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Expositions photos à la Maison Européenne de la Photographie : agenda 2010

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Quelles sont les expositions photos à ne pas manquer en 2010 à la maison européenne de la photographie? De Mimmo Jodice au miracle de Cyril Porchet, petit tour d’horizons des événements mettant la photographie à l’honneur.

Mimmo Jodice à la Maison Européenne de la Photographie (Juin 2010)

demetra dercolano

C’est une belle rétrospective de Mimmo Jodice que la Maison Européenne de la Photographiesybille.1273778199.jpg offre sur un étage jusqu’au 13 juin 2010.

Belle et révélatrice des points forts et des faiblesses du photographe, de ce qui l’ancre dans l’histoire et de ce qui n’est qu’anecdotique. Ses photographies de l’antique sont remarquables, pleines de mystère, yeux vides, visages défigurés des statues antiques (Déméter d’Herculanum II) ou enfilades de formes alternant entre ombre et lumière comme l’antre de la Sybille de Cumes. Jodice est si évidemment à l’aise avec la fréquentation de ces formes immémorielles que l’on s’inquiète un peu de ce qu’il peut faire avec les vivants.

 

mimmo Jodice maily 1966Une salle est consacrée à ses recherches expérimentales des années 60 et 70, photogrammes, montages, solarisations : la Mimmo Jodice Nus stroboscopiques 1966plupart sont appliquées, bien faites mais laborieuses, paysages recomposés, photos déchirées, couleur et noir et blanc juxtaposés, images saturées et graineuses où les formes se perdent, nus stroboscopiques comme des échos du futurisme ou de Marey. Jodice expérimente avec une audace mesurée, il s’interroge certes sur la nature du médium photographique, mais ne se perd pas dans la totale décomposition du visible, se raccrochant toujours au réel. La photographie la plus accomplie de cette salle est sans doute celle où le regard se perd devant une forme élémentaire, parfaite et mystérieuse, où il peine à reconnaître un corps féminin nu comme violé par une main-pince (Maily).

Outre l’antique, Jodice est un formidable photographe de Naples, du quotidien et du sublime, et de la manière dont ils s’emmêlentMimmo Jodice Vues de Naples n8 Vico della Concordia 1980 dans cette ville unique, “haïe et aimée à l’excès”. Ainsi ces anges blancs devant un mur lépreux, chemisettes séchant au vent, au drapé tombé digne de la Chapelle Sansevero (Vico della Concordia). Mimmo Jodice Naples 1986Ce n’est pas comme photographe de société qu’il excelle : ses séries sur l’hôpital psychiatrique et la prison sont intéressantes, mais trop littérales, n’atteignant pas, par exemple, le pouvoir d’évocation de sa compatriote Yvonne de Rosa. Mais il n’a pas son pareil pour faire surgir la magie napolitaine dans l’image : ces deux escaliers souterrains (Naples 1986) ne peuvent que mener aux enfers, puisque nous sommes à Naples.

Mimmo Jodice Punta Pedrosa 1998Hélas, comme Antée loin de sa mère, dès qu’il s’éloigne de sa ville, il s’étiole : ses photos de New York ou de Paris ont perdu leur âme, elles n’expriment rien ou presque, belles images sans plus. Et sa série maritime (ici Punta Pedrosa) est bien belle, mais trop léchée, trop composée avec un équilibre tendant vers l’abstraction, pour qu’on éprouve autre chose qu’un respect froid devant ces images sans passion. Et le propre d’un Napolitain comme Jodice, au delà du travail bien fait, c’est bien de nous transporter.

Photos 3, 4 & 5 de l’auteur.

Il y a aussi, jusqu’au 21 mai, une exposition de 30 de ses photographies napolitaines à l’Institut Culturel Italien, mais je ne l’ai pas encore vue.

 Bruit et fureur de Philippe Perrin à la Maison Européenne de la Photographie

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Après la beauté calme des photographies de Mimmo Jodice, il faut un moment, montant à l’étage supérieur, pour s’acclimater au bruit et à la fureur de l’exposition de Philippe Perrin (à la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 13 juin). Dans ‘Haut et court’, tout est tumulte, cris, tirs de flingues (l’esprit de Mesrine flotte ici), boxe (celui d’Arthur Cravan aussi) et rock and roll… Il y a des photos aux murs, mais surtout des installations sculptures un peu partout, armes à feu, bague et chapelet géants (vue de l’exposition ci-dessous).

Un sniper vous attend sur le palier, une chaise avec menottes est prête pour un interrogatoire, une histoire dont nous ne saurons rien, sinon quelques indices obscurs, se déroule ici. perrin-1.1273780997.jpgC’est drôle, c’est trash, c’est vivant. La ballade d’un enfant perdu : croyez-vous (ci-dessus) que Rita restera ? Mais, de préférence, allez à la MEP en deux fois, l’une pour Jodice, l’autre pour le reste.

