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La Croatie et la Slovénie à travers les écrivains : paroles d’exilés…

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Partez à la découverte de la culture croate et de la culture slovène et explorez la Croatie et la Slovénie à travers ses écrivains, la littérature slovène et la littérature croate… et notamment avec ses lettres d’exilés croates et slovènes qui racontent la fuite de la guerre, de la dictature, de la violence ou d’une autre misère…

Dans les Balkans, nous allons entreprendre un voyage littéraire en Croatie et en Slovénie réunies dans un même article. Ces deux pays ayant une bonne partie de leur histoire commune, ils peuvent être abordés, sans difficultés majeures, dans une même approche surtout si l’on considère que tous les écrivains que nous rencontrerons lors de notre périple croato-slovène sont tous des expatriés qui ont quitté leur pays pour fuir la guerre, la dictature, la violence ou une autre misère. Littérature du voyage ou littérature pour voyager autrement…

Lettres d’exilés croates et slovènes

Con Brio de Brina Svit

Velibor Colic réside désormais en Allemagne qu’il a rejointe en 1992 pour fuir le régime de Milosevic à Belgrade où il résidait depuis la fin des années trente. Dubravka Ugresic vit aux Pays-Bas depuis qu’elle a été accusée de nuire aux intérêts de son pays. Marica Bodrozic vit, elle aussi, en Allemagne où ses parents l’avaient précédée pour trouver un emploi. Et enfin, notre guide, Brina Svit, la seule Slovène de notre sélection, vit, elle, à Paris où elle écrit désormais directement en français. Con Brio son premier roman, comme le suivant, ont été écrit en serbo-croate puis traduits en français.

“Elle au printemps lui en hiver” Tibor ” joue la comédie du vieil amant qui rajeunit” comme dans la chanson que Pierre Delanoë a écrite pour Serge Reggiani mais il n’a pas compris “Qu’au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable” (Romain Gary) et qu’il n’est qu’ “un clown entrain de faire son dernier tour de piste”. Kati-Katarina-Grusenjka cherche autre chose, un autre amour … dans ce livre-film  de Brina Svit (1954 – …) ou chaque chapitre est une scène, où les mains sont les acteurs, où chaque plan détaille le décor de la robe jaune à tulipes, de la culotte négligemment jetée sur le tapis jusqu’aux objets soigneusement choisis par l’antiquaire ex-compagne. Mais, ce livre-film respire plus Montparnasse quand les artistes du monde entier y traînaient leur nostalgie et leur désespoir et bouffaient la vie à pleine dents en rêvant de gloire et d’immortalité que le quartier de l’Étoile, des touristes et hommes d’affaires en tout genre, même si Balzac a laissé son nom à la rue de Tibor…

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Le rôle de ma famille dans la révolution mondiale de Bora Cosic

Dans ce court roman, un petit garçon de dix ans raconte la deuxième guerre mondiale et la révolution qui a suivi. Il raconte, comme il rédige ses rédactions, les menus faits qui affectent la vie quotidienne de cette famille victime de tous les tourments qui sévissent dans la région, la guerre bien sûr mais aussi les chefs révolutionnaires qui contestent à cette famille le rôle qu’elle prétend avoir joué dans le triomphe de la révolution en la reléguant dans une seule pièce pour réquisitionner le vaste appartement qu‘elle occupait auparavant. Une description qui ne se départit pas d’une certaine forme d’humour pour raconter cette famille peu stimulante où le père alcoolique, la mère défaitiste, le grand père sceptique et l’oncle coureur de jupons encadrent deux jeunes tantes amoureuses d’un célèbre acteur américain. Un regard original de Bora Cosic (1932 – ..) sur toutes les misères qui ont affecté cette région depuis le début de hostilités en 1939.


Le musée des redditions sans condition de Dubravka Ugresic

Dans ce roman, Dubravka Ugresic (1949 – …) campe douze brèves histoires qui s’articulent paritairement autour de deux thèmes. Le premier concerne la difficulté de vivre des exilés qu’elle construit à travers son expérience personnelle et le second, le passé de la Yougoslavie et la tentative panslave conduite d’une main de fer par Tito. Constitué d’une mosaïques d’histoires, de souvenirs et d’anecdotes, ce roman met en scène une galerie de personnages pris entre deux cultures, déchirés entre deux mondes celui où ils vivent et celui d’où ils viennent. Le musée des redditions sans condition existe réellement à Berlin où il a été fondé par les Soviétiques.

