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Natzweiler Struthof Camp de concentration nazi en Alsace; mémoire écrasante

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 Le camp de concentration de Natzweiler Struthof (ou Natzwiller-Struthof en Alsacien) est un camp de concentration nazi parmi les plus durs d’Europe et le seul camp nazi établi en France. Si le KL Natzweiler Struthof, camp central entouré de camps annexes, était pour les prisonniers un lieu de travail situé près des carrières de granit rose du Bas Rhin, y furent pratiquées entre 1941 et 1944 des exécutions de masse de prisonniers politiques et de résistants et des expérimentations médicales. Quelques 70 000 détenus seraient passés par le camp de Naztweiler Struthof.

[ndlr]Installé au Struthof par l’ingénieur allemand Blumberg selon la volonté du responsable de la Gestapo Himmler et de Oswald Pohl, chef de l’économie, officiellement ouvert le 21 avril 1941, le Konzentrationslager Natzweiler Struthof a fonctionné jusqu’en septembre 1944. Classé « Camp de niveau III », le camp de concentration Natzweiler Struthof avait un système concentrationnaire parmi les plus durs et était destiné à l’origine aux ennemis politiques les plus irréductibles. A Natzweiler Struthof, on peut visiter le camp avec ses baraquements et ses vestigs, mais aussi le musée créé dès 1965 suite à une initiative lancée en 1961, le Centre européen du résistant déporté, qui est un centre d’informations sur l’histoire des résistances.

Natzweiler Struthof ; vies sacrifiées au nom de l’idéologie nazie

 

A l’approche de Natzwiller en Alsace dans le Bas-Rhin, bien des pensées culbutent dans mon crâne … Je grimpe vers le Konzentrationslager Natzweiler Struthof. A gauche, la « lanterne des morts » : arrêt ému devant ce sanctuaire où la terre et le gazon recouvrent les cendres des victimes de cette solution érigée comme finale – « Endlösung, sa beauté ruisselante » dit Les Bienveillantes. Vies sacrifiées pour satisfaire le concept, pour servir l’idéologie… Faire mourir pour ses idées, l’idée est effrayante, mais inhérente aux assoiffés de pouvoir.

Je passe la monumentale entrée de bois et de barbelés qui m’écrase de son passé. Là, l’espace m’accroche à la gorge : dans ce large cocon vert en pente, des baraquements lugubres. Il faut descendre en longeant le « ravin de la mort ». Scruter l’endroit verdoyant, scruter davantage pour y ressentir les corps qui s’effondrent sous les rafales. Ne rien négliger pour ne pas se faire surprendre par le pire alors inéluctable…

Au bas, deux blocks. A droite, celui où l’on expérimente, où l’on torture, où l’on crame ! Rester un peu, la nausée montant à soixante-dix ans de distance. A gauche, un peu en retrait, le block cellulaire pour détenus réfractaires. On entasse dans des cellules ou, pour les plus subversifs, on laisse crever dans des petites geôles individuelles. Sophistication de l’atroce : un volume et une surface ne permettant ni la station debout ni la position assise. L’entre-deux insupportable pour faire expier le responsable désigné, la vermine source de nos maux…

Au soleil déclinant, j’ai laissé cette concentration de l’abomination incarnée pour choisir mon camp : loin du doctrinaire simpliste aux remèdes affriolants.

Le camp de concentration Natzweiler Struthof est un haut lieu de mémoire pour les résistants. On assiste à des concerts, des expositions;

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A propos de l'auteur

Allergique au panurgisme, réfractaire à toute conversion. A découvrir : Le journal pamphletaire de Loïc Decrauze

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