960 vues

Voyage, voyages…

0

On vous demande pourquoi vous voyagez.[…] On peut donc voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver.

Le voyage devient alors un moyen[…]

 

  • On vous demande pourquoi vous voyagez.[…]

    […On peut donc voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver.
    Le voyage devient alors un moyen[…]
     

    toscane.1257419746.jpg

    Il est donc bien vrai que dans ces immenses solitudes que doit traverser un homme de la naissance à la mort, il existe quelques lieux, quelques moments privilégiés où la vue d’un pays agit sur nous, comme un grand musicien sur un instrument banal qu’il “rèvèle”, à proprement parler, à lui-même. La fausse reconnaissance, c’est la plus vraie de toutes: on se reconnaît soi-même: et quand devant une ville inconnue on s’étonne comme devant un ami qu’on avait oublié, c’est l’image la plus véridique de soi-même que l’on contemple.

    Les grands paysages lumineux de Toscane et de Provence…
    La baie de Naples,les terrasses fleuries de Capri, de Sidi-Bou-Saïd…

    sont propices entre tous à ces révélations…

    La beauté des grands paysages n’est pas proportionnée à la puissance de l’homme…

    Pourquoi dit-on d’un paysage ensoleillé qu’il est gai ?

    Le soleil fait le vide et l’être se trouve face à face avec lui-même- sans aucun point d’appui.

    Partout ailleurs le ciel interpose ses nuages, ses brouillards, ses vents, ses pluies et voile à l’homme sa pourriture sous le prétexte d’occupations et de préoccupations…

    Jean Grenier, in “Les îles”, les îles fortunées, l’Imaginaire Gallimard


    Voilà quelques jours que je suis à nouveau plongée dans les mots de Grenier et
    de Camus, jamais je ne m’en lasse ,trouvant à chaque relecture un nouveau questionnement propice à ma réflexion ,et Valéry vient compléter ma démarche sur
    ma quête,mon attrait, mon impuissance.

     


    Une part d’ailleurs…

    lettres.1294761888.jpg

    Entre deux mondes le temps du voyage des mots écrits à l’encre bleue,
    des lignes qui se relisent, légères, le fil qui se perd.
    Des phrases comme une musique.
    Juste pour dire le chemin  et les jours qui passent.
    Juste pour qu’on les écoute.
    Juste pour l’encre de la plume, le timbre, l’enveloppe sous les doigts qui explorent
    les reliefs.
    Juste pour les yeux qui suivent les volutes des lettres et s’y perdent.
    Juste comme preuve de matérialité, comme aveu de proximité.
    La réponse dans la nuit.
    Le texte qui rend plus proche au fur et à mesure qu’il s’étend sur la feuille.
    Le mouvement de la main qui s’applique, les signes qui se tracent doucement,
    comme une caresse.
    Le temps qui se prend.
    Et puis l’enveloppe qui chute dans la boîte aux lettres. Irréversible.
    Cette part de soi qu’on confie, qu’on abandonne, juste avant qu’on ne s’endorme.
    Et puis ce lendemain auquel on croit.
    Un peu de toi qui m’attend.

  •  Invitation au voyage…

    A défaut de pouvoir voyager en ce moment alors que la grande bleue m’attend,
    ( m’attendait), je fais le plein d’escapades virtuelles , rêvées ou vécues.
    Je viens de recevoir au courrier  la revue  Connaissance des arts , ce mois elle nous invite aux plus belles expos de l’Eté et la couverture représente avec éclat  la toile
    d’ Albert Marquet  qui est à elle seule une invitation au voyage…

    « La citadelle à Tanger », toile exposée dans « Orientalisme » à Marseille jusqu’au 28 août.
    Rien que pour cela j’aimerais prendre la route vers la “ Cité radieuse
    Quelques minutes plus tard…
    J’ai fait un voyage fabuleux, après une traversée au départ d’Algeciras me voilà à Tanger. Ville mythique, entre Europe et Afrique, où sous un ciel sans cesse balayé par le vent du détroit de Gibraltar, la lumière est reine, où le murmure de la ville s’écoute entre lumière et ombre, se lit à travers les textes de Paul Bowles, se regarde avec la troublante sensualité orientale fantasmée des peintres  du XIXè et début du XXème siècle, se hume et se grise aux épices, parfums, cris et couleurs, invite à prendre un thé  sur la falaise, au “café Hafa“sur la terrasse d’où la vue plonge à la rencontre de deux géants, la Méditerranée et l’Atlantique…

    Grâce au tableau de Marquet  je viens de faire un voyage fabuleux dans les souvenirs.

