marguerite, professeur à la retraite, gardienne et bénévole pour entretenir, fleurir le mémorial qui se dresse sur le bord de la route consacré à Jeanne d’Arc. Ce mémorial représente Isabelle de Vouthon, dite Romée, mère de Sainte Jeanne d’Arc, mère modèle dans sa volonté, sa noblesse, un exemple de courage. Celui-ci est dédié A toutes les mères du Monde. Construit en 1961 par l’Abbé Vivenot, il a été visité par des personnes politiques, mais discrètement. Ce monument rappelle que « quoique l’homme forme peut-être les grandes époques, une nation s’élève ou tombe par ses femmes ».
La grêle et la pluie tombent drus et je me réfugie dans sa voiture le temps que l’orage passe. …Elle m’indique une cabane de chasse située quelques kilomètres en aval afin d’y passer la nuit en toute tranquillité. En effet, dans un sentier à droite, je trouve le chalet en bois, confortable et pourvu d’une cheminée. L’accès y est libre.
Aujourd’hui, je ne sais pas où aller…Besançon ou Vesoul ? De Neufchâteau je longe le Mouzon, une rivière qui fait des méandres (pas franchement le chemin le plus rapide…).me voici dans les Vosges. Le portail de l’église de Pompierre du XII° siècle me permet de m’abriter un moment. A la Mothe, une ancienne ville fortifiée située sur la D1, je prends à travers les forêts denses et vallons verdoyants la route qui mène au lac de Morimond. Ouf, l’averse s’est arrêtée. Les libellules sont écloses et voltigent dans les airs. Des chasseurs sont à l’affût pour le gibier d’eau (bécasses, canards). Je passe dans le département de la Haute Marne, et à Jussey, (située dans la Haute Saône) charmante bourgade avec plusieurs jolies fontaines. A port de Saône, je longe en direction de Vesoul, la départementale étant trop dangereuse. Je m’invite par surprise dans la famille qui m’accueille très chaleureusement.
François, mon oncle, m’aide à récupérer mon linge et ma tente étendue dans le jardin et décide de m’accompagner sur l’ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable qui doit me conduire le long du Doubs, itinéraire idéal pour rejoindre Besançon. Je parviens à Quincey, Fontenoy-les-Montbusson, Avilley, Ollans Cendrey, la Tour de Chayce. Ensuite, j’emprunte le vélo route qui longe le Doubs jusqu’à Besançon. Jean Claude m’y attend pour la fête du vélo. Cette fête est aussi une revendication pour l’Association Vélo Besançon : le projet du nouveau pont ne comporte pas de pistes ou voies cyclables…ceci dit Besançon est une rare ville de cette région a être dotée d’un réseau aussi important.
Jean Claude est un ami qui m’avait soutenu et soigné, restauré, lors du retour du dernier voyage épique en Roumanie. Il fait partie du réseau « Cyclo Accueil Cyclo« et je dois dire que l’hospitalité est chez lui, c’est un tout : il est plein d’attentions, de patience, et le repas est à la carte. C’est vraiment un régal que de sséjourner chez lui. Je profite pour prendre quelques photos des vieux monuments de Besançon
Malgré la pluie diluvienne, Jean Claude m’accompagne une partie du chemin jusqu’au départ de l’EV06. (Itinéraire cyclable de Nantes à l’embouchure du Danube) J’arrive rapidement à Dôle.
Je prends le temps de visiter la maison de Pasteur, l’église Notre Dame du XVI°, les maisons du Moyen Age, les portails blasonnées, la médiathèque, le temple protestant transformé en chambre de commerce et d’industrie. La piste de Dôle à Tavaux est en mauvais état et je crève aux deux pneus : j’en profite pour rengraisser la roue libre, pour changer le roulement, resserrer les rayons…cela prend du temps. La forêt de Aumur n’est pas très loin et en passant par Abergement, la Ronce Saint Aubin, je devrai parvenir au camping de Seurre où il y a deux campings. Je coupe par le bois de Bauche, près de Grosbois les ichey sur la D110 et en effet, un des deux campings de Seurre est ouvert ! Les montagnes se reflètent dans le lac de Seurre.. les grenouilles croassent, ce qui franchement n’est pas une musique agréable pour s’endormir..mais cela fait aussi partie du charme du camping.
Les gorges de l’Ain sont dominées par de hautes falaises (combes) sur près de 50 kilomètres dont la cime est encore enneigée.