 

 

mvg2.1273782281.jpgTout en bas, la fureur est plus tragique : le photojournaliste suisse Michaël von Graffenried s’est fait connaître pour ses reportages sur les années de plomb en Algérie. Ici, il montre en plus d’autres travaux, tous caractérisés par son empathie avec ses sujets, sa capacité à s’investir dans une relation étroite avec eux, qu’ils soient des drogués zurichois ou des nudistes neuchâtelois (ci-contre, Nus au paradis). Il mvg31.1273782298.jpgsait révéler les aspects inconnus des univers qu’il découvre, nous forçant à regarder ce que nous laisserions volontiers de côté.

Parfois, les sujets se rebellent, ainsi les Américains de la petite ville de New Bern (ci-contre, Baseball USA) qui n’aiment pas du tout l’image qu’il leur renvoie d’eux-mêmes; mais la plupart du temps, ils acquiescent et se soumettent aux désirs du photographe avec plus ou mons de bonne volonté. C’est très fort, même si j’ai eu le sentiment que, dans cette exposition, il en faisait trop : place marquée au sol de l’emplacement optimal pour regarder ses photos, distributeur de seringues dans l’expo pour illustrer son travail sur un couple de drogués (ci-contre). Mais, par exemple, sa capacité à photographier en confiance des naturistes dépasse, à mes yeux celle de Diane Arbus, en plus humain, en moins ‘freak’

mvg1.1273782265.jpgLe reste de la MEP jusqu’au 13 juin est consacré à un travail d’Antoine Poupel sur Zingaro, de nature illustrative et plutôt publicitaire, et à des dispositifs tactiles ‘excitables’ de l’artiste brut brésilien Sérvulo Esmeraldo, entre Concours Lépine et Foire du Trône : l’éclectisme a frappé.

Photos de l’auteur.

 

 

En attendant le miracle: Exposition à la Maison Européenne de la Photographie (août 2010)

 

Comme (trop) souvent à la Maison Européenne de la Photographie, c’est dans la petite salle en bas, après vestiaire, toilettes et café, cyril Porchet ECAL Séductionqu’on trouve l’exposition la plus intéressante (jusqu’au 29 août 2010).

Cyril Porchet, un récent diplômé de l’ECAL à Lausanne montre des grandes images d’autels d’églises baroques, images frontales, symétriques de ces décors splendides où l’oeil ne sait où se fixer tant l’ornementation, la dorure, les décors sont imposants et saturent la vision (Séduction; 2009). On a d’abord comme un vertige, et l’aplat photographique contribue à cette perte de repères.

Cyril Porchet SéductionC’est Jean-Noël Schifano, je crois, qui racontait l’impossibilité de photographier San Gregorio Armeno à Naples. Je ne sais s’il était bien nécessaire de rameuter Guy Debord ici, mais il est certain que l’Eglise au temps du baroque veut ainsi reconquérir les âmes, aux antipodes des temples protestants sans décor. Dans la première église, ci-dessus (faute de légende, j’ignore si elle est italienne, allemande ou espagnole, mais je parierais pour allemande), la symétrie s’ordonne autour du cordon de suspension du lustre, d’un rouge vif au milieu de ce marbre et de ces ors, qui redonne un peu de stabilité verticale à ce maelstrom.

aphrodite-image-2.1280767829.jpgEnsuite, on peut aller voir les vidéos d’Holger Trülzsch au sous-sol, souvent filmées au plus près des corps, comme ‘Chimères’ où des femmes tournoient sans fin, ou Aphrodite (2009) où la déesse émerge de la mer dans un éblouissement solaire, mais c’est trop direct, trop primaire à mes yeux. Je ne suis guère fasciné non plus par le travail d’Aki Kuroda présenté ici, donc montons dans les étages.

blume-4.1280767866.jpgLes époux Anna & Bernhard Blume sont des photographes de renom, adeptes du burlesque, de la critique et du détournement du quotidien. Ils montrent ici leurs travaux au Polaroïd, distrayants, mais manquant pour la plupart de recherche, de sophistication esthétique. Par rapport à ce qui était montré à Arles, ces polaroïds-ci semblent plastiquement bien moins intéressants. Le discours sous-jacent, très construit, sur la perception, la vérité photographique, la “subversion polaroïdale du réalisme photographique” méritait mieux. Toutefois, certaines des images retravaillées, redécoupées pour s’inscrire dans des polygones aberrants où le motif (ici Bernhard Blume) s’écrase et se contourne (Sans titre, Le principe de cruauté, 1989), démontre parfois une recherche plastique à la hauteur de la recherche théorique des deux photographes.

