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Voyage en Roumanie : 1000 km à travers les Maramures, le pays du Nord

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maramuresmaramures1Voyage en Roumanie pour découvrir un petit bout du monde, les Maramures, le pays du Nord. Les Maramures sont une terre authentique et encore typique, avec ses petits villages, ses églises de bois, son artisanat, ses cimetières joyeux…

 

Les Maramures, le pays du Nord en Roumanie

Cliquez sur la carte pour l'agrandir - Copyright http://hartamaramures.ro

Il y avait bien longtemps que j’avais promis de visiter le Nord du pays (Maramures) et d’en faire un compte-rendu. Aujourd’hui c’est chose faite, même si une petite semaine est loin d’être suffisante pour profiter de tous les merveilleux coins de ce petit bout de pays.

Il y avait bien longtemps que j’avais promis de visiter le Nord du pays (Maramures) et d’en faire un compte-rendu. Aujourd’hui c’est chose faite, même si une petite semaine est loin d’être suffisante pour profiter de tous les merveilleux coins de ce petit bout de pays.

Traversée de la Transylvanie

Premier jour – lundi.
sighisoara transylvaniePartis le 19 juin après-midi de Cornu avec comme premier objectif, la ville-étape de Sighisoara, nous n’avions pas d’intention autre, en ce premier jour, que de ralier notre point d’hébergement (hôtel Europa) sans trop de difficulté. Les renseignements que je possédais étaient, comme d’habitude, incomplets -pour ne pas dire complètement erronés, si bien que nous aurions dû, normalement, arriver à l’étape beaucoup plus tôt que prévu. C’était sans compter sur les imprévus de la route. Cette fois, ce furent les travaux dans la partie montagneuse entre Comarnic et Sinaia qui nous ont bloqué presque une heure. A noter aussi l’orage qui nous a pris juste en quittant le village de Cornu. Mais nous avons l’habitude, en cette saison, ils sont très fréquents et provoquent parfois des débordements de rivières ou des glissements de terrain. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci.
brasovAprès Brasov, notre voyage devient plus agréable. Le temps s’est remis au soleil. Tout serait tranquille si ce n’étaient les ralentissements pour désinfection obligatoire de la voiture à cause de la grippe aviaire. Ils sont nombreux entre Brasov et Rupea mais nous ne sommes pas pressés du tout… On peut quand même se poser la question de savoir à quoi servent ces désinfections. De quoi nous arrose-t-on et quel est l’effet réel? On a dépensé des sommes énormes en Roumanie pour ces opérations de plus en plus répandues et de moins en mois convaincantes. On dirait presque que, plus on désinfecte, plus la grippe se propage! Je suis peut-être méchant? Quoi qu’il en soit, étant donné les renseignements erronés concernant notre hôtel, il nous est apparu tout à coup, par miracle, devant nous sur la route. Pas besoin de le chercher, il est venu vers nous.
L’hôtel Europa se trouve sur le côté gauche de la route de Sighisoara, sur la commune d’Albesti, à quelques kilomètres de la cité médiévale. Il est 18h00 et nous prenons possession de notre chambre. Après une petite promenade dans la campagne environnante et un léger souper, nous pouvons encore profiter d’une douce soirée et d’un joli coucher de soleil.

Cap vers les Maramures


Deuxième jour – mardi.
tirgu muresPetit déjeuner matinal et nous quittons Albesti vers 8h15. Nous traversons Sighisoara et prenons la direction de Tirgu Mures. A Tirnaveni, (30 km de Tirgu Mures) nous bifurquons vers Iernut, en direction de Cluj. Seize km d’une route é-pou-van-ta-ble. Jamais vu autant de cratères de ma vie. De plus, une route très fréquentée, notamment des poids lourds venant ou se dirigeant vers la Hongrie. En ce début de matinée, on le prend du bon côté (là aussi, on a l’habitude) et on négocie “à la roumaine” , c’est-à-dire en slalomant comme sur une piste de ski. Après un arrêt sur les bords de la rivière Mures, nous continuons tranquillement à travers la Transylvanie: Ludus, Turda et enfin, Cluj-Napoca.

