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Visiter Tchernobyl Pripyat, une journée en enfer dans la zone interdite

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tchernobylvisiter tchernobyl pripyatVisiter Tchernobyl et la zone interdite de Pripyat, est une expérience qui ne peut laisser indifférent. De plus en plus de touristes sont attirés par la visite de Tchernobyl, la découverte du réacteur IV et du reste de la centrale nucléaire toujours en fonctionnement, les villages et villes abandonnées et les forêts brunes marquées pour des millénaires par la tragédie de l’accident de Tchernobyl en 1986. Découverte insolite et troublante de l’Ukraine à travers le pire accident nucléaire civil…

  • Pourquoi aller à Tchernobyl Pripyat?

    Envie de visiter Tchernobyl? Suivez moi!

    Chers Lecteurs,

    Pourquoi privilégier une promenade dans les quartiers pauvres de Bucharesti ou de Ternopil alors qu’il est si facile de s’évader à Biarritz ou à Torremolinos? Bonne question. On répondra, entre autres, qu’il est parfois nécessaire de prendre une grande baffe dans la figure pour nous aider à relativiser la réalité. Récit, vidéos et photos pour s’en convaincre…

    Pas l’oublier sur une plage, non. Juste mettre ce qu’on vit en compétition avec la réalité de millions d’autres hommes, femmes et enfants dont personne ne parle jamais, histoire de se souvenir qu’on a beaucoup de chance d’être nés ici et maintenant.

    Et les choses s’enchaînent. On projette de se rendre à Kiev pour un salon professionnel, on se rend compte que Tchernobyl n’est qu’à 100 kilomètres, on se dit: “What if…?”. On se débrouille pour obtenir les autorisations nécessaires pour visiter la zone interdite et c’est ainsi qu’on se retrouve dans un vieux van Volkswagen harnachés d’un guide, d’un chauffeur et d’un militaire qui veillera à notre sécurité sur place.

    L’aventure commence et au fur et à mesure que la route défile lentement sous nos yeux, l’angoisse monte…

    Nous partons donc pour visiter Tchernobyl. Nous quittons Kiev vers 9h00 ce samedi matin. C’est l’hiver: la route est enneigée et chaotique. Dans le van, les conversations vont bon train. Viktor me dit qu’un jeu vidéo célèbre (Stalker) avait pour décor Pripyat, la ville fantôme située à 7 kilomètres de Tchernobyl, et il semble excité à l’idée de se faire photographier sur les lieux où oeuvre le héros douteux de cette aventure virtuelle. Je trouve ça indécent, un peu comme si il était normal de mettre Auschwitz ou Bhopal en scène pour se divertir. Faut-il vraiment que les événements les plus graves, que ces lieux de souffrance soient détournés de leur sens à seule fin de s’amuser? Inutile d’entrer dans ce genre de discussion: notre monde est insensé et plus rien n’inversera le cours des choses.

    Tchernobyl Pripyat check pointProgressivement, la circulation se fait moins dense. Nos discussions s’éteignent au fur et à mesure que nous approchons du chekpoint: nous regardons à travers les fenêtres embuées du van et la morosité du paysage nous rappelle, si nous l’avions oublié, que nous nous rendons sur les lieux du plus grand désastre nucléaire de tous les temps. Sur un lieu de mort.

    Plus personne ne nous suit, plus personne ne nous croise, l’air devient de plus en plus pesant. Je me demande pendant quelques minutes si j’ai eu raison d’entreprendre ce périple, si je vais pas rentrer à la maison chauve ou fluorescente, ou avec un cancer ou pire. Mais je me souviens que je veux voir, que je veux savoir, sentir, éprouver. Peut-être, comprendre le sort de ces millions d’être humains brisés dans la plus grande indifférence et négligence de leurs et de nos gouvernements. Leurs maladies et leur mort, leurs enfants difformes noyés dans le formol des mensonges ministériels rassurants. Prétentieuse que je suis! Comment appréhender un tel drame?

    checkpoint tchernobylPas le temps de s’interroger plus avant: le van s’arrête, nous sommes à Ditiatki, aux limites de l’enfer. Dimitri, le jeune soldat qui nous encadre, ouvre les portes et nous sortons nous dégourdir les jambes et fumer une clope pendant qu’il présente nos passeports aux gardes du check-point. Vérification de nos identités. Deux panneaux rédigés en russe et en anglais nous avertissent du danger encouru par les téméraires qui franchissent la ligne de démarcation. La statue d’une “Sainte Vierge” fleurie, insolite dans ce pays orthodoxe habitué aux icônes, fait face à ces avertissements, comme pour nous inviter à lui demander une protection dérisoire.

     

     

    tchernobyl checkpointVisiter Tchernobyl suppose quelques précautions. Dimitri revient avec quelques formulaires, il faut les signer. On les décharge de toute responsabilité. On ne touchera à rien, on n’emportera rien, on ne mangera pas et on ne fumera pas dans la zone d’exclusion. Quelques autres conditions que je ne lis pas: c’est vraiment trop tard pour faire la fine bouche… Retour dans le van, la barrière s’ouvre. On peut y aller: on roule. De temps à autres, le chauffeur descend prendre quelques photos, lorsqu’un panneau indique par exemple, qu’ici, un village de 1400 habitants a été rasé et enterré et qu’il n’est pas recommandé de se promener sur les restes.

    Moi: C’est la première fois qu’il vient ici?
    Dimitri: Non, mais on lui a demandé de prendre des photos et de visiter Tchernobyl
    Moi: Qui donc?
    Dimitri: Un magazine. Les photographes ne veulent pas venir ici.

     

    Surprisément (néologisme de mon cru), la route de Tchernobyl est parsemée de pipe-lines à ciel ouvert qui enjambent les routes sans aucune gêne. Pour une raison quelconque, les Soviétiques n’ont pas jugé bon d’enterrer ces tuyaux destinés à la distribution d’eau chaude, transformant ainsi la ville en terrain de croquet pour géants. Dans le van, on papote de nouveau. Dimitri nous demande de ne pas marcher dans l’herbe ou dans la mousse: il y a plein de radioactivité là-dedans. Rester sur le macadam. Aucun d’entre nous ne suivra son conseil: dès la prochaine halte, près du terrain de football, je m’enfonce dans la flore pour accéder à ces petites maisons abandonnées, que la neige d’automne rend encore plus solitaires. Je pénètre dans l’une d’elles: une table renversée et quelques chaises témoignent de la vie qui habitait ces murs il y a 23 ans. On nous a dit de ne rien toucher: je me contente donc de photographier au petit bonheur de ma caméra numérique bon marché, je filme un peu aussi, et j’entends Dimitri klaxonner: il est déjà temps de repartir.

