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Une iconoclaste à la Nuit des Musées à Paris

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paris2Mon blog ayant eu l’honneur de retenir l’attention de la rédaction de La Libre, je me suis vue offrir un week-end on ne peut plus mouvementé dans la capitale française en l’honneur de la Nuit des Musées.

Je voulais faire un clin d’oeil au passage à l’auteur de Textes et Prétextes qui avait amplement mérité cette victoire, c’est son désistement qui m’a permis de vivre cette aventure. J’espère qu’elle aura l’occasion de profiter prochainement d’une autre récompense.

Alors… Paris…

Sublîme et puante comme à l’accoutumée. Ses rues grouillent de monde jour et nuit, et ce trop plein d’humanité donne le vertige; les bouches de métro expulsent un jet incessant d’âmes, leurs couloirs abritent les laissés pour compte, juste sous les centaines d’affiches colorées invitant les passagers à une ébahissante diversité de spectacles et de divertissements. Paris magnifique de son histoire, de ses monuments, de ses jardins et de ses… musées…

Petite Souris me demande:

– Tu aimes l’art post-contemporain?

Je me drape dans mon ignorance mon indignité et décide d’assumer:

– Moi, j’y connais rien !

Petite Souris (déçue): Oh !

Mais qu’est-ce que je fiche là? Je suis tout juste capable de distinguer un Dali d’un Van Gogh, j’ai jamais vraiment été douée pour faire la part des choses entre un truc gothique ou néo-classico-machin (honte à moi !) et me voilà usurpatrice de la place de quelqu’un que tout ça aurait peut-être passionné plus que moi, qui suis là comme une grosse touriste inculte. C’est vrai. Je suis une grosse touriste inculte. Mais (piètre excuse): je m’informe, puisque je suis là !

C’est au Grand Palais que j’ai pu admirer plusieurs échantillons du mobilier somptueux et des portraits de Marie-Antoinette – dont plusieurs ont été exécutés par Elisabeth Vigée Lebrun. J’ignore encore à quelle école cette artiste appartient, mais la douceur des traits et sa façon presque tendre de mettre en valeur ses modèles féminins m’a fait sourire et rêver. J’aurais sûrement, comme Marie-Antoinette, choisi ce peintre pour exécuter mes portraits.

J’ai examiné le visage de la reine sous tous ses angles, comme jamais je n’avais encore eu l’occasion de le faire, en espérant percer un peu de ce mystère qui plânait autour de sa vie. Coupable ou pas? Et si oui, de quoi? Mais c’est en regardant ces magnifiques écritoires en nacre, ces commodes d’une marquetterie si riche, ou encore ces magnifiques fauteuils brodés, que j’ai trouvé des réponses.

Tout d’abord, j’ai ressenti quelque chose de pathétique dans cette frénésie d’achats, de constructions, de somptuosités, dans laquelle on devine une insatisfaction constante, une recherche insatiable de plaisirs et de possessions. Marie-Antoinette aimait les belles choses, de toute évidence. Mais ces oeuvres d’art qu’elle nous a léguées bien malgré elle et que la révolution a épargnées, sont vraiment les seules choses pour lesquelles nous pourrions la remercier. Il n’est pas du tout souhaitable qu’une nation soit gouvernée par quelqu’un d’aussi égoïste qui puisse se complaire dans un luxe scandaleux alors que le peuple est soumis au régime de l’arbitraire et de la faim. Et puis, je me suis demandé combien de Marie-Antoinette il y avait encore, dans le monde. Il semble qu’un en reste beaucoup, et pire, que d’autres émergent…

C’est après qu’on a visité l’Exposition de Figuration Narrative, toujours au Grand Palais. J’ignorais jusqu’à l’existence de cette forme d’art, jursqu’à ce que je découvre qu’il s’agissait de représentations de cases de BD géantes avec des couleurs vives, du jaune, du vert, du rouge, beaucoup de rouge. L’atmosphère dégagée par ces tableaux indisposent, mes yeux n’accrochaient pas les dessins, ne comprenaient pas ceux qu’il voyait, à moins tout simplement que je ne veuille pas faire face à l’agressivité des traits, des couleurs et à la violence des scènes représentées?

Nicole (après quelques pas dans la galerie): Je ne pense pas qu’on va s’attarder ici.

Tant mieux. Il n’y a là rien à quoi je puisse m’identifier, cette exposition, c’est pour les hommes, ceux qui, nourris de phylactères durant leur enfance, lisent encore Blake et Mortimer en cachette dans leur bureau. Pas pour moi.

C’est au Musée d’Art Moderne que j’ai fait de réelles découvertes: Brassaï, tout d’abord, dont les photographies m’ont interpellée.  La grosse touriste que je suis, déjà un peu moins inculte, a avancé son nez à quelques centimètres des oeuvres peintes par Matisse et Picasso, comme pour tenter de renifler un peu de ce qui fut à l’origine de leur grandiose inspiration. J’ai également apprécié les oeuvres d’Otto Dix, dont j’ignorais l’existence. Mais je n’ai pas compris les bricolages de Réquichot, je n’aurais pas voulu d’un Rouault dans mon salon, et les taches de peintures de Sonia Delaunay ou de Pollock m’ont laissée perplexe. Vraiment, est-ce de l’art? Qu’est-ce que l’art? Ne puis-je pas en faire aussi, après tout? Croyez-vous que si j’achète une toile, un pot de peinture, et que je… peut-être que… ??

Mais il se fait tard. Nos pieds sont douloureux d’avoir tant arpenté les rues pavées et les couloirs des musées, il faut s’asseoir, boire un thé chaud quelque part, laisser décanter tout ce qu’on a vu.

Nicole: Je pense tenir mon article pour le blog.

Moi: J’ai encore des doutes.

Nous avons encore discuté Marie-Antoinette, enfants, boulot, les maris qui ne font pas la vaisselle et la chance que nous avons de participer à cet événement. Notre petit groupe s’est ensuite reformé à la gare du Nord, nous sommes arrivés à Bruxelles fourbus et heureux, les yeux plein d’étoiles et chargés de souvenirs à raconter, et de choses à méditer.

Merci à La Libre, à Thalys, à Cécile Janvier de la direction des musées de France pour son agréable compagnie, merci à Nicole et à Petite Souris pour leur conversation, et merci à notre petite journaliste rockeuse pour sa bonne humeur tout au long de notre séjour.



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