Je m’oriente vers les monts de Seurre par la route des sapins du Haut Bugey, en passant par la D503 qui passe par Cluse, Longe Pierre, Lays sur le Doubs, Louhans…la météo est plus clémente aujourd’hui, il ne pleut pas. Les maisons ici sont trapues, à colombages garnis de briques. Les pâturages sont légèrement vallonnés et les champs sont fleuris de fleurs de lin, de coquelicots, de fleurs jaunes. Ne trouvant pas de camping, je déploie ma tente à la tombée au milieu du village de Journans, le long d’un chemin muletier, près d’une source. La route est très raide à 17%, sinueuse jusqu’à Moisnand, Meyracq sur la D81 ; Je gravis rapidement le col de Berthiand qui culmine à 780 mètres d’altitude, pour arriver à Nantua en début d’après midi. J’étale mon linge mouillé sur la haie qui délimite l’emplacement du camping. Je demande à la gardienne du camping un ouvre boite car la capsule pour ouvrir la boite s’est brisée et elle me propose un saladier pour mélanger le tout. La ville de Nantua est bordée de cluses, perpendiculaires à la montagne, et de moraines, témoins d’une période glaciaire. Le lac est en fait une doline qui s’est remplie par les ruisseaux dont l’eau est maintenue par une digue située en aval du lac. Je flâne le long du lac et fais un tour en ville pour visiter l’abbatiale Saint Michel, pillée de sa piéta du XIV ° siècle et d’autres vestiges religieux date du XI° siècle mais le clocher, lui, date de 1850. On remarque que le tympan a été détruit pendant la révolution puisque les statues ont été cassées au pied. Un tableau de Eugène Delacroix reste encore l’abside de l’église. Cette toile exposée dans le chœur a été peinte en 1836 et s’intitule « le martyr de Saint Sébastien »
L’orgue, d’une facture intéressante a été réalisé par Nicolas Antoine Lété de Mirecourt, ville des Vosges réputée pour ses artisans luthiers. IL ne reste dans le monde que 3 orgues de ce type et celui de Nantua lui, possède 2883 tuyaux d’étain et de bois de 1 centimètre à 5 mètre de hauteur. C4est donc le plus important.
Sur la liste des menus des restaurants les quenelles de brochet sont la spécialité gastronomique incontournable.
Pour cette étape, je décide de laisser mes affaires au camping pour voyager léger. La route des sapins du Haut Bugey est sur un parc naturel de 180 000 hectares, de terres de paysages forestiers dominées par le sapin pectiné utilisé pour l’industrie du meuble et la charpente. On y retrouve des lynx, des renards et autres animaux. Sur un terrain karstique, donc d’origine glaciaire, les grottes, concrétions sont nombreuses. Pour me rendre à Oyonnax, j’utilise la D74 par le lac Genin, superbe, dans un écrin de verdure et de feuillus. La descente sur Oyonnax n’est pas véloce car pleine de trous, dus certainement à la neige …guère mieux que les pavés dans le Nord. Oyonnax est une ville industrielle avec son pôle de plasturgie, métallurgie (c’est là où on fabrique des tables et chaises de jardin). La seule curiosité à mon goût est un vestige d’anciennes publicités du siècle dernier sur les façades des maisons
Je monte un col pour aller à Izernore où il subsiste quelques traces d’un temple gallo romain vraisemblablement dédié à Mercure. Les fondations ont été arasées par les invasions du 1 er siècle après JC. Au retour de ma balade, la gérante du camping m’invite à manger chaud et équilibré ; Cela me change car avec l’ancien gérant de ce camping, j’avais été reçu comme un chien dans un jeu de quilles
Je suis très bien choyé dans ce camping. Les gens sont attentionnés.
Me voilà parti vers Saint germain de Joux sur la D1206, et sur les bas côtés je scrute du regard des coraux, des lys de mer fossiles, signe que l’on a changé de terrain. La route monte régulièrement jusqu’à Bellegarde sur Valserine et une descente est amorcée avant d’arriver à Vanzy où je frise un excès de vitesse…le radar limite la vitesse à 70 Km/h. Pour me rendre à Thonon les Bains en évitant Genève, je passe par le col qui domine St Julien en Genevois et Annemasse. C’est en haut du col que m’attend Stephen, un casque pour moi à la main (en Suisse, c’est obligatoire) et des sacoches vides dans lesquelles on transvase une partie de mon chargement. Je me laisse guidé pendant une semaine par cet ami cyclo qui connaît les petites routes et les itinéraires de mémoire sans jeter un coup d’œil sur les cartes. On contourne ainsi les routes fréquentées pour rejoindre Sciez sur Léman où Stephen connaît un camping confortable, près de la plage (du lac Léman) et pas cher.. ce qui est perle rare en Suisse. Après avoir passé une semaine en suisse à travers les Diablerets, le glacier du Rhône, la vallée de Gruyère, le tour du Lac Léman et ses châteaux, Evian, je me repose au camping deux jours. Les oiseaux gazouillent, le coq claironne, les cloches des vaches teintent au loin…il est temps de me lever ! J’utilise la vélo route du bas chablais qui longe le rivage du lac Léman, le long des champs de lin, de blé et d’épeautre . Je visite le château de Ripaille du XV° siècle, et monte à bord du funiculaire Evian pour effectuer le dénivelle de 250 mètres. Au retour de la balade, je longe la piste cyclable de Anthy puis Sechex pour revenir à Yvoire que Stephen m’a fait visiter il y a trois jours maintenant. Je flâne dans le village médiéval d’Yvoire,
Le lendemain, j’assiste à une kermesse pastorale avec Stephen annonçant les estives et les premières fenaisons. On visite le musée de la préhistoire et de paléontologie
Stephen vient me chercher pour aller faire un tour dans les Diablerets et voir le glacier du Rhône. La route monte vers Sion et se prolonge par une route sinueuse étroite et raide. J’ai la chance de pouvoir être guidé par ce cyclotouriste de bon niveau et qui connaît bien son pays. J’en profite pour faire cette excursion pendant une semaine puisqu’il me conduit dans un parc naturel près de la frontière Hongroise et Slovène. Je reviens à Sciez sur Léman.
