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Les pêcheurs de l’extrême à El Marsa (Chlef)

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Au cours de notre périple dans la région de Ténès, après avoir passé la journée à El Marsa à pêcher et à emmagasiner les rayons du soleil et à bronzer, nous avons clôturé notre journée par la visite de quelques pêcheurs (retraités) originaires de la ville d’El Asnam (Chlef) sur proposition de mon neveu Rachid. Nous leur avons rendu visite et nous avons bénéficié de toute l’attention dûe aux invités de marque. Monsieur Ali Hadji s’est un plaisir de nous recevoir comme des rois. Nous le remercions du fond du cœur. L’objet de sa petite pêche nous a été préparé par mon neveu Rachid, spécialiste en poisson et pêcheur attitré. Nous avons dîné ensemble, mon neveu, mes enfants et petits-enfants.



J’ai été subjugué par la réception qui m’a été faite, moi et les miens. Nous furent ensuite invités à passer la nuit chez Monsieur Ali Hadji qui s’est montré en hôte de marque. Nous avons passé la nuit dans sa cabane de pêcheur pied dans l’eau. Ce fut un plaisir de passer la nuit en bord de mer à l’ombre des clapotis des vagues sur les galets de la plage Est d’El Marsa Cela a été pour nous une nuit salvatrice qui a estompé notre fatigue de la journée passée à nous dorer au soleil et à pêcher sur la jetée Ouest du petit port de pêche d’El Marsa.

Ali Hadhi, Bénarbia Abdelkader, Dekkiche Salah

Nous avons demandé à Monsieur Benarbia Abdelkader de nous parler de leur vie ici, à El Marsa, en tant que retraités (pêcheurs) et il commença son récit ainsi qu’il suit :

Au nom de Dieu le tout puissant et miséricordieux. Bonjour tout le monde. Je suis très heureux pour cette rencontre qui nous a permis de nous connaitre et d’échanger nos idées et nos perspectives. Je m’appelle Benarbia Aek, habitant la ferme et j’ai été un commis de l’état au niveau des postes et télécommunications pendant exactement 39 ans 11 mois et 21 jours. Je suis actuellement retraité.

Question : Vous êtes actuellement en retraite, qu’est-ce que vous faites ici à El Marsa ?

Photo-souvenir des pêcheurs de l’extrême âge à El Marsa (de gauche à droite, nous avons : Monsieur Ali Hadji, Monsieur Benarbia Abdelkader, Monsieur Dekkiche Salah) tous retraités et hadjis.

M .Benarbia : Je suis retraité et je suis presque en famille avec mes amis retraités, Si Ali Hadji et Si Salah. Nous vivons à El Marsa presque tout au long de l’année. Le travail d’un retraité consiste à remplir son emploi du temps et ne pas se laisser prendre dans l’engrenage de la vie. Nous ne voulons pas subir les sarcasmes de notre entourage et être un poids pour ceux qui nous entourent. Nous voulons être productifs et servir autour nous. Ce loisir de la pêche nous permet de ne pas dépendre d’autrui et nous permet de remplir notre vie sans nous soucier de ce qui nous entoure comme médisance ou autre. Nous vivons notre vie comme nous l’entendons. Je vous remercie de nous avoir donné l’occasion de parler de notre situation post-retraite car nous sommes plus ou moins marginalisés mais nous n’avons jamais cessé de travailler et de nous rendre utile, ne serait-ce que pour nos enfants et petits-enfants. Je vous remercie de nous avoir donné l’occasion de nous entendre afin de donner un petit aperçu sur notre vie actuelle. Vous connaissez toutes les méandres de la vie d’un retraité avec tous les aléas liés à la cherté de la vie. Nous essayons de joindre les deux bouts avec ce que nous pouvons faire. Nous avons des petites barques et nous pratiquons la pêche-plaisance, ce qui nous permet d’arrondir nos fins de mois.

Nous passons à Monsieur Ali Hadji qui nous donna des précisions sur la vie du groupe depuis des années dans le village d’El Marsa :

Photo souvenir Hadji Ali dans sa cabane de pêcheur à El Marsa

Monsieur Ali Hadji dans la chambre de sa cabane de pêcheur à El Marsa (Chlef)

Je m’appelle Ali Hadji et je suis retraité de la santé, après exactement 38 ans et 4  mois de services rendus à la nation. Nous vivons actuellement à El Marsa et nous demandons seulement à Dieu de nous préserver notre santé. Si nous pouvons pêcher, nous le faisons et si nous ne le pouvons pas, nos attendons de jours meilleurs. Nous essayons d’arrondir nos fins de mois. Nous vivons presque en famille. Nous demandons à Dieu de nous préserver et de préserver tous nos semblables. Nous faisons nos prières et nous pêchons lorsque nous le pouvons. Nous ne voulons être à la charge de personne. Nous passons de bons moments ensemble.

Pendant le dîner à El Marsa

Photo souvenir (de g. à droite : Ali Hadji, Bouzara Rachid, Mohamed Boudia et M-Rédha Boudia)

Nous demandons seulement que notre ami Si Salah nous revienne. Nous le languissons et espérons qu’il réintègre notre groupe pour le plus grand bien de tous.

Nous avons, par la suite, demandé à Monsieur Dekkiche Salah de nous parler de lui et de leur groupe après qu’il nous eut rejoints dans la cabane de pêcheur de Si Ali Hadji.

Monsieur Elhadj Salah Dekkiche commença son récit en ces termes : J’ai travaillé à mon compte depuis 1959. J’ai travaillé avec la société Michelin. En 1964, j’ai établi un registre de commerce à mon ami et j’ai continué de travailler comme concessionnaire avec la société Michelin jusqu’au départ de cette société d’Algérie durant les derniers évènements terroristes (décennie rouge). Je suis en retraite depuis plus de dix ans. J’ai quitté mes amis depuis plus d’une année et demi mais je ne peux me faire à l’idée de les quitter et je suis obligé de leur rendre visite au moins une fois par semaine.

Ce que nous avons constaté chez ce groupe de vieux pêcheurs (retraités) c’est cette ambiance bon enfant qui fait que l’on reste toujours jeune d’esprit avec nos taquineries et nos plaisanteries qui donnent du sel à la vie en groupe et vous transporte dans les réminiscences d’une certaine jeunesse pleine de bons souvenirs d’un passé qu’on ne peut oublier qu’avec notre fin dans ce bas-monde.

Nos hôtes nous ont exhortés, par force de révérence, à rester avec eux pour le déjeuner du lendemain mais, noblesse oblige, nous étions contraints d’aller balader nos personnes sur d’autres lieux touristiques que recèle la côte de la wilaya de Chlef (El-Asnam) qui s’étend sur plus de 120 km, partant des confins Ouest de Cherchell jusqu’à la limite de la wilaya de Chlef avec celle de Mostaganem, en l’occurrence, la plage de Dechria qui est une merveille, s’étalant sur plusieurs centaines de mètres et regorgeant d’un sable d’or qui vous invite à vous prélasser et à vous dorer au soleil, ce soleil bienfaisant d’Afrique, d’Algérie, qui est lui-même une thérapeutique pour les rhumatismes d’hiver.

Vue par le vieux Ténès (Ténès El H'dhar) de la mer à Ténès

Vue Générale du port de Ténès par le Vieux Ténès

Vue du Vieux-Ténès (Ténès El-H’dhar) sur la mer.

En retournant sur nos pas, nous repassons par la ville de Ténès et nous nous dirigeons vers la sortie en direction de Cherchell. Nous avons dépassé les confins de Ténès et nous sommes sur la route menant vers Boucheghal et Oued Goussine. Nous avons remarqué que les estivants avaient plus ou moins déserté car le soleil commençait à décliner à l’horizon. La route du retour est longue et tout un chacun se doit de prendre ses dispositions et se donner une marge de temps pour se prémunir des aléas en cas de panne .

Nature sur la route de Boucheghal - Doumia

Nature sur la route de Boucheghal

Sur la route, l’on est subjugué par la beauté du site et de la flore qui vous cerne des deux bords de la route. Les senteurs de pins et thym sauvage vous chatouillent les narines et le vent frais marin vous revigore et vous donne l’énergie salvatrice nécessaire pour un repos bien mérité après une longue journée de voyage à travers les montagnes et la mer en contrebas des monts du Dahra et du Chenoua.

Nous sommes maintenant en vue de la plage de Doumia qui s’étend à perte de vue sur plusieurs kilomètres. C’est un espace idyllique. Nous nous sommes arrêtés à cette plage. Il était déjà plus 15 heures. Il y avait peu de monde. Nous avions ouvert notre parasol pour éviter aux enfants des brûlures car le soleil était encore brûlant.

Nature au-dessus de la plage de Doumia (Chlef)

Route au-dessus de la plage de Doumia.

Nous avions terminé notre après-midi à Doumia jusqu’au coucher du soleil. Nous avons essayé de pêcher avec nos moulinets, sur la plage car elle devenait de plus en plus déserte. Les gens commençaient à faire les préparatifs du retour.

Coucher du soleil entre Doumia et Boucheghal (Chlef)

Coucher du soleil à Boucheghal (wilaya de Chlef)

Nous sommes sur le chemin du retour vers Ténès plus Chlef. Nous ressentons la fatigue des deux journées et une nuit passée à pêcher et à nous baigner. Nous avons bien rempli notre temps et nous avons acquis des amis de classe qui se feront toujours un plaisir de nous accueillir dans la commune d’El Marsa. Ce fut un beau périple qui nous a menés de Chlef en passant par Thalassa, Tazeghout, Aïn Hammadi, El Marsa puis retour vers Ténès par Sidi Abderrahmane (Pointe rouge) Ténès, Boucheghal, Oued Goussine, Doumia puis retour jusqu’à Chlef.



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