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Voyage avec un âne dans les Cévennes (R.L.Stevenson)

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A l’occasion du 130ème anniversaire de ce « voyage », j’ai tenu à relire ce charmant petit ouvrage de l’immortel auteur de « L’île au Trésor » et de « Docteur Jeckill et Mr Hyde ». Suite à un chagrin d’amour, Stevenson s’était retiré dans le petit village de Monastier sur Gazeille d’où il voulut partir vers le sud, à l’aventure et à pied. voyage avec un ane dans les cévennesComme il devait se trouver dans l’obligation de bivouaquer et de peut-être ne pas trouver de ravitaillement sur certaines parties de son chemin, il avait pas mal de matériel à emmener qu’il aurait été bien incapable de porter sur son dos. Il fit fabriquer une sorte d’ancêtre des sacs de couchage composé de peaux de moutons retournées et cousues ensemble. A cette époque, le camping était encore inconnu et il devait trimballer réchaud, paniers, lanternes et casseroles, tout un matériel brinquebalant qu’il arrima sur le dos d’une petite ânesse nommée Modestine.

N’ayant aucune notion du maniement de cet animal fantasque, Stevenson eut toutes les peines du monde à s’en faire obéir. Ses déboires avec son âne sont d’un grand comique… Après avoir traversé le Velay et le Gévaudan, escaladé le Mont Lozère et traversé le pays camisard, il parviendra à Saint Jean du Gard d’où il prendra la malle-poste pour Alès…

Ce récit est passionnant à plusieurs titres. C’est un témoignage sur la vie des campagnes profondes de cette époque. Plus pauvres mais plus peuplées que de nos jours. Plus croyantes mais à l’horizon plus restreint. Plus solidaires, mais parfois très méfiantes vis-à-vis de l’étranger. En bon écossais protestant, il se sentira mieux en pays camisard que chez les catholiques de la région du Puy. D’ailleurs, il retrace brièvement l’histoire de cette révolte occasionnée par la monstrueuse erreur commise par Louis XIV en révoquant l’Edit de Nantes et en envoyant les Dragons « pacifier » (c’est-à-dire génocider) une région « rebelle ». La République pratiquera de même en Vendée quelques années plus tard, mais au détriment des catholiques royalistes cette fois. Comme quoi ce n’est pas d’aujourd’hui que l’intolérance la plus bête et la plus sordide sévit sous nos latitudes. Stevenson note avec honnêteté qu’au moment où il passe, si les souffrances subies ne sont pas oubliées, catholiques et protestants vivent néanmoins en parfaite harmonie.

Tous les randonneurs devraient lire ce livre parce qu’il fut le premier traitant du sujet et que l’on peut considérer Stevenson comme le père fondateur de la randonnée itinérante moderne. On mesure l’ampleur de sa descendance et les progrès réalisés depuis cette « première ».



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