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Jamila and the President (Jamila dan sang Presiden) de Ratna Sarumpaet

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En Indonésie en 2006, l’assassinat d’un ministre par une jeune prostituée défraie la chronique et divise la société. La meurtrière, Jamila (Atiqah Hasiholan), s’est rendue d’elle même aux autorités. Elle est en prison, dans l’attente du verdict qu’on lui réserve, sans doute la peine de mort. Jamila ne lutte pas contre son destin. Elle ne lutte plus. Car Jamila n’est pas une prostituée ordinaire. Elle est une pupille de la nation, victime comme des milliers d’autres du trafic d’enfants, mais aussi une véritable militante, hantée par le souvenir de sa soeur disparue et vraisemblablement sacrifiée au nom de la prostitution infantile.


Vesoul 2010 / En compétition

Auteur et metteur en scène de théâtre, Ratna Sarumpaet signe avec Jamila and the President son premier long-métrage. Le film est l’aboutissement d’un long travail d’investigation à propos du trafic d’enfants, mené initialement sous mandat de l’UNICEF. Ratna Sarumpaet s’est basée sur tout son travail de recherche pour créer une pièce de théâtre puis, maintenant un film, dans l’espoir vraisemblable de s’offrir une caisse de raisonance plus importante et dénoncer plus haut et plus loin encore une situation sociale intolérable. De ce point de vue là, l’entreprise de ce film est déjà une réussite, la preuve en est puisqu’il est montré en France, qu’on en parle ici et aussi, parce qu’il est le candidat de l’Indonésie pour la prochaine cérémonie des Oscars (bien que la route soit encore longue pour accéder aux nominations…).

Jamila and the President est un film militant qui s’assume, avec sa part de didactisme, sans doute incontournable et que l’on serait bien en peine de reprocher. Le film rend compte de la situation de pauvreté en Indonésie, de l’horreur du trafic d’enfants, l’un étant le corollaire de l’autre, à travers le portrait de Jamila. Vendue par son père, elle est accueillie par une famille respectable en apparence, sauf que les deux hommes de la maison, le père et le fils, violent à tour de rôle la pauvre enfant. Âgée de 15 ans, Jamila tue ses deux agresseurs et s’enfuie, mais elle n’échappera pas à son destin de prostituée, malgré elle. Ratna Sarumpaet insiste sur ce point, la vie de Jamila est tout entière déterminée, dès sa naissance.

D’un point de vue formel ou même narratif, Jamila and the President ne diffère pas vraiment des téléfilms pénitenciaires évoquant les combats de condamnés à mort et que les Etats-Unis produisent à tour de bras. Mais l’intérêt de Jamila and the President est d’une autre valeur, du fait de son origine, parce qu’il décrit une situation sociale et humaine abominable mais dont la planète dans son ensemble, les sociétés occidentales en particulier, se soucient trop peu.

Ce n’est sans doute pas un grand film, mais c’est un film courageux, important, et même nécessaire, qui mérite d’être discuté pour que l’on parle plus et mieux du sujet qui en est sa raison d’être.

Benoît Thevenin


Jamila and the President – Note pour ce film :
Réalisé par Ratna Sarumpaet
Avec Atiqah Hasiholan, Christine Hakim, …
Année de production : 2009

http://laternamagika.wordpress.com/

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