Green Zone de Paul Greengrass

Green Zone
Green Zone

Roy Miller ( Matt Damon, excellent ), sous-officier de l’armée américaine, est dépêché à Bagdad en 2003 avec la mission de découvrir les armes de destruction massive planquées par Saddam Hussein, armes qui auront pour conséquence de servir de prétexte à un George Bush obsédé par l’idée de déclarer la guerre à l’Irak. Or, ces armes, chacun le sait aujourd’hui, n’ont jamais existé. Epaulé par un cadre de la CIA et un traducteur irakien unijambiste, Miller, flairant une manipulation politico-militaire, entreprend de démasquer ceux qui ont manipulé l’armée et l’opinion internationale.


Jason Isaacs. StudioCanal
Adapté de l’ouvrage d’un journaliste du “Washington Post”, Rajiv Chandrasekaran, le film de Paul Greengrass est de la même veine que ses précédents, mêlant étroitement action et réflexion pour revisiter une page de notre histoire contemporaine et regarder sans concession des conflits peu glorieux. Il faut reconnaitre à la société américaine son incroyable sens de l’autocritique et le porter à son actif. Rappelant tout ensemble les aventures de Jason Bourne et la rigueur d’un  Bloody Sunday, ce dernier opus impose Greengrass comme le réalisateur le plus doué du genre, genre où l’on croise à tout instant des personnages multiples : barbouzes de la CIA, chefs de clan locaux, reporters à la déontologie baroque, ces rencontres, souvent inattendues, procurant à ce long métrage une densité et un rythme percutants. Paul Greengrass travaille caméra à l’épaule et signe là un thriller que les âmes sensibles peuvent s’abstenir de voir.
Matt Damon. StudioCanal Matt Damon. StudioCanal
La guerre contre le terrorisme, telle que l’a initiée George Bush, aura engendré une production pléthorique sur le plan cinématographique. Rien qu’en 2007et 2008, les écrans américains auront vu :  Dans la vallée d’ElahGrace is gone, Lions et agneaux de Robert Redford, Démineurs de Kathryn Bigelow ou des films plus divertissants tel  Mensonges d’Etat.  ( Au bas de la page, vous aurez accès à mes critiques de ces divers films )
Le projet de Greeengrass remonte à 2004. “Cette année-là” – dit-il -” j’avais le sentiment que le monde était régi par deux événements majeurs : le 11 septembre 2001 et l’invasion en Irak. Ces deux faits historiques étant à l’origine d’un immense chamboulement planétaire. Or j’ai tout de suite trouvé que la recherche d’armes de destruction massive, sujet d’actualité de l’époque, était un excellent point de départ pour traiter de la guerre en Irak. Plutôt qu’un docu-fiction à l’image de Vol 93, je souhaitais réaliser un film d’action destiné au plus grand nombre. A l’image d’un Jason Bourne, j’ai voulu créer une tension palpable, celle du monde réel qui toque à votre porte.”

Eh bien, question tension, fiction, action, vous avez réussi Monsieur Greengrass !

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Et pour lire les critiques des divers films cités dans l’article, cliquer sur leurs titres :

La vengeance dans la peau Grace is gone Lions et agneaux Demineurs
Brendan Gleeson et Matt Damon. StudioCanal

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1 réflexion sur “Green Zone de Paul Greengrass”

  1. Découvert dans la trilogie Jason Bourne, Paul Greengrass, réalisateur et journaliste anglais, s’est souvent inspiré de faits politiques récents pour construire ses films ou documentaires : Bloody Sunday, United 93…

    Sauf qu’il y rajoute beaucoup d’adrénaline, filme caméra au poing, et ça tourne dans tous les sens, sans repos, sans répit, pour le spectateur. Du grand spectacle (presque made in Hollywood), sauf que derrière ses films 100% action, il y a également un fond, une réflexion à mener qui rend le spectateur moins passif devant son écran.

    Quand à Green Zone, j’ai bien entendu fortement apprécié ! De l’action utile et réfléchie… même si il est difficile de savoir exactement ce qui relève de la réalité ou de la fiction…

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