Je passe de nouveau au col au dessus de Annemasse, par la Roche sur Forn, Thorens, Glières et j’arrive à Annecy. Je connais déjà Annecy mais j’en profite pour faire une pause car j’ai souvenir qu’ un camping se trouve le long de la piste cyclable et que je peux y arriver tard…Annecy est dominée par un vieux château. La particularité de Annecy est que le vieux bourg est parcouru par de vieux canaux et que le façades des maisons sont belles. Annecy fait partie des villes candidates pour l’organisation des jeux d’hiver olympiques de 2018.
Après 34 kilomètres de pistes cyclables le long du lac d’Annecy puis le long d’une rivière, je contourne Albertville escorté par Stéphane, un jeune cyclosportif qui m’indique le chemin idéal par la D 201 Jusqu’à Tournon puis en longeant les combes d’un dénivelé de 1700m. Je suis donc la route de crête pour aller à Montmélian puis Pontcharra. Arrivé à Gresy sur Isère, j’essaie d’apercevoir le glacier le plus bas d’Europe qui est en fait un cône de déjection d’avalanches du mont Percloz (2197 m) et de la pointe des Arces (2076m). Le parc Régional du massif des Bauges est doté d’un paysage magnifique. La route est vallonnée avec de beaux châteaux perchés sur la falaise,
dont les châteaux de Miolans, Rubaud, Arbin, Saint Pierre de Soucy…depuis Montmélian, je traverse l’Isère pour m’orienter vers Pontcharra par la D923 et la D523, celles étant pourvues de voies cyclables récemment aménagées . Les vergers de noyers sont nombreux et la spécialité culinaire est un gâteau savoureux…mais un peu lourd avec de la pâte de noix. Je parviens au camping en fin d’après midi à Tencin
Je regarde attentivement la barre rocheuse du côté droit de l’Isère, la chaîne de belle donne dont j’aperçois dans la brume son plus haut sommet culminant à 2978 mètres et dans la neige aussi le Rocher Blanc, un peu plus petit (2928 m). Je prolonge la route d’hier après midi qui doit joindre Grenoble. Une déviation à Eybens me fait perdre du temps et me fait gravir un coteau à 15 % que je n’avais pas prévu au programme. Je fais la pause dans le parc du château de Vizille du duc de Lesdiguières du XVII° siècle. Cela me donne l’opportunité de voir la forteresse Villeneuve au lieu les « quatre sonnant seigneurs », je longe la zone industrielle jusqu’à champ sur Drac. Je m’apprête à monter le col de la Mûre à 855 mètres en longeant la corniche du Drac. Très beau décor verdoyant de charmes, de noyers et de noisetiers. L’approvisionnement en eau semble être problématique dans le pays puisqu’ils utilisent de gros moyens pour l’acheminer avec notamment le canal des moines du XIV ° siècle, qui part de la source de Champehauzat (Le Perrier) et se termine à Vallonnas. Les rigoles sont ainsi alimentées par un système de pierres plates qui obstruent ou pas l’entrée.
La pente est régulière à 8% environ jusqu’à Saint Georges de Commiers. Les adeptes de sensations fortes s’exercent au saut à l’élastique. La pente s’arrête à Monteynard d’où un joli panorama m’est offert. Le barrage de la Drac avec vue sur le cirque d’Archiane au loin, enneigé, et à ma gauche le grand Veymont (2341 m). A ma droite, l’Orbiou du haut de ses 2798 m pavoise fièrement. Je descend à la Mure (altitude 880 m), et m’arrête devant la gare du petit train minier qui est le terminus et aussi un musée de l’histoire de la mine, puis fais la pause au beffroi devant lequel il y a un carré magique très curieux :
R O T A S
O P E R A
T E N E T
A P E R O
S A T O R
Traduction : le semeur d’Apéro tient avec soin les roues.