    » Visiter Tchernobyl : comment faire? est-ce dangereux d’aller à Tchernobyl?

    Visiter Tchernobyl: le monstre, le Réacteur 4…

    Réacteur et sarcophage de TchernobylPlus loin, c’est avec le réacteur numéro 4 de la Centrale Lénine que nous faisons connaissance. Sous son sarcophage, des tonnes d’uranium attendent d’exploser, le sait-on? Dimitri nous démontre par dosimètre interposé qu’on est en train d’absorber une sacrée dose de Césium 137. Il nous dit qu’il y a aussi plein d’autres types de radiations ici, qu’on peut pas mesurer. Apparemment tout le monde s’en fiche et moi aussi. De toutes façons, on en prend 3 fois plus un peu plus loin, autour de ce qui reste de la Red Forest, sur les vestiges d’une forêt dont tous les arbres sont devenus rouges suite au désastre. Les Soviétiques trouvaient pas ça joli: tout a été rasé et enterré.

     

    Visiter Tchernobyl, c’est aussi visiter la zone interdite de Pripyat. C’est à Pripyat, la ville fantôme, que nous terminons notre périple. Les buildings sont dans un état très correct, on se dit que tout pourrait rentrer dans l’ordre avec un bon coup de peinture et bon nettoyage, mais le silence écrasant, cet arbre difforme, le moteur disparu de la grande roue du parc d’attraction nous rappellent que rien ne pourra jamais assainir cet endroit et que plus jamais on ne verra d’enfants jouer sur la place.

    Désolation. Désespoir. (Mais qui a bien pu piquer le moteur contaminé de la grande roue??) J’entre dans un magasin abandonné au pied d’un immeuble vide, quelques baignoires, des machines à coudre, des livres jonchent le sol. Dimitri nous rappelle: “Ne touchez à rien”. Sur un violoncelle défoncé, un 33 tours nous propose une “Music Therapy”, hors du temps.

    Tchernobyl Pripyat  zone interdite

    Tchernobyl Pripyat port

    Tchernobyl Pripyat immeuble abandonne
    Tchernobyl Pripyat appartements ville fantome

     

    Des fous dangereux continuent à nous bassiner avec l’idée que le nucléaire est propre et sans danger. Vraiment? Petit contrôle des radiations à la sortie de la zone: c’est bon, on peut passer. Je ne peux m’empêcher de m’exclamer:

    – Et si ça avait pas été bon?

    Dimitri me répond:

    – Il aurait fallu passer deux ou trois jours en observation à l’hôpital.

    Tchernobyl : salle d'opération
    Appartement abandonné à Pripyt - photo :  www.bibleetnombres.online.fr

    Appartement abandonné à Pripyt – photo : www.bibleetnombres.online.fr

    Tchernobyl Pripyat sanitaires insalubres
    Tchernobyl Pripyat batiment officiel

    Nous quittons la zone avec toute la nostalgie que l’endroit nous a transmis.

    600.000 personnes sont décédées des suites de l’explosion du réacteur numéro 4. Des dizaines de milliers d’autres sont atteintes de cancers ou de handicaps plus ou moins graves dans la désinformation la plus totale.  Vous trouverez ci-dessous mon (très) modeste film de la zone, mais il faut absolument que vous en voyiez d’autres beaucoup plus instructifs et intéressants, comme Chronique des jours sévères, La Bataille de Tchernobyl (il y a 5 épisodes, il faut les chercher un par un), Pripyat sur la vie dans la zone interdite depuis l’accident ou encore Le sacrifice de Vladimir Tchertkoff. Vous comprendrez à quel point notre vie n’a pendu qu’a un fil pendant quelques jours, et à quel point on la doit au sacrifice (forcé) des liquidateurs.

    Mémorial de Tchernobyl

     

    Compter les vies après Tchernobyl

    “Faits divers”:

    “Plus tard, j’appris que l’expression «compter les vies» avait acquis les jours précédents une signification particulière. Durant les séances que la Commission gouvernementale tenait le soir et le matin, alors que l’on débattait de telle ou telle décision à prendre, par exemple, ramasser le combustible ou le graphite du réacteur derrière le réacteur accidenté, pénétrer dans la zone de haute activité pour rouvrir ou refermer telle ou telle vanne, Silaïev, président de la Commission gouvernementale, vice-président du Conseil des ministres de l’URSS disait: «Pour ça, il faut compter deux ou trois vies, et pour ça une vie»…” G. Medvedev.

    Visitant l’hôpital de Kiev vers la fin d’avril 89, la biologiste Rosalie Bertell a appris “que sur 1000 femmes des environs de Tchernobyl, enceintes au moment de l’accident, seulement 65 auraient accouché et, sur les 65 enfants nés, seulement 37 auraient survécu.” (Témoignage de Pierre Lehmann, “Retour de Tchernobyl”, SEDE SA).

    Le point final concluant les enseignements de Tchernobyl peut se trouver dans Le Monde du 28 août 1986 citant M. Rosen, le directeur de la sûreté nucléaire de l’AIEA, qui déclare à la conférence de Vienne d’août 1986 : “Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme une source d’énergie intéressante. “

    Lire aussi :

    A visiter de toutes façons: Dissident-media : Infonucleaire

    IEAE Centre d’information sur le nucléaire

  • Visite guidée de Tchernobyl en vidéo

    Pour visionner les vidéos, cliquez sur l’image de votre choix sur le menu de droite et faîtes défiler du haut vers le bas, le menu pour découvrir toutes les vidéos:

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    Se souvenir de la catastrophe de Tchernobyl

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  • Pour visiter Tchernobyl, vous devez impérativement obtenir une autorisation et aller dans la zone interdite avec une agence agréée et un guide qui dispose des autorisations pour effectuer une visite guidée de Tchernobyl. Vous devez demander votre autorisation via l’une de ces agences au moins 3 semaines avant la visite envisagée. Le délai minimum est de 14 jours, mais en Ukraine, l’administration peut prendre plus de temps, alors pour assurer sa visite, mieux vaut s’y prendre un mois avant le départ.

