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Là où s’arrêtent les frontières :un roman de la Thaïlande de Michele Jullian

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 Si vous avez envie de mieux connaître la Thaïlande, son peuple, découvrez  ce roman de la Thaïlande écrit par Michele Jullian : Là où s’arrêtent les frontières …


Les tigres ont faim

D’avoir fréquenté de près et assez souvent des ethnies Karen dans leur univers naturel – la forêt – certaines paroles, entendues par-ci par-là, de la bouche de chefs de village, me reviennent aujourd’hui à l’esprit… J’en ai utilisé quelques-unes dans mon roman THEATRE D’OMBRES, d’autres sont d’ores et déjà dans celui qui va sortir. Jamais ces paroles de sages illettrés ne m’auront autant frappée qu’en ce moment, alors que nous sommes au bord du gouffre. Pas seulement en Europe mais dans le monde… C’est quelque chose de si palpable, qu’on risque de tomber dans la dépression si l’on n’y prend garde.

Dans « LA OU S’ARRETENT LES FRONTIERES » un chef Karen se retrouve veuf parce que sa fille est partie travailler dans une usine de produits chimiques à Lamphun et y a attrapé un cancer. Sa femme meurt de chagrin d’avoir perdu sa fille. Perdue pour le village, perdue pour la vie Karen dans la forêt… « Pour pouvoir s’habiller comme les autres filles, pour s’amuser comme les autres filles… » Les autorités de Mae Sariang, pour tenter de garder leurs particularités à ces enfants d’ethnies de montagnes lorsqu’ils viennent étudier dans la petite ville, doivent porter le vêtement traditionnel un jour par semaine. Ne pas completement perdre leur identité. Mieux que rien.

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« Mon père, mon grand-père n’ont pas eu à demander un emploi au gouvernement, ils ne sont jamais restés sans rien faire.  Ils n’ont jamais été dans le besoin et n’ont jamais eu faim. Dans quelques années la forêt aura disparu et avec elle notre source de revenus ». Ainsi parlait un chef Karen. « 

Il faudra bien démystifier toutes ces promesses d’une vie meilleure grâce au super développement, à la super production, au progres à tout prix… Les pays développés l’ont toujours fait au détriment de pays moins favorisés.  Et maintenant pour aller mieux, pour « s’en sortir », il faut produire encore plus, au détriment de la nature, de la planète.

Sur les routes, à la sortie de Chiang Mai, de Chiang Rai, de Mae Sai… des dizaines de milliers de voitures, dont certaines n’ont pas plus d’une année. Achetées à crédit et impayees, elles gisent maintenant sur des kilomètres parce qu’elles ne trouvent pas de preneurs. Les Thaïs en général n’aiment pas – pour la face – acheter de voitures de seconde main.

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Un ami écrivain anglais, fidèle de « Smoothie Blue » le matin, me demandait récemment : « Tu sais combien pèse une voiture ? Combien il faut de métaux en tout genre pour en fabriquer une  et tout cela pour transporter bien souvent une seule personne d’environ 60 kilos pour faire les 500 mètres qui la sépare de sa maison au magasin ? »  Et il n’a pas évoqué ces centaines de millions d’ordinateurs recyclés dangereusement à la main, dans certaine ville chinoise. Lorsqu’on a vu ces images, on ne peut plus avoir le même regard sur ces machines devenues « indispensables »

Il est temps qu’on se pose la question. Les métaux dans la terre ne sont pas inépuisables, le pétrole non plus… et pourtant on continue de nous pousser à la consommation de voitures, à la consommation tout court. Au nom du progres. Au nom de l’économie.

On a appelé certains pays d’Asie, « Les tigres d’Asie ». Tout le monde veut être un tigre aujourd’hui mais les tigres ne peuvent pas vivre sans chasser de proie …  Et que se passera-til lorsqu’il ne restera plus rien à chasser ??  Et on y est……..et les tigres ont faim.

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La mere, la fille et l’etrangere !


