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Tchernobyl, Chronique des jours graves (Chernobyl The severe days) de Vladimir Shevchenko

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Vladimir ShevchenkoTchernobyl Chronique des jours graves (Chernobyl The severe days) est l’un des premiers reportages à avoir été tourné à Tchernobyl, dans les jours qui suivirent l’explosion du réacteur numéro 4, dans la nuit du 26 Avril 1986. Rendez-vous avec la mort.
 

L’auteur de Chernobyl The severe days est un cameraman ukrainien, Vladimir Shevchenko, qui travaillait pour Centrale TV Ukraine et figura parmi les rares « privilégiés » susceptibles de filmer dans toute la zone dite « interdite ». A l’époque, Shevchenko ignorait bien sûr que ce film serait son dernier et que sa volonté de témoigner de la catastrophe de Tchernobyl, lui serait fatale. Il avait été exposé aux plus hautes doses de radioactivité et son agonie fut à l’image de celles des pompiers intervenus durant les premiers heures ou de la plupart des employés qui travaillaient dans la centrale au moment de l’explosion. Longue, douloureuse et assez terrifiante. Malgré les rapides symptômes des effets de la radioactivité sur son organisme, quelques semaines après son tournage, Shevchenko avoua qu’il ne regrettait en rien son choix et fut même fier de donner sa vie pour un tel combat destiné à montrer la vérité sur Tchernobyl, au-delà de la chape de plomb qui pesait dans tous les médias et sur les lieux. Son seul regret : penser à tout ce qu’il n’avait pas pu filmer…

Chronique des jours graves est un document de 7 min, auquel Elena Filatova, fille d’un ingénieur nucléaire qui rencontra Schevchenko à l’hôpital, prête sa voix en anglais pour retracer les grandes étapes de la gestion de la catastrophe de Tchernobyl sur le terrain et les choix de sacrifice nécessaires pour tenter de maîtriser la situation.  De l’arrivée dans la zone interdite à celle des liquidateurs, puis des mineurs chargés de creuser les tranchées pour consolider le réacteur en permanence menacé d’effondrement, jusqu’à l’envoi des biorobots sur le toit  … Chernobyl The Severe Days révèle des images terribles sur Tchernobyl, qui seront également argumentées dans l’excellent documentaire La Bataille de Tchernobyl de Thomas Johnson… On découvre le réacteur éventré, la vue de désolation depuis le toit du réacteur IV, la vision des les milliers d’hommes se débattant sans la moindre protection pour éviter que la catastrophe ne détruise l’Europe de plus en plus menacée, alors que l’incendie durant 15 longs jours ne parvenait pas à être circonscrit et que le graphite après la fusion se répandait dans toute l’atmosphère, de la manière la plus insidieuse pour les travailleurs. Invisible, inodore, impalpable, le mal gagnait les organismes : nausées, vomissements, premiers signes de la radioactivité sur la peau, brûlures…

Dans Les jours graves, Shevchenko observe sans relâche les liquidateurs au travail avec des moyens . Seulement protégés par des masques de chirurgien, les hommes s’affairent tels des robots tout autour de la centrale et dans les environs, notamment dans la fameuse forêt brune… Certains, appelés biorobots car les robots ne supportaient pas la pression de l’atome, sont revêtus d’une tenue de plomb qu’ils sont obligés de fabriquer eux-même à la hâte, puis sont envoyés à une mort presque certaine, pour retirer le graphite par pelle du toit du réacteur. Il sont exposés à des doses dépassant un million de fois ce qui est toléré par le corps humain. Mais qu’importe.. Le temps qu’ils peuvent passer sur le toit est contrôlé à la seconde : 1min20, mais ces hommes sont contraints d’effectuer plusieurs passages par jour et dès le 3ème passage, leur destin semble scellé….

Pour tous ceux qui voudraient replonger dans la tragédie de Tchernobyl ou découvrir une synthèse qui laisse sans voix de ce qu’a pu générer l’accident de Tchernobyl, Chronique des jours graves de Vladimir Shevchenko est une oeuvre exceptionnelle et d’une rare force.

 


Chronique des jours graves par bernardvilt



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A propos de l'auteur

Voyageuse dès le berceau, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires. J’essaie de me montrer curieuse de tout, de mettre de côté mes idées reçues, de découvrir les pays depuis les sites incontournables jusqu’aux plus inattendus, insolites ou traditionnels quitte à me perdre pour mieux me laisser surprendre. Je privilégie les rencontres, repas et hébergements chez les habitants, pour explorer les traditions, les cultures, l’histoire et les plaisirs culinaires typiques.J'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation.   Me contacter par mail? En savoir plus sur moi et sur le projet IDEOZ Voyage...

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