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    Pour éviter les mauvaises surprises et les conditions sanitaires approximatives, voyagez avec une agence européenne, car les agences ukrainiennes ne sont pas toujours fiables et vous ne pourrez pas être remboursé si vous avez payé d’avance votre visite guidée et qu’elle est annulée par les autorités.

    » Quelle agence de voyage choisir pour aller à Tchernobyl?


    Voyage en Ukraine et visite guidée privée en Français à Tchernobyl?


    alexander agence en ukraineL’agence de voyage francophone d’Alexander
     organise des voyages sur mesure en Ukraine, et également des visites guidées à Tchernobyl pour les touristes. Visiter Tchernobyl, recherche d’hébergement, de visites, d’itinéraires, de titres de transport en Ukraine ou pour l’Ukraine, concevez votre projet 100% personnalisé avec Elsa.

Visiter Tchernobyl : zone interdite Tchernobyl Pripyat:

Cliquez sur slideshow (en bas à droite) pour activer le défilement automatique des photos :

Plus de photos sur Tchernobyl…

Pripyat (Zone de Tchernobyl – Ukraine)
(crédit  photo du chapeau : La Croix)

 



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46 commentaires

  1. Pingback: Željava, ancienne plus grande base militaire yougoslave

  2. LIEBER Catherine on

    Je suggère aux touristes de Tchernobyl d’ajouter 10 Euros (minimum) au prix de leur voyage, pour aider l’Institut de radioprotection Belrad du Belarus, seul institut au monde à travailler avec et pour les populations contaminées par la catastrophe, et à accumuler une expertise utile pour tous les peuples du monde (des ONG japonaises l’ont d’ailleurs contacté après Fukushima). Cet Institut travaille dans des conditions financières très critiques, soutenu par l’association française Enfants de Tchernobyl-Belarus, www;enfants-tchernobyl-belarus.org

  3. j’irai pas.. parce que quelque part, ça me fait peur, très peur. Ce tueur qu’on ne voit pas, qu’on ne sent pas. Ce n’est pas une attraction, c’est le lieu d’une catastrophe, des gens sont morts, en meurent, en mourront encore. Maintenant, en parler avec les gens qui l’ont vécu, qui y ont travaillé, c’est certainement plus “enrichissant”. Les liquidateurs ont fait un travail exceptionnel, sans eux, la catastrophe aurait été pire encore.. au péril de leur vie. saleté va.

  4. J’ai l’impression que ça devient une destination en voie de banalisation, tant je reçois des demandes de renseignements… Je ne dirais pas que tout le monde le fait, mais de plus en plus de voyageurs se lancent sans trop se poser de questions comme une attraction exceptionnelle dangereuse et dont on croit le danger assez limité … La quête de sensations fortes domine, on voit quand même qu’il y a beaucoup de jeunes hommes qui viennent se faire un peu peur et cela semble marcher. En revanche, il y a des visites très instructives et privées, des rencontres avec des liquidateurs… Et c’est quand même autre chose!

  5. drôle de voyage.. Et pourtant quelque chose qui me fascine. J’ai toujours eu du mal à imaginer qu’une si petite chose puisse dégager autant d’énergie, et faire autant de dégâts.

  6. Je ne crois pas que ce soit par voyeurisme, mais surtout pour vivre une expérience unique que très peu de gens auront eu l’occasion de vivre, car dangereuse ou associée à un danger potentiel et invisible…

  7. c’est marrant… ça ne me tente pas du tout!… et je suis toujours étonnée de voir l’intérêt grandissant des touristes pour ce genre de destination… tourisme voyeur et malsain… enfin c’est mon avis, qui n’engage que moi

  8. Bonjour,

    Reportage très intéressent. Concernant le jeux vidéo STALKER, je vous conseille de l’essayer avant de donner votre opinion. Pour la “Forêt Rouge”, les soviétiques n’ont rien enterré. Les pins ont pris une étrange teinte rouge avant de mourir en quelques semaines.

  9. Bast4,

    Si vous trouvez que j’y suis allé un peu fort, pardonnez-moi. J’aurai peut-être simplement dû vous indiquer que je trouvais que ce n’était peut-être pas l’endroit le plus indiqué pour exposer cet enthousiasme. (plutôt un forum sur la création ou un endroit dédié à vos projets, plutôt qu’un post sur lequel n’importe qui peu tomber au travers de diverses recherches sur le net.)
    A me relire, j’ai employé un ton trop dur et je tiens à vous présenter mes excuses pour ceci. Je n’ai cependant pas dit que vous n’aviez pas le droit de parler de ceci ou cela si vous n’en aviez pas souffert, j’ai voulu (trop violemment) vous dire que je trouvais le terme “nos” trop facilement utilisé.
    Sachez donc que je ne vous reprocherai en rien d’aborder les sujets de création qui vous plaisent, je ne peux simplement que vous conseiller d’être plus “maitre” du public qui risquerait de tomber sur votre travail.
    J’espère que nous en resterons là pour le différent, soyez assurez que je vous souhaite le meilleur dans votre inspiration et ce que vous donnerez à voir aux autres. Quant-au manque de connaissance ou de sensibilité que vous me prêtez… j’imagine qu’il ne tenait qu’à moi de mieux exprimer ce que j’avais à vous dire en premier lieu.

    • Bonjour à tous,

      Non, ce petit malentendu n’ira pas plus loin. J’apprécie la courtoisie, je comprends maintenant où vous vouliez en venir et vous remercie pour votre franchise ainsi que pour vos encouragements^^. Le fait est que j’ai découvert Prypiat ici, grâce à l’article de Anne.. tout comme cette fascination.. un peu décalée, c’est possible. En somme, j’avais un peu de mal à me faire à l’idée que ma place n’était plus ici, à présent. C’est donc moi, qui vous dois des excuses pour m’être emballé et avoir légèrement pataugé dans un certain orgueuil.
      MAIS peut-être qu’un de ces jours, je posterai une petite aquarelle de Prypiat, en gage d’excuse ou de remerciement!