A la Mure, il ya de vieux fours à pain, des vieilles fontaines et un bassin ou plutôt un lavoir puisqu’il y a une pierre inclinée. Un camping à la sortie de la ville aux Eygats à 840 m. De là, je contemple le massif des Ecrins. Ici on cultive la vigne malgré la haute altitude.
Ici, la montagne s’érode et de grands filets retiennent les éboulis. Je remonte sur le barrage de Sautet, retenue artificielle qui capte aussi les sources des Guillaudes qui descendent de l’Orbiou (2789 m), de la crête de Samaroux. Je remonte donc le col de Fistreaux à 1033 m puis un détour par le col du Noyer à 1694 m. La pente est abrupte et en mauvais état, très étroite. Aujourd’hui, je n’ai pas de problème d’approvisionnement en eau…ici, il y a partout des petites sources. Je descend sur Poligny par un décor bucolique. Encore une crevaison… et il s remet à pleuvoir ! et en plus je casse ma pompe en m’acharnant à donner encore plus de pression… décidément…je cherche dans mes bagages la deuxième pompe de rechange et remplace le tout en échangeant les chambres à air car j’ai vraiment pas envie de perdre du temps à réparer.
Je monte rapidement au col Bayard (1246m) pour parvenir à Gap, et utilise une route très dangereuse car la pente est très raide et les virages très prononcés. Ouf, j’ai le temps de prolonger mon parcours. Je longe la Durance et passe devant le demoiselles coiffées de Romollons. De là, je bifurque vers le petit sur les hauteurs de Gigors. Il pleut violemment et je demande la permission de m’installer sous un auvent d’une caravane inhabitée…la nuit est mouvementée puisque vers 2 heures du matin, je suis réveillé en sursaut par des blaireaux qui ratissent le sol.
Après avoir longuement discuté avec les gérants du camping et annoncé la présence de ces chers animaux, je descend sur la Mouthe du Caire, à travers les vergers de pommes recouverts de voile protecteur contre la grêle, je passe devant l’office du tourisme qui gère l’entrée de la via ferrata . Il s’agit de la via ferrata de la grande Fistoire qui propose une excursion de 250 m de dénivelé avec une longueur de 930 m comportant 3 tyroliennes dont une de 220 m, des passerelles dont un pont népalais des échelles…que des sensations fortes !…mais j’ai le vertige et ai peur depuis quelques temps de ce genre d’acrobaties.
La responsable me donne toutes les informations que je souhaitais et me donne la possibilité de consulter ma messagerie informatique. Je vais sur Clamensane, le long de la Sasse, petite rivière de montagne quia alimente en aval la Durance. Je grimpe à Valavoire, pour voir le panorama, cela vaut le détour malgré les 8 kilomètres de montée. En montant, je vois des vignes et des vergers…le village a subit l’isolement cet hiver avec de grosse chutes de neige. Plusieurs toitures se sont effondrées sous le poids de la neige. Je redescend sur Salignac où le camping est connu pour être calme.

Cette nuit, j’ai été l’hôte privilégié de la famille des fourmis. Elles m’ont chatouillé toute la nuit. En pleine nuit, j’ai dû enfiler mes vêtements de pluie, mes chaussettes pour ne pas être importuné. Arnaud m’attend devant la tente et m’aide à démonter le matériel et préparer mon chargement. Il doit me conduire au col d’Allos, et au col de Restefond, cime de la Bonnette.
Nous commençons la balade par la clue de Javie pour voir la dalle aux ammonites et les empreintes d’un animal fossile du Jurassique. Les quinze premiers kilomètres, paradoxalement, on descend de 100 m de dénivellé…cela commence bien ! ensuite, à partir de Digne les Bains, une pente régulière à 5% seulement pendant trente kilomètres où on parvient à une altitude de 800m. Là, on progresse avec des passages entre 7 et 10% de pente …jusque là rien d’extraordinaire…et puis, cela se complique car la pente est encore plus raide, entre 10 et 15% lorsqu’on approche du col de d’Allos car il culmine tout de même à 2248m. Ouf ? on redescend sur Barcelonnette. C’est le grand jour pour franchir le col mythique des cyclos. Il est long mais moins difficile que certains cols pyrénéens (genre le col du Pourtalet ou celui du Tourmalet), mais il est long. car contrairement à ce qui est écrit sur le panneau lumineux en cours de route, il est ouvert me confirme-t-il. Le col de Restefond ( la cime de la Bonnette) est une voie impériale réalisée sous Napoléon III pour des raisons stratégiques…d’où les casernes en haute altitude et son nivellement parfaitement équilibré. Les virages sont bien larges et permettent même de faire la pause. Le paysage est superbe et la route certes est longue et raide mais d’une pente régulière très agréable à gravir car le décor est vraiment surprenant. Partis de 1200 m, l’altitude est régulièrement mentionnée ce qui est motivant et puis il paraît moins difficile que d’autres cols des Pyrénées car il est vraiment très régulier et que l’on peut s’arrêter dans les virages La dernière partie, moins raide nous permet de récupérer avant le sommet, dégagé, et laissant dévoiler un panorama sublime à 180°. Les Alpes, le massif des Ecrins… exceptionnel !
