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Marguerite Duras a son lycée à Saigon

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Lorsque Mademoiselle Donnadieu franchit pour la première fois le seuil du lycée Chasseloup-Laubat de Saigon, en 1929, elle ne pouvait imaginer que, quatre-vingt deux ans plus tard, un établissement scolaire de la ville porterait son patronyme. Ou plutôt « Son nom de Duras… »

En août 2009, alors qu’il était question de baptiser le nouveau lycée français international de Saigon, le nom de Marguerite Duras s’était imposé avec de bonnes longueurs d’avance sur Alexandre de Rhodes et Gustave Eiffel, lors d’un vote auquel avait participé élèves, parents et enseignants. Pourtant, ce choix ne semblait pas soulever l’enthousiasme de la direction de l’établissement. L’héroïne de L’Amant véhiculait-elle une image pas assez sage, entre son désir adolescent pour sa belle et énigmatique condisciple Hélène Lagonelle et son aventure, si socialement incorrecte à l’époque des faits, avec le Chinois ? La littérature ne s’arrête cependant pas à des questions de « bienséance ». Sous l’impulsion d’un professeur, Fabien Giard, une pétition avait toutefois été lancée, qui recueillit plusieurs centaines de signatures dont beaucoup provenaient du monde des Lettres. Cette initiative avait alors été relayée dans ces colonnes, comme sur d’autres blogs.

 

Finalement, le 17 mai dernier, ce nouveau lycée a été officiellement inauguré. Il porte le nom de l’auteure du Ravissement de Lol V. Stein. Certes, le grand portrait qui fut exposé pour l’occasion n’était pas celui de la jeune fille qui, si l’on en croit ce qu’elle nota dans L’Amant, voulait déjà écrire lorsqu’elle était collégienne. C’est celui de l’écrivain sur la fin de sa vie, avec ce « visage détruit » qu’elle avait évoqué à la fin du premier chapitre. Mais, somme toute, quelle importance ?

Cet événement, qui permet de célébrer la littérature française dans une région où elle a perdu beaucoup de son rayonnement, donnera peut-être l’occasion aux Vietnamiens francophones (et aux lecteurs français) de relire Un barrage contre le Pacifique, L’Amant et L’Amant de la Chine du Nord,  trois textes imprégnés de la singulière atmosphère durassienne.

Illustrations : Photographies de la cérémonie d’inauguration, © Fabien Giard. 
>> Découvrir le blog Mauvaises fréquentations

 

Lorsque Mademoiselle Donnadieu franchit pour la première fois le seuil du lycée Chasseloup-Laubat de Saigon, en 1929, elle ne pouvait imaginer que, quatre-vingt deux ans plus tard, un établissement scolaire de la ville porterait son patronyme. Ou plutôt « Son nom de Duras… »

En août 2009, alors qu’il était question de baptiser le nouveau lycée français international de Saigon, le nom de Marguerite Duras s’était imposé avec de bonnes longueurs d’avance sur Alexandre de Rhodes et Gustave Eiffel, lors d’un vote auquel avait participé élèves, parents et enseignants. Pourtant, ce choix ne semblait pas soulever l’enthousiasme de la direction de l’établissement. L’héroïne de L’Amant véhiculait-elle une image pas assez sage, entre son désir adolescent pour sa belle et énigmatique condisciple Hélène Lagonelle et son aventure, si socialement incorrecte à l’époque des faits, avec le Chinois ? La littérature ne s’arrête cependant pas à des questions de « bienséance ». Sous l’impulsion d’un professeur, Fabien Giard, une pétition avait toutefois été lancée, qui recueillit plusieurs centaines de signatures dont beaucoup provenaient du monde des Lettres. Cette initiative avait alors été relayée dans ces colonnes, comme sur d’autres blogs.

 

Finalement, le 17 mai dernier, ce nouveau lycée a été officiellement inauguré. Il porte le nom de l’auteure du Ravissement de Lol V. Stein. Certes, le grand portrait qui fut exposé pour l’occasion n’était pas celui de la jeune fille qui, si l’on en croit ce qu’elle nota dans L’Amant, voulait déjà écrire lorsqu’elle était collégienne. C’est celui de l’écrivain sur la fin de sa vie, avec ce « visage détruit » qu’elle avait évoqué à la fin du premier chapitre. Mais, somme toute, quelle importance ?

Cet événement, qui permet de célébrer la littérature française dans une région où elle a perdu beaucoup de son rayonnement, donnera peut-être l’occasion aux Vietnamiens francophones (et aux lecteurs français) de relire Un barrage contre le Pacifique, L’Amant et L’Amant de la Chine du Nord,  trois textes imprégnés de la singulière atmosphère durassienne.

Illustrations : Photographies de la cérémonie d’inauguration, © Fabien Giard. 



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A propos de l'auteur

Ecrivain, historien, passionné d’art et de littérature, mais aussi consultant en intelligence économique et en management interculturel… Curieux mélange de genres qui, cependant, communiquent par de multiples passerelles.J’ai emprunté aux mémoires de Gaston Ferdière le titre de ce blog (destiné à faire partager des impressions sur des livres, des expositions ou l’actualité) parce que les artistes, c’est bien connu, sont presque toujours de mauvaises fréquentations…_________________________________________________________________________________________________Le blog Mauvaises fréquentations

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