93 jours film nigérian sur ebola au nigeria équipe du First Consultants hospital de lagos

93 jours film nigérian sur la lutte contre Ebola au Nigeria

93 jours film de Steeve Gukas tout droit venu d’un cinéma méconnu en France, le Nollywood, est pour moi un bonne surprise. Ce film nigérian disponible sur Netflix est un film de circonstance. 93 jours. C’est le temps que dura la lutte contre Ebola au Nigéria, à l’issue d’une gestion jugée remarquable. Pourtant, ce n’était pas gagné quand on connaît la vitesse de propagation du virus et les risques encourus par les soignants.


93 jours film didactique ; la version Nollywood du combat des nigérians contre Ebola


93 jours film témoignage, c’est un immense défi face à un “mal terrible” et une leçon d’humilité. Car l’humilité, le courage et la détermination sont la clé. C’est quitte ou double. Les hypocondriaques et les anxieux n’y verront pas de motif pour se rassurer, alors que le confinement est imposé depuis deux mois en France et dans divers pays pour cause de coronavirus. Les autres verront le verre à moitié plein, en songeant que l’épidémie d’ebola au Nigeria fut jugulée admirablement dans un pays qui n’était pas préparé à affronter une telle crise sanitaire. Les prévisions de mortalité s’établissaient à des centaines de milliers de morts ; le taux de létalité étant établi autour de 50% mais dépassant localement dans certains pays frappés par Ebola les 90%. Le film 93 jours rend hommage aux soignants qui ont accompli ce miracle, au péril de leur vie.


affiche 93 jours film nigérian sur l'épidémie d'ebola au nigeria

93 jours film à la fois simple et fort, est douloureux et forcément angoissant, dans la mesure où il est inspiré de l’histoire vraie de soignants ayant permis de contenir l’épidémie d’Ebola, malgré la pauvreté et la terreur qu’inspire le seul nom d’Ebola auprès de la population en Afrique.

Comment le Nigeria a vaincu le virus d’Ebola en 2014 en 93 jours …

93 jours film hagiographique à vocation pédagogique explique comment le Nigeria a mis en place ce processus capital qui a permis d’éviter le pire. Cette prise de conscience et ces actions ne seront pas le fait du gouvernement. Elles sont le fruit d’une rencontre de compétences. Ainsi la prise en charge des cas très rapide s’accompagne de la surveillance durant 21 jours et la recherche des contacts. Les services de tests opérationnels ont permis de vérifier la présence du virus en prenant des précautions maximales, tandis que des inhumations extrêmement rapides sont imposées avec une prise de risque limitée pour éviter toute contamination toujours possible post mortem. La mobilisation sociale a été sûrement importante : comment s’assurer de la participation de la communauté sans créer la panique auprès des populations? Le film ne s’appesantit guère sur cet aspect, même si on comprend qu’elle était indispensable et a opéré grâce à la rigueur et l’expérience et expertise des acteurs à qui les soignants du First consultant hospital ont fait confiance dans la mise en place des lieux d’isolement pour la quarantaine. Le film décrypte les mesures de protection possibles et le confinement des malades comme seul moyen efficace pour réduire le risque de transmission d’Ebola.

Patrick Sawyer, le patient zéro à l’origine de l’épidémie d’Ebola au Nigeria en juillet 2014

Les modélisations du risque pandémique auraient pu être dramatiques si elles s’étaient avérées justes. Le virus d’Ebola, déjà très virulent au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone, depuis la fin de l’année 2013 débarque en 2014 au Nigeria (170 millions d’habitants), où l’un des hôpitaux de Lagos, ville de 21 millions d’habitants, accueille le patient 0 en la personne d’un diplomate americano-libérien, Patrick Sawyer (incarné par Keppy Ekpeyong Bassey), après un malaise à l’aéroport  international Murtala Muhammed. Souffrant de forte fièvre, cet homme qui en raison de sa fonction ne peut être considéré comme un patient quelconque, prétend n’avoir jamais été en contact avec Ebola quand les soignants de l’hôpital First Consultants l’interrogent …

Déni et silence coupables, inconscience ou incrédulité sincère de la part de Sawyer? Ebola ne saurait toucher les plus favorisés, ni les personnes de sa classe sociale. Dans l’imaginaire, Ebola reste une forme de honte et donc un tabou, puisque le virus frappe principalement les populations dans les zones de brousse où la consommation ou le contact avec des viandes contaminées sont à l’origine des démarrages épidémiques. C’est ce dont est persuadé Sawyer, quand il nie toute possibilité, au point de mettre en danger toute l’équipe soignante, alors qu’il présente des symptômes déjà inquiétants et hélas évidents. Ce cas importé est le point de départ d’une course contre la montre, compliquée par les pressions du Libéria qui exige que leur ressortissant puisse sortir pour assister à une conférence sur le développement économique.

Malgré les menaces de poursuites lancées par le gouvernement Libérien, le docteur Ameyo Stella Adadevoh, chargée de la prise en charge et convaincue que le diagnostic pourrait être le virus d’Ebola, reste fidèle à ses principes, en refusant toute sortie “pour le plus grand bien public” selon les termes de ses consignes. Elle est appuyée par son ami et mentor, le directeur de l’hôpital Dr Benjamin Ohiaeri,  incarné par l’acteur américain Danny Glover. Cet acte de fermeté évitera que Patrick Sawayer, décédé 4 jours après son arrivée au First Consultant hospital, ne contamine de nombreuses autres personnes.