Nous traversons la ville sans difficulté et prenons la direction de Dej. Notre tranquillité a été de courte durée: la sortie de Cluj est complètement bloquée par une longue file de véhicules. Serait-ce un accident ou des travaux? Vu la file et le temps perdu pour faire 500m (50 min), je penche pour la première solution. Perdu. Après environ une heure de blocage, sous un soleil brûlant, une voiture de police est apparue pour mettre un peu d’ordre. Nous avons pu enfin savoir ce qui se passait: asphaltage d’une portion d’environ 100m d’une moitié de chaussée, mais le comble, c’est que le préposé “oubliait” de faire passer notre file et contentait seulement ceux d’en face! Jusque Dej, la route est encore encombrée par de nombreux travaux.

maramuresAprès cet épisode stressant, arrêt plus que mérité sur les bord de la rivière Somes. Nous sommes enfin en Maramures. Il est 14h30 et notre rendez-vous de 13h à Baia Mare avec un ami canadien est plus que compromis. Ayant prévu ces inconvénients, j’avais donné mon numéro de GSM à Antonio et j’attendais d’être appelé à tout moment… Nous essuyons notre second orage depuis le départ de Cornu. Vers 16h00, à notre arrivée à l’hôtel Sport de Baia Mare, nous fûmes bien surpris de trouver notre ami Tonio, attendant patiemment sur les marches de l’établissement.

Après un séjour de 3 mois l’année dernière en Roumanie, Antonio a décidé de s’y installer définitivement comme bénévole au service des habitants! On avait cru à une blague. Mais Antonio est revenu cette année et a bien l’intention de rester. Il a choisi la région des Maramures pour s’installer, plus précisément, le village de Vadu Izei. Notre rencontre est des plus amicale et c’est avec regret que nous devons nous quitter avant la tombée de la nuit. Il reste 60 km jusque Satu Mare où nous devons loger ce soir! Après quelques recherches dans le centre-ville, nous trouvons finalement notre hôtel sur la route d’Oradea. C’est un endroit plus tranquille, un peu à l’écart de la ville. C’est assez fatigués que nous nous installons enfin vers 22h00 dans notre chambre très confortable.

 

Visiter les Maramures ; entre ruralité et traditions

Troisième jour – mercredi.
Sapenta cimetiere joyeux tombes MaramuresAprès un petit détour en Hongrie via le poste frontière de Petea, afin de faire apposer le cachet qui me permettra de rester 3 mois supplémentaires en Roumanie, nous pouvons enfin visiter les Maramures à notre aise. Notre premier objectif: le cimetière joyeux de Sapinta. Nous y arrivons en début d’après-midi de ce mercredi 21 juin, jour de l’été qui démarre très bien puisqu’il fait très chaud -comme les jours précédents, d’ailleurs.

La visite du cimetière joyeux est vraiment très intéressante. Je m’imaginais que les épitaphes relataient des événements comiques de la vie du défunt. Pas du tout. En fait, ce sont des réflexions à la fois très simples et très profondes de la bouche même du défunt, dans un langage très populaire, poétique et parfois assez difficile à saisir, même pour un Roumain. Par exemple, en-dessous du dessin d’une dame avec ses 3 enfants, il y a ce texte : “Pauvres enfants que j’ai abandonnés” Une autre dame dans son jardin:“Regardez-moi bien. Personne ne peut me réprimander parce que j’ai travaillé dur et j’ai été une bonne ménagère. Mais j’ai eu aussi des malheurs. Depuis toute petite, j’étais orpheline et j’ai encore perdu un garçon. Alors, j’ai beaucoup souffert et je suis devenue malade jusqu’à ce que je vienne dans ce cimetière”. C’est à la fois un sentiment de joie et de tristesse qui vous prend. Personnellement, je l’appellerais le cimetière gai et triste de Sapinta

Nous prenons maintenant la route de Satu Mare jusque Negresti-Oas. C’est une route assez montagneuse et pittoresque, dommage que nous devions à nouveau zig-zaguer pour éviter les nombreuses défections du chemin. Le région de Negresti-Oas est une véritable curiosité sur le plan architectural. Selon mon épouse, de nombreux Roumains de cette zone ont émigré en Italie et ont récolté assez d’argent pour construire des maisons qui se battent entre elles pour avoir le plus d’originalité possible. Ce n’est pas toujours du meilleur effet, mais les milliards de lei exposés ici devraient faire réfléchir les “pauvres” Roumains qui vivent encore dans des maisons de torchis. A voir absolument: le village de Certeze.

Retour vers Sighetu-Marmatiei et installation à l’hôtel Coroana Sighet, dans le centre-ville. Un hôtel ancien, d’un confort assez relatif. Il m’est d’ailleurs arrivé une petite mésaventure à ce sujet. Le soir, je suis entré dans la chambre pour prendre quelque chose. J’ai fermé la porte derrière moi, mais en laissant les clés à l’extérieur. Mauvaise idée, car la porte n’avait pas de clenche à l’intérieur et je suis donc resté bloqué à attendre le retour de ma femme. Le comble, c’est que le téléphone intérieur de l’hôtel ne fonctionnait pas et je ne pouvais donc prévenir personne! D’autres petits détails sur cet hôtel me forcent à ne pas vous le recommander.