se fait entre deux murs de neige et sur une route boueuse mais de toute façon, on ne dépasse pas les 12 Km/h. L’un et l’autre avons le même niveau et il nous faudra plus de 4 heures pour parvenir au col. On s’arrête pour prendre des photos, boire, grignoter, se reposer. Le cardio fréquencemètre dépasse à trois reprises les 110 de pulsations, alors que c’est la limite que je m’étais imposée. On récupère un peu avant le col au niveau des casernes et on redescend tranquillement par le même chemin pour retourner à Barcelonnette où on a laissé le chargement. Le soir, on fête notre ascension avec un bon repas tiré du sac.
Retour sur Digne les Bains par le col du Labouret, sans difficulté, dans la Clue de Javie.
Avant de partir Arnaud m’indique sur la carte les gisements de fossiles pour, dit-il, me distraire pendant la montée du col. Je passe par la route Napoléon pendant quelques kilomètres. Une premier col, un deuxième où en effet, je trouve des oursins fossiles, des ammonites, des coquillages et d’autres dont je ne connais pas le nom. C’est un lieu protégé et de toute façon , il sont top lourds donc je prend des photos. Je passe par les clues de Chabrières
Castellane : jolie petite bourgade où je trouve de quoi manger au marché. Les ruelles sont typiques des villages du midi. On ressent déjà l’ambiance de Provence. Les façades sont colorées, les clochers sont typiques avec leur décoration en fer forgé. On m’indique la route pour aller à Comps sur Aubry, mais avant de gravir les deux coteaux je reprend des forces en grappillant des fruits (enfin de fruits de saison…) de la tapenade d’olives noires, des mendiants faits de pâte sablée recouverts d’amandes et de noix.
A Le Bourguet, des «anciens » discutent au bord de la fontaine…m’apprêtant à remplir mes bidons , je suis surpris en voyant le pennonceau « eau non potable ». Je retourne à mon vélo quand l’un d’eux me dit : j’ai plus de cent ans et j’ai toujours bu de cette eau…alors, vous pouvez en boire ! C’est de l’eau de source captée dans le Jabron. J’arrive au camping un peu fatigué car cette chaleur est humide et orageuse.
Aujourd’hui, j’ai comme objectif le tour des gorges du Verdon…
Je prend donc la D71 pour passer sur la corniche par le bois de Sioumet à 800 m où des petits chênes verts abritent des hermines, renards, chevreuils. La balcon de la Mescla : à ma gauche, la barre de « l’escales», à ma droite la barre de « colle de Breis ». Des combes et des Dombes d’origine glaciaires sur un sol karstique. Le pont d’Artuby à 813 m offrent à des fanatiques du saut à l’élastique la possibilité de se jeter dans le vide…Je franchis le tunnel de Fayet à 940 m puis la route culmine à 1240m pour redescendre sur la source de Vaunalle à 1180m dans la descente sur Aiguines à 500 m. La descente est limitée en vitesse par les éboulis qui se déversent sur la route et les trous dus à la neige.

