Birmanie : Pas de liberté sans sécurité

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La Birmanie, pays de toutes les espérances et de toutes les promesses

Tandis qu’on se bouscule au portillon pour entrer au Myanmar : diplomates, investisseurs, et bénévoles,  Daw Aung San Suu Kyi  entame son tour d’Europe. Folie de développements, de projets de constructions de routes, de ponts, de lignes électriques, de tracés de chemins de fer ont été dévoilés par des compagnies indiennes, chinoises, thaïlandaises et américaines. Reconstruire le pays ! Dans ce pays où les lois, les règles, les institutions sont quasi inexistantes, ou, si elles existent, sont le plus souvent aussi invisibles que contestables. Sur cette terre, une des plus riches d’Asie (sinon comment expliquer ce rush d’investisseurs voraces), vivent les plus pauvres des pauvres d’Asie… Pauvres et sans droits, pauvres et dans l’incertitude et l’insécurité.

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Sur les 70 % de la population du Myanmar (47 millions d’habitants), un tiers ne possède pas de terre. Terres confisquées souvent sans compensation et pour quoi ? « pour les accorder aux grosses compagnies étrangères dans un processus qui va en s’accélérant » lit-on dans le International Herald Tribune d’aujourd’hui. « Et lorsque ces petits fermiers disposent d’un lopin de terre, ils ne cultivent que ce que le gouvernement  et l’armée leur ordonnent de cultiver. Avec quotas de productions » !

« Deux nouvelles lois viennent de voir le jour écrivent encore Roy Prosterm et Darryl Vhuger. Elles viennent d’être proposées et attendent l’aval de Thein Sein… Elles vont donner encore plus de pouvoir au gouvernement pour saisir sans consultation ni compensation la terre des fermiers ».

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Si ces fermiers n’ont pas la sécurité de posséder la terre pour y cultiver ce qu’ils veulent, ils n’investiront pas pour améliorer leurs récoltes. Et ça risque d’être le cycle infernal : récoltes insuffisantes, problèmes de la faim… et les enfants travaillant sur les routes pour apporter un maigre supplément de revenus aux parents.

Quant aux touristes, qu’ils ne se demandent pas pourquoi les parents n’envoient pas leurs enfants à l’école – encore faudrait-il qu’il y en ait – et qu’ils oublient leurs outils de comparaison, rien n’est pareil dans ce pays soumis à la dictature, à l’arbitraire, à la violence ou au sadisme des pouvoirs militaires en place, depuis 60 ans.

A l’heure où Daw Aung San Suu Kyi reste un espoir lumineux pour un peuple qui vit dans l’ombre, ne pas imaginer que parce qu’on a lui dit : « maintenant tu es libre » qu’il se sentira libre. La liberte ça s’apprend, ça s’acquiert. Il y a des mécanismes à remettre en route, des apprentissages essentiels à acquérir avant de pouvoir réellement ressentir cette sensation et cette réalité de la liberté. Des bénévoles s’y attèlent dans les campagnes. C’est un processus très long.

Pour être libre, pour se sentir vraiment libre, il faut vivre avec un minimum de sécurité. Sans sécurité, pas de liberté.

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Dans le camp de Mae La, juin 2012

« Dompter les généraux », ou « Une armée incontrôlable » !

Le gouvernement birman « gesticule » pour améliorer son image face à la communauté internationale. Pour que l’Union Européenne et les Etats-Unis lèvent les sanctions qui pèsent sur le pays. Pardon ! Sur le peuple. L’un des peuples les plus pauvres du monde dans l’un des pays les plus riches du monde !


