17 vues

Réminiscence. Le Vertige du Silence

0


Le voyage peut parfois être intérieur et aussi douloureux qu’incertain… Je sors un peu des articles d’informations pratiques touristiques pour inaugurer une page de souvenirs fugaces et intimes… Une réminiscence. Le Vertige du Silence. Merci aux rares lecteurs qui ouvriront cette porte …

Réminiscence. Les spectres renforçaient leur emprise sur tout mon être. Ils avaient pris possession de ma vie et la transformaient en vestiges. Parmi ces décombres de souvenirs, de connaissances, de mots et de gestes impossibles ou auxquels j’avais renoncé, ces fantômes savouraient leur victoire face à mes espérances. Je sombrais. J’étais seule et pourtant assiégée. Ils occupaient un territoire funeste, déjà peuplé par le vide, la mort du désir et l’absence.


Le silence, son silence, avait été cruel, irréversible. Il n’avait pas été qu’une somme de meurtrissures pour mon corps. Je ne cicatriserai jamais. Face à cette adversité, je répondais par mon habituelle lâcheté et par le déni. Mais ses stigmates n’avaient pas eu raison de ma volonté. Il me torturait à chaque instant. Comme un attentat permanent. En définitive, il ne s’était pas avéré assez dévastateur pour tuer toute aspiration au bonheur ou résolution à la solitude : plutôt que de trancher dans le vif pour abréger mes souffrances et m’aider à me résoudre à la fin de mon illusion, il avait installé un écho assourdissant, agité des ombres impalpables et suscité de violents vertiges. Les rares temps de latence opéraient comme un espoir pervers. Entre mon effort pour m’habituer et la tentative d’endormissement de la douleur, j’errais telle une moribonde.


Munis de couteaux, les fantômes fouillaient sans relâche et trituraient la chair de ma réalité, pendant que le sang des illusions passées s’écoulait, inexorablement, vidant goûte après goûte, mon corps et mon esprit de toute leur substance. Leurs sourires satisfaits ravivaient leur appétit de victoires, ils ne se rassasieraient pas seulement avec mes défaites. Mon échec devait être total et leur triomphe sans appel. L’anéantissement de mon avenir était leur raison d’être. La dépouille de mon passé et de mon présent ne leur suffirait jamais.


Je ne savais même pas ce que je devais chercher ; l’oubli, apparemment impossible, l’indifférence, vraisemblablement inaccessible pour moi, ou la mort, si proche et évidente. Ma survie ne tenait qu’à un choix. Un instant de courage qui me pousserait à croire et poursuivre un idéal dont je savais qu’il m’échapperait toujours, mais me donnerait assez de souffle pour ne pas y croire tout à fait… J’étais la seule à pouvoir me sauver et trouver le chemin pour échapper à ma tombe.
Merci à Loarian




Partager

A propos de l'auteur

Voyageuse dès le berceau, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires. J’essaie de me montrer curieuse de tout, de mettre de côté mes idées reçues, de découvrir les pays depuis les sites incontournables jusqu’aux plus inattendus, insolites ou traditionnels quitte à me perdre pour mieux me laisser surprendre. Je privilégie les rencontres, repas et hébergements chez les habitants, pour explorer les traditions, les cultures, l’histoire et les plaisirs culinaires typiques. J'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation.   Me contacter par mail? En savoir plus sur moi et sur le projet IDEOZ Voyage...

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.