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Les Balkans : Les échecs, plus qu’un jeu, un spectacle!

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Saviez-vous que dans les Balkans, les échecs sont plus qu’un jeu? Un véritable spectacle pour ne pas dire un phénomène de la société en particulier en Macédoine (Fyrom). Quand on évoque les loisirs et les activités ludiques dans les Balkans, on pense immédiatement au jeu d’échecs qui peut réunir des foules autour des joueurs dans toutes les villes et les villages à toute heure. C’est une fièvre dans le sang qui anime les joueurs d’échecs et leurs amateurs …

Les échecs dans les Balkans : la fièvre dans le sang

jeu echecs les balkansJe ne sais pas si cela se passe seulement dans mon entourage, mais assister aux jeux d’échecs entres hommes  dans les Balkans spécialement en Macédoine est  une vrai spectacle et une vraie source d’observations  de caractères.

Dans nos contrées européennes, le jeu d’échecs est considéré comme un jeu difficile presque sacré,  qui se déroule dans le calme et la réflexion et peut durer quelques fois des heures dans une atmosphère des plus sérieuses. Dans les Balkans, le jeu d’échecs est partout et fait partie du quotidien comme la belote autrefois en France ou le jass en Suisse. On joue aux échecs dans une atmosphère fiévreuse. Bien évidemment, les échecs se pratiquent entre deux joueurs mais  bien souvent une partie est supervisée par une tierce personne  commentant allègrement les mouvements des pièces sur l’échiquier. En général, ça se passe de cette manière lors des réunions spontanées  comme il y en a tant dans les Balkans et notamment en Macédoine (Fyrom). A peine placées a la va-vite les pièces sur les cases la partie commence rapidement le temps de placer les figures principales. Ils ont tellement l’habitude que les parties commencent plus ou moins la même chose, vient un petit temps de réflexion afin d’élaborer une certaine stratégie. Puis peut commencer la valse des figures en les tapant bien sur les cases comme quand on jette une carte sur la table en tapant  en même temps du revers de la main. Ça fait qu’on entend des claquements toute la soirée. Eh tiens prends ça et toc attention a la reine, tu m’as pas averti,  et paf que je reviens sur mon coup tout en trichant un peu quand  je peux, ( eh oui, je pensais ça impensable aux échecs) et rebelote que j’suis pas d’accord et que je te rechange les positions, tout ça dans des commentaires exprimés hauts et fort, les mains hésitantes sur l’échiquier, pour finir par tomber d’accord et reprendre le cours de la partie plus ou moins normalement mais quand même rythme  par des “ajde ajde!” (allez, allez!)  après chaque coup joue en attente de celui de l’adversaire, s’accusant mutuellement de ne pas savoir jouer., d’en avoir autant dans la patate, etc..

Forcément il y en a un qui finit par gagner quand ce n’est pas remis, même si l’autre n’est pas tout a fait d’accord. Alors on remet ça et ainsi de suite jusque parfois tard dans la nuit. Dans les Balkans, les joueurs peuvent ainsi aligner 10 a 15 parties même plus en une soirée… Ou même jouer toute la nuit. Dans ces intenses moments ludiques plus rien n’existe au monde, les discussions s’arrêtent. Il peut rentrer ou sortir , demander, crier, rire ou pleure, l’attention des joueurs ne sera déviée a moins d’un tremblement de terre ou d’un besoin urgent. C’est aussi le moment ou les enfants peuvent demander ce qu’ils veulent, les joueurs n’écoutant que d’une demie oreille se sera toujours oui ; tout en sortant machinalement l’argent  de leur poche et en fixant constamment des yeux l’échiquier. Tout attentionnés qu’ils soient après leur partie, ces hommes d’échecs finissent  parfois par susciter l’ennui des femmes qui, ma foi, après avoir égrené toutes les discussions  finissent par si mettre elles aussi bien que ce soit rare. Mais pour celles qui “savent jouer” ça peut être un bon passe temps. Bien sûr elles sont bien plus lentes et silencieuses que les hommes mais tout autant extrêmement attentionnée au point d’oublier également que la petite demande a faire pipi.

Puis dans un bruit de jeux de quille écroulées, à la fin de la partie, les hommes s’étirant un peu daignent regarder un peu notre jeu (de femmes) sans omettre de nous dire de suite comment jouer en déplaçant même nos pions et malgré nos supplications de nous laisser penser par  nous-même. Admettant qu’on ne sait décidément pas jouer et que ça dure des heures, ils nous laissent enfin finir notre partie tranquille tous empressés  qu’ils sont d’en recommencer une autre, se prétendant être le plus fort, mélangeant les scores en se chamaillant  comme des gamins. S’il y en a qui pensent que les échecs sont ennuyeux, je les invite a venir jouer dans les Balkans, en Macédoine, ça ne manque ni de vie, ni de piment ni de théâtre. Et puis quelque soit la manière dont on le joue, austère, ordi, ou a la balkanaise,  il est  et restera toujours un jeu des plus passionnant au monde pour autant qu’on l’ait dans le sang…

 



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2 commentaires

  1. J’ai toujours été impressionnée de voir la place des échecs dans les jardins et sur les places publiques dans les villes comme dans les villages, dans tous les Balkans… On sent bien en effet que c’est plus qu’un jeu, un art de vivre… Une vraie manière d’échanger, de créer une vie sociale …

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