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Visite du centre historique de Braşov en Transylvanie (Voyage Roumanie)

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Voyage Roumanie pour une découverte au coeur de la Transylvanie, à Brasov, une ville magnifique réputée pour son Eglise Noire. C’est à 170 km de Bucarest que se trouve Brasov, l’une des cités les plus touristiques de Transylvanie et même de Roumanie. Ville au passé multiséculaire, Brasov est une ville riche en monuments culturels, en architectures spéciales et particulièrement intéressantes.

 

Visiter Brasov: plongeon immédiat au coeur du Moyen-Age

Le centre-ville de Brasov vous transpose en plein Moyen Age, mais de ce point de vue là seulement. Voici le bastion des tisserands, voici l’Eglise Noire, le plus important monument gothique de cette partie de l’Europe et , un peu plus loin, dans le quartier de Schei, voici les locaux de la première école roumaine, mentionnée en 1495.

Parmi les constructions spécifiques de Brasov, citons encore les tours de l’ancienne citadelle et plusieurs églises roumaines dont l’église Barthélemy datant de 1241. Au centre, puisque nous y sommes, voici la Maison du Conseil, en d’autres termes l’Hôtel de ville, siège des autorités du Moyen Age, sur la place du Conseil, Piata Sfatului en roumain, encadrée par des bâtiments d’âge similaire, qui hébergent actuellement au rez-de-chaussée boutiques, restos et cafés. Le temps a fait disparaître une partie des bâtiments environnants, les rues adjacentes actuelles datant de 1900. La place du Conseil, elle, héberge en fin d’été un important festival de la chanson intitulé LE CERF D’OR, festival international, dont vous avez peut-être entendu parler.

Non loin de la place du Conseil se trouve l’Eglise Noire, qui tient son nom de l’incendie de 1689, qui en avait noirci les murs extérieurs. Notons que la construction de cette Eglise Noire avait commencé en 1383 pour durer une centaine d’année. En plus de la décoration habituelle d’une église protestante, parmi les objets intéressants qui valent le déplacement, il faudrait mentionner une collection de tapis turcs d’Anatolie, totalisant 119 pièces. A l’intérieur, devant la chaire, sur un pilier de l’église sont peintes les armoiries de Brasov : un arbre avec ses racines surplombé d’une couronne.

brasov eglise noire

Brasov est une ville accueillante, riche en hôtels et gîtes touristiques de 1 à 4 étoiles. Ses 30 restaurants offrent des menus et spécifiques variés – roumains ou internationaux et l’ambiance y est agréable. Nous avons remarqué le restaurant aménagé dans les fortifications moyenâgeuses de Brasov, sur la colline de Cetàtuia, la forteresse datant du 16e siècle. On y entend de temps en temps un orchestre de chambre qui contribue à la reconstitution de l’atmosphère.

 

Brasov, un centre économique florissant dès le Moyen Âge

Au Moyen Age, Braşov compta d’abord parmi les cités importantes, pour devenir plus tard un centre commercial florissant du fait de se trouver au carrefour des chemins reliant les Balkans à l’Occident. Plus d’un monument historique ayant résisté au passage du temps témoigne de ces époques révolues. Entre tous, le plus représentatif demeure l’Eglise Noire, le plus grand édifice en style gothique de Roumanie qui, en plus, abrite l’un des plus grands orgues d’Europe.

Des concerts de musique classique et préclassique résonnent chaque semaine dans l’église datant des XIVe – XVe siècles, devant laquelle se dresse la statue du grand humaniste Johannes Honterus. Le concert le plus renommé est sans doute celui de Noël. Une sonorité particulière rend célèbre l’orgue de l’Eglise Noire, qui comporte un nombre impressionnant de tubes, à savoir plus de 4 mille. Un autre atout touristique de cet emblème de la cité de Braşov consiste en sa collection de vieux tapis, des XVIIe – XVIIIe siècles, provenant des régions de Brussa, Usak et Ghiordes d’Asie Mineure. Ces tapis d’Anatolie sont autant de dons faits, au fil du temps, par les différentes guildes, les marchands ou les habitants de la cité. Nous avons demandé au professeur Radu Ştefănescu, directeur du Musée départemental d’Histoire de Braşov, s’il est possible de synthétiser en quelques mots tant de siècles d’histoire de cette cité. Voici sa réponse:
« La tâche est assez difficile, puisqu’il s’agit de 775 ans d’histoire d’une contrée où cohabitèrent Roumains, Saxons, Magyars, Juifs et bien d’autres ethnies. Autant d’années de rayonnement économique et culturel. Dans son attestation documentaire de 1235, la cité est mentionnée sous le nom de Korona, mais les vestiges de la présence de l’homme dans les parages remonteraient au paléolithique, selon les fouilles archéologiques ».

