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Les Roms et les droits des minorités ethniques en Roumanie

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Dès la moitié des années ’90, soit bien avant d’être admise à l’Union européenne, la Roumanie était déjà reconnue comme un modèle régional en matière de respect des droits des minorités nationales. Toutes les 18 ethnies reconnues par l’Etat, à commencer par les Ukrainiens et les Serbes jusqu’aux Italiens ou aux Turcs, bénéficient d’office d’un siège à la Chambre des députés, nonobstant leur poids démographique et électoral. Dans une arithmétique parlementaire de plus en plus équilibrée entre le pouvoir et l’opposition, les voix des députés qui les représentent sont devenues dernièrement décisives pour l’installation ou la démission des gouvernements.


En plus, la représentante politique de la minorité la plus nombreuse – soit la minorité hongroise -, qui compte 1,6 millions d’âmes et a un poids parlementaire d’environ 7% est quasiment abonnée, depuis 1996, à toutes les coalitions gouvernementales. Pour faire court, les experts étrangers sont d’accord que les minorités de Roumanie bénéficient d’un régime auquel les communautés roumaines des pays voisins, tels l’Ukraine, la Serbie ou la Hongrie aspirent en vain depuis 20 ans. Les Tziganes semblent être la seule exception.

Le mois dernier, le Département d’Etat américain estimait, dans son rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde, que du manque de chances sur le marché de l’emploi jusqu’à la dureté excessive de la police, les Roms de Roumanie seraient encore discriminés. Les sondages signalent, à leur tour, que c’est la communauté qui attire le plus l’antipathie de la majorité roumaine. Cette dernière lui attribue les activités délictueuses comme hobby, et le travail et l’hygiène comme phobies. Les sociologues avertissent en même temps que l’identification des causes qui ont conduit à ces ressentiments très répandus s’avère particulièrement laborieuse. Les plus ou moins 500.000 Roms de Roumanie connaissent une polarisation sociale dramatique. A l’une des extrêmes, on retrouve justement la pauvreté extrême des familles avec beaucoup d’enfants qui ne vont pas à l’école, souffrent du froid et de la faim et sont contraints d’apprendre dès la petite enfance, de parents qui n’ont jamais travaillé, les techniques de survie en marge de la loi.

A l’autre extrême, c’est la richesse ostentatoire, les fortunes dont l’origine reste obscure, les palais aux dizaines de pièces et les véhicules de dizaines de milliers d’euros. L’Union européenne est d’accord que le problème des Roms est continental. Forte de 10 millions de personnes environ, les Tziganes sont la minorité ethnique la plus importante d’Europe, présente dans tous les 27 Etats de l’Union. Et les experts de Bruxelles reconnaissent que partout, leurs conditions de vie sont marquées par une exclusion sociale persistante.
Aut. : Bogdan Matei ; trad. : Ligia Mihăiescu

En partenariat avec RRI - http://www.rri.ro/



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Un commentaire

  1. Radio Romania International on

    Bonsoir,

    La Banque Mondiale apprend aux Roumains comment gagner un milliard d’euros de l’insertion sociale des Roms”, fait savoir le quotidien Gândul. L’institution financière vient de rendre publique une étude sur “Les coûts économiques de l’exclusion des Roms” menée en Bulgarie, République Tchèque, Roumanie et Serbie. Et les chiffres en sont époustouflants. En Roumanie, un seul Tzigane sur deux travaille, ce qui fait monter les pertes de productivité à 887 millions d’euros, soit le niveau le plus élevé parmi les pays concernés, poursuit l’article qui s’arrête aussi sur les causes, dont les plus importantes seraient liées au grand nombre de Tziganes vivant en Roumanie, ainsi qu’aux différences de productivité entre les ethniques roms et la population majoritaire. Ce qui plus est, détaille le quotidien, les contributions de cette minorité ethnique au budget de la sécurité sociale publiques sont moins importantes, en raison du taux d’emploi réduit enregistré au sein de cette communauté. Voilà pourquoi, renchérit la Banque Mondiale, une éducation suivie et de bonne qualité serait de nature à freiner ces pertes fiscales qui se montent à 202 millions d’euros par an.

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