  10. Bonjour à toutes et à tous.
    Eh bien non, monsieur Ark, je n’ai fort heureusement perdu aucun proche dans ces effroyables entreprises de nettoyage.. mais vous vous méprenez, malgré tout. Loin de moi l’idée de m’approprier l’honneur, la bravoure ou la souffrance de ces hommes.. encore moins l’ignorance. C’est toujours très facile d’interpréter quelque chose à sa sauce. En disant “nos” liquidateurs, j’entends simplement les considérer comme nos sauveurs et ça ne va pas plus loin, vous pouvez me croire.
    Vous dites “excitations scénaristiques” et n’y voyez aucune péjoration.. mais ça n’en reste pas moins ironique, j’en ai bien l’impession. Et désolé de vous decevoir, mais ça ne m’aide pas du tout.
    Donc, Selon vous, un laboratoire construit après la catastrophe, volontairement dissimulé et en activité n’aurait aucun intéret?? Mais cela suscite pourtant de nombreuses questions.. et n’est ce pas l’essence meme d’un scénario? Vous affirmez qu’un endroit, un lieu n’a aucune originalité mais c’est comme juger un simple début d’idée, une prémisse ou quelque chose qui n’a aucune consistance.
    Je vais prendre un cas extreme mais vous imaginez-vous aller voir James Cameron (lol) et lui dire qu’une histoire sur un paquebot est bien trop banale? Ou encore Ridley Scott et essayer de lui faire comprendre qu’une histoire dans un vaisseau spatial est d’un commun? Pour quelqu’un qui a bossé dans l’audio-visuel, vous manquez cruellement d’imagination, permettez-moi de vous le dire.
    Et enfin, c’est bien joli de prétendre ne pas souhaiter la polémique.. mais dans ces cas là, on ne jette pas la pierre, ne croyez-vous pas?
    Savez-vous réellement ce qu’est l’inspiration, monsieur Ark? Là ou vous ne voyez qu’un simple laboratoire, je vois un sentiment. Là ou vous ne voyez que vide et mort de milliers de pauvre gens, je peux voir couleurs, amour et mouvement. Eh bien non, vous en ignorez grandement son principe.. mais ce n’est bien évidement pas pour ça que j’aurais quelque raison de vous blamer.

  11. @ BadgisBast4
    Bonjour et merci à l’auteur pour ce post intéressant.
    BadgisBast4, sans cherher à rentrer dans une polémique quelconque; quand vous dites “nos” liquidateur, avez vous personnellement perdu quelqu’un de votre entourage ou eu un enfant lourdement handicapé suite à la catastrophe de Tchernobyl? Si la réponse est non, permettez moi de vous reprocher de vous approprier un peu facilement le courage ou l’ignorance de certains hommes à votre propre compte. Si oui, pardonnez moi de vous avoir poser la question.
    Pour travailler dans le milieu de l’audiovisuel, jamais je ne reprocherai a personne d’écrire un scenario sur n’importe quel sujet. En revanche permettez-moi de vous dire à quel point je trouve déplacé votre engouement public à utiliser la catastrophe et la misère de centaine de millier de personne. Pour finir, et pour vous aider dans vos “excitations” (pas péjoratif) scenaristiques, la presence, discrète ou non, d’un laboratoire près du lieu de la catastrophe nucléaire civile la plus marquante de notre histoire n’a absolument rien de mystérieux ou d’original à mes yeux. En revanche je ne condamnerai absolument pas les gens qui désireraient voir les lieux de leur propres yeux. Chacun à sa curiosité, et cette dernière n’est pas forcément un défaut tant qu’elle ne nuit pas à la dignité d’autrui. Cordialement.

    • Par contre, il y a quand même une petite chose que j’ai un peu de mal à encaisser, je dois dire:

      “..avez vous personnellement perdu quelqu’un de votre entourage ou eu un enfant lourdement handicapé suite à la catastrophe de Tchernobyl? Si la réponse est non, permettez moi de vous reprocher de vous approprier un peu facilement le courage ou l’ignorance de certains hommes à votre propre compte. Si oui, pardonnez moi de vous avoir poser la question.”

      En d’autres termes, cela revient à dire que j’aurais pu parler de cette catastrophe en toute liberté.. mais à condition d’avoir eu des connaissances victimes de mutations ou de la famille qui ait périt des suites de ce terrible incident. Hum. Un peu rude, quand même.. et de votre coté, monsieur Ark, ça ne vous dérange pas plus que ça, de balancer publiquement ce genre de propos?

  12. Salut à tous.
    Magnifique l’article d’Anne. Merci et bravo Anne…
    J’ai de la peine à comprendre beaucoup de commentaires car le monde est ainsi fait….
    Bien avant Tchernobil l’homme a été un loup pour l’homme.
    Oui, j’ai été à Tchernobil, au nouveau Mexique où a été testé une bombe A avant de les larguer sur le Japon, dans la zone interdite en Iran où aujourd’hui le pouvoir en place trouve dans le monde moderne la matière nécessaire à leurs folies, au Japon dans les villes que l’homme a bombardé pour…. rétablir la paix, dans quelques camps de concentration et d’extermination de la bargarerie de l’homme des années 1938 – 1945, mais, aujourd’hui, je vous rappelle que le moyen-orient est aussi en feu, que le nord et le centre de l’Afrique également et que l’homme continue ses folies pour soit-disant les bonnes causes, le bonheur des peuples.
    Moi, je ne condamne pas, je ne m’insurge pas, je constate et je regrette se manque de lucidité car malgré toutes ces tragédies, le monde poursuit ces folies avec la prétention que c’est l’autre qui se trompe….. alors, moi…. je veux voir de mes yeux pour condamner et il m’arrive de prendre des risques car c’est aux responsables de ces folies qu’il faut dire.. STOP…mais pas aux témoins qui recherchent la vérité et ainsi ils peuvent informer OBJECTIVEMENT,
    Encore merci Marie pour ton écrit.
    Gapion

    • Eh bien justement! Une dernière petite chose que j’ai un peu de mal à encaisser, je dois dire:

      “..avez vous personnellement perdu quelqu’un de votre entourage ou eu un enfant lourdement handicapé suite à la catastrophe de Tchernobyl? Si la réponse est non, permettez moi de vous reprocher de vous approprier un peu facilement le courage ou l’ignorance de certains hommes à votre propre compte. Si oui, pardonnez moi de vous avoir poser la question.”