Dans la région de Bistrita Nasaud

Quatrième jour – jeudi.
Nous quittons Sighetu-Marmatiei en direction de Bistrita-Nasaud. A Vadu Izei, nous bifurquons en direction de Sacel. Petite pensée pour notre ami canadien qui va se retrouver seul dans ce joli coin perdu, puis visite du très joli monastère de Birsana avec son église en bois, typique des Maramures. Un autre arrêt dans la vallée encaissée de la rivière Salauta, entre les monts Tibles (1800m) et Rodna (2200m) puis un autre dans les collines de Nasaud, dans la campagne écrasée de chaleur. Nous sommes en Transylvanie et nous disons Au revoir aux Maramures. C’est sûr que nous y reviendrons!

En début d’après-midi, nous déposons nos bagages à l’hôtel Coroana de Aur qui mérite vraiment sa couronne d’or, lui. C’est pourquoi je vous le recommande vivement si vous êtes de passage à Bistrita. Nous prenons ensuite la direction de Vatra Dornei, afin de visiter l’hôtel-château de Dracula à Piatra Fintinele. Même si la visite au fond des caves de l’hôtel est bien sympathique et si la surprise qui vous attend est plutôt comique que réellement historique (je ne vous la révèle pas, pour garder le suspens, comme on l’a fait avec nous), ce n’est pas vraiment ce qui doit vous attirer à Piatra Fintinele, mais plutôt le spectacle grandiose de la nature, un spectacle qui me fait beaucoup penser à certains paysages de Suisse ou d’Autriche. L’église au sommet de la colline, la petite piste de ski, les maisons soigneusement entretenues et le relief semi-montagneux vous emmènent, de toutes façons, dans un pays de rêve. Nous sommes au pied des monts Birgau, qui, à cet endroit, culminent vers 1200m.
Retour avec arrêt le long de la rivière Birgau pour se rafraîchir. La ville de Bistrita est aussi très agréable à visiter, avec ses grands boulevards ombragés et ses petits parcs, un peu trop petits d’ailleurs, tant ils sont fréquentés.

Cinquième jour – vendredi.
Le retour vers Sighisoara se fait sous la pluie (on l’avait presque oubliée) mais sans trop de problème, excepté un bouchon à Tirgu Mures, pour cause de préparatif des festivités locales. A noter également -il faut le dire- le bon état des routes entre Sighetu-Marmatiei – Sacel – Bistrita-Nasaud – Tirgu-Mures et Sighisoara. Cette fois, nous logeons dans la vieille ville -la citadelle. Pour y entrer avec la voiture, il faut payer une taxe de 10 RON, valable pour 24 heures. L’hôtel Casa Legenda est une ancienne construction restaurée (très joliment) et aménagée à l’ancienne. Le confort est donc assez sommaire mais suffisant. De là, nous pouvons visiter un peu la cité médiévale que nous connaissons déjà – excepté la vieille tour que nous nous empressons de visiter- et une dernière promenade nous emmènera sur la route de Medias, dans la forêt -réserve de chasse- qui domine la ville et qui possède la particularité de contenir une chênaie séculaire assez remarquable.

Dernier jour – samedi.
Le retour vers Cornu (re)passe par l’hôtel Europa à Albesti, non pas pour rester une journée supplémentaire dans la région -ce qui ne nous déplairait pas du tout- mais pour récupérer ma carte d’identité que j’avais oubliée à la réception le premier jour. C’est avec regret que nous quittons définitivement la Transylvanie. A Brasov, les Carpates méridionales se dressent devant nous. Il n’y a plus qu’à les traverser pour rentrer à la maison. C’est une portion toujours assez pénible à effectuer : de nombreux villages touristiques (vallée de la Prahova) et l’absence d’autoroute -évidemment!- en font un des plus lents de Roumanie. Fatigués -mais contents- nous déchargeons nos bagages à l’auberge de Cornu en fin d’après-midi.

Au cours de ce voyage, j’ai réalisé un film de 38 minutes dont sont extraites les photos ci-après:

M.G.
7/07/2006

Crédits photos de l’entête:

discoverworld.co.uk

romaniatourism.com



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4 commentaires

  1. Sandrine Monllor on

    Le cimetière “joyeux”, c’est en général pour ce genre de site qu’on a envie de découvrir la région, car d’un point de vue touristique, tout le monde ou presque qui va dans cette zone y va…

    Est-ce le coût de la vie est inférieur, semblable ou supérieur aux régions “touristiques” de Roumanie comme la Transylvanie?

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