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Alba Iulia, la ville blanche de Transylvanie, un espace de cohabitation pacifique

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Alba Iulia est une ville roumaine de Transylvanie, appelée en allemand Karlsburg ou Weissenburg, en saxon et Gyulafehérvár. Dotée d’un riche patrimoine historique, Alba Iulia est une ville marquée par ses diverses influences et notamment ses deux cathédrales orthodoxe et catholique…


Alba Iulia en Transylvanie

Qu’est-ce qui m’a attiré en Alba Iulia, moi qui obtenais régulièrement des notes inférieures à la moyenne en latin ? Boulevardul 1 decembrie 1918, il neige…. Avais-je dit pour vous présenter un restaurant alba-julien, situé à deux pas de l’hôtel que j’avais choisi en ce début février, après une chute de neige bien gênante pour moi. Pourquoi Bulevardul 1 decembrie ?

Et moi de répondre stupidement que c’était le nom du Boulevard sur lequel se trouvait le restaurant Go.in en question, point à la ligne. C’est vrai que ça aurait été stupide de parler de la rue Montaigne à Paris, puisque celle-ci était éloignée de plus de 1 500 kilomètres alors que le Bulevardul passe à moins de dix centimètres de la porte cochère.

Le lendemain de mon diner au Go.in, je fais le tour de la ville, et reviens traverser cette grande place qui n’a pas vraiment d’âme ni n’exhibe de bâtiment intéressant. Le style Caucescu n’a rien d’impérissable, d’ailleurs les nombreuses constructions de béton sont déjà mangées aux mites. Donc dans ma mémoire, voici un coin de ville qui n’est qu’un triste croisement de rues, avec un grand vide, la place aujourd’hui enneigée. En faisant un peu de recherche, en revanche, – la recherche que Parenthèse a d’ailleurs effectuée -, on apprend tout a fait autre chose : Le premier décembre 1918, la même place, certainement ornée d’immeubles d’un autre style et d’un autre âge, était couverte de monde, de plusieurs centaines de milliers de roumains, venus fêter ici le rattachement de nouvelles provinces à la Roumanie en formation.
Chaque premier décembre, alors que les français s’apprêtent à passer un mauvais deux décembre funeste (des évènements qui se sont déroulés sous un autre régime il y a plus de deux siècles), les roumains, bien au contraire, exultent, festoient, et célèbrent donc leur fête nationale, célébrant ainsi un rassemblement qui a eu lieu ici même sur cette place dont un des Boulevards porte donc ce prestigieux nom de Bulevardul 1 decembrie 1918, que je regarde ce soir de ma chambre au 8eme étage de l’hôtel Cetate.
Qu’est-ce qui m’a attiré en Alba Iulia, moi qui obtenais régulièrement des notes inférieures à la moyenne en latin ? Le fait sans doute que, étant parti à 400 kilomètres de ma base le vendredi soir, je me suis retrouvé avec 20 centimètres de neige le samedi en début d’après-midi, et par conséquent à chercher un plan B, car je ne pouvais visiblement pas prendre le risque de conduire quelques dizaines de kilomètres de plus dans la mauvaise direction, c’est-à-dire plein Sud comme dans mon projet initial, alors que je devais me retrouver plein nord à nouveau le dimanche soir. J’ai donc passé la nuit du samedi au dimanche à 300 kilomètres de ma base dans une ville encore transylvanienne, mais sur un axe important. Ce fut Alba Iulia, dont j’ignorais pourtant encore l’existence ne serait ce quarante huit heures avant. Mais le monde entier est plein de villes dont ne connais point le nom ni l’existence, alors, une de plus, une de moins, rien pour m’étonner vraiment.

Où se situe Alba Iulia?

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Je suis en Roumanie, pays coincé contre la Mer Noire, et délimité par trois fleuves : Le Danuble au Sud, le Prout au Nord Est, et la Tisa, partiellement au Nord Ouest. Les Carpates occupent une grande partie du ‘milieu’ du pays, précisément dans la région nommée Transylvanie, et Alba Iulia s’en trouve sur le flanc ouest (Sigishoara est plutôt sur l’autre), coincée entre les Carpates bien connues de nom en France, et la chaine de l’Apuseni dont personne n’a jamais entendu parler (Si, moi, la semaine dernière, en atterrissant à Oradea). Sur une des deux routes qui rejoint l’Ukraine à Bucarest par l’ouest, si je veux faire un très gros raccourci, Alba Iulia est une ville importante (66 000 habitants).
Cette première route va de Cluj-Napoca à Bucarest en passant par Alba Iulia, mais n’est pas l’axe préférentiel (Cluj est à 100 kilomètres), l’autre passe par Targu-Mures (100 kilomètres également) puis Sigishoara. Du fait de la présence d’une citadelle (Cetate) je pensais que c’était une ville bâtie sur une colline ou une montagne, comme Sibiu ou Sigishoara ou tant d’autres, mais il s’avère que c’est une ville de plaine. La Transylvanie voisine est un pