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Les palmiers percés de Dubaï

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Dernièrement, je m’étonnais de voir tant de pub pour Dubaï sur Euronews et hier soir encore dans Géo Magazine. Et ce matin, j’ai eu comme un élément de réponse en regardant les infos…

 

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Reuters

Parce que ça m’énerve d’un côté (la crise financière encore à cause des mégalos, j’en passe et des meilleurs) et me ravit de l’autre (bien fait pour leurs gueules) :

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Dubaï, piste de ski source article Dubaï

Dubaï, qui voulait dresser une forêt d’îles en forme de palmiers, est aujourd’hui au bord de la faillite.

L’émirat, naguère favori des investissements mondiaux, n’est pas en mesure d’honorer ses dettes de plusieurs milliards de dollars.

L’oasis de la finance mondiale est-elle à sec ? En demandant six mois de plus à ses créanciers pour s’acquitter de dettes colossales – dont la compagnie immobilière Nakheel, qui développe des projets tels que l’île en forme de palmier dans le Golfe, est la principale responsable – l’émirat de Dubaï a déclenché une tempête sur les marchés financiers mondiaux. L’annonce de l’Eden, jusqu’ici florissant, des investisseurs a suscité de vives inquiétudes sur la santé financière de la région, et accru la nervosité générale des marchés.

En Europe, les Bourses européennes ont ainsi chuté de plus de 3% ce jeudi. A Paris, le CAC 40 a reculé de 3,4%. Les Bourses de Londres et de Francfort ont toutes deux cédé 3%. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 a perdu 3,2%, accusant ainsi sa plus forte baisse quotidienne depuis sept mois. Et c’est évidemment le secteur bancaire qui a été le plus touché par les craintes des investisseurs. DJ Stoxx, l’indice sectoriel des banques européennes a chuté de 4,92%. Aux Etats-Unis, les marchés n’ont pas encore été touchés, seulement parce qu’ils étaient fermés ce jeudi en raison de Thanksgiving. Mais les marchés américains devraient connaitre un lendemain de fête difficile.

 

Une crédibilité ruinée

L’Eldorado du Moyen-Orient est donc bien frappé de plein fouet par la crise financière, alors que ses autorités prétendaient le contraire. L’émirat a donc annoncé qu’il allait demander aux créanciers de deux de ses principales entreprises, dont Nakheel, un moratoire sur 60 milliards de dollars de dettes. Cette requête est la première étape dans la restructuration du conglomérat Dubaï World (une société d’investissements contrôlée par le gouvernement de Dubai ; parmi les entreprises qu’elle contrôle figurent Dubai Ports World, qui gère les ports de l’émirat, et Nakheel Properties, un grand groupe immobilier), véritable moteur financier de l’émirat qui a soutenu son expansion effrénée ces dernières années. Alors que tout indiquait ces derniers mois que Dubaï pourrait honorer ses dettes, la nouvelle a saisi les acteurs de la finance mondiale. Et les affaires de l’émirat ne devraient pas s’arranger. Car c’est évidemment la défiance qui prévaut aujourd’hui.

La plupart des agences de notation financière, comme Standard and Poor’s ou Moody’s, ont réévalué à la baisse les grandes compagnies de Dubaï World, dont la plupart sont publiques. En effet, sur les 80 milliards de dollars qui constituent la dette totale de Dubaï, 70 milliards sont à la charge d’entreprises publiques, dont notamment la compagnie d’électricité et d’eau (Dubai Electricity and Water Authority). Avec cette annonce, la cité-Etat a perdu une très large partie de sa crédibilité face aux investisseurs, d’autant plus qu’elle a annoncé dans le même temps avoir levé 5 milliards de dollars dans des banques d’Abou Dhabi. Mais le danger qui la guette n’est déjà plus la ruine de sa réputation, mais bien sa ruine tout court. (Source).

Et cette dépêche qui vient de tomber :

Dubaï à l’abri d’une faillite grâce à son “grand frère” Abou Dhabi (De Acil TABBARA (AFP).

Dubaï, qui a demandé un moratoire pour le remboursement d’une partie de sa dette, devrait éviter la faillite grâce au soutien de son riche voisin, l’Emirat pétrolier d’Abou Dhabi, mais il sortira durablement affaibli de l’épreuve, d’après les analystes.

“Dubaï en tant qu’Etat souverain n’est pas exposé à une faillite, car il jouit du soutien d’Abou Dhabi”, capitale de la Fédération des Émirats arabes unis, estime Pascal Devaux, économiste de BNP Paribas spécialiste des risques au Moyen-Orient.