Olga Chernysheva Rue de rêveOlga Chernysheva En attendant le miracle chapeauxEnfin, j’attendais beaucoup de la ‘Photographie de la nouvelle Russie’. Après les avant-gardes et la chape de plomb communiste, où est l’explosion créative russe aujourd’hui ? Vous aurez plus de chance de la découvrir, entre autres, chez Taiss qu’ici : cette exposition-ci montre essentiellement des photographes russes rattrapant leur retard, que ce soit en photo documentaire ou journalistique, en photographie de mode ou en photographie ‘artistique’, on a souvent le sentiment d’être dans la France des années 70/80, portraits de famille, mises en scène autour d’une robe ou d’un chapeau, vues de manifestations, ironie incongrue de cuisiniers jouant au golf, ou rêve absurde et gentillet d’une lune privatisée.

 

La seule exception, à mes yeux, est Olga Chernysheva, dont je remarque d’abord un beau travail sériel en noir et blanc en lightbox, Rue de rêve : dans des paysages entre banlieue et campagne, des barrières, des grilles faites de bric et de broc, composées de panneaux, sh51.1280769734.jpgde montants de lit, un travail sur la fermeture, sur la limite, sur l’enclos. Dans une autre salle, au milieu d’insipides photos de mode, je m’arrête devant cinq photographies de bonnets en laine, vus de dos, objets ordinaires sortis de leur contexte, rendus mystérieux comme des roto-reliefs : suis-je vraiment surpris que ce soit la même photographe ? (En attendant le miracle III)

Photos courtoisie de la MEP, excepté Olga Chernysheva (1 et 3 de son site, 2 de l’auteur); Trülzsch et les Blume étant représentés par l’ADAGP, les visuels seront ôtés du blog à la fin de l’exposition.

 

Kimiko Yoshida à la Maison Européenne de la Photographie

Plutôt construire des pirogues de pêche ? Kimiko Yoshida s’expose à la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 31 octobre 2010. Une exposition photos où des portraits étonnants et aux multiples facettes explorent quelques unes des obsessions de cette artiste japonaise…

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kimiko-1.1284127549.jpgMa première impression en entrant dans l’exposition de Kimiko Yoshida au sous-sol de la Maison Européenne de la Photographie, ‘Là où je ne suis pas’ (jusqu’au 31 octobre), fut un mouvement de recul : j’avais déjà vu quelques-unes des photographies de cette Japonaise établie en France depuis longtemps, mais là, c’était trop, trop baroque, trop envahissant, trop obsédant, trop construit. Et puis, j’y suis revenu un peu plus tard, plus calmement, j’ai regardé les séries plutôt que les autoportraits individuels, et je me suis laissé prendre. Les Mariées célibataires (ci-contre) au format carré, tendant vers le monochrome, présentent les mille facettes, les mille déguisements d’une femme échappant à sa condition, se réfugiant dans le rêve (sur la photo, aussi un autoportrait en statue de Marie-Antoinette recapitée en geisha). Ce n’est ni sobre, ni épuré, mais le caractère obsessionnel de cette série en fait l’attrait.

 

Il y a ensuite des photographies tirées sur toile, avec des effets de pigment étonnants. Toutes ces ‘Peintures’, puisqu’elle les nomme ainsi, s’inspirent de tableaux venus de l’histoire de l’art, où l’artiste, dûment maquillée et accessoirisée, prend la pose et évoque là Picasso et ici Goya (ci-dessus, à gauche, La Marquise Balbi de van Dyck, et à droite, Pulcinella de Tiepolo). Dans les plus récentes, les accessoires sont des morceaux des robes métalliques de Paco Rabane, démontés et recomposés (El Conquistador Hernan Cortes as el Dorado, en haut). Ca fait de l’effet, bien sûr, mais ce qui m’attire ici, c’est la démarche de cette femme, sa vocation sérielle, son protocole toujours identique et toujours renouvelé. kimiko2b.1284127578.jpg

depara.1284127401.jpgQuant aux autres expositions de la MEP, à part le superbe Breukel, pas grand-chose à en dire : un constructeur de machines spectaculaires très attrape-l’oeil, un couple de contestaires soft de la société de consommation faisant des photos publicitaires un peu grinçantes mais pas trop, et un tandem photographe-styliste présentant des robes sur le tissu desquelles des photos ont été imprimées, évoquant l’eau ou le feu. Ah si, dans un petit recoin, on apprend que Jean Depara, qui fut longtemps le témoin des soirées kinoises endiablées, abandonna la photographie en 1989, à 61 ans, pour consacrer le reste de sa vie à la construction de pirogues de pêche (de lui, un superbe Baiser, 1960). Peut-être son exemple devrait-il être suivi par certains…

Photos de l’auteur, excepté la première. Kimiko Yoshida étant représentée par l’ADAGP, les reproductions de ses oeuvres seront ôtées du blog à la fin de l’exposition.