      En d’autres termes, cela revient à dire que j’aurais pu parler de cette catastrophe en toute liberté.. mais à condition d’avoir eu des connaissances touchées par la mutation ou de la famille qui ait périt des suites de ce terrible incident. Hum.

      Et de votre coté, monsieur Ark, ça ne vous dérange pas plus que ça, de balancer publiquement ce genre de propos?

  13. Salut a tous je sais pas trop comment commence mon speech a part peut être que le drame du Japon a RE-réveiller ma curiosité sur Tchernobyl… En effet ça ma toujours intéresse… Comment l’erreur D’un/des hommes a ou changer lavenir Dun pays de l’Europe voir plus. Et surtout malheureusement le sors de centaine de milliers de personne…
    Moi aussi j’aurai aimer aller dans cette ville. Je dis aurai aimer car je me rend a levidence. Jamais je nirai. Je n’ai que 20ans, a quoi bon se fouttre en plein cœur dune ancienne catastrophe nucléaire.
    Bref il est tard je suis dans mon lit, dégaine mon phone Pensant que si moi je n’y vais pas il doit bien avoir des récits de personnes qui y sont allées !
    C’est donc ici que je tombe. En effet très bon récit. Les photos sont juste woaaa. Exactement ce qui matire. Cet endroit qui a une histoire. Le temps fige. Le chao … Le silence. Je ne comprends pas mais cet endroit m’appelle … Peut être irai je faire un tour quand je serai en fin de vie… Encore faut il que Tchernobyl ne reprenne pas du service a cause du sarcophage en piteu état…
    Bref je ne sais plus quoi ajouter a mon vidage de sac ahah .
    Je tiens a m’excuser pour toutes les fautes qui doivent être présente mais, écran de téléphone inside 🙂

  14. Boujour Sandrine^^
    Oui, pardonnez-moi, c’est vrai que j’ai tendance à tout tourner à la rigolade..
    À la réflexion, en ce qui concerne cet individu eh bien.. c’est clair qu’il est inconscient, pour ne pas dire fou. En faisant ça, c’est certain qu’il en subira les conséquences plus ou moins tôt.
    Je ne sais pas ce qui vous attirerait là-bas, ça peut être beaucoup de choses et pour beaucoup de motifs, en fait.. sans que ce soit forcément dans un mauvais état d’esprit. Comme vous le faites si justement remarquer, ça peut très bien être un amour voué pour une certaine peur (un peu comme les films au cinéma), d’autres personnes aiment se rendre triste ou cultivent leur mal-être et que sais-je.. quelqu’un pourrait très bien entreprendre ce voyage pour mieux se connaître lui-même. Il peut aussi arriver qu’une personne ne découvre la justification d’un acte seulement après avoir tenté une chose. C’est très curieux mais la nature humaine est si complexe, chaque personne a sa propre façon de penser, sa “philosophie”.

  15. Je ne rêve pas tellement de me retrouver à Prypiat mais plus d’une histoire qui s’y passe.. ou s’y serait passée. J’aimerais en faire une BD, en fait et ça pourrait, entre autres, faire un bon hommage pour nos liquidateurs. Je pourrai me débrouiller sans y mettre le pied, mais c’est vrai que s’imprégner d’un endroit ou d’un sujet peut beaucoup aider.
    Pour ceux qui rêvent à fond (lol) d’aller dans Prypiat, eh bien à différents degrés, c’est toujours de la fascination. Je ne les considère pas comme fous, s’ils y restent quelques heures. Tant qu’ils ne tentent pas de faire une partie d’echecs tout nus, à l’intérieur du sarcophage, ça va encore! 🙂

    • Tu plaisantes, mais la personne dont je parlais, qui rêvait à tout prix, au propre comme au figuré, ne plaisantait pas du tout : elle voulait passer une semaine en continu, à Pripyat et Tchernobyl, voire y camper!!! Maintenant, je comprends la fascination dont tu parles. Il m’arrive aussi d’envisager un séjour à Pripyat : je me demande ensuite ce qui m’attire après avoir regardé tous les reportages ou presque et m’être renseignée sur le sujet : est-ce l’envie de me faire peur? Je n’ai pas la réponse…

  16. Boujour^^
    Personnellement, je n’ai aucune réelle certitude quant à l’endroit où serait installé un laboratoire.. je me réfère juste à l’interview d’une romancière. Elle n’est jamais allée à Prypiat mais a tout de même écrit un livre sur cette ville. Je pense donc qu’elle s’est beaucoup documentée aussi et si elle dit qu’un labo en activité se trouve dans une école, près des serres de Prypiat et que très peu de monde le sait, eh bien je la crois 🙂
    Sinon, pour l’histoire de ces touristes pris de panique, bah lol ils n’ont pas dù se renseigner beaucoup sur leur destination. C’est pas Disneyland, non plus^^ et il vaut mieux le savoir une bonne trentaine de bornes avant d’arriver à Prypiat. J’ai vu des documentaires sur ces pauvres enfants, victimes de mutations génétiques.. mais avant ces malheurs, ils sont aussi victimes de la connerie humaine. Dingue, comme elle traverse le temps et l’espace. Y a certaines similitudes avec les radiations, d’ailleurs lol! Invisible, omniprésente.. et mortelle.

  17. Juste une petite contribution pour estomper le “rêve” de certains de visiter Pripyat.
    J’ai lu il y’a qques années, que le site était ouvert à certains curieux friqués avec excursion en bus vers la ville fantome.
    Ils n’étaient même pas arrivés au centre de Pripyat, que les passagers suppliaient le chauffeur de faire demi-tour tellement le silence était assourdissant !
    Un des protagonistes avouait même croire qu’une bombe venait d’exploser et l’avait rendu sourd, tellement ses oreilles bourdonnaient…

    Je me suis énormément documenté sur l’accident de Tchernobyl et ses répercussions. J’ai moi aussi eu cette envie farouche de visiter Pripyat, pour ensuite me rendre à l’évidence qu’il était presque indécent de le faire, en mémoire de tous ceux qui ont donné leurs vies pour sauver leurs semblables !

    Cette envie de visite pourra même s’estomper encore plus rapidement en lisant les récits des personnels soignants des orphelinats, foyers ukrainiens (voir même photos) qui croulent d’enfants difformes et atteints de malformations irrémédiables ! Celui de Minsk est d’ailleurs le plus difficile à visionner…

    Pour l’histoire du labo, vous devez confondre avec celui installé a Minsk sous l’égide du CRIIRAD qui est maintenant fermé pour d’obscures raisons, même si le financement ne devenait plus possible.

