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Le Piémont pyrénéen à vélo ; Cyclotourisme en Midi Pyrénées et dans l’Aude

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Une idée de voyage en cyclotourisme? Randonnée à vélo sur la route du Piémont pyrénéen, dans les Pré Pyrénées, depuis le Gers, Toulouse et la région toulousaine, jusqu’aux Corbières, en passant par l’Ariège et le pays de Comminges. Récit de voyage rempli de découvertes et de rencontres.

Etant en congés pour un mois, je me décide à partir… de Magescq dans les Landes, à traversvelo piemont pyreneen les petites routes forestières en direction de Mont de Marsan…Je traverse donc une ribambelle de hameaux jusqu’à Buglose, où je m’arrête un instant pour écouter le carillon pendant ma pause…Lesgor, St Yaguen…et Mont de Marsan. L’ancienne voie ferrée ayant été transformée en piste cyclable jusqu’à Villeneuve de Marsan, j’en profite, sachant que dans ce village il y a un camping, cher mais confortable.

Le lendemain, levé aux aurores, j’enfourche ma bicyclette en direction du Gers… ici, les routes sont moins rectilignes et le relief légèrement plus vallonné que dans le Marensin. Labastide-d’Armagnac est un gros bourg où la place du village est bordée de « couverts « qui témoignent d’une activité commerciale importante autrefois. Je continue mon parcours en passant devant « Notre Dame des Cyclistes » chapelle reconvertie en musée en mémoire à tous les cyclistes.

Arrivé à Séviac, j’en profite pour visiter la villa gallo romaine et ses superbes mosaïques… Arrivé au village fortifié de Larressingle, je m’arrête et suis étonné d’apprendre que les beaux châteaux, colombiers, moulins, que j’ai vu aujourd’hui sont détenus par…des anglais ! À en croire les gens du village de Cassaigne. Je passe devant l’abbaye de Flaran rapidement car il commence à faire une chaleur orageuse et je crains le pire pour ce soir…et j’arrive à Fleurance, village typique gersois où une nouvelle m’attend : le camping de Fleurance est fermé définitivement !

Le lendemain, levé au chant du coq, la tente imbibée comme un escargot, je prends mon vélo pour me rendre sur st Nicolas la Grave, près de Montauban. Le lendemain, je dors au départ de la piste cyclable de Sainte-Rustice près de Toulouse. Comme tous les soirs, je marche tranquillement une heure pour me détendre et m’assouplir un peu les jambes. Un copain m’héberge pour deux nuits, ce qui me permet de faire sécher ma tente, mes vêtements de pluie, et laver mon linge. Ici, les voies cyclables sont dangereuses.


Découvrir Toulouse et la région toulousaine à vélo


Le lendemain, on parcourt tranquillement les rues de la « ville rose » et, bien que je connaisse déjà cette ville, je prends plaisir à flâner, et à contempler les divers édifices et maisons anciennes. Je me lève tôt pour profiter de la fraîcheur du matin et donc me lance sur la piste cyclable en direction de Ramonville. Le long du canal du midi sont alignées des péniches, dont certaines sont sédentaires, vétustes, flottant par je ne sais quel miracle…j’approche du pont canal des Herbettes, Port sud d’Auzeville Tolosane et fait une pause à Castanet Tolosan pour regarder le château de Rabaudy. J’observe un moment une péniche à l’écluse de Castanet. L’écluse est de forme ovoïdale et a paraît-il servie de modèle pour la construction des autres écluses. Un moulin, au pied d’elle, construit en 1674 sur la dérivation de l’écluse, est maintenu par l’aqueduc qui le relie. Successivement, je traverse la maison éclusière de Montgiscard, son pigeonnier, son vieux lavoir, puis je parviens à Port Lauragais. Je m’y arrête un peu le temps de faire une halte à la buvette et pour manger. Je prends par erreur le GR 653 qui conduit à Saint Ferréol, ce qui m’oblige à bifurquer rapidement par la D433 et reprendre l’autre rive du canal…

castelnaudary

Castelnaudary est une petite ville occitane très particulière avec ce bassin où de très nombreux bateaux séjournent. Des plaisanciers étrangers, pour la plupart empruntent un bateau et non une péniche pour parcourir le canal du midi à ceci près que l’on va beaucoup plus vite en cyclo qu’en bateau ! Le revêtement du chemin de hallage étant de moins en moins bien entretenu, je décide de le quitter le lendemain à Carcassonne, tout comme le couple de cyclistes qui font route avec moi depuis le camping de Villepinte.