 

 

Koos Breukel ; L’empathie du portrait

Le photographe Koos Breukel propose une exposition de portraits et des (bouts) de corps à la Maison européenne de la photographie jusqu’au 31 Octobre 2010. Faire Face met en lumière des estropiés de la vie, des malades, des handicapés ou des accidentés…

 

1a170 fieret.1284053502 Exposition photos Paris   Koos Breukel ; L’empathie du portraitÀ l’entrée de l’exposition de portraits de Koos Breukel à la Maison Européenne de la Photographie (jusqu’au 31 octobre) le premier visage que j’ai vu, m’accueillant sur le premier pignon n’est pas un visage. Il y a certes un torse, des épaules, des cheveux et des poils de barbe blancs, mais à la place du front, des yeux, du nez, de la bouche, je voyais, de loin, une masse grise, indistincte. Me souvenant que l’exposition, nommée ‘Faire face’ est (en partie) consacrée aux estropiés de la vie, victimes d’accidents, malades, aveugles, j’ai craint, un bref instant, que ce ne soit là le portrait d’un homme atteint d’une maladie particulièrement horrible, une sorte d’éléphantiasis faciale répugnante. De plus près, avec un certain soulagement un peu lâche, j’ai réalisé que le modèle avait caché son visage dans son béret. Et ce béret gris, arrondi, doux, presque pelucheux, ressemblait étrangement à un sein féminin, d’autant plus qu’il était, comme tout béret, agrémenté d’une légère protubérance tout à fait évocatrice. Ce ne serait qu’une anecdote si le modèle n’était un photographe hollandais méconnu (mais ma fréquentation de Tichy me l’avait fait découvrir), Gerard (ou Gerrit) Petrus Fieret, mort en 2009 à 85 ans, tout aussi voyeur et obsédé que son comparse moldave, et qui, de plus, prenait possession de ses sujets, en quelque sorte, en tamponnant frénétiquement ses tirages avec son copyright. Aurait-on pu imaginer portrait plus approprié pour ce farceur obsessionnel ?

1a170 marteen.1284054013 Exposition photos Paris   Koos Breukel ; L’empathie du portraitC’est tout le talent de Koos Breukel que de savoir révéler dans ses portraits une tension, une vérité rarement mises à jour. Bon nombre de ses sujets montrés ici sont des artistes (Arno Nollen, Rijeka Dijkstra, Lucian Freud, hypnotique et saisissant), mais la plupart sont, comme le dit le titre, des gens qui ont dû se battre pour survivre. pour chacun, on se demande quelle est la faille, la blessure : enfant rescapé d’une catastrophe aérienne, grande brûlée, homme balafré, aveugles ou dotés d’un oeil de verre (c’est le travail, en couleur, que je connaissais déjà, Cosmetic View, passionné que je suis par ces photographies de sujets aux yeux morts, intenses et insaisissables; ci-contre Maarten 2004).

1a170 picture.1284053593 Exposition photos Paris   Koos Breukel ; L’empathie du portraitDans ce registre, le plus étonnant est la série de six photos, à la fois fascinantes et repoussantes du dos décharné de l’acteur et poète Michael Matthews (1995) à la peau craquelée, écaillée, lézardée, qu’il photographiera jusqu’à sa mort (‘Hyde’). Sans doute le fait que Breukel a lui aussi frôlé la mort le rend-il plus sensible à ces détresses. En tout cas son talent de portraitiste empathique est remarquable.

Vers la fin de l’exposition, il est une étrange photographie de deux mains, assez fines, mais terriblement tachées, comme même la nicotine ne peut le1a170 b012042.1284053639 Exposition photos Paris   Koos Breukel ; L’empathie du portrait faire; les ongles sont courts, sales. La peau est rougeâtre, presque gercée. Une paysanne, sans doute. Ce sont les mains de la photographe Sally Mann, et ce n’est pas tant son passe-temps de fermière qui l’a rendue ainsi, que sa pratique photographique au collodion; a-t-elle, par une coquetterie inversée, préféré que Breukel photographie ses mains plutôt que son visage ?



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A propos de l'auteur

Dès que je peux, je visite musées et galeries, à Paris ou au hasard de mes voyages. Je suis un amateur, pas un professionnel.Collectionneur éclectique, je ne suis pas critique d’art patenté, ni docteur en histoire de l’art (peut-être, un jour ...).N’étant ni artiste, ni galeriste, je souhaite partager librement mes découvertes, mes intérêts, mes coups de coeur. Mes points de vue sont subjectifs, et j’apprécie toute invitation à d’autres regards et d’autres découvertes.--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Le blog de Lunettes Rouges------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Contacter Lunettes Rouges sur sa messagerie

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