Là où s’arrêtent les frontières: mon deuxième bébé fait toute seule

Il y a une chanson de Jean-Jacques Goldman qui s’intitule « Elle a fait un bébé toute seule » ou quelque chose comme ça… moi je viens de donner naissance à mon deuxième bébé – fait toute seule –  Si je comptais le tout premier – « Un Jour » – co-signé avec Marcel Jullian, cela ferait trois.  Donc je tiens dans mes bras, enfin, mes mains, mon deuxième enfant « LA OU S’ARRETENT LES FRONTIERES »

Avec –  l’âge venant – le souvenir d’une anecdote…

la ou s'arretent les frontieres roman michele jullian

Je dinais chez un avocat marseillais et parisien qui recevait des célébrités à sa table : des membres de la famille royale de Grèce entre autre, à laquelle il était affilié, dont Michel de Grèce*, un des hommes les plus drôles que j’ai eu l’occasion de rencontrer…l’humour décapant de certains sangs bleue peut être « « écroulant » …

Si je racontais certaines anecdotes qui nous faisaient mourir de rire Jullian et moi, j’aurais certainement un procès avec les descendants de la famille de France d’Angleterre et de Belgique… Quoi ? Toutes les grandes familles sont de la même famille !

Donc notre avocat était également auteur et il avait commis un livre sur un personnage historique dont j’ai oublié le nom ; Au cours de ce diner, alors que des invités contestaient certains faits historiques relatés dans le livre, l’avocat dit en douce à Jullian : « Bon je vais le lire »… Il parlait de SON livre qu’il se proposait de lire, et non de RELIRE, parce qu’il ne l’avait pas écrit ; Du moins l’avait-il signé, son nom étant promesse de vente .

Voilà, moi je vais RELIRE et non LIRE mon deuxième bébé, avec l’œil d’une lectrice lambda… Je n’aime pas le mot « ordinaire » ou « normale », trop ordinaire ou trop normal.

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Un pas dans l’inconnu

Le plus dur n’est pas d’écrire un roman ! Une fois que le thème essentiel de « THEATRE D’OMBRES » fut trouvé, il ne restait plus qu’à l’écrire et la plume – enfin le stylo – a couru sur le papier. Sans s’arrêter pendant toute une année. Journellement. Travail suivi par la saisie sur ordinateur puis par les corrections sur papier, dans le format supposé d’un livre. Plus facile à corriger que sur écran.

Puis le thème du second est naît tout de suite derrière sans marquer de temps de pose. Celui-la se jouait des frontières : frontières culturelles, mentales, terrestres, frontières réelles ou supposées, frontières que l’on construit comme autant de prétextes pour ne pas… ou pour…. Le titre s’est imposé lorsque fut mis le point final. A « Borderline, états limites », suivi de « Bangkok brûle-t-il »,  succéda enfin le définitif : « Là où s’arrêtent les frontières ». Ce deuxième bébé est entre les mains de mon éditeur précèdent ET de mon agent et éventuellement d’autres éditeurs. J’opterai pour celui qui sera le premier à exprimer son désir.

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« Là où s’arrêtent les frontières » : une suite à THEATRE D’OMBRES ? Oui et non… « Là où s’arrêtent les frontières » raconte un amour impossible. Amour insurmontable, amour au goût d’ailleurs. Amour refusé, amour combattu, amour inexplicable entre deux personnes que rien ne rapproche et qui pourtant vont prendre le risque en se disant « pourquoi pas » ?

Et même si ça ne marche pas on aura essayé ». Amour qui donne le vertige par ce qu’il fait prendre conscience de combien nous sommes les enfants de notre propre culture. Amour sublime parce que sans illusion. Mettre un pied dans le vide, c’est bien le premier pas vers ces amours incertaines, Parce que le monde est incertain parce que demain n’est même pas sûr. Parce que au lieu de tout demander, de tout exiger, de tout attendre, comme ceux qui remplissent leur fiche sur « Meetic.com » à la recherche du partenaire idéal qui n’existe pas, ces amours-là acceptent l’aléatoire, le « peut-être », le possible et l’impossible et donnent tout en se disant « essayons ». La vie ne nous offre que cela : juste la possibilité de faire un pas devant l’autre. Un pas dans l’inconnu.