Le personnel médical est bien conscient de ne pas être équipé pour faire face à une éventuelle épidémie. Une fois que le diagnostic d’Ebola est confirmé c’est la peur qui s’empare de chacun, l’attente anxieuse de la période d’incubation (jusqu’à 21 jours) durant lesquels on guette le moindre signe de fièvre.

93 jours film nigérian sur ebola au nigeria équipe du First Consultants hospital de lagos

Stella Ameyo Adadevoh ; héroïne sacrificielle au Nigeria

On est happé dans l’histoire avec ce sentiment permanent d’osciller entre la vie et la mort, entre la solitude de la mise à l’isolement, la terreur intérieure et pour les siens, l’urgence et l’apparente lenteur du calvaire de l’agonie de cette fièvre hémorragique. La compassion domine sur le découragement sans échapper à quelques larmes et prières. La résignation n’a que très peu sa place parmi les compagnons de route qui se retrouvent dans ce local d’isolement limité à quelques lits de camp, dans ces conditions mortifères, où la mort semble presque inéluctable malgré la combativité et la fraternité. On rentre en empathie avec ces hommes et ces femmes frappés par le virus directement ou indirectement. On souffre avec ces malades et leurs proches condamné à leur dire adieu à distance, sans pouvoir les aider ni espérer les enterrer dignement.

Grâce à une approche digne d’un documentaire, 93 jours permet une immersion au coeur de cette aventure humaine et sanitaire, sérieusement référencée et saisie comme si l’on était à l’intérieur du drame. Et l’on comprend rapidement qu’il vaut mieux pouvoir compter sur des soignants héroïques, plein d’abnégation et compétents que sur un quelconque pouvoir politique ; lequel préfère ignorer, fermer les yeux ou se couvrir derrière la nécessité d’éviter toute crise compte tenu de l’origine au Nigeria… Les pressions politiques furent d’ailleurs très fortes, puisque le profil de Patrick Sawyer n’était pas anodin et que la propagation de l’information sur les causes de sa mort pouvaient avoir des conséquences sur la population aussi bien que par rapport à la diplomatie entre les pays. On saisit surtout le courage qu’il faut aux équipes veillant sur les malades pour les accompagner, les encourager à lutter et les soigner de leur mieux au péril de leur vie, en sachant qu’Ebola pouvait tuer 8 personnes sur 10.

A l’instar du courage et de l’héroïsme de la femme médecin qui lancera l’alerte, Docteure Ameyo Stella Adadevoh (incarnée par Bimbo Akintola), en mesurant tout ce que représentera la confirmation de son intuition, l’expertise d’un américain, spécialiste en maladies infectieuses, s’avère déterminante. La rapidité d’action et de réaction ne laisse aucune place à l’approximation et le respect de mesures drastiques n’est pas une recommandation, c’est un impératif. Il faut dire que le seul mot d’Ebola sème une terreur suffisante pour que tout le monde le prenne au sérieux et n’ait pas le temps de douter. Ayant déjà affronté Ebola dans la brousse, sa réactivité, son énergie et son sens de la rigueur face à la terrible menace, s’avéreront déterminants pour mettre en place un lieu d’isolement, certes des plus précaires, mais qui a permis d’éviter le pire. 7 personnes sont officiellement décédées d’Ebola lors de l’épidémie qui frappa plusieurs pays africains en 2014 dans une indifférence assez générale, jusqu’à ce que des cas soient importés vers les Etats-Unis et justifient des réactions internationales.

Notons un détail d’importance : le film 93 jours est subventionné par l’Etat nigérian et pour qui connaît la gravité de la crise économique, politique et la difficile lutte contre le terrorisme islamique, il apparaîtra sûrement comme une sorte de propagande pour vanter l’une des rares grandes réussites récentes du Nigéria. Qu’importe, les deux heures se regardent avec intérêt et mettent en lumière des personnalités dont le sacrifice et le don de soi au profit de la Communauté sauva les Nigérians d’une crise sanitaire et d’une catastrophe inexorables.

Et en cette période marquée par l’épidémie de covid19, on ne peut que songer à la gestion souvent très contestée en Europe dans divers pays très touchés actuellement par le coronavirus. Même si les virus sont incomparables, compte tenu qu’Ebola est trop tristement connu depuis 4 décennies, l’écho entre ces deux épidémies, séparées de 5 ans, reste très fort. Anticiper, réagir, isoler, faire les bons choix, n’est pas une question de chance bien-sûr, comme on peut l’entendre chez ceux qui cherchent à justifier pourquoi des pays s’en sortent mieux que d’autres face à une pandémie.

Cette vidéo fait référence aux vrais héros d’Ebola au Nigeria et notamment au docteur Ameyo Adadevoh, à qui fut consacré à titre posthume en 2019 le prix du Citoyen.

Ameyo Stella Adadevoh est considérée comme une héroïne, même s’il y a fort à parier qu’elle ait refusé ce terme impropre.

Son héritage se perpétue grâce au DRASA (Dr ) Health Trust, une organisation à but non lucratif vouée à la santé publique qui travaille avec les communautés et les agents de santé pour réduire la propagation des maladies infectieuses et s’assurer que le Nigéria est bien préparé pour les futures épidémies.

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