  18. C’est vrai? Mais c’est génial, ça me fait super plaisir^^ Bah pour l’instant, je n’ai pas encore sérieusement cherché de prémisse susceptible d’engendrer une sorte de fil conducteur (je dois préciser que je suis plus dans le genre épouvante, suspense.. ce qui n’empêche bien évidemment pas d’introduire une histoire d’amour, j’aime ça aussi). Pour l’instant, j’essaie de trouver des choses plausibles qui susciteraient la fiction. Par exemple, on nous dit de ne surtout pas toucher à ce qui nous entoure. Donc, les protagonistes ne vont pas s’amuser à ouvrir une fenêtre, s’asseoir dans la grande roue ou trouver des jetons pour se taper une partie d’auto-tamponneuses lol! Mais.. j’ai aussi lu qu’il y avait des chats ou des chiens errants, eh bien ça, c’est très intéressant! Tout comme cette histoire de labo, planqué dans une école..
    Les individus les plus libres d’avoir accès à Prypiat, sont les militaires de garde sur les Checkpoint, n’est-ce pas? Ça aussi, c’est quelque chose qui peut servir! Je réfléchis hihi!^^

  19. Bonsoir à toutes et à tous^^
    Je viens d’apprendre quelque chose (en espérant que ça intéresse quelqu’un lol!) non pas en visionnant un documentaire, mais en lisant une interview de Cécilia Columbo. Je ne sais pas si vous connaissez déjà cet auteur mais elle a écrit un livre sur Prypiat et sans jamais y avoir mit les pieds. Elle s’est donc beaucoup documentée, je suppose, et affirme qu’il existe un labarotoire placé dans une des écoles de Prypiat, près des serres! Elle dit aussi que très peu de gens savent cela.

    Comme je le faisais remarquer à un Nami, plus j’en apprends sur Prypiat, plus ces renseignements prennent des allures de fiction et.. bah j’adore ça, quoi!

    • Merci pour ta réponse Sandrine 🙂 Ca me rassure un peu 🙂

      Badgisbast si tu écris quelque chose… surtout n’hésite pas à me tenir au courant, je pourrais bien avoir quelques trucs à raconter aussi 🙂

  20. Je suis bien d’accord avec vous, Anne. D’ailleurs, vous êtes bien la Anne qui a réalisé ce documentaire? Si c’est le cas, bravo^^!
    C’est un peu comme Titanic, si on pouvait visiter cette épave, ce serait fascinant! Prypiat m’inspire pas mal, en fait. Je vais tenter d’écrire un scénario en rapport avec la catastrophe..

  21. J’adore l’Ukraine pour sa population chaleureuse, Kiev est une ville riche de culture, Lviv, Odessa, sont à visiter sans modération.
    Je ne sais pas si c’est du voyeurisme, mais les lieux de catastrophe me fascinent. Les lieux à l’atmosphère chargée, qu’il s’agisse d’Auswitz, Tchernobyl, Mayak… j’aime aller m’y promener,… ces endroits ont une âme, un vécu, ils procurent des émotions profondes et nous prennent à la gorge tout autant que d’autres “beaux endroits” (que j’apprécie aussi je vous rassure :)), ils nour ramènent immédiatement à la réalité de la stupidité et de la méchanceté humaine.
    J’ai été à Tchernobyl sur un coup de tête, à la suite d’un voyage à Kiev. Je ne regrette pas du tout d’avoir vu et ressenti ce qui s’y est passé à Tchernobyl, je m’estime chanceuse d’avoir pu y aller. Mais je comprend que ce type de démarche puisse choquer.

    • Je suis aussi comme vous.. J’ai visité de nombreux camps de concentration ou traversé des pays sortant de la guerre et j’ai essuyé des remarques souvent désagréables ou des jugements me traitant de voyeuriste. Je pense que ce mot est tout simplement dévoyé.

      La définition de base est bien (selon wikipedia, ce n’est pas la meilleure source, mais la définition ne me semble pas inexacte” : “un terme à connotation morale, qui décrit un comportement ou une tendance « voyeuriste », c’est-à-dire basé sur l’attirance à observer l’intimité ou la nudité d’une personne ou d’un groupe de personnes dans des conditions particulières en cherchant à y éprouver une jouissance et/ou une excitation”. L’important est vraiment dans le sentiment que l’on éprouve à la vue de scènes ou de personnes, atteintes ou perçues dans leur intimité, ici teintée d’horreur ou de tragédie. Visiter un camp de concentration est perçu comme un acte mémoriel par beaucoup qui estiment que cela reste nécessaire pour le fameux “devoir de mémoire”, une expression à laquelle je n’adhère pas non plus personnellement. Quel devoir est pensable ou souhaitable à l’égard de Tchernobyl? Je pense que plusieurs choses sont choquantes, même si l’acte d’aller à Tchernobyl peut se comprendre : dans quelle posture va-t-on à Tchernobyl…? Y aller en touriste peut avoir quelque chose de dérangeant surtout si l’objectif est de mitrailler de photos et de dire qu’on est allé à Tchernobyl, sans avoir réfléchi à ce qu’on a vu, sans avoir retenu quelque chose qui peut se transmettre et être constructif? Rêver d’aller à Tchernobyl comme le disait la formule de ce touriste qui m’a contactée est aussi choquant, parce que justement, cela introduit cette excitation, cette jubilation, ce plaisir à découvrir, me semble-t-il. Cela reste bien sûr une interprétation. Peut-être l’interlocuteur a-t-il été maladroit et voulait juste dire que cette démarche était importante pour lui et ne sachant pas comment la concrétiser, ça devenait quasiment un “rêve”, car c’était compliqué, ou inaccessible, que sais-je?

