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Leçon de vie

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S’il faut des années pour élever un enfant il suffit de très peu de temps pour tout détruire d’un coup. L’exemple m’est donné par An Mae Thob, mon ex étudiant de Mae Sariang, qui me sert de guide à chacun de mes passages.

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J’ai l’habitude lorsque je passe un peu de temps dans un village Karen, de faire un don au chef de la communauté, il sait quelles personnes en ont le plus besoin, ou alors je donne directement aux personnes très âgées qui souvent n’ont plus personne pour s’occuper d’elles, les générations plus jeunes partant travailler en ville. Hier, lorsque j’ai proposé de le faire, An m’a dit « Non teacher, ce village est vierge de touristes, donner de l’argent ferait naître dans l’esprit de ces gens simples : farang=money ».

Je l’écoute et comprends son raisonnement, il “sait” mieux que moi. Je sais aussi qu’on peut faire mal avec juste des « bons sentiments ». Je prends des photos de femmes devant leur métier à tisser, (elles tissent pour leur propre consommation, non pour vendre), je plaisante avec les enfants aux jeux des questions sur l’école. Prendre son temps est une marque de respect, surtout lorsqu’on fait des photos (après permission bien sûr).

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Alors que nous allons rejoindre la moto, le vendeur de glace arrive avec sa petite trompette. Un enfant arrive en pleurant avec quelques pièces qu’il a extorquées à sa mère… les autres enfants regardent. « Que dirais-tu d’une glace » je demande à An. Il s’agit de « aisse cream boran », les glaces traditionnelles faites à la maison, pas ces glaces industrielles vendues dans le monde entier. On place trois boules dans un « bun » un petit pain dans lequel on a préalablement mis une portion de riz gluant sucré. Délice au goût d’enfance pour 5 bahts (12centimes d’euros !)

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« Dis à tous les enfants du village qu’ils peuvent venir chercher leur glace » je dis à  An. Ils accourent tous, même quelques personnes âgées, et un jeune moine. Une glace à l’ancienne c’est presque un repas. Le plaisir absolu sous le soleil. Glace à  la cantaloupe et à la noix de coco.

Un peu plus tard, alors que nous nous apprêtons à rejoindre la moto, une adolescente accourt vers moi et me tend un sachet plastique qu’elle me met d’office dans les mains. C’est un sac Karen tissé par une femme du village. Je sais le prix de ce travail : 2 ou 3 jours si elle ne fait rien d’autre, 2 à 3 semaines si elle travaille dans les champs et ne tisse que le soir.

Je dis « tab’leu » en karen, avec mon mauvais accent mais avec toute mon émotion. Emotion au bord des larmes lorsque je découvre que le sac est assorti à la couleur que je porte ce jour-là : violet, écharpe et tee-shirt. Un cadeau soigneusement choisi par une femme observatrice : un cadeau qui n’a pas de prix !  

Commerce équitable ? Leçon de vie ?

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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