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Littérature caribéenne francophone : Lire sous le soleil des Caraïbes

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C’est avec le plus grand des plaisirs que je vous emmène, une nouvelle fois, sur la route des livres dans « Le tour du monde littéraire de Denis » … Pour commencer ce périple à la découverte de la littérature caribéenne francophone à son point de départ, sous le ciel lumineux des Caraïbes où il fait si bon vivre. Nous partirons de l’île d’Hispaniola, qui abrite Haïti et la République dominicaine, pour rencontrer une littérature éclaboussée de soleil et remplie de musique mais aussi débordante de douleur et de tristesse que je vous ferai découvrir à travers quatre auteurs, Marcio Veloz Maggiolo, dont je proposerai une note d’un de ses romans, et trois autres auteurs dont je présenterai plus rapidement une œuvre. Bien évidemment j’ai lu tous les livres que je commente ou que je
présente et j’attends vous commentaires, questions, remarques et compléments d’information avec impatience.

En route !

Etape 1 pour découvrir la Littérature caribéenne francophone :  République dominicaine et Haïti

L’homme à l’accordéon – Marcio Veloz Maggiolo (1936 – ….)

Elvis Crespo, Alex Bueno, Wilfrido Vargas, Milly Quezada, …  je vous convoque comme Paco Ignacio Taibo II convoqua les grands révolutionnaires de l’histoire à son chevet, pour dire, au rythme du merengue, le livre que Marcio Veloz Maggiolo – un plus grands auteurs dominicains contemporains – consacre à Honorio Lora,  L’homme à l’accordéon, le plus grand « merenguero » de la « Linea » cette zone frontalière entre Haïti et République Dominicaine.

Marcio raconte l’histoire du « Dieu de l’accordéon » et de son combat contre la dictature qu’il attaque à travers le texte de ses « merengues ». Mais pour établir son récit l’auteur n’a pas cherché à distinguer le vrai du faux, « Le lecteur devra donc me (le) laisser utiliser parfois des voix du passé, des phrases qui, …, eurent un jour leur logique, des contes qui me (lui) sont parvenus de diverses sources, et que je (qu’il) ne peux (t) justifier sans faire référence aux étapes d’une magie communément répandue, qui se pratique encore aujourd’hui ». Il faudra faire la part de la légende et de l’histoire dans ce récit où les rites vaudous transmis de bouche à oreille jouent un
rôle essentiel.

Ce livre important dans la littérature caribéenne francophone raconte la mort, la vie, la vie après la vie d’Honorio Lora qui meurt dans un grand éclat de rire après un combat de coqs. Honorio, musicien admiré de ses compatriotes et adulé des femmes, parcourt cette frontière de « gallera » (agora du village où ont lieu les combats de coqs) en « gallera » pour faire danser les populations au rythme du « merengue » après les combats de coqs. Dans ce pays de cocagne éclaboussé de soleil, seuls la musique, le clerén (l’alcool local), les rites vaudous et l’amour, qui n’est pas exclusivement sexuel même quand il est très passager, font oublier la misère et l’impitoyable dictature qui veut blanchir le pays en éliminant ce peuple de misère qu’Edwige Danticat met en scène avec une profonde émotion, une grande tendresse et une infinie tristesse dans « La récolte douce des larmes ».

Au temps des papillons – Julia Alvarez (1950 – ….)

Dans cette histoire romancée,  Julia Alvarez raconte celle des quatre sœurs Maribal qui ont organisé, dans les années cinquante, un mouvement de résistance contre le dictateur Trujillo et qui ont été assassinées, devenant ainsi des icônes de la résistance à la dictature dans ce pays. Une leçon de dignité et de courage et surtout beaucoup d’émotion !

La récolte douce des larmes – Edwige Danticat (1969 – ….)

Encore une histoire de faibles massacrés par les tenants du pouvoir. Quant les planteurs dominicains n’ont plus eu besoin des
travailleurs haïtiens qu’ils exploitaient comme des esclaves pour cultiver la canne à sucre, ils les ont chassés ou tués pour libérer leurs terres de cette présence encombrante. Un récit sur la
cruauté, la barbarie et la résignation et, comme je l’ai dit ci-dessus, une grande tendresse noyée dans une infinie tristesse.

L’année Dessalines – Jean Mettellus (1937 – ….)

Un troisième livre pour évoquer la littérature haïtienne, cette fois, et la reconquête de l’indépendance d’Haïti par Dessalines alors
que Toussaint Louverture croupissait déjà dans les basses fosses du fort de Joux. Un livre qui  interpelle  à l’occasion de l’anniversaire de cette reconquête sur ce qu’est devenu ce pays depuis son indépendance et sur la fatalité qui a bien pu le frapper pour qu’il connaisse de telles violences et une si grande misère. Et qui depuis a subi un terrible tremblement de
terre.

Denis BILLAMBOZ     billamboz.jpg

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