Rusaliile et Rosalia : la Pentecôte en Roumanie depuis les origines

“Rusaliile” est une fête ancienne dont les origines remontent à l’époque des Daces et de la mythologie romaine. Chez les Romains, Rosalia, “la Fête des Roses”, était une journée consacrée au culte des morts : on apportait des offrandes aux âmes des défunts – des aliments et des roses pour les apaiser.


Dans le folklore roumain, Rosalia a subi des modifications sous l’influence du culte solaire et des mythes autochtones. La fête dure 9 jours, personnifiés en fées méchantes, jeunes, belles, capricieuses et vindicatives. Elles peuplent l’air et les forêts. Ce sont en fait des esprits de jeunes filles mortes sans être mariées.

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Crédit photo : niculina moisescu

Ces fées sont connues surtout pour leur danse, qu’elles pratiquent, disposées en cercle, la nuit, dans l’air ou sur la terre. Leur jeu est d’ailleurs très dangereux, dit-on, pour les mortels qui les voient ou qui passent par hasard par l’endroit où les “Rusalii” ont dansé. Ils tombent dans un état de léthargie, dont il est presque impossible de les faire sortir.
Si quand même un mortel voit ces fées sans être aperçu, il ne doit pas bouger, ni parler.

Sachez aussi que là où ces fées dansent, la terre est brûlée et l’herbe noircit ou ne pousse plus.
Veronica Bogoiu, ethnologue au Centre de Conservation de la Tradition Populaire de Brasov, nous en dit davantage:
“Rusaliile” est une de fêtes qui marquent le début de l’été. C’est un moment magique, où les esprits maléfiques reviennent dans le monde des vivants pour effrayer les gens. C’est aussi le moment où les âmes des défunts se préparent à retourner dans l’au-delà, après avoir eu la permission de visiter leurs familles à Pâques. L’origine des Rusalii, sur lesquelles est venue se poser une fête religieuse, témoigne du caractère complexe de cette célébration. Après l’apparition du christianisme cette fête romaine des roses est devenue la Pentecôte. Son côté funéraire s’est accentué avec le temps et de nos jours, le samedi de Pentecôte est consacré à la mémoire des morts dans la plupart des villages de Transylvanie, de Bucovine, de Moldavie et du Banat. C’est le jour où les gens apportent des offrandes aux morts pour les empêcher de rester dans ce monde sous la forme d’esprits maléfiques. Ce rituel est censé rétablir l’équilibre entre les deux univers”.

Tout le monde sait qu’il faut se méfier des fées méchantes! Leur danse magique peut rendre les gens fous. On dirait qu’ils sont hypnotisés à jamais. Et les remèdes sont rares, presque inexistantes. Toute fois, la danse des “Calusari” (une danse d’hommes) pourrait annuler les effets de la magie des fées.

Au-delà des mythes et des légendes, la Pentecôte reste une des fêtes religieuses les plus importantes chez les Roumains. L’ethnologue Veronica Bogoiu explique:
“La fête pré – chrétienne des roses est devenue la Pentecôte, célébrée 50 jours après Pâques. Ce jour-là, le sacré et le profane se mêlent. C’est le moment propice pour consacrer l’eau et la terre. On dit que c’est le meilleur moment de bénir les cultures agricoles pour les protéger des catastrophes. De même, c’est un moment propice pour les rituels de fertilisation et de protection. Dans certaines zones du pays, les jeunes ont l’habitude d’apporter des fleurs et de les attacher aux portes des maisons des filles. Ces fleurs annoncent la fête de la Pentecôte”.

Par conséquent, 50 jours après Pâques, à la Pentecôte, méfiez – vous des fées méchantes. Et si vous avez réussi à leur échapper, alors faites aussi attention aux croisements des chemins qui cachent de nombreux mystères … dont nous allons parler une autre fois.

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