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La roumaine Iana Matei ; personnalité européenne de l’année

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Chaque année, les 19 rédacteurs en chef des éditions européennes du magazine Reader’s Digest accordent le titre de “L’européen de l’année” à une personne extraordinaire qui, par ses actions, a réussi à influencer et à changer le monde. Quels sont les critères de la sélection? Réponse avec Anca Titorov, rédactrice en chef de l’édition roumaine de Reader’s Digest…
“En général, ceux qui ont été récompensés par ce titre, n’étaient pas des personnes connues, des VIP, mais des gens qui ont réussi à changer la société dans laquelle ils vivent, à la rendre meilleure. Chaque rédacteur en chef fait une, deux ou trois propositions, qui sont par la suite envoyées à Amsterdam. On lit toutes les propositions, on en débat, et on choisit la personne qui mérite le plus ce prix. Cette année, la Roumaine Iana Matei a été de loin la candidate la plus impressionnante”.

En effet, en 2010 le titre de l’Européen de l’Année a été attribué à une Roumaine. (Précisons que des Roumains ont figuré sur la liste des propositions lors de chacune des 15 éditions de cette manifestation). Cette fois-ci, Iana Matei a été récompensée pour sa lutte contre la traite humaine. Elle compte parmi les nombreux Roumains qui tâchent de s’affirmer tout d’abord à l’étranger, pour aider ensuite leur pays d’origine. Anca Titorov raconte comment Iana Matei a attiré l’attention de l’équipe de Reader’s Digest:
“Ce sont nos collègues allemands qui l’ont découverte suite à un reportage télévisé. Ils nous ont dit que notre pays comptait une femme tout à fait extraordinaire qui méritait bien le tire d’Européenne de l’Année. Effectivement, ces dernières années, Iana a fait l’objet de nombreux reportages réalisés à l’étranger. En essayant de nous renseigner sur son travail, nous avons trouvé une multitude d’articles sur Internet. Elle nous a tellement impressionnés, que nous étions presque sûrs qu’elle allait décrocher le prix. C’est rare que l’on découvre une personnalité si intéressante, une personne qui se dédie aux autres avec tant d’altruisme et d’énergie. Elle est tout à fait incroyable”.

Voyons plus concrètement, quelles sont les activités qui ont valu à Iana Matei la distinction d’Européenne de l’Année. Eh bien, c’est elle qui a présenté devant le gouvernement américain la situation des enfants roumains, victimes de réseaux internationaux de traite humaine. Elle a collaboré avec des organisations telles que le Bureau des Nations Unies contre la Drogue et le Crime Organisé et a fait partie d’une commission d’experts qui ont conseillé l’OTAN au sujet de la lutte contre la traite des personnes. Pour le formidable travail qu’elle a fait pour sauver les victimes de ce fléau ainsi que pour l’aide qu’elle offre à la Police Roumaine et aux autorités, Iana Matei a été déclarée en 2006 “Héroïne de l’Année” par le Département d’Etat américain. En 2007, elle a reçu le Prix pour l’Abolition de l’Esclavage de la part de la Chambre des Lords de Grande Bretagne. Malgré toutes ces distinctions, elle est méconnue en Roumanie, où un seul magazine l’a nommée “Femme de l’année 2008”. Moins recherchée par la presse roumaine, Iana Matei est souvent contactée par la police locale. Ecoutons-la:
“Sincèrement, les policiers qui s’occupent du crime organisé m’ont souvent remerciée pour les avoir aidés dans des situations où ils étaient depuis longtemps à la recherche de solutions. Il m’appelaient tard dans la nuit, très tôt le matin ou à n’importe quel moment où ils trouvaient une victime de traite humaine. La police a toujours apprécié mon travail. Récemment, j’ai même reçu des applaudissements pour avoir été nommée Européenne de l’année”.

Ca fait déjà 11 ans que Iana Matei s’occupe des enfants victimes de la traite de personnes. Durant ce laps de temps, elle a réussi à sauver 420 personnes. Parmi elles, la plupart ont été réinsérées dans la société, ont un emploi et ont fondé une famille. Une bonne partie des filles sauvées par Iana sont aujourd’hui des mamans. Comment cela ce passe-t-il? Les organisations rapatrient les jeunes filles et les envoient chez Iana, qui s’occupe du reste, notamment de la réinsertion sociale. Les dépenses annuelles de son organisation appelée “Reaching Out” (“Une main tendue”), qui se montent 80.000 dollars, sont couvertes par Make Way Partners, une organisation américaine qui lutte contre la traite humaine. La somme peut sembler importante, mais elle est essentielle pour que la réinsertion sociale des jeunes filles soit un succès, explique Iana Matei:
“Le taux de réinsertion est de 84% des filles avec lesquelles j’ai travaillé et qui maintiennent le contact avec nous. A l’heure actuelle je sais où se trouve chacune d’entre elles, ce qu’elle fait et si elle va bien. Pour les 15% restants, je sais que certaines retournent dans la rue mais avec d’autres j’ai complètement perdu le contact. Je crains qu’à un moment donné on aura assez parlé de la traite humaine et on n’y pensera plus. Moi, tout ce que je fais, je le fais par passion et parce que je trouve que c’est normal. Je continue à espérer que l’on va trouver une solution au problème”.

Sachez aussi que le titre de “L’européenne de l’année” est accompagné par un chèque. Explication avec Anca Titorov, rédactrice en chef de l’édition roumaine de Reader’s Digest:
“Nous souhaitons soutenir ces gens dans leur activité. La plupart des fois, trouver des fonds est leur principal défi. Nous leur offrons 5000 euros. Ce n’est pas beaucoup, mais nous espérons avoir aidé Iana Matei à poursuivre ses démarches que nous trouvons vraiment importantes. Maintenant qu’elle est plus connue, nous espérons que les gens qui ont vu le bien qu’elle fait aux autres, vont aussi la soutenir d’un point de vue financier”.

Pour terminer, sachez que parmi d’autres lauréats du prix “L’Européen de l’Année” figurent Linus Torvalds, le Finlandais qui a inventé le célèbre système d’exploitation Linux (en 2001). S’y ajoutent un Hollandais qui a dénoncé la corruption et la mauvaise gestion au sein de la Commission Européenne (en 2000), un prêtre hongrois qui aide les personnes démunies, un médecin suisse qui soigne les malades du SIDA au Zimbabwe et bien d’autres qui, à l’instar de Iana, ont choisi de donner plus qu’ils ne reçoivent.

Aut: Andreea Demirgian; trad: Valentina Beleavski

http://www.rri.ro



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