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La bataille de Tchernobyl de Thomas Johnson ; un documentaire édifiant

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La bataille de Tchernobyl, réalisé par Thomas Johnson à l’occasion du 20ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl,  est un documentaire exemplaire, tant il synthétise avec justesse et sobriété les grandes étapes de ce qui demeure une guerre contre les désastres de l’atome.


La bataille de Tchernobyl, le meilleur film documentaire sur la pire catastrophe nucléaire civil


La bataille de Tchernobyl fait le récit des événements et des décisions qui ont constitué les grandes étapes de liquidation du désastre de Tchernobyl pour tenter de lutter contre la contamination nucléaire. De la décision tardive d’évacuer la population des environs et de Pripyat à l’envoi de pompiers, de militaires, puis d’appelés réservistes et de mineurs envoyés pour beaucoup à la mort, en passant par la technocratie communiste qui a dissimulé le plus possible les événements de Tchernobyl allant jusqu’à mentir, revivez les quelques mois où le destin de l’Europe s’est joué…

L’atome  a échappé à la maîtrise de l’homme en cette fatidique nuit du 26 avril 1986 à 1h23. Plus rien ne devait être pareil après cette catastrophe. La lutte (en grande partie vaine) a été menée par des centaines de milliers d’hommes, les liquidateurs ou biorobots, envoyés pour beaucoup à la mort sans protection ou avec des moyens dérisoires, afin de créer le premier sarcophage, qui évita un désastre encore plus grand dont on suppose qu’il aurait pu détruire l’Europe entière.

La bataille de Tchernobyl présente un triple intérêt au-delà de la remarquable qualité de la réalisation et de la construction du documentaire : le film allie des images  d’archives inédites et des images tournées entre Pripyat, Tchernobyl et la zone interdite. Il associe des témoignages d’officiels, tels les généraux chargés de combattre la catastrophe, le  secrétaire général du PC de l’époque Gorbatchev ou l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Hans Blix, et des témoignages émouvants de liquidateurs, d’anciens habitants de la zone. La dimension médiatique n’est pas éludée grâce à des témoins privilégiés comme l’un des uniques journalistes présents dès les premières heures de la catastrophe, Igor Kostine.

Igor Kostine, journaliste et photographe de Kiev au regard critique, a survécu après avoir reçu une dose d’irradiations phénoménale dès le lendemain de l’annonce de la catastrophe. Il raconte à quel point il vit jusque dans les tréfonds de son corps, à chaque instant encore, la catastrophe et comment le fait d’être l’un des premiers rapporteurs a changé sa vie… Il ne peut vivre sans Tchernobyl. A ce titre, je ne peux que vous recommander la lecture de son ouvrage remarquable surtout pour ses photographies dont certaines sont très rares :  Tchernobyl, confessions d’un reporter

NB: Igor Kostine est décédé en 2015 dans un accident de voiture à Kiev

Le film rappelle également par ordre chronologique chacune des étapes des trois mois de bataille avec les limites des choix effectués dans l’urgence, alors que le Parti avait tout fait pour cacher la catastrophe à la population comme au reste de l’Europe. Nuit et jour, ces hommes, pompiers, soldats, mineurs ou réservistes,  ont travaillé avec acharnement pour tenter d’enterrer le magma en fusion et le retenir sous le réacteur éventré. La bataille de Tchernobyl met l’accent sur les enjeux historiques et géopolitiques qui ont émergé à la suite de l’explosion, en soutenant la thèse de la chute de l’URSS, à cause du coût faramineux de la gestion de la bataille et de l’échec du communisme bureaucratique. D’ailleurs, quelques années après, l’URSS et les Etats-Unis envisageaient un accord de désarmement nucléaire, hélas de plus en plus remis en question ces dernières années. Ce documentaire est l’un des rares hommages rendus aux liquidateurs, qui n’ont souvent jamais été reconnus pour leurs sacrifices.

Sans céder au moralisme ou à l’intention partisane, La Bataille de Tchernobyl offre un récit assez complet et poignant. On ne ressort pas indemne du visionnage.

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Chernobyl, une mini série édifiante

En complément, je ne saurais trop vous recommander la mini série Chernobyl produite par HBO. En 5 épisodes d’une heure, elle synthétise plusieurs excellents documentaires comme l’heure H histoire d’une catastrophe, la bataille de Tchernobyl et Chernobyl Nuclear Surviving Disaster de la BBC ou Severe days (7 min effroyables), probablement le plus bouleversant puisque tourné en direct juste après la catastrophe ce qui valut à son réalisateur la mort dans d’horribles souffrances…

C’est assez déstabilisant, car on sent bien qu’on n’a pas affaire à un docu fiction, mais bien à une série donc une fiction à 99,9% inspirée de la vie réelle des acteurs que l’on découvre à tous les niveaux de cette tragédie.  En même temps, les contenus de Chernobyl sont très proches des deux docufictions très sérieux qui exposent l’heure avant l’explosion du réacteur et la série de mauvais choix qui l’ont rendue inévitable et les jours et semaines suivants, ainsi que les problèmes plus politiques posés par la gestion de la centrale de Tchernobyl. D’où l’impression d’excellente documentation car la série reprend vraiment chaque étape de façon détaillée et elle est très intéressante pour restituer la lâcheté des pouvoirs face à cette tragédie et tous les sacrifices qu’elle a générés … On est aussi plongé dans le calvaire de certaines victimes qu’ont pu aborder des films comme Le sacrifice, La Supplication et La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl…

Découvrir Chernobyl, mini série de HBO




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A propos de l'auteur

Voyageuse dès le berceau, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires. J’essaie de me montrer curieuse de tout, de mettre de côté mes idées reçues, de découvrir les pays depuis les sites incontournables jusqu’aux plus inattendus, insolites ou traditionnels quitte à me perdre pour mieux me laisser surprendre. Je privilégie les rencontres, repas et hébergements chez les habitants, pour explorer les traditions, les cultures, l’histoire et les plaisirs culinaires typiques. J'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation.   Me contacter par mail? En savoir plus sur moi et sur le projet IDEOZ Voyage...

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