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Les vins roumains : un marché en pleine crise

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Après des investissements considérables dans les technologies nouvelles et les plantations viticoles, les producteurs roumains de vin ont eux aussi été frappés de plein fouet par la crise mondiale. Conséquence : en 2009, la production n’a plus progressé au même rythme qu’auparavant et cette année-ci aucun revirement n’est à prévoir.

Parmi les facteurs responsables du déclin du marché roumain du vin, il convient de mentionner le durcissement des conditions d’accès aux crédits bancaires nécessaires à poursuivre les investissements et le changement du comportement des consommateurs. Ainsi, faut-il compter désormais avec une nouvelle orientation des Roumains, qui commencent à priser les vins à prix cassé. Or, disent les spécialistes, la viticulture autochtone n’a pas vocation à produire des vins bon marché.


Selon les données fournies par le Ministère roumain de l’Agriculture et du Développement Durable, les quantités de vin AOC produit et labellisé au niveau national se sont chiffrées à 256.312 hl, ce qui, par rapport aux 305.649 hl obtenus l’année précédente, représentent une baisse de plus de 16% . En outre, les superficies autorisées à la culture de cépages pour les vins AOC ont elles aussi marqué un recul important d’une année à l’autre, de 13,9%, plus précisément, soit 15.493 ha en 2009 contre 17.997 en 2008. Avec une production annuelle de 6,8 millions d’hectolitres, la Roumanie est le 11ème plus grand producteur de vins au monde.

1.500 ha de culture viticole, dont 1200 ha de vignes en production, 8 millions de litres produits en 2009, autant d’atouts qui placent la société viticole Cotnari parmi les principaux producteurs roumains de vin. Comment la société se porte-t-elle cette année ? Réponse avec Catalin Grecu, directeur des ventes de la compagnie :
«Nous avons débuté, en 2010, par un léger handicap au chapitre chiffre d’affaires. Les ventes de vin mis en bouteille ont baissé de 5% l’an dernier, en raison de la migration des consommateurs vers le secteur des vins à bas prix. Ceci étant, nous nous donnons pour but de rentrer dans les paramètres de ventes fixés, soit 10 millions et demi de bouteilles. Même en temps de crise, la société Cotnari a investi plus de 5 millions d’euros dans la plantation de 240 ha de vigne, ainsi que dans la modernisation des fermes viticoles et des outillages, dans l’acquisition de machines agricoles et de technologies de combinat. En 2010, nous continuerons à investir dans la plantation de 300 autres ha de vigne, de sorte qu’avant la fin de l’année notre vignoble atteigne les 2010 ha de superficie. Les cépages plantés l’an dernier c’étaient le Feteasca Neagra, 100 hectares et le Busuioaca de Bohotin, 50 hectares.Cette année, nous envisageons de planter des variétés de rouge. Cotnari est d’ailleurs réputé pour ses cépages autochtones. Grasa de Cotanari ou Francusa sont des crus spécifiques de notre vignoble, mais d’ici trois ans vous retrouverez dans notre portefeuille de vins AOC : le Feteasca Neagra et le Busuioaca de Bohotin ».

Plus de 90% des vins de Cotnari vont vers le marché intérieur, le reste étant exporté à l’étranger, notamment dans des pays où résident de fortes communautés roumaines.

Le producteur de vin Domeniile Ostrov compte investir cette année dans les vignobles quelque 25 millions d’euros. Par ailleurs, dans les trois ans qui viennent, il entend se tailler une part de 5 % d’un marché estimé en 2009 à 450 millions d’euros. Ecoutons Marian Moise, directeur commercial à la société viti-vinicole Domeniile Ostrov :
«Cette année, nous allons dépasser les 25 millions d’euros d’investissements, affectés à deux nouvelles caves et à des outillages pour les travaux viticoles. Domeniile Ostrov est un producteur important de raisin de table, nos cépages étant les plus représentatifs tant en Roumanie que sur le plan international.Nous nous proposons de réinvestir en 2010 plus de 5 millions d’euros dans la plantation, sur 300 hectares, de variétés telles Feteasca Neagra, Riesling ou Feteasca Regala. Un accent particulier est mis sur la qualité et les nouveaux labels. Nos affaires vont très bien, et ce malgré la crise. Depuis le début de l’année, nous avons réussi à vendre plus de 300 mille bouteilles, rien que par le biais des réseaux de distribution. Nous ambitionnons d’atteindre le consommateur roumain par tous les canaux de vente”.

Chaque producteur de vin développe des stratégies de marché pour promouvoir ses produits. Les grands, comme Murfatlar Romania ou Cotnari, ont opté pour les concours dotés de prix, tandis que Domeniile Ostrov ont signé un contrat avec un club de foot de Bucarest pour la commercialisation d’un certain assortiment de vin. Un concept nouveau pour la Roumanie, mais déjà pratiqué ailleurs en Europe, explique Adrian Moise, directeur commercial à la société viti-vinicole Domeniile Ostrov :
«Nous sommes en effet les seuls vignerons à proposer ce type de concept. Le mois dernier nous avons vendu plus de 20 mille bouteilles. Ce vin est consacré à tous les fans du foot et pas seulement aux supporters du club avec lequel nous avons signé le contrat. Nous les avons choisis parce qu’à leurs dires, ils ont plus de 6 millions de spectateurs et de fans, auxquels nous espérons vendre un million de bouteilles».

Le marché roumain du vin est dominé par 4 grands producteurs (Murfatlar, Jidvei, Cotnari et Vincon) auxquels s’ajoutent plusieurs autres vignobles de petite taille. Ils commercialisent, tous, des vins de qualité qui portent le label DOC. Leur taux annuel de croissance sur ce segment est de 5 à 6%. La concurrence est acerbe et se traduit surtout par l’offre généreuse présente dans les étals des magasins et par les nombreuses campagnes de promotion qui visent à attirer les consommateurs vers certaines marques de vin.

Revenons aux statistiques concernant les vins : un Roumain consomme en moyenne 24 litres de vin par an, ce qui le situe près de la limite inférieure des pays de l’Union. En moyenne les Européens boivent entre 20 et 50 litres annuellement. Cela s’explique par le fait qu’en milieu rural nombre de Roumains produisent du vin pour la consommation familiale, ce qui ne fait que réduire la demande sur le marché. Ensuite, le vin n’occupe que la troisième place parmi les préférences des Roumains, après la bière et les boissons alcoolisées.

Aut: Teofilia Nistor, trad.: Mariana Tudose, Alex Diaconescu



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