Il est midi et je m’arrête dans un restaurant avec vue panoramique sur la cité et sur mon vélo sur lequel je veille comme sur un enfant …j’ai droit au fameux cassoulet dit de « Castelnaudary » et une petite sieste s’impose car il fait top chaud malgré un petit vent. J’ai prévu l’après midi de faire une virée dans les Corbières…jusqu’à Lagrasse. Je me dirige donc vers Palaja, sur la D42 et après trois heures de route à vélo …

Lagrasse un des plus beaux villages de l'Aude


Cyclotourisme entre les Corbières et l’Orbiel


Route en plein soleil (heureusement que j’ai tardé un peu auparavant) me conduit à Lagrasse après avoir traversé deux belles collines avec un point de vue remarquable sur la montagne noire (j’y avais fait un séjour à vélo pendant quinze jours et j’en ai gardé un très bon souvenir). Lagrasse est une petite bourgade méridionale pittoresque lotie dans une auge auquel un vieux pont (romain ?) enjambe l’Orbieu. J’arrive trop tard pour visiter l’ancienne abbaye, mais je prend le temps d’admirer les vielles bâtisses et la place du marché, ainsi que les ruelles étroites…qui vont jusqu’au bord de la muraille qui protège le village des crues de la rivière.

Le camping de Lagrasse est perché sur la montagne sur la D212 et j’installe ma tente sur le bord de la falaise pour avoir en soupant l’agréable vue du soleil couchant sur ce petit village charmant. Je déchante quand je vais prendre ma douche car le camping est mal entretenu. Il est 22 heures et le soleil commence seulement à se coucher.

La route sur laquelle je roule borde l’Orbieu et une petite grimpette me conduit à un village où sur un roc subsiste une ruine d’origine cathare très certainement. Il s’agit du château de Dufort et du château de Termes jusqu’au col du Paradis, qui n’est pas si haut que ça, pour descendre sur Arques. A la sortie du village sur le côté droit, j’aperçois une tour de gué très haute, flanquée de quatre tours. A Serres, je prends la direction de Rennes les Bains, Cubière sur Cinoble, Soulatgé pour me rendre aux châteaux de Peyrepertuse. Grandiose !

Ce qu’il y a de curieux, c’est que, malgré le gigantisme de cette forteresse, on ne l’aperçoit qu’au dernier moment du fait qu’elle est construite avec les pierres environnantes. Je prend la peine de visiter aussi un autre château cathare du nom de Quéribus. IL est temps pour moi de chercher un camping car il est déjà 18 heures et que je n’ai pas l’intention de dormir à la belle étoile, quoiqu’il fasse beau et chaud. Je fais ma petite ballade dans le village et en profite pour goûter au pâtisseries d’ici : les rousquilles, les craquants aux amandes, et une croustade avec une crème onctueuse. Peut-être pas très diététique mais suffisamment »plombé » pour bien dormir.

A l’aube, je me réveille ayant mal dormi car les oiseaux se sont chamaillés toute la nuit pour défendre leur territoire. Forcément, il n’y a pas assez d’arbre pour chaque oiseau! Da D117 étant un route très utilisée, je suis contraint de m’orienter vers un autre itinéraire moins fréquenté et donc par conséquent plus montagneux et plus reculé…tiens…je vais faire un petit tour vers le col d’Aussières- y a quelques années j’avais fait du camping dans ce coin là vers la Toussaint et il avait neigé dans la nuit- il faut impérativement que j’arrive à Axat ce soir car il y a un camping.

Le lendemain, je me retrouve à Puivert en début d’après midi et je m’installe au camping, situé au bord du lac artificiel avec vue sur le fort cathare…que je prend la peine de visiter rien que pour gambader. Mon objectif étant de me reposer en vue de monter au Port d’Envalira près de l’Andorre à près de 2000 mètres d’altitude. Je n’y arriverai pas car le temps n’est pas favorable : trop de brouillard, et trop froid…Je n’ai pas envie de me gâcher le voyage alors je m’arrête au Pas de la Case fatigué…et puis il y a ce défilé de voitures et de cars qui devient pénible : je tremble de froid…et de peur. Ce brouillard froid devient dangereux et je me résigne à descendre dans la vallée grelottant de froid jusqu’à Ax les Thermes.


