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LA LOI DU SILENCE

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S’il y a un mot qui structure la société thaie, c’est bien « krengjaï », mot aux multiples interprétations : craindre de déranger, avoir peur de, considérer, être poli, respectueux, tout faire pour ne pas troubler l’ordre établi, ne pas créer de conflit. Chacun a sa propre interprétation. Si vous demandez la traduction exacte de ce mot, on vous répondra : « il n’a pas d’équivalence en anglais », krengjaï c’est plus une « attitude » qu’un mot. 


12 blog _2009

Pour moi, “krengjaï » c’est comme l’huile dans les rouages de la société thaïlandaise. Mais c’est plus compliqué qu’il n’y paraît car ce mot-architecture de la culture siamoise, « dépend aussi de la situation ou du contexte » me précise une amie de Chiang Mai. Dans cette société ultra hiérarchisée et verticale,  le « krengjaï » fonctionne surtout du bas vers le haut. « Et quand on parvient au sommet (argent + pouvoir) de la hierarchie,  le krengjaï ne fonctionne plus, sauf exception rarissime » dixit mon amie toujours, qui tient un coffee-shop (le mien), et qui –  fine observatrice –  voit tous les jours farangs et thaïs se mélanger ou pas, selon les origines… Et elle me dit cette chose étonnante et drôle : « Les jolies filles d’origine modestes sourient aux farangs. Les jolies et riches sourient à leur miroir ! »  Faut dire que Smoothy Blue est un théâtre où  se jouent d’intéressantes « scènes »chaque matin.

Le pendant ou dérivé de « krengjaï », c’est « mai yaak young » : « ne pas être concerné ». Qui se traduit dans la realité, par: « C’est leur karma! »

Un exemple… assez terrible. Dans la province de Mae Hong Son, un monastère dirigé par un « Luang Phaw » (père abbé) dont tout le monde sait qu’il est « gay ». « C’est un kathoey » me dit mon ami avec mépris. (Il a été en poste dans la région et ne m’en avait rien dit jusqu’à ce jour) « Ben oui, la société thaïlandaise n’est-elle pas  une société permissive à tous les étages ! » L’ironie est assez mal prise en Thailande surtout par mon ami !! Bon, je mène ma petite enquête… Et là je me rends compte que « tout le monde sait ». Le père abbé en question donnait des cours d’anglais à l’école Boriphat Suksaa où on s’est contenté de  le remercier pour services rendus. Sans plus. Quand les langues se délient, j’apprends que le moine en question s’attache particulièrement aux enfants des ethnies de montagnes, moins dégourdis que les petits citadins, plus « krengjaï » encore que les thaïs, car ils se mettent d’office à un échelon plus bas que les citoyens thaïlandais. Faut dire qu’ils n’ont pas toujours les memes cartes d’identité. Parfois seulement des cartes de résidents- renouvelables –

En ce qui concerne ce temple, j’y suis allée souvent à l’occasion de la cérémonie de « Poi Sang Long », l’ordination des enfants de l’ethnie Shan. Et j’ai assisté à deux « scènes ». La première, l’abbé me présentait un jeune garçon Shan. « Il n’a plus de parents, je suis son « oncle » son « protecteur »  me dit-il alors. Je photographiais le garçon que j’appelais le « petit prince triste »…


FB - CANON  sang long

Au dernier « Poi Sang Long », j’assistais à une crise d’hystérie qui se termina par une réelle crise d’épilepsie : le futur petit moine, arrachant ses vêtements pour ne pas rentrer au monastère.

Cela ne constitue pas des preuves, ce ne sont pas des accusations non plus.. tout juste de vagues hypotheses.…Mais pourquoi cette « loi du silence » « Krengjaï » ? « Mai yaak young » ?… Hummm… Et les « relations » alors ! L’année dernière à  l’occasion d’une cérémonie, une des princesses devait honorer le temple de sa présence, elle fut remplacée par une délégation. Une autre fois, j’étais invitée à l’intérieur du monastère par des « politiques » bagousés qui me firent asseoir sur un fauteuil décoré, témoin du respect humble des petites gens face à l’autorité bouddhique et politique… Je me suis vite éclipsée prétextant des photos à prendre à l’extérieur. L’abbe a de bonnes relations, et quand on connait le poids des « relations » en Thaïlande…

« Teacher*… tout le monde sait ici, mais personne ne parle…c’est ça le mai yaak young : c’est  LA LOI DU SILENCE »

*Tout le monde m’appelle teacher à MS, les filles de la guest house et des restaurants alentour, et tous les commercants de la petite ville.. donc ça ne désigne personne en particulier.

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Qui est Michele Jullian?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman “théâtre d’ombres” qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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