Parce que l’amour est un voyage dont on ignore la destination, par ces temps incertains. Tout sauf un sparadrap, tout sauf un réconfortant, tout sauf un substitut au prozac ou aux excitants. L’amour comme une fatalité qui vous balance dans le vide sans parachute avec le cœur qui se décroche au-dessus du vide,

Je vous parle de roman. Pas forcément de la réalité.

N’exigez rien. Plongez.

Là où s’arrêtent les frontières ; un teaser

 Dans la plupart des romans qui paraissent en Thailande, en anglais ou en français, l’amour se conjugue de façon étrange et décalée. Tout comme – très souvent – l’âge des protagonistes. Sentiment volatile, fragile, intraduisible d’un côté, quantifiable, consistant, tangible, de l’autre.

Beaucoup de « farangs » viennent vivre une deuxième jeunesse ou une troisième vie sur les bords du golfe du Siam ou dans les rizières du nord-est. Dans LA OU S’ARRETENT LES FRONTIERES, la « farang », la  française Marie est jeune, et c’est elle qui tombe amoureuse d’un homme d’âge mûr, mais follement séduisant et d’autant plus qu’il la repousse. Donc loin des stéréotypes habituels, de ceux qui ornent les rayons des librairies thaïlandaises et tout juste un peu plus nombreux que les ouvrages sur le bouddhisme ! La quête de Marie dans les montagnes birmanes n’a rien d’un voyage organisé sans saveur. En voici un extrait. Un «  teaser » du verbe anglais « to tease »:  « aguicher » « allécher »… en fait, donner envie.

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« Elle était nue,  il lui tendait un verre d’eau glacée. A nouveau,  sensations de brûlure froide. « Parce que je t’aime, il faut nous séparer ».  Il n’avait pu dire cela. Ça n’avait pas de sens. Elle pensait au film « l’Amant » qu’elle avait revu avec sa mère avant son départ.

    – J’ai peur de vous aimer » disait le chinois.

   – Je préférerais que vous ne m’aimiez pas » répondait l’adolescente. 

Sauf que dans l’histoire de Marie, c’était l’asiatique, le thaïlandais  au sang chinois qui lui disait :
« Il ne faut pas ».

 Tout effort soutenu de mémoire était interdit dans l’exercice de  « laisser-aller » que s’imposait Marie. Dans son rêve éveillé,  seuls les chiens courants rapportaient leurs prises, elles étaient parfois inattendues. « Ce que j’ai fait est si grave que je dois payer en renonçant à ce que j’aime le plus au monde » disait Somchaï.

Avait-il suffisamment payé ? Son sacrifice avait-il été suffisant pour chasser ses démons, pour étrangler la culpabilité qui le poursuivait depuis le jour où il avait assassiné de sang froid ? Avait-il tordu le cou au fantôme de sa victime ?

Le bonheur n’est pas un état permanent, il ne se satisfait ni de  constance ni d’uniformité. Il  a toujours  besoin de défi, de mise en danger ou à l’épreuve pour exister. Serait-elle assez forte pour traverser  les incertitudes plus effrayantes que la sombre et hostile jungle ? Que la montagne et la peur de la nuit ?

Le sommeil n’avait pas encore pris possession d’elle ; les chiens courants n’aboyaient plus, ils dormaient, harassés. Elle caressait encore la joue soyeuse d’un bébé qui ressemblait à Chocktchaï mais avec le sourire de Somchaï. Sa joue, avec son odeur particulière de jungle un peu sauvage. La jungle,…c’était là où il était, là où il l’attendait.

 Sait-on  exactement à quel moment la conscience vous quitte pour sombrer dans le néant ?  A l’état de semi vigilance dans lequel Marie flottait encore, succéda  un vague sentiment de possible. Non pas de possible à affronter, mais de possible à apprivoiser. Marie sourit à cette idée en  basculant pour de bon dans le sommeil. »

 « Là où s’arrêtent les frontières, » Editions de la Fremillerie.  Dans toutes les librairies (sur commande) ou sur internet.

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*romancier historien

Qui est l’auteur?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman « théâtre d’ombres » qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

Michèle Jullian

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