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De Saint-Etienne de Furan à Sainté la joyeuse (Rhône Alpes)

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Du village de Saint Etienne de Furan à Sainté la joyeuse, rencontre insolite avec Saint Etienne, une ville humble éclipsée par Lyon…

 Saint-Etienne de Furan était un petit village de métallurges, posé au fin fond d’une vallée froide, adossé à la colline du Mont-d’Or, en bordure d’une rivière aujourd’hui enterrée, le Furan.

 
Les gagats, les habitants du lieu ramassaient le charbon, à même le sol, bien avant que les gueules noires n’occupent les cités construites par les Houillères. C’est ainsi que se sont développées, très tôt, des activités liées à la forge, la coutellerie, à l’arme.
Eclipsée par Lyon la grande bourgeoise, Sainté est devenue la ruche, l’humble où se sous-traitaient les petits métiers. Elle a gardé, de cette époque modeste, un goût pour la discrétion, préférant grandir tranquille à l’ombre de ses puits de mine et de ses frimas. La ville est perchée, entre cinq cents et six cents mètres. Avant même de la quitter, en partant sur la vallée de l’Ondaine, il y a une pancarte qui indique un col, à 641 mètres d’altitude.
Sainté est une laborieuse, sérieuse, où l’arme et le cycle ont eu leurs heures de gloire. C’est aussi là que, quand les grands soyeux lyonnais tombaient un mètre de brocard, les gagats tissaient deux mètres de rubans dans leur cuisine. Ce passé de passementerie a légué de hautes demeures, puisque les métiers, à mécanique Jacquard, étaient installés à domicile, la mère passant indifféremment de la tambouille à la quenouille.
L’étrange étrangère se dit qu’elle pourrait raconter bien des choses sur cette ville, où elle n’est pas née. Mais, arrivée à l’aube de l’adolescence, entre ces rues qui étaient encore charbonneuses, elle est tombée en amour. Parce que, entre le noir de la poussière et le vert de l’ambiance, une humanité gentille accueillait le rapporté. Jamais elle n’a trouvé, sur son sol, autant de joie et de générosité qu’ici. Ici, si vous vous perdez, il y aura toujours un stéphanois pour vous aider. Ici, dans le tram, on vous parle, on vous sourit. Sainté la douce, à taille humaine, embellit de jour en jour, elle tourne le dos, peu à peu, à son passé douloureux, douloureux d’avoir été longtemps oubliée, aux marches du Massif Central.
Pourtant, qui se souvient qu’à Sainté est née la première ligne de chemin de fer française, qu’ici la machine à coudre à vu le jour, que l’inventeur de la turbine était stéphanois ? Qui sait que le Musée d’Art Moderne abrite la seconde collection de France, après Paris ?
Peu à peu, les façades se couvrent de jaune, lui donnant un air de Provence. Un jour, on parlera de Sainté la lumineuse, c’est sûr. Sainté la joyeuse où il se passe toujours quelque chose, si forte d’un tissu associatif dense et surprenant… il existe encore des clubs de sarbacane. Sainté, petit à petit, apprend à s’aimer.
saint etienne guizay



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