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Les chats persans de Bahman Ghobadi : un film militant inabouti (cinéma iranien)

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chats persans Bahman GhobadiLes chats persans, sorti en décembre 2009, semblerait être le film qu’il faudrait voir, et qu’on peut valablement opposer a la locomotive hollywoodienne de Cameron, Avatar 3D. Au lieu d’investir une somme colossale (500 millions de dollars) pour en faire une exploitation rentable, il s’agirait d’un réalisateur hors de la ligne pro-gouvernementale qui montre au monde les errements de son pays. Une œuvre saine, donc.

Introduction au persan et à l’iran

Je connais un tout petit peu l’Iran pour y avoir passé un bon mois du temps de la dernière année du Shah. Il se disait que les barbus allaient prendre le pouvoir, et que ce ne serait pas mieux. Les ayatollahs ont en effet fomenté une révolution, qui a tout entrainé avec elle, y compris le régime du Shah, honnis, et de sa fameuse police politique, la SAVAK. Khomeiny qui vivait en France (Neauphle le Château) y a instauré un nouveau pouvoir, la France et l’Iran se sont fâchés, et en retour, l’asile que nous avions accordé à Chapour Bakhtiar, dernier premier ministre du Shah, s’est transformé en exécution sur commande.
En 2009, on parle d’échanger l’assassin contre Mademoiselle Rey, mais le gouvernement français, qui a beaucoup à se reprochez vis-à-vis du régime islamiste d’Iran (confiscation de l’argent investi dans le surrégénérateur de la vallée du Rhône, aida l’Irak dans la guerre Iran-Irak) marche sur des œufs.

On sait que la jeunesse n’est pas un franc soutien des ayatollahs, et que les mauvaises politiques économiques et les prévarications diverses on rendu les anciens révolutionnaires peu a peu insupportables.
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Synopsis

Negar et Ashkan jouent de la musique. Ils n’ont aucune activité politique, mais veulent jouer du rock, sauf que la musique en question est interdite. Donc on se débrouille.
Il semble que les deux amis jouent bine, mais que devant l’impossibilité de faire un concert, même en secret, ils envisagent de partir en Europe. On les voit s’engager dans une filière de faux visas et de faux passeports. Début d’une quête au voyage.
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Discussion autour des chats persans

Dans ma salle UGC du quartier latin, la lumière s’éteint puis se rallume, et le réalisateur, Bahman Ghobadi vient nous faire un speech. Il est traduit par une femme, que je pense être la co-scénariste, son amie dans la vie.
Bonne idée.
Malheureusement le speech est un peu en manque d’idée : Parlez au maximum de mon film à vos amis de façon que ce film puisse être vu par un grand nombre de personnes.
Je comprends qu’l en a gros contre le régime, qu’il savait en filmant qu’il devrait partir, que tout ceci se faisait en cachette, et que c’était un dernier séjour.

Oui, mais on vient voir un film parce que c’est un spectacle, et j’attends donc de juger sur pièce. Peut-être y aura-t-il la tension et les images qui vont me convaincre…

Negar et Askhan semblent manquer de tonus. Ils ne peuvent pas jouer ici donc ils vont jouer ailleurs. Le régime les gêne, mais pas la politique. A la limite, si, en s’arrangeant avec la loi islamique on pouvait les autoriser a jouer trois ou quatre fois par an, et faire quelques concerts à l’étranger, ils s’en contenteraient.

La loi de fer est-elle une contrainte ? On s’en va d’une banlieue à l’autre pour rencontrer des membres potentiels d’un groupe, lesquels répètent tous au vu et au su des voisins, simplement on prend quelques précautions : Les voisins se plaignent du bruit (normal, la musique fait du bruit, en Iran comme ailleurs) donc on attend que le voisin sorte. Jamais les musiciens ne seront inquiétés réellement, sauf lors d’un pseudo concert final qui tient plus de la beuverie et de la consommation de drogue a outrance que de l’acte artistique.
En Europe, la police serait aussi intervenue.

Du coup, j’ai un peu de mal à comprendre le message, car je ne crois pas qu’il y ait de message. Si j’ose résumer, les musiciens peuvent jouer, tant qu’ils ne sont pas montrés. Le risque est pris par le cinéaste.

La quête du passeport, le prix que ça coute, le comment se débrouille Nader, cela a un intérêt, mais j’ai du mal à tenir ce rythme sur plus d’une demi-heure.
Tout le monde ou presque est sympa dans cette ambiance, alors qu’on est censé dénoncer des méchants. Le côté dénonciation n’est donc finalement qu’une imposture à mes yeux.

Si l’on s’écarte de ce dernier, le film est-il intéressant ? On montre l’Iran d’aujourd’hui, mais de loin, je n’ai jamais vraiment visité ni une boulangerie, ni un petit magasin, je n’ai pas vraiment vu ou ni comment vivent nos deux héros, je vois qu’ils font de la voiture continument, sans souci, qu’elle a un voile, mais qu’elle n’est jamais vraiment ennuyée, et du coup tout cela est bien lent.

La caméra ne fait jamais de gros plan, zoome rarement, bref je m’ennuie. La technique ressemble à la voiture, comme chez nous il y a quarante ans.

La génération de la révolution, les parents, la vie de tous les jours, ce ne sont pas les points d’intérêts, et les deux jeunes m’échappent trop souvent
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Les Acteurs dans Chats persans

Negar Shaghaghi et Ashkan Koshanejad jouent leur propre rôle. On ne peut pas dire qu’ils jouent mal, ils sont naturels.

Hamed Behdad joue Nader, c’est déjà autrement mieux sans atteindre le très bon.

Pour le reste, les rencontres sont vraiment inégales, parfois on rit, parfois on met un peu de temps a comprendre ce qui se passe, et malheureusement beaucoup de dialogues manquent bougrement de peps.

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Ma conclusion

Pour ne pas mourir d’ennui certes.
Certainement pas pour se trouver l’âme militante. Sinon, on peut éviter.



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