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Quel est l’état des réseaux routiers et des infrastructures routières en Roumanie?

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Selon le Conseil des Investisseurs Etrangers de Roumanie, l’infrastructure nationale de transport nécessite des investissements importants, mais couvrables par des fonds européens. L’urgence en est manifeste, car, par comparaison avec les pays d’Europe occidentale, pour parcourir une même distance, les Roumains mettent actuellement le double du temps qu’il leur faudrait dans des conditions normales. “Il est bien difficile d’attirer des investissements étrangers en l’absence d’une infrastructure adéquate”, notait le président du Conseil, Shachar Shaine.

Cette organisation, réunissant les sociétés étrangères les plus importantes qui opèrent dans le pays, a avancé plusieurs propositions visant à améliorer la législation en matière d’acquisitions publiques d’infrastructure routière. Sur ce segment précis, l’absorption de fonds européens et l’efficacité accrue des projets pourraient compenser le niveau insuffisant des financements publics. Les propositions respectives ont principalement porté sur les offres d’appel publics, la fixation des prix et les procédures de contestation. Le Conseil des Investissements Etrangers, cité par l’agence de presse roumaine Mediafax, souligne la nécessité que les pratiques européennes dans le domaine des acquisitions publiques servent de références obligatoires et que les normes de l’appel d’offre se plient aux besoins réels du projet.

En même temps, on devrait envisager des contrats de travaux multi – annuels ou sur le long terme. A noter que le gouvernement roumain proposera un pacte national sur la construction d’autoroutes, financé à raison d’au moins 1% du PIB. Celui-ci devrait inclure les projets réalisables d’ici 2020, pour lesquels devrait être assumé un engagement de cohérence et de continuité en matière de financement au niveau approprié et conforme au programme gouvernemental.

Parmi les objectifs de celui-ci on retrouve le financement d’un tronçon de 250 kilomètres de l’Autoroute «Transylvanie ». Il devrait relier les villes roumaines de Târgu Mures, au centre, et de Bors, dans le nord-ouest, à la frontière avec la Hongrie. Il s’agit d’un projet réalisé par la compagnie américaine Bechtel et financé de fonds publics. Au même programme figure aussi la finalisation d’un tronçons autoroutier de 110 kilomètres entre Bucarest et Comarnic. Enfin, un autre tronçon d’une 50 de kilomètres de long, reliant les villes- stations de montagne Comarnic et Brasov devrait mis en place, en régime de concession, d’ici 2014. Dans une interview à Radio Roumanie, le secrétaire d’Etat au Ministère des Transports, Constantin Dascalu trouve que le budget alloué cette année à son ministère est insuffisant :
“Le budget est insuffisant non seulement du point de vue des fonds structurels, mais aussi du point de vue de tous les investissements que déroule à l’heure actuelle le Ministère des Transports. Malheureusement, par rapport à l’année dernière le budget a baissé de 8%, soit en chiffres absolues d’environ 240 millions d’euros. Le financement européen nous aide à projeter 5 secteurs d’autoroute, du corridor 4 pan-européen, auxquels s’ajoute le secteur Deva-Orastie, qui sera construit avec l’argent fourni par les programmes de pré – adhésion. J’espère pouvoir convaincre le gouvernement roumain que l’argent dont nous disposons est insuffisant pour réaliser tout ce que nous nous sommes proposés de réaliser cette année.”

De l’avis de l’analyste économique Dan Suciu, le problème réside plutôt dans l’accès déficitaire aux fonds structurels que dans le budget réduit alloué au Ministère des Transports.
“Malheureusement, cette année, le budget des transports ressemble beaucoup à celui de l’année dernière, dans le sens où l’Etat roumain couvre plus 90% des fonds. Normalement, le taux des fonds structurels devrait être plus grand. Donc le problème ne réside pas dans le cofinancement, mais dans l’absorption des fonds structurels, qui, je le répète, se situe à moins de 10% du budget. J’ai entendu à maintes reprises le ministre des transports Radu Berceanu se plaindre de ne pas disposer des fonds nécessaires à cause du budget alloué à son ministère. Mais c’est notamment dans ce domaine que devraient intervenir le management et les structures du ministère qui peuvent attirer l’argent communautaire mais qui ne le font pas.”