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Je dînais il y a quelques jours avec Thoenda, une jeune femme birmane refugiée en France. Elle a fui son pays pour des raisons politiques et nous évoquions – entre autre – la ville de Mandalay, ville aux mille clochetons dorés et temples bouddhistes se transformant en ville chinoise avec commerces du sexe, casinos et… maffia, Les chinois ont investi la ville comme ils ont transformé, sans état d’âme, Lhassa la ville sainte du Tibet en ville touristique avec karaokés, salons de massages et la suite… Le sexe et le fric y règnent (Mélenchon dans un de ses discours passés avait trouvé ça plutôt bien que les chinois aient délivré les tibétains d’une main mise sur le pays par les moines !) Le gouvernement chinois a beau organiser des « semaines de rééducation patriotique » dans les couvents et les monastères, les manifestations continuent au Tibet… des hommes, des femmes, des moines manifestent au péril de leur vie. A Mandalay, ça se passe en douceur. Quand on apporte l’argent à ceux qui n’ont rien, ils acceptent tout : la langue, le sang mêlé, le commerce. C’est ainsi que la Chine conquiert sans combattre (Sun Tzu a dit : dans « l’art de la guerre »,  la meilleure chose à faire est de prendre le territoire de l’ennemi entier et intact sans combattre ».

Autre question posée comme ça, en douce à Thoenda : « Tu as vu le film The Lady ? « Bien sûr » « Et alors ? » « Oh ! Ce monsieur a juste voulu faire de l’argent ». Sauf que je ne pense pas que Besson « ait fait de l’argent » avec ce film qui est un véritable flop. « Et Daw Aung San ? »  (Daw est l’équivalent de « tante » une façon respectueuse d’appeler Aung San Su Kyi) « Ce n’est pas une dame sentimentale, c’est une dame de fer ».

A ce propos, j’écoutais en différé l’émission « C dans l’air ». Pascal Boniface parlait de contagion du « printemps arabe » en Birmanie. J’ai failli m’étrangler. Trop drôle (c’est une antiphrase bien sûr). La contagion dans un pays où il n’y a pas l’électricité partout – même à Rangoon – ou il n’y a pas internet (à part quelques lieux privilégiés. Dans un pays où parler de démocratie est dangereux. En Chine par exemple où Facebook n’existe pas officiellement, où les sites sont surveillés-  le thé au jasmin avait été banni de la publicité à cause de la référence à la révolution de jasmin en Tunisie –

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En dépit des reformes entreprises et de la libération d’une partie des prisonniers politiques, la guerre ethnique continue de faire rage et même s’intensifie dans les montagnes du nord de la Birmanie.

International Human Rights Watchers, ainsi que des civils, des militaires et des officiers Kachin ont déclaré que les soldats birmans avaient brulé et pillé des maisons, planté des mines, recruté de force des porteurs, violé et torturé et exécuté des civils… la routine. Plusieurs milliers de villageois ont fui vers la province du Yunnan en Chine et des dizaines de milliers d’autres sont maintenant « déplacés ». Ces combats ont soulevé des questions sur la réalité des réformes entreprises par Thein Sein (ancien général), premier président déguisé en civil depuis 50 ans et qui est en train d’ouvrir son pays à l’ouest.

Les actions brutales des généraux mettent en danger les relations avec les Etats-Unis et la Chine car Thein Sein semble incapable ou n’a pas la réelle volonté de « dompter » ses propres généraux.

C’est dans l’état Kachin du nord de la Birmanie que l’on trouve les plus beaux jades du monde, mais aussi l’or, sans parler du bois de teck et des fleuves sur lesquels les chinois construisent des barrages pour fournir l’électricité  (90 % étant destiné à  leur pays).

Les birmans – un terme qu’on ne devrait plus utiliser car il ne désigne que l’ethnie dominante birmane –  mais comment appeler les habitants du Myanmar. Les myanmarais ? Les myanmarais donc sont constitués de birmans, de kachin, de karen de shan et de beaucoup d’autres ethnies… qui réclament leur autonomie depuis plus de 60 ans. « Lorsque la politique ne règle pas un problème, on le fait par les armes. Mais difficile de défendre notre territoire à cause de l’inégalité des forces des deux armées. C’est une disgrâce, un malheur d’être Kachin disent des réfugiés qui emplissent les camps de bambou du cote chinois ».

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Qui est l’auteur?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman « théâtre d’ombres » qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

Découvrez le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures …

Michèle Jullian

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