Le lac de Sainte Croix est long de quinze kilomètres environ. Le village de Moustiers ville de potiers, d’artisans d’art, de confection de produits du terroir, de santonniers, ouvre la porte aux premiers touristes. Avant de franchir le col de l’olivier et donc passer sur l’autre rive du Verdon, je me pose un peu dans ce village provençal typique et bien soigné. Estampillé « les plus beaux villages de France « les habitants y sont accueillants et flâner dans les ruelles est un vrai plaisir, mais le temps tourne à l’orage et il est temps de remonter vite au camping , qui est à 50 kilomètres de là. La route est étroite et sinueuse, régulièrement pentue ce qui me donne la possibilité de gravir le col d’ayen à 1031m avec 17km/h pour redescendre sur La palud du Verdon. Les gorges du Verdon ne sont pas fréquentés en cette période de l’année et passé le collet Baris, le panorama est exceptionnel. La foudre tonne, la pluie est diluvienne et je me suis abrité sous une falaise en hauteur de la route qui devient un torrent de boue et de cailloux. Je profite de cette intempérie pour sortir de mes sacoches de quoi manger, histoire de passer le temps, mes outils pour bichonner mon vélo mené à mal ces derniers temps… de petits réglages sont nécessaires. Au bout de deux heures, je profite d’une accalmie pour sortir de ma cachette, sec (pas pour longtemps) et restauré. Les eaux du Verdon ont changées de couleur, monté de niveau, charrient des branchages, des cailloux et de la boue. la falaise s’est éboulée et les cailloux parsème la route. Les gendarmes dégagent les plus grosses pierres à la main pour permettrent aux véhicules de se frayer un chemin. Des sirènes retentissent, signe que le barrage en Amont situé à Castellane va déverser de l’eau dans le Verdon. Les gendarmes prennent la fuite après avoir mis des panneaux avertissant le danger d’éboulement. En effet, dix minutes après le Verdon monte encore de niveau, ce qui n’arrange pas les choses. Pour remonter à Comps sur Artuby, je prend par la clue de Carrejuan, après le château de Rouzon et enjambe le vieux pont pour arriver à Jabron, situé en hauteur et où le risque est limité. Vers 21 h j’arrive au camping, sinistré lui aussi…la pluie tombe toute la nuit, toutes mes affaires sont mouillées, et le propriétaire du camping reçoit la visite des gendarmes pour faire le point sur la situation. L’alerte orange de Météo France est maintenue jusqu’à demain midi. Des cyclos canadiens m’invitent dans le mobil home que le gérant du camping leur a proposé pour un prix dérisoire (10€)…le gérant est tout content car il sait tout le monde en sécurité maintenant. Il nous ajoute un appareil de chauffage, histoire de sécher nos affaires et est particulièrement attentionné, puisqu’il nous rajoute sous la pluie battante une antenne parabolique pour regarder la télévision…il paraît qu’il y a la coupe du monde de foot. J’en profite pour récupérer du sommeil. Eux passent leur temps à planifier leur itinéraire, discuter et bouquiner. C’est le 16 juin, il grêle, il pleut et l’orage ne cesse pas. Ce n’est que le surlendemain en début d’après midi, que l’on reprend les vélos, ensemble, en direction de Moustiers Sainte Marie par la corniche. Je téléphone pour rassurer la famille en apprenant les inondations de Draguignan, d’autant plus que deux jours avant j’avais signalé que je redescendais sur Grasse et Draguignan.. mais les routes étant en mauvais état, je suis resté en « hauteur ». La seule route praticable est celle de la corniche du Verdon. Je commence à connaître la route. Trois heures après on plante la tente à Moustiers. On mange ensemble et un prêtre jésuite vient à notre rencontre : la discutions dure une bonne partie de la soirée
De nouveau, des pluies diluviennes viennent gâcher la nuit. Je transporte par tente (autoportée) sous le préau situé à côté de l’accueil. Je laisse mes sacoches sur les tables de pique nique, et me réveille tardivement. La gérante du camping est pleine de petites attentions et cela ne la dérange pas que j’ai squatté le préau. Elle a mis le vélo à l’accueil au cas où…Je visite avec David et Sylvie Moustier. On part chacun de notre côté puisqu’ils vont sur Valensole et que je connais déjà cette route…moi, j’opte pour Riez où je visite l’ancien temple gallo romain, puis le château de Allemagne En Provence. La route monte les cinq premiers kilomètres jusqu’à 700 mètres pour redescendre en continue pendant trente kilomètres, ce qui fait que une heure après j’ai déjà parcouru 35 kilomètres.
En traversant Saint Martin de Bromes, j’esquive une boule de pétanque qui passe sur la route…ouf ! quelle stupeur. Gréoux est une station thermale dominée par les ruines d’un vieux château…et ce n’est que là que la cote à 10% fait un dénivelé de 200 mètres.. et encore, pour redescendre tranquillement jusqu’à Manosque.

Vers 16h30, j’arrive devant le camping municipal m’attendant à voir débarquer les cyclos de ce matin, vu qu’il n’y en a pas d’autre dans la région. Je mange mon repas du soir, fait de touron, fruits, riz au lait, pain et chocolat…puis me dirige vers l’accueil. J’indique que, éventuellement deux cyclos peuvent partager l’emplacement avec moi, pour diminuer, certes, dérisoire. Vers 18 h en effet, ils sont étonnés de me voir là…
Mon parcours est établi pour le Lubéron… cette fois ci, par le versant gauche. Je range le linge qui est maintenant sec, la toile de tente aussi. La météo est clémente et je décide donc de prendre la vélo route indiquée sur le site qui relie Manosque à Cavaillon, sauf qu’au lieu d’aller à Cavaillon, je passe par Apt et Robion, route que je connais avec des petites routes sinueuses et pleines de verdure.
