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Du Côte de Castel Rock d’Alice Munro

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castelrockDans l’avant-propos, Alice Munro explique la genèse de ce livre. Depuis une douzaine d’années, elle s’est intéressée à l’histoire de sa famille, venue d’Écosse et émigrée en partie en Amérique du Nord. Revenue aux sources, dans la vallée de de l’Ettrick, l’auteur a trouvé de nombreux témoignages écrits, des lettres et des recueils de souvenirs et découvert des traces de ses ancêtres dans les ouvrages des bibliothèques locales. Elle a utilisé tout ce matériel dans une série de nouvelles, écrites au fil du temps mais non publiées jusqu’alors. Ce livre lui a permis de regrouper ces histoires, mêlant réalité et fiction et d’explorer une vie, la sienne, et toutes celles qui l’ont précédée et lui ont permis d’être celle qu’elle est devenue.


Du Côte de Castel RockAlice Munro
Éditions de l’Olivier – 2009
Traduit de l’anglais par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.

La première figure marquante est celle de William Laidlaw, connu sous le nom de Will O’Phaup, déformation du nom de sa ferme Far-Hope. Simple berger, il a marqué l’histoire locale de la vallée d’Ettrick pour avoir rencontré des fées, un soir qu’il regagnait son foyer après avoir rentré ses moutons !

C’est ensuite un de ses petits-fils, James, qui en 1818 émigre au Canada, emmenant avec lui deux fils, une fille, sa belle-fille et son petit-fils. La longue traversée de l’Atlantique constitue la première épreuve de leur exil, l’occasion déjà de découvrir un autre monde, grâce aux rencontres qu’ils font sur le bateau. James est ainsi à l’origine de cette branche familiale de nouveaux américains, que le lecteur suit, génération après génération, jusqu’au père d’Alice puis Alice elle-même, de l’enfance à l’époque actuelle.

A travers la multitude d’anecdotes et de petites histoires qui constituent ce roman, c’est la vie qui est racontée, la vie toute simple qui passe avec les années, les souvenirs qui restent ou qui s’envolent.

Un extrait où bizarrement, j’ai retrouvé une question existentielle familière :
Les moutons se pressent autour de moi. […] Je leur donne de l’avoine dans la longue mangeoire.

Autour de moi, des gens disent que ce genre d’ouvrage permet de se ressourcer et possède une dignité propre, mais le connaissant depuis ma naissance, j’en ai un sentiment différent. Le temps et le lieu risquent de me rattraper pour m’enfermer, je risque d’avoir trop facilement l’impression de n’être jamais partie, d’être restée ici ma vie entière, comme si ma vie d’adulte était une espèce de rêve qui ne s’est jamais emparé de moi. (p. 308)

Au final, une lecture agréable, mais qui m’a laissée pensive et mélancolique !

Ce livre m’a été offert gracieusement par le site Alapage, où vous pouvez découvrir les autres ouvrages d’Alice Munro, que je ne connaissais pas avant cette lecture.

D’autres avis : celui de Papillon et un article de l’Express, ainsi qu’une présentation très intéressante des canadiennes de la rentrée littéraire sur Bibliobs.
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A propos de l'auteur

La rue de Siam est une des artères principales de ma ville natale, connue grâce au poème de Jacques Prévert, "Barbara". Anciennement Rue de Saint-Pierre, elle a été rebaptisée suite à la visite en France des ambassadeurs du roi de Siam en 1686, en réponse à l'invitation du roi Louis XIV. ____________________________________________________________________________________________________________________ Le blog de la Rue du Siam___________________________________________________________________________________________________________________Contactez Nanou sur sa messagerie

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