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Tito est mort de Marica Bodrozic

Ce livre est un recueil de nouvelles qui sont des sortes de portraits tirés du monde paysan qui est resté figé depuis des lustres dans cette campagne croate où est née Marica Bodrozic (1973 – …). En vingt-quatre histoires, ce livre reconstitue, avec une fraîche candeur, l’atmosphère archaïque de ces villages de la côte dalmate dans un monde idyllique où la nature est restée encore intacte mais où, aussi, les paysans sont restés étriqués, peu ouverts et souvent agressifs. Un livre plein d’une poésie qui pourrait évoquer un reliquat de romantisme fossilisé comme ces paysans croates dans leur campagne originelle.

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A propos de l'auteur

Retraité depuis juin 2007, je suis un dirigeant sportif très impliqué mais surtout un passionné des littératures du monde. "La littérature pour passion, le sport pour engagement" De formation historienne, maîtrise, que je n'ai jamais utilisée dans mon job que j'ai exercé pendant plus de 33 ans dans une institution qui se préoccupe de l'économie et de la vie des entreprises.

8 commentaires

  1. Cécile Darrière on

    “Lettres d’exilés croates et slovènes

    Velibor Colic réside désormais en Allemagne qu’il a rejointe en 1992 pour fuir le régime de Milosevic à Belgrade où il résidait depuis la fin des années trente.”

    Si vous parlez de l’auteur de “Les Bosniaques”, je me dois de rectifier que ce grand basketteur est adopté par la France depuis son évasion des forces militaires, en 1992. Il vit désormais en Bretagne.
    Et surtout il est né en 1964.
    Je vous renvoie vers sa biographie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Velibor_%C4%8Coli%C4%87

    Merci

    • Denis Billamboz on

      Oh oui, je crois me souvenir que j’avais fait un joyeux mélange entre Cosic et Colic et que je n’ai pas inclus ma rectification avant la publication de ce texte. Merci de faire cette remarque qui permet aux lecteurs de corriger eux-mêmes l’article.

      J’espère que les lecteurs voudrons bien m’excuser pour cette funeste confusion.

      Merci encore Cécile.

    • La croatie et la Slovénie ont, en effet, beaucoup de points communS. Il m’arrive souvent de les citer dans divers écrits ( Joseph Krulic). Héritage du catholiscisme tridentin et baroque, sentiment subséquent d’appartenir de l’Europe Centrale ( et, donc, en un sens occidentale)face au monde”orienbtal de l’orthodoxie et de du monde Ottoman/turc; certes, il s’agit de représentations qui simplifient la réalité, la tordent, la créent en la bricolant.

      Mais aussi quelques différences ( existences d’entités politiques croates constantes, sauf entre 1918 et le Sporazum du 26 août 1939, inexistence d’un Etat même encastré dans un empire chez les Slovénes avant 1945, d’où une culture politique différente : pour simplifier, les Slovénes sont des ëtres culturels, les Croates ausi des animaux politiques avec des prétentions politiques pouvant virer au nationalisme). Le sentiment de supériorité des Slovénes est culturel, indirectement politique ( prétention à constituer un état de droit supérieur et d’avoir une culture politique modérée), sentiment que les Croates éprouvent traditionnellement face auux Serbes,qui eux ont un sentiment de supériorité politique ( toujours résistants à l’égard des empires,libération contre les Turcs et les Allemands). Comme disait Ante Ciliga : ” Les Croates ont un complexe culturel, les Serbes un complexe politique” ( de supériorité)

      Il existe aussi des querelles slovéno-croates ( voir Joseph Krulic, sur les querelles de frontières entre les deux)

      Joseph Krulic

      né à la frontière slovéno-croate,, d’une mère slovéne et d’in père croate. historien par l’agrégation et l’ENS, juriste p depuis la sortie de l’ENA ( Nobody is perfect)

      • Denis Billamboz on

        Très intéressant effectivement et ça correspond très bien à ce que j’ai appris sur les bancs de la faculté et dans les nombreuses lectures balkaniques que j’ai faites.

        Merci pour ce bon commentaire.

    • Denis Billamboz on

      Boris Pahor est en effet l’un des phares de la littérature Slovène, j’ai lu “La villa sur le lac” mais c’était il y a longtemps et j’ai un peu oublié. Je conserve cependant le souvenir d’une belle écriture, très élégante.

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