Les grandes places boursières internationales ont plongé jeudi, au lendemain de l’annonce de l’intention de Dubaï – ville de la démesure et des projets pharaoniques – de demander aux créanciers de son plus grand conglomérat, Dubaï World, de surseoir de six mois au paiement de sa dette.

Mais, il estime que la révélation de sa fragilité financière pourrait donner à Abou Dhabi “l’occasion de reprendre la main sur les émirats à la faveur de cette crise”.

Capitale économique des Emirats, Dubai fait de l’ombre à Abou Dhabi, qui produit plus de 90% du pétrole des Emirats, alors que les réserves d’or noir de Dubaï sont quasiment à sec.

C’est Abou Dhabi qui est venu à la rescousse de l’émirat, lequel s’est lancé depuis quelques années dans des projets pharaoniques, se retrouvant lourdement endetté. “Jamais Abou Dhabi ne laissera tomber le fils prodigue même s’il ne cesse d’en critiquer l’exhubérance et les excès”, indique à l’AFP un spécialiste de la finance islamique à Paris, sous couvert d’anonymat.

Mercredi, le gouvernement de Dubaï a annoncé avoir levé cinq milliards de dollars au titre de son programme de 20 milliards de dollars de bons du trésor lancé en début d’année pour faire face à ses engagements financiers.

Les cinq milliards ont été souscrits à parité par deux banques basées à Abou Dhabi : la National Bank of Abu Dhabi et Al Hilal Bank, une grande banque islamique. Ces deux banques relèvent de l’Abu Dhabi Investment Council, un organisme du gouvernement de l’émirat d’Abou Dhabi, le plus riche des sept membres de la Fédération.

Une première tranche de 10 milliards de dollars avait été souscrite en février par la Banque centrale des Emirats arabes unis, contrôlée par Abou Dhabi.

“Abou Dhabi ne peut se permettre l’effondrement de Dubaï. Il peut permettre l’affaiblissement de l’émirat, dans le cadre de la concurrence entre eux, mais un effondrement de Dubaï affecterait Abou Dhabi”, souligne Ibrahim Khayat, un analyste basé à Dubaï.

Il estime que Dubaï “va regagner sa solvabilité financière en échange d’une solution qui le forcera à renoncer à une partie de ses avoirs en faveur d’Abou Dhabi”. “Dubai pourra sortir de la crise d’ici deux ans, cependant le contrôle de ses ressources sera partiellement partagé avec Abou Dhabi”, ajoute-t-il.

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photo Désert de Hatta, Dubaï, Emirats Arabes Unis

Le souverain de Dubaï, cheikh Mohammad Ben Rached Al-Maktoum, également Premier ministre des Emirats, avait assuré début novembre que l’émirat allait poursuivre ses ambitieux projets de développement et qu’il honorerait ses dettes dans un proche avenir.

La dette totale de Dubaï était estimée à 80 mds USD en 2008, Dubai World représentant à lui seul 59 mds USD de ce montant.

Dubaï devrait régler 13 mds USD de dettes en 2010 et 19,5 mds en 2011.

Des questions entourent cependant l’enveloppe de 5 mds débloquée par Abou Dhabi, puisque Dubaï a affirmé qu’elle ne serait pas utilisée pour soutenir Dubai World.

“On peut penser qu’Abou Dhabi savait ce qui allait arriver à Dubaï World”, juge un autre économiste sous couvert de l’anonymat, notant que la grande inconnue est de savoir jusqu’où Abou Dhabi est prêt à aller pour aider son voisin. (Note perso : On en parlait déjà en février dernier Lire

D’après la WWF, l’empreinte écologique la plus élevée du monde est à Dubaï.

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Un commentaire

  1. Parce que ça m’énerve d’un côté (la crise financière encore à cause des mégalos, j’en passe et des meilleurs) et me ravit de l’autre (bien fait pour leurs gueules) :

    Je réagis juste à “bien fait pour leurs gueules”. Je n’ai aucune sympathie pour les Dubaïotes ni pour les émiratis, mais il ne faut pas oublier que certains émirats attirent plus de 65% d’immigrés ; lesquels peuvent être considérés comme une main d’oeuvre exploitée, mais il n’en reste pas moins vrai que ces personnes ont un travail et qu’en réalité, ce sont elles les vraies victimes du système. Peut-on s’en réjouir? Je ne crois pas. Ces personnes sont renvoyées chez elles ou se retrouvent sans emploi et encore plus précarisées… ainsi que toutes les familles qui dépendent d’eux…

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