Rappelons que, même dernièrement, le ministre des transports et de l’infrastructure, Radu Berceanu, a déclaré que pour l’autoroute Transilvania, par exemple, le gouvernement ne peut dépenser des montants supérieurs à ceux prévus dans le budget d’Etat, afin de ne pas dépasser le déficit convenu avec le Fonds Monétaire International. Pour ce qui est des autoroutes, voici ce qui est prévu cette année: le périphérique de Sibiu sur le corridor n° 4, la finalisation d’une cinquantaine de km de l’autoroute reliant Bucarest à Ploiesti, mais aussi les préparatifs en vue de la construction du tronçon entre Comarnic et Brasov de l’autoroute Bucarest-Brasov. Les travaux pour le dernier tronçon de l’autoroute Bucarest-Constanta se poursuivront; il s’agit du tronçon Cernavodà-Constanta. A son tour, le maire général de la capitale, Sorin Oprescu, a fait savoir que les travaux à une autoroute suspendue qui reliera l’Ouest au Nord de Bucarest démarreraient cette année. Actuellement, la Roumanie ne dispose que de 300 km d’autoroutes.

Auteur  : Cristian Mihu ; trad. : Mariana Tudose ; Alex Diaconescu

Bucarest : l’autoroute suspendue – plus ou moins suspendue

Pour conquérir le fauteuil de maire de Bucarest qu’il occupe actuellement, le docteur Sorin Oprescu lançait, entre autres, l’idée d’une autoroute suspendue. Ligia Mihàiescu, de RRI, a fait le tour du sujet.

C’était en 2008, et non, le spectre de la crise ne menaçait pas encore. C’était la frénésie des crédits pour tout. L’immobilier connaissait un boom inouï, on s’offrait des maisons, des voyages et des voitures à gogo, comme si l’échéance était prévue au grand jamais. Le trafic était peut-être le premier cauchemar des bucarestois, la vitesse moyenne de déplacement – en chute libre – étant tombée à quelque chose comme 11 km-h. Idée gagnante pour le docteur Oprescu, bien que personne n’y croyait vraiment. Une autoroute du Nord très chic vers l’Est, mue par la suite en anneau autour de la ville, à ne pas confondre avec un périphérique, et en tout cas suspendue à 10 m au-dessus du sol.
Pas la peine de vous présenter la carte de cette autoroute, car elle a encore le temps de changer. C’est d’ailleurs pourquoi les officiels sont assez laconiques quand on leur pose la question. Une route à régime d’autoroute, précise-t-on quand même, là encore, en sourdine. Vous voulez l’utiliser ? Passez donc à la caisse ! Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Le prix d’un seul km est estimé entre 18 et 35 millions d’euros, soit une fourchette du simple au double. Selon le ministère des Transports, différentes technologies de pointe doivent être utilisées pour traverser à bien les voies de chemin-de-fer, ainsi que les lignes de haute tension. Si de telles autoroutes existent bel et bien au Japon et en Chine, la nôtre n’est pas si près de voir le jour.
Ainsi passèrent 2008 et 2009. A l’instar de toute promesse électorale, elle a été laissée au fond d’un tiroir pour un levage indéfini. Et – stupeur : l’édile la ressort et la revisite début 2010, caressant de nouveau ce rêve ressuscité. Oprescu reprend l’idée cette année, et annonce le début des travaux aux trois premiers modules (déjà visibles), ainsi que leur finalisation l’année prochaine. Cette première partie de l’autoroute suspendue aura une longueur de 7,5 à 11 km. A vos marques, prêts ? Partez ! Faux départ, pourtant. Car il faut terminer d’autres grands travaux en cours et les mettre en corrélation avec celui-ci. Et là, d’autres travaux d’infrastructure passent avant, dans l’ordre logique des choses.
Mais la crise sévit, et vous vous demandez à juste titre où le maire trouvera l’argent nécessaire. Il le puisera d’abord dans le budget local, mais aussi dans un partenariat public-privé.
Entre mars et avril, autre changement de plan : l’autoroute reliera le nord au sud de la capitale, mais pas de sitôt. Car 34 expropriations nécessaires sont contestées en justice. Et la justice, en Roumanie, est surchargée de dossiers. Le projet de l’autoroute suspendue est donc suspendu, mais l’édile fait état à la place de la construction d’une autoroute censée relier le nord au sud de la ville. Une autoroute à 4 bandes, prévue d’une voie double de tram, de pistes cyclables, de trottoirs de 3 mètres et d’un mètre d’espaces verts. La réalisation se fera en trois tronçons, dont le premier – déjà en cours – doit être finalisé jusqu’à la fin de l’année. De la science-fiction pour Bucarest, où les délais ne sont jamais respectés. Exproprier les 34 immeubles restants coûtera 150 millions d’euros et la construction du premier tronçon de la Diamétrale Nord-Sud, comme elle a été baptisée, – une autre trentaine de millions. On ne nous dit pas à combien se chiffrera la reconstruction ailleurs d’une très belle salle de cinéma tombée en ruine, située sur ce parcours. Un autre projet cher au cœur du maire, histoire de faire son cinéma.

Ligia Mihàiescu

http://www.rri.ro

 



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