De la vieille cité, seules quelques parties ont subsisté, car la ville de Brasov s’étant développée, élargie, les murailles d’enceinte se sont avérées difficiles à entretenir. En outre, la technique d’assaut s’étant perfectionnée, leur importance pour la cité est allée en diminuant. Nous repassons le micro à notre interlocuteur, le professeur Radu Ştefănescu:
« Au tout début, le système de fortifications de la cité comportait même trois rangées de murailles, prévues de 32 tours et de sept bastions, éléments plus amples de fortification, dont seulement une petite partie est conservée de nos jours. A cela s’ajoutaient 4 tours d’angle, dont deux, restaurées et aménagées, peuvent être visitées aujourd’hui encore. Les ruines des murailles d’enceinte sont actuellement conservées par les soins du musée d’histoire de Braşov, institution subordonnée au Conseil départemental, qui a d’ailleurs assuré et supervisé la refonte des éléments composant le site touristique de la cité ».

Brasov, l’une des villes les plus puissantes de Transylvanie

Les bastions de Brasov  ont été érigés à compter du XVe siècle par différentes guildes qui les employaient par temps de paix comme entrepôt pour les marchandises, et par temps de siège ou d’attaque, comme forteresses. Au début du XVIe, Braşov devient une des cités les plus puissantes de Transylvanie. Elle avait 4 portes, dont trois plus anciennes et une datant du XVIIIe. Notre invité, Radu Ştefănescu, directeur du Musée départemental d’histoire de Braşov, que les passionnés d’histoire doivent nécessairement visiter aussi :
« Casa Sfatului – la Maison du Conseil – un édifice emblématique pour la ville de Braşov – dont l’attestation documentaire remonte à 1420, lorsqu’il servait de siège pour la guilde des fourreurs. Nous gérons également le Bastion des Tisserands. Les deux accueillent des expositions permanentes. Dans ce dernier vous avez l’exposition “La Cité de Braşov et les fortifications du Pays de Bârsa”. L’ensemble gravite autour d’une splendide maquette de la cité, réalisée voici plus d’un siècle par un de ses habitants, Friedrich Herman. La pièce en tant que telle est tout à fait exceptionnelle, c’est pourquoi elle compte parmi les trésors du patrimoine culturel national. Notre musée dispose aussi d’expositions dans la Tour Blanche, ancienne tour des chaudronniers et des étameurs, sise en dehors de la cité, sur la route menant à Poiana Braşov. Près de là se trouve la Tour Noire, une autre tour extérieure de veille. Le bastion Graft est à proximité, après avoir dépassé le canal Graft, dont les eaux coulent sous l’arc de ce bastion, restauré en 2000. Nous avons, là aussi, un musée permanent ».

En dehors des expositions permanentes, le musée organise différentes expositions temporaires. Cette année, une telle exposition sera organisée, pour marquer l’existence documentaire de 775 ans de Braşov. Une ville qui a été tant un centre de production artisanale – car plus de 40 guildes ont fonctionné ici – qu’un centre commercial particulièrement grand et important.
« Braşov se trouvait sur la route principale qui reliait la Transylvanie à la Valachie. D’ailleurs, la cité a entretenu des rapports commerciaux tant avec la Moldavie qu’avec la Valachie; les princes régnants de ces provinces faisaient de nombreuses commandes aux artisans de Braşov. La position de la ville a fait qu’elle soit un important nœud commercial non seulement entre les provinces roumaines. Elle faisait pratiquement la jonction entre le centre de l’Europe et le sud balkanique. C’est un fait reflété aussi par les dimensions de la cité et de la ville et, pourquoi pas, par son aspect. On peut voir encore aujourd’hui des bâtiments qui le prouvent ».

 

Diaporama créé par Sandrine Monllor:

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Aut. : Daniel Onea ; trad. : Ligia Mihaiescu, Mariana Tudose



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A propos de l'auteur

L'équipe de Radio Romania International : Andrei Popov, Valentina Beleavski, Alex Diaconescu, Ileana Taroi, Alexandra Pop, Dominique, Mariana Tudose, Ioana Stancescu, Costin Grigore. ________________________________________________________________________________________________________ Découvrez la Roumanie et l'actualité roumaine sur le site de Radio Romania International

2 commentaires

  1. Pascal Foucaud on

    “le plus grand orgue de l’Europe tout entière” ! Non, je ne crois pas. Je pense qu’il s’agit de celui de Passau en Allemagne. Mais Brasov est une ville qui vaut le voyage. Pe curand…

    • Service français RRI on

      Bonjour,

      Votre citation n’est pas exacte – il ne s’agit pas “du plus grand orgue d’Europe” mais “de l’un des plus grands orgues d’Europe”. Veuillez relire le texte. Merci !

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