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Les mots, tes maux, mémo…

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Lorsqu’on écoute (si on comprend) les Thaïs
parler entre eux, on sait tout de suite à qui ils s’adressent… ou pas du tout !
C’est le paradoxe thaï !

Les thaïs sont très soucieux du respect
de la hiérarchie et donc du respect de l’autre, si révérencieux qu’il existe de
multiples formules pour s’adresser à une personne plus âgée, une plus jeune, ou une plus
riche etc…

« Yaï» par exemple c’est « grand-mère »,
mais on peut aussi utiliser ce mot (nous, « farang ») pour nous adresser à une
personne âgée. Une façon de lui marquer notre respect. Tout sauf le dérisoire « grand-mère »
utilisé en français. ! Dans la réalité, « yaï » c’est la
grand-mère maternelle, parce que côté paternel ce sera « yaa ». Et
pour grand père ce sera « pou » คปู่ (ton long,  bas) et non ปู ton long médian) (avec le bon ton s’il vous plaît sinon
ça voudrait dire « crabe ». Et faites gaffe si vous commandez du
crabe au restaurant, de ne pas  commander
du grand père au lieu du crustacé)… du moins côté paternel, car côté maternel c’est
« « taa ».

Personnellement
lorsque je « nomme » mon chéri, enfin mon compagnon thaï (nous ne
sommes pas mariés), je parle de lui en disant mon « faeen »  (« faeen khong shan ») et non pas
mon « gik » !!!! Si nous étions mariés je dirais « sami » –
สามี –  et lui dirait poliment, mais il le dit  (par goût de la possession !)  « parania » – ภรรยา
-)

Lorsqu’il est au
téléphone avec une personne qui ne le connaît pas (dans son business), il
informe immédiatement son interlocuteur et lui dit qu’il est « Phou Phan » (son
rang dans l’armée) ou » Phaw Haw » (diminutilf de phou amunuay kahn, directeur  dans l’éduction nationale). On l’appelera
donc ainsi et non par son prénom.

Le changement de
culture est un chamboulement total pour celui qui tente de vivre (ou de
survivre !) dans une société aussi éloignée de la sienne que la société thaïe Tout
comme il ne faut jamais oublier par exemple que notre morale est individuelle,
tandis que la leur est collective, tout comme chez les chinois, les japonais,
les coréens.

Difficile de penser
dans une autre langue et pourtant indispensable pour se fondre dans une
nouvelle culture. En thaï, pas d’accords, pas de singulier, ni de pluriuel, pas
de féminin ni de masculin (voilà qui devrait plaire aux fans du transgenre). Il
faut organiser sa pensée autrement ou alors rester “à côté”.

Penser, écrire, le
thaï, place votre propre culture dans une autre perspective.

Tenter de gommer
les différence risque d’accentuer les stéréotypes.

Je fais des sauts
de langues, des sauts de cultures en permanence, et pas seulement pour les mots.
Même si changer les mots, c’est déjà changer de regard. Plus facile pour moi à
accepter que pour mon compagnon par exemple, car j’ai beaucoup voyagé, pas lui. Lorsque
je l’emmenais à Venise, tellement heureuse de partager mon éblouissement pour
cette ville unique, il me disait, suite à mon regard sur les palais du 16è ou
17è : “Bah de vieilles maisons après tout” ! J’avoue avoir eu envie de l’étrangler.

Et moi, stupide, je
me suis fichue une baffe virtuelle, lorsque je lui ai fait remarquer la fierté
de mon quartier : la tour Montparnasse. « Et alors ! à Bangkok il y en a des
milliers comme ça ! »

S’ouvrir aux
autres, ce n’est plus penser avec nos paramètres, c’est penser autrement. Pas
facile mais indispensable et excitant.

Le langage, la
façon dont nous nous exprimons, a aussi une influence sur notre comportement. Ou
serai-t-ce l’inverse ?

J’ai tendance à me
montrer plus respectueuse lorsque je parle thaï que lorsque je parle français
!! CQFD

DSC00934
 faeen khong shan, thi prathet farangset, kap laan sao khong shan

Michèle Jullian

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