Manosque est un haut lieu de paléontologie puisque qu’on y a découvert des poissons fossiles, et des ossements d’animaux. De l’oligocène (25 millions d’années) il sont bien conservés dans des lignites et schistes bitumineux ou encore dans des plaques de sédiments calcaires ou de diatomite.
A Bastide des Jourdans, je photographie la fontaine du village, puis passe à Cucuron, village perché, puis Vaugines et Lourmarin
.Midi où tout le monde est en quête d’un restaurant pas cher, j’en profite pour revoir les petites ruelles de Ménerbes et visiter les abords du château.

Ensuite, je traverse la combe de Ménerbes où la fraîcheur est la bienvenue. A Gap, je rejoins Antoine, un cyclosportif de haute volée avec lequel je vais faire une petite balade demain. On s’installe au camping de Robion.
De Robion, on se dirige vers Cavaillon (connu pour ses melons…), puis Orgon et Eygalières. On visite Saint Remy de Provence et les ruines de Glanum, les Antiques, les Baux de Provence, l’acqueduc romain de Fontvieille, l’abbaye de Marmajour, et Arles. On s’attarde longtemps à Arles car il y a beaucoup de vestiges gallo romains et Antoine est un passionné d’histoire… et de vélo. La traversée de Arles est délicate, mais il connaît l’itinéraire pour en sortir sans encombre. Comme il le dit, rien n’est conçu pour les vélos. La seule piste cyclable existante mène au pont Van Gogh. Pour éviter la départementale, les petites routes nous mènent au camping de Saint Gilles où on s’installe sous un préau Zut ! je me suis fait voler mon faux porte monnaie à Arles ! Comment ont-ils fait ? Bof, c’est pas grave…je ne sais pas comment il va faire avec toutes ces pièces étrangères qui ne valent rien du tout maintenant qu’ils sont tous passés à l’€uro. Avant d’arriver à Saint Remy de Provence,on passe par un aqueduc qui projète un gros débit d’eau avec deux belles chutes. On en profite pour visiter longuement Glanum, ancienne cité romaine avec autour un mausolée et un arc de triomphe très bien conservé. Glanum était habité déjà 7 siècle avant JC. La cité était établie près de la voie romaine des Alpilles, en pierres sèches. A cette époque, la ville est gauloise jusqu’à ce que les romains l’envahissent et transforment Glanum en une riche cité, qui ne résistera pas aux invasions alémaniques vers 260 après JC. C’est une ville raffinée munie d’un forum, de plusieurs édifices religieux, de latrines publiques, de thermes chauffés par hypocauste, d’un marché, d’une source et de maisons d’hôtes, d’un amphithéâtre. Les rues sont équipées de tout à l’égout, avec des parements de marbre. La ville était entourée de remparts…une ville moderne ! On file sur la Grande Motte, et sur la piste cyclable qui longe les rizières et les marais vers Pallavas les Flots. Au menu, du saucisson de taureau…On va sur Sète où on assiste à une bataille de joutes et ensuite le long du rivage jusqu’à Marseillan

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Départ de Marseillan en direction de Agde où on prend le canal du Midi jusqu’à Capestang. De là, on trouve une petite route pour nous conduire à Narbonne. Arrivée à Gruissan en fin d’après midi sous la canicule et le vent de tramontane très violent et qui nous ralenti sérieusement.
Encore un camping qui est nettoyé par le vent, la pluie et les mouettes…
Un petit tour au gouffre de l’œil doux en attendant que les producteurs d’un film veuillent bien nous laisser passer…ah enfin ! Antoine, lui, n’a pas eu la patience d’attendre et est rentré chez lui à Apt. Le marais de l’île Saint Martin est enfin dégagé.. ou presque. On imagine pas tout le matériel et le personnel mobilisé pour faire un tournage d’un film ! Je passe par le canal de la Roubine entre l’étang de Bages et de l’Ayrolle. Cette piste est en terre battue et cailloutis. Sur le bord du chemin, des « cap blanc » très odorants commencent à fleurir.
A l’écluse Sainte Lucie, je me dirige vers les marais salants pour rejoindre le cap Romarin, Leucate, Bacares, Salses et son château qu’il insiste pour que j’en fasse le détour. Le parking est payant, mais voyant ma bicyclette, le vigile me fait un sourire et me laisse passer gratuitement.
Pour rejoindre la côte, je suis les indications laissées par Antoine : Saint Laurent de Salanque, Claira, l’étang de Canet où plus de 300 espèces d’oiseaux sont présents sur le site protégé. Les jours suivants, On visite en famille la cathédrale et le cloître de Elne, et promenade jusqu’à Collioure sur le bateau des cousins. On passe la soirée à manger des Tapas sur les remblas de Figeras.