  22. Bonsoir,
    Alors ne vous méprenez pas, Catherine, ma dernière reponse n’était pas destinée à contredire spécialement votre message ainsi que celui de Sandrine lol je faisais allusion à des personnes beaucoup moins respectueuses. Sinon, j’ai copié quelques messages d’un certain ino38, je crois, et qui a l’air de connaitre le domaine du nucléaire:
    “…les risques pour la santé sur relativement faible à l’heure actuelle, a moins que vous vous rouliez dans l’herbe en mangeant du sable.”
    “-L’irradiation : A moins d’aller voir dans le réacteur et ramasser un peu de magma dans la poche, il y a aucun risque. Le débit de dose est relativement faible sur le parcours des visites. Pour info, si tu prends souvent l’avions, tu prends plus de dose qu’en restant plusieurs jours sur le site de Tchernobyl …”
    Je pense qu’il a certainement raison, si on fait bien attention à ne pas mettre ses mains n’importe où, les risques doivent être limités. Il a aussi parlé de chiffres mais ça me dépasse un peu lol

    • Bonjour,

      En fait, j’ai reçu un message très sérieux, il y a quelques semaines de quelqu’un qui me demandait d’organiser son voyage à tout prix car il “rêvait” d’aller passer une semaine à Tchernobyl, s’y établir et voir un peu la nature reprendre ses droits. Le mot “rêve” m’a un peu choquée, dans la mesure où pour moi, un rêve n’est pas associé à la morbidité, mais voyant des reportages comme Tchernobyl, une histoire naturelle, ou Prypiat, qui 16 ans après la catastrophe, a filmé le retour à la vie dans la zone interdite, il est presque “normal” que des personnes se disent que si l’on vit et travaille presque “comme si de rien était” à Tchernobyl, ça ne pose pas problème d’y aller pour quelques heures afin de constater l’état des lieux 25 ans après la catastrophe. De là à en faire un commerce, un voyage “touristique”, c’était prévisible, de la même manière que certains veulent aller en Irak pour vivre une situation de simulation de guerre, aller en Afghanistan pour les mêmes raisons ou encore se faire kidnapper ou intégrer un pseudo trafic de drogue ou de trafiquants d’immigrés pour voir un peu ce que vivent les vrais…

      • Bonjour Sandrine ce gars a sans doute été déçu car il est impossible de passer une semaine à Tchernobyl. On a des autorisations pour y rester quelques heures seulement, sauf si on doit y travailler (style ingénieurs ou chercheurs ou militaires) et encore, en général ces travailleurs n’y restent que 15 jours à la fois.

        Ceci dit le taux de radiations qu’on ingurgite après une courte visite est en effet relativement faible.

  23. Je ne peux qu’être d’accord avec Xavier. Il y a bien sûr un côté fascinant à voir “de visu” les lieux d’une catastrophe. Qui peut être naturellement autre que “voyeuriste”, dans le sens où ce n’est que sur place que l’on se rend vraiment compte, du moins en partie, de l’ampleur et des conséquences de la catastrophe. Ce qui me gêne dans l’affaire, en plus du fait que ce voyage se déroule dans des zones hautement radioactives, ce qui est objectivement mauvais pour la santé, mais bon, chacun fait ce qu’il veut, c’est comment certaines personnes ont pu en faire un véritable business, qui, pour le coup, n’a rien à voir avec de la philantropie. Et ceci à l’aide, malheureusement, d’un système un peu corrompu. Juste un exemple: Sam nous donne les bons plans pour aller à Tchernobyl “pas cher” (quoique 400$ pour avoir le privilège d’entrer dans la zone interdite…). Je sais d’expérience que certaines agences biélorusses proposent le voyage de Biélorussie pour moins cher. Ils ont leurs “tuyaux”. Je ne posterai pas ici l’adresse, ce n’est pas le propos, mais ceci montre bien comme certains n’hésitent pas à mettre la vie d’autres personnes en danger pour un peu de cash, et je serais donc extrêmement prudente sur les mesures de sécurités. Je déconseillerais le voyage et ne m’y rendrais probablement pas. N’oublions pas que cet accident est tout jeune dans la longue vie des particules nucléaires, que les autorités soviétiques ne sont pas vraiment connues pour nettoyer “clean” (cf les cimetières de sous-marins nucléaires à Vladivostok ou ailleurs), et que bien sûr, même si avec de l’argent, on peut dans certaines régions certes presque “tout” acheter, c’est à nous maintenant de voyager responsable. Pour ceux qui veulent voyager extrême, du canyoning sur le Dniepr, de l’escalade dans les montagnes de Crimée ou des randonnées dans le parc naturel des Carpates est à mon sens hautement plus intéressant qu’une “visite organisée” jouant sur les clichés. Il ne s’agit pas d’oublier, ni de détourner les yeux, ni de porter une sorte de jugement moral sur ce genre de voyage. Mais ayant pesé le pour et le contre, je n’organiserais pas non plus ce genre de voyage.

  24. Je comprends ce sentiment de fascination Badgis… Pour ma part, il n’y a aucun jugement moral là dessus. Je dis juste que c’est DANGEREUX (pas forcément malsain pour l’esprit, mais malsain pour ton corps !).
    C’est cet aspect que je ne cautionne pas.

  25. Je déconne, je vais non plus m’amuser à becter prêt du réacteur lol! Mais voilà 2 jours que je m’intéresse de plus prêt à cette catastrophe.. et la ville fantôme de Prypiat commence à me fasciner. Il y a comme un air de légende (et contaminé, de surcroît) et je me sens passionné par ce vide et ce silence, ces maisons abandonnées. Et alors? Ne serait-ce pas naturel? J’ai lu bien des messages, sur le net, qui qualifient ce voyage de “voyeuriste”, “malsain” et j’en passe.. mais c’est un peu facile (et hypocrite, tiens!) de dire ça sous prétexte qu’une conception de quelque chose est différente d’une autre. Personnellement, je serais content d’entreprendre ce voyage sans pour autant me sentir pervers, vicieux, voire mentalement dérangé.

    • Bonjour,

      Ni Sandrine ni moi n’avons parlé de perversion ou de “maladie mentale” ! Simplement je disais que lorsqu’on n’a que peu de temps pour visiter un pays riche par ailleurs de trésors tant du point de vue des paysages que de la richesse architecturale et historique, ce qui est le cas pour l’Ukraine, il ne me paraît pas indispensable, d’aller sur des lieux de catastrophe et ce d’autant moins lorsque ces lieux s’avèrent dangereux pour la santé. Je comprends que des journalistes s’y rendent, c’est leur travail d’informer avec les risques qui s’y rapportent mais le touriste lambda, franchement, je ne comprends pas.
      Maintenant, bien entendu, chacun prend les risques qu’il veut, ou qu’il peut.