    Au coeur du coeur…

    picture-177.1285843289.jpg

    Au coeur de l’espace
    Le Chant

    Au coeur du chant
    Le Souffle

    Au coeur du souffle
    Le Silence

    Au coeur du silence
    L’Espoir

    Au coeur de l’espoir
    L’Autre

    Au coeur de l’autre
    L’Amour

    Au coeur du coeur
    Le Coeur

    Andrée Chedid, Rythmes

     

  • Souvenir et perception…

    septembre-2010-065.1284380294.jpg

    Dans le souvenir souvent précis jusqu’au détail c’était démesuré. Vaste champ de course, cour immense, terrain d’escapade, de cachette, d’embuscade.
    On n’a pas grandi là.
    Jamais ne se présenta l’occasion d’y revenir, de se mesurer peu à peu au lieu.
    Voilà soudain qu’on y retourne adulte.
    C’est un espace tout petit. Restreint, rabougri, rétréci. Tout est pourtant identique. On n’a pas de perception immédiate de notre changement de taille.
    On considère donc spontanément que les choses ont changé, rétréci.
    Tout d’un coup ici on a l’air d’être géant.
    Le souvenir et la perception présente ne s’ajustent pas. Les deux sont vifs. Les deux sont incompatibles. On se sent en porte à faux, comme si on était de trop, entre notre mémoire qui a raison et notre présent aussi.
    Ce qui encombre, c’est l’idée d’une continuité de nous-même.

    septembre-2010-enfance-001.1284379757.jpgseptembre-2010-enfance-copie.1284379953.jpgseptembre-2010-enfance.1284379936.jpg

    Boulevard, plage de l’enfance, mes pas me portent vers ces lieux qui illuminent mes souvenirs.
    La mer, le port, bateaux en partance pour de lointains voyages, poissons gris et nacrés en bans serrés ondoyant sous l’eau claire, murs éclaboussés de lumière,  palmes frémissantes sous la brise légère, myriade d’étoiles se baignant dans la mer ceinturant mon île au large, grande, mystérieuse, lointaine, mon île au trésor.
    Moments bénis qui permettent de marcher avec tendresse dans les pas de l’enfant que j’ai été…de le redevenir un instant dans ce passé présent conjugués.

  • Un thé au Sahara…

    Une photo, des dunes à perte de vue et immédiatement reviennent en mémoire le désert algérien foulé il y a si longtemps, et puis aussi les images  et la musique du film de Bernardo Bertolucci étincelante adaptation du roman de Paul Bowles .

    Hier dans un des commentaires de mon blog étaient évoqués Paul Bowles et Bertolucci dans un” thé au Sahara”

    Histoire d’une inquiétante étrangeté celle de trois danseuses qui voulaient boire
    le thé dans le Sahara.
    Un jour elles achètent une théière, un plateau et trois verres, et se joignent à une caravane qui descend vers le sud. Arrivées aux grandes dunes au coucher du soleil, elles grimpent sur la plus haute pour y prendre le thé avec vue sur le désert. Parvenues au sommet, elles aperçoivent une dune encore plus haute et décident de s’y rendre. Et ainsi de suite jusqu’au matin. Quand elles atteignent enfin la dune culminante et s’installent pour le thé, le soleil est à midi.

    “Beaucoup de jours plus tard, une autre caravane passe et un homme voit quelque chose sur la plus haute dune. Et quand ils montent voir, ils trouvent Outka, Mimouna et Aïcha qui sont toujours là, dans la même position. Et les trois verres sont pleins de sable. C’est comme ça qu’elles ont pris leur thé au Sahara. ”

    Paul Bowles “Un thé au Sahara” page 36 L’imaginaire Gallimard

    Comme ” Port ” le héros du roman, c’est la fièvre du voyage qui nous amène vers le désert mais lorsqu’un homme y a subi le baptême de la solitude,
    ” aucun autre endroit n’est pour lui assez fort “

    Art de vivre…

    Dehors un mince rayon de soleil perce la grisaille automnale,
    alors faisons un rêve …

    C’est l’heure où l’atmosphère est au calme.

    La chaleur de l’après-midi s’estompe,  le premier souffle de l’Atlas caresse la plaine d’une brise rafraîchissante. C’est l’heure du thé à l’ombre des orangers d’un vaste patio, on respire le parfum presque entêtant des jasmins qui s’élancent jusqu’au plus haut  balcon du palais.
    Le thé est brûlant comme les sables du désert, une main agile tient la théière qui monte vers le ciel, le divin liquide coule en cascade avec une précision diabolique dans les verres, quelques pignons pour ajouter au plaisir. Sur le plateau, des dattes, des douceurs au miel, aux amandes, aux pistaches.
    Dans le jardin intérieur du riad, l’heure est à l’apaisement, à l’enchantement, au charme insaisissable et émouvant de l’hospitalité marocaine.

    Vous reprendrez bien un peu de thé ?



Partager

A propos de l'auteur

“Malcontenta” ; Amoureuse de la vie… Clin d’oeil à Palladio, à l’architecture , à l’art, à la création… De nature espiègle, j’aime la vie, trouver le pourquoi de chaque chose, j’aime les mots, leur pouvoir sur mon imaginaire , souvent je me laisse emporter par eux vers un ailleurs qui est mien aussi…“Double je” car changeante dans la continuité…------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Mes centres d'intérêt : la nature, les grands espaces, la mer, la montagne, le désert, la musique, la lecture, l’écriture, l’art sous toutes ses formes... ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Lire, apprendre toujours et encore, rêver, créer, regarder, écouter, goûter, donner…Le blog DOUBLE JEU

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Besoin d'aide pour préparer un séjour ?

Remplissez le formulaire ci-dessous avec le plus de détails possible pour que nous puissions vous répondre dans les plus brefs délais.


Nous partageons nos expériences et conseils gratuits avec vous! Exprimez vos besoins!