Nano, dans son esprit fédérateur, doyenne des cousines contacte mes autres cousins en vue de passer le week end ensemble.
St Cyprien où je suis attendu par ma cousine qui passe ses vacances au bord de l’eau. Dans la famille, on connaît bien Saint Cyprien Port Bou mais pas pour des raisons touristiques…en effet, le grand père maternel, républicain catalan, a été exilé avec sa famille et 100 000 autres espagnols, fuyant le franquisme. C’est en quelques sortes, les premières victimes de la deuxième guerre mondiale.

Départ en fin d’après midi en direction de Saint Estève par la piste cyclable qui passe par Bompas.
Départ escorté par ma tante Caroline jusqu’à Baixa. J’arrive à Tautavel, site préhistorique où on a retrouvé le plus vieil homme d’Europe, puis le château d’Aguilar, Tuchan, Paderm et Cucugnan où je m’arrête avant de monter à Quéribus, château Cathare. Visite du château de Queribus construit sur un éperon rocheux. Ce château est mentionné dès le XI° siècle et c’est le dernier bastion à tomber aux mains des français en 1255. Situé à 728 m d’altitude, il y a une vue surprenante sur toues les Corbières. Un véritable sentinelle qui a défendu la frontière jusqu’au 17 ième siècle. Le château était équipé d’un puits, de citernes en cas d’incendie, de cheminées, canonnières, et une salle gothique supportée par un pilier cylindrique d’où partent 4 croisées d’ogives.
Retour sur Cucugnan puis gorges de Calamus, jusqu’à Caudies de Fenouillèdes.
Me voici en train de tremper mes pied dans les bains de Ax Les Thermes…trente après ! C’est une jolie ville où je fais le plein de nourriture. J’arrive à Quillan et prend la direction du Sud pour me rendre à Castelnaudary…Esperaza, connu pour ses empreintes et oeufs de dinosaures…mais aussi pour ses confection de chapeaux, et enfin Alet…idéal pour remplir les gourdes d’eau de source.
Alet est réputé pour les ruines de son ancienne abbaye, son pont médiéval et ses couverts à colombages.
En longeant l’Aude, me voici à Limoux. De Limoux, j’emprunte la petite route qui conduit à Loupia, bastide circulaire médiévale. Sur le mur d’une ancienne boutique, on peut lire : « chapellerie » ou « mercerie »… A la sortie du village, une belle montée m’y attend : route sinueuse et pente à 7 % pour arriver au camping municipal de Mirepoix en soirée
Mirepoix, ses couverts du XI° siècle dont certains sont sculptés , son église, son vieux bourg.
Je pars à Castelnaudary en passant par Fanjeaux, me promène autour du bassin et me dirige vers le camping municipal en compagnie de Alain. Je passe ma soirée en famille. Alain est déjà parti….moi, je déjeune avec des galettes Ines Rosales parfumées à l’huile d’olive, un sandwich de touron de jijona, des rousquilles et du riz au lait…
Pour me rendre à Toulouse, j’utilise la route de crête puis le canal du midi pour parvenir dans le centre ville de Toulouse sans difficulté avant la canicule. L’après midi est consacré au shopping et le soir à un concert donné sur une péniche

Aujourd’hui, Jean Claude m’accompagne jusqu’à la sortie de Toulouse et dans la bonne direction pour Saint lys., Rieumes, Les Fousseret, Cazeres, Sainte Croix Volvestre, Saint Girons. Là, je fais une pause avant d’attaquer le col de Portet d’aspet 1069 m, pour redescendre sur le col des Ares à 797 m et arriver tard au camping à Saint Béat, dégoulinant de sueur.
Je ne peux pas être si près de Saint Bertrand de Comminges sans aller y jeter un coup d’œil. Je connais bien l’itinéraire de la haute route Pyrénéenne à vélo pour l’avoir fait plusieurs fois, mais là je n’en ai pas le courage. De Bagnères de Luchon, je gravis sans problème le col de Peyressoudes à 1569m puis le col d’Aspin à 1488 m et enfin le col du Tourmalet. Quelle galère, il pleut et en plus par ce flan de montagne, c’est encore plus difficile à mon goût que par Luz St Sauveur… enfin Pau n’est plus bien loin. Je monte péniblement les derniers coteaux après Lourdes…et à Pau, un skate à moteur électrique me double même sur la route de Bizanos à Pau…c’est pour dire ! il était temps que je m’arrête.
La dernière étape pour arriver au bercail .
Ouf ! joli voyage dont je garderai un très bon souvenir

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