  26. Pour ma part, en tant qu’organisateur de circuit en Ukraine, je refuse catégoriquement d’emmener des personnes visiter ce site !!!
    Même si l’on me propose 100 000 $, je ne mettrai pas ma vie en danger ni celle d’autrui…
    Que le public comprenne bien que Tchernobyl à 30 km à la ronde est une zone contaminée, donc extrêmement dangereuse.
    Les Ukrainiens qui ont moins de scrupules proposent il est vrai des visites “encadrées”, mais rien ne prouve à ma connaissance qu’ils prennent le maximum de précautions.
    Bref, arrêtons de faire la promotion de cette catastrophe et ouvrons les yeux sur des paysages d’Ukraine qui en valent la peine (ce qui ne manquent pas par ailleurs, que ce soit en Crimée, dans les Carpates, ou tout simplement à Kiev).

  27. Bonjour,

    Il y a en Ukraine tellement, tellement, d’autres choses à voir que le détour par Tchernobyl et Prypiat ne nous est pas apparu comme indispensable pour connaître le pays.
    Il faut dire qu’aller “faire de belles photos” sur les lieux de catastrophes ne nous attire pas particulièrement en tant que touristes, c’est à dire, pas journalistes. Lorsque nous sommes allés en Ouzbékistan, nous ne sommes pas allés non plus faire un tour du coté de la mer d’Aral, et lorsque nous voyons un accident sur l’auto-route, en cours de traitement par les professionnel, police, pompiers etc, nous évitons les lieux……

    • Je suis bien d’accord avec toi, Catherine… Je ne suis pas étonnée par l’attrait voyeur et morbide de Tchernobyl, en revanche, je le suis parfois par la tonalité ou le contenu de messages qui “rêveraient” d’aller à Tchernobyl…

  28. bonjour ! témoignage vraiment passionant ! vraiment ! je compte partir en ukraine en aout et je voulais juste savoir comment faire pour obtenir une autorisation ? les papipers a présenter etc ..

    cordialement merci d’avance 🙂

    • Bah allez hop!! Moi aussi!!^^ J’aimerais avoir quelques renseignements, s’il vous plaît, pour me procurer des papiers, autorisations, quels sont les tarifs (je suis pret à mettre le prix et même endetter ma famille, s’il le faut) pour pouvoir installer ma serviette et me faire un piot pic-nic directement sur ce qu’il reste du réacteur numéro 4! Je ne vous remercierai jamais assez, au revoir!

  29. Bonjour,
    Ayant déja été en Ukraine, j’aimerai savoir si il est possible de visiter Tchernobyl dans la zone interdite, les tarifs, programme, documents à fournir, etc etc.
    Merci à vous.

  30. Pierre Yameogo on

    Bonjour,

    Je suis tombé sur votre témoignage très intéressant sur Prypyat. Merci pour ces impressions
    Je suis en train de préparer un voyage pour cet été avec des amis. Je souhaiterais savoir si vous avez eu des difficultés à obtenir des autorisations pour visiter cette ville. Je suis photographe et j’y vais dans l’optique de rapporter des clichés…. Combien de temps y êtes-vous restée ? Y a-t-il des précautions particulières à prendre ?

    Merci pour vos réponses.

    A très bientôt j’espère.

    Pierre

  31. L’article est vraiment très bien écrit et fait très bien passer toutes émotions et questions qu’on pourrait se poser.
    Cette ville abandonnée représente pour moi, tout le chaos de cette situation.
    Des choses qui sont à jamais intouchables, brisées mais dont on ne peut pas ou veut pas se débarrasser.
    J’ignore si j’aurais pu entreprendre un tel voyage…

  32. Il est fortement déconseillé, voire suicidaire de se rendre à Prypiat pour un homme ou une femme entre 18 et 45 ans et encore moins pour un enfant. Le niveau de radioactivité y est encore très élevé pour les 20000 ans à venir. Ces agences qui proposent ces visites organisées le font sans aucune autorisation des autorités sanitaires et font courir des risques à leurs “clients”. La radioactivité ne se voit pas, elle ne se sent pas, mais elle est là. On parle aisément des personnes restées sur place ou revenues dans leur fermes dans ce qu’on appelle les villages isolés. Mais pas assez des 250.000 personnes directement malades de cette radioactivité qui ont développé des insuffisances cardiaques, des cancers, des leucémies et autres. L’exposition au Cesium 137 même de courte durée est mortelle à moyen terme. Et ce ne sont pas les quelques miraculés qui doivent être montrés mais les cimetières autrefois interdits de Moscou ou de Gytomyr ou reposent les premières victimes de la catastrophe. On estime que 4 millions de personnes ont été touchées par cette catastrophe. Mais les chiffres sont cachés où mal interprétés.
    Les retombées radioactives graves ( dites à vie courte) ont été envoyées selon le vent ici et là, mais plus spécifiquement en Biélorussie et en Russie. En ce qui concerne l’Ukraine, en dehors de la zone interdite et qui doit le rester, il y a des zones de radioactivité latente “en taches de léopard” le long du Dniepr jusqu’à Zaparogié. La Crimée et les Carpathes ont été relativement épargnés. Kiev aussi, sauf que le Dniepr passe à côté de la centrale et que la digue de la Mer de Kiev, retient comme elle peut les boues radioactives des déchets et eaux qui ont été jetés par les premiers liquidateurs et les pompiers.
    Les légumes et le lait ne font plus l’objet de contrôles sanitaires puisque l’institution n’a plus assez d’argent pour effectuer des tests depuis 3 mois.
    L’Ukraine est en faillite, il ne faut pas l’oublier.
    Cela fait 10 ans que je travaille sur le cas Tchernobyl et je pense que tous les collègues ne diront pas le contraire que d’éviter ce genre de visite, aiguisé par une curiosité malsaine. Mieux vaut rester à Paris et se jeter de la Tour Eiffel en faisant attention à ne tomber sur personne.
    Maintenant chacun est libre de risquer sa vie comme il veut, mais mourir d’un cancer ou d’une “longue maladie” c’est pas ce qu’il y a de mieux. Il vaudrait mieux s’engager dans l’humanitaire au Darfour car on y risque sa vie, mais pour en sauver d’autres. Mais c’est mon point de vue personnel…

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