Rouler à vélo en Ariège et au pays de Comminges…


Je commence à accuser la fatigue et je décide de faire une trêve ce jour tranquillement, d’autant plus que le temps s’est levé et que le relief, lui, est toujours orageux alors qu’au village, il fait chaud et humide. On se croirait dans une étuve ! Ayant repris des forces mentales et physiques, je reprend le cyclo le lendemain de bonne heure, de bonne humeur en me disant que je dois impérativement faire des journées moins fatigantes et c’est la raison pour laquelle j’abandonne mon idée de passer par la vallée d’Ustou, mais de m’orienter davantage vers Tarascon sur Ariège et Foix.

A Tarascon, il y a de quoi faire du tourisme : entre les grottes et abris préhistoriques, les vieilles églises romanes…J’arrive à Foix et son imposant château sur son rocher dominant cette charmante ville où je prend plaisir à flâner dans les rues, d’autant plus que je suis rasséréné car j’ai trouvé un camping à la sortie de la ville et que je me ballade sans mon chargement. Je décide de séjourner dans cette ville le temps de faire un ou deux cols ou plus si le temps me le permet. Il fait chaud, beau et sans mes bagages je pense que je me sentirai plus à l’aise. N’est ce pas?

Deux jours plus tard je quitte cette ville le temps aussi de remettre de l’ordre et de m’organiser un peu mieux. De Vernajoul, je prend la D1 en direction du Mas d’Azil, (comme le dit la pancarte « Mas d’Azil, terre d’asile ») car en effet, la route qui passe sous cette immense grotte a abrité des hommes préhistoriques. Des objets, des outils, en témoignent. A mi-journée, je fais une halte casse-croûte au bord de la rivière au bord du Baup, affluent du Salat.

Le lendemain, vaillant, je me sens d’attaque pour passer le col de Portet d’Aspet, c’est certes moins ambitieux que le Port de la Bonaigua, que je n’ai jamais réussi à gravir. La route est très belle, une ribambelle de petites localités mènent au col d’où je discerne un moment le massif du Mont Valier encore enneigé… la descente rapide sur Aspet m’incite à pousser la promenade jusqu’à Saint Gaudens où je connais un camping municipal agréable. Je monte sur Saint-Gaudens par une voie cyclable mal adaptée et dangereuse. Je pars tard du camping, expliquant à un cyclo anglais la route à prendre pour aller à saint Bertrand de Comminges.

Ayant quelques difficultés de langage, je l’accompagne jusqu’à ce lieu chargé d’histoire où la civilisation romaine avait fondé Lugdunum 72 ans avant notre ère. Pourvu d’un temple, d’un théâtre, de thermes, et d’une basilique paléochrétienne, il ne subsiste que des ruines car en 517 elle passa sous l’autorité des Francs et en 585 un conflit opposa Gontran et Gondobald pour la succession au trône. C’est ainsi que les réemplois de pierres ont servi à construire les villes environnantes, et que dans Saint Bertrand de Comminges, il n’y a pas un mur qui ne soit construit avec les pierres et les marbres de la villa gallo romain. Je visite avec lui la cathédrale et le cloître et midi arrivant, on s’installe pour manger au restaurant du village… mais après le repas, on se sépare pour prendre chacun son chemin, le mien me conduisant à Bagnères de Bigorre.

Le col du Tourmalet étant encore fermé à la circulation, je me rabats sur le col de Spandelles dans la vallée d’Argeles- Gazost en prenant soin de passer par la « coulée verte », piste cyclable qui relie Lourdes à Pierrefite Nestalas. Le col de Spandelles est une petite route très peu utilisée qui permet d’accéder à la vallée d’Asson, Nay et Pau. Après une journée de trêve, je rentre sur Magescq… où je reste trois jours avant de reprendre de nouveau mon vélo en direction de Bordeaux. Cette fois-ci, je décide de ne pas utiliser la piste cyclable du littoral (qui part du Boucau, à côté de Bayonne- jusqu’à Mimizan…) Je prends donc le chemin le plus rectiligne qu’il soit, c’est à dire Castets, Naboudé, le lac d’Uza, Mézos, Escource, Lüe Ychoux, où je longe la voie ferrée depuis la gare jusqu’à Lugos et Salles où je retrouve un camping conseillé à juste titre par la fédération de cyclisme.

Le lendemain, je prends la piste cyclable de Salles à Facture à Andernos…puis sur le chemin du retour, je me remémore tout le trajet que j’ai parcouru : près de 1500 kilomètres en 28 jours…et seulement trois jours de mauvais temps…et je réfléchis déjà comment je vais et où je vais faire mon prochain voyage. Je suis très heureux, tout à fait reposé pour reprendre sereinement mon travail.



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