Antonio Verrio : Un Italien voyageur

501px-antonio_verrio_by_antonio_verrio1.1272058899.jpgQui connaît Antonio Verrio aujourd’hui ? Né dans les Pouilles en 1636, peintre en Toscane, en Languedoc, puis à Toulouse (d’où cette exposition au Musée des Augustins, jusqu’au 27 juin 2010), et passant les quarante dernières années de sa vie en Angleterre, comme peintre de la Cour. Un de ces peintres classiques, s’adaptant aux lieux et aux écoles, ici caravagesque, là proche de Simon Vouet et enfin peignant comme van Dyck, nomade transfrontières, coureur de jupons fuyant une épouse irascible, courtisan flexible, mais dont l’emblème héraldique fut le porc-épic.


d5193899l1.1272058883.jpgAu milieu de tableaux assez convenus (le prétexte de l’exposition est la restauration de Saint Félix de Cantalice) et de curiosités , comme deux panneaux peints sur Joseph et ses frères, rescapés d’une machine des 40 heures dévolue à l’adoration du Saint Sacrement, quelques toiles sautent aux yeux, son autoportrait à la fin de sa vie, chauve et désabusé, et quelques années plus tôt ce double portrait, avec le Brigadier Général Robert Killigrew en 1705/1706 : peintre et modèle mourront quelques mois plus tard. Ici, à al suite de van Dyck, le peintre veut se montrer à l’égal du gentilhomme, mais peut-être n’est-ce qu’un trompe-l’oeil, peut-être le militaire n’est-il point là, sinon en portrait, portrait auquel le peintre, oblique, déjanté par rapport à la verticale, apporterait alors une dernière touche, un ultime artifice de véracité, mais avec ce raccourci de main tenant la palette tendue vers nous dont on ne sait comment elle prolonge le bras. Et l’éclat de la cuirasse contraste avec la matité de la robe brune. Ce tableau fut vendu chez Christie’s l’an dernier.

2010-04-expos-026b.1272061609.jpgCinquante ans avant son autoportrait en chauve, peignant la Lapidation de Saint Etienne (1656/1658, conservé à l’église Sant’Irene de Lecce), Verrio y inclut ce diable chauve, acharné contre le saint.

On peut ensuite errer dans les vastes accrochages classiques des galeries de peinture du Musée, qui fleurent bon la tradition. Parmi bien d’autres, voici un crépusculaire Apollon écorchant Marsyas, de Guido Reni : la blancheur diaphane du dieu serein et appliqué contraste avec le corps brun du satyre hurlant de douleur.

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Apollon écorchant Marsyas

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