Exposition sculpture à Montpellier : Les fesses de la frileuse au Musée Fabre

Le Musée Fabre à Montpellier abrite,  jusqu’au 12 septembre, une exposition de sculptures de Jean-Antoine Houdon. Si vous ne connaissez de lui que ces portraits d’hommes illustres, allez voir sa Frileuse. A noter dans votre agenda Montpellier!


Exposition sculpture à Montpellier : Les fesses de la frileuse au Musée Fabre 1
Frileuse Houdon (c) Marc Lenot

A côté d’un assez médiocre Été, cette femme grelotte, légèrement voûtée, enveloppée d’un voile qui dissimule son visage, mais ne cache rien de son anatomie. Cette posture sensuelle, ces détails anatomiques firent scandale et la statue fut refusée au Salon de 1783, malgré la proposition hypocrite de la placer dans un angle de la salle. L’allégorie hivernale rappelle les pleureuses antiques ou la Pietà, et l’urne brisée au sol a souvent été un symbole de la virginité perdue, chez Greuze par exemple. Il faut croire que la pudeur sévit encore puisqu’il est impossible de photographier ladite statue, que je n’ai pas encore pu en obtenir une image de la part du Musée et que la seule reproduction qu’on en trouve sur internet est cette médiocre vignette, à droite. Heureusement, la boutique du Musée en vend une reproduction en plâtre (à gauche, 2800 euros), certes elle aussi placée dans un angle de la boutique, mais dont voici néanmoins une image subreptice (ils en vendent même une reproduction en gomme à effacer, mais les traits en sont trop grossiers).

houdin-librairie-2.1279981340.jpgHoudon réalisa plusieurs exemplaires de cette Frileuse, en terre cuite et en bronze, dont un exposé ici, venant du  Metropolitan Museum de New York : il n’y a plus de cruche cassée, et l’effet de chair est moins séduisant.

Du coup, me documentant un peu sur Houdon, je découvre (dans cet excellent petit livre de Guilhem Scherf) que sa Diane Chasseresse a été proprement mutilée par les conservateurs du Louvre, qui, offusqués par le réalisme anatomique du sexe de la statue, jugé trop apparent, y ont réalisé une monstrueuse infibulation : “la fente vulvaire fut rebouchée avec une série de six tiges en bronze, probablement filetées, insérées dans des trous forés dans le matériau, puis martelées en surface” (cliquez sur la photo). Mais a-t-on idée aussi de vouloir regarder la chaste Diane nue ? Actéon en fut bien puni !

Ailleurs dans le Musée Fabre, l’importance de l’exposition Cabanel a entraîné le déménagement des toiles de Hantaï dans une cour à l’éclairage sommital : les stries d’ombre de la grille du plafond font de fort beaux effets de lumière.

image11.1279981377.jpg hb_6255_av21.1279981326.jpg Musée fabre hantai 160_15151_vignette_frileuse.1279981293.jpg

Photos 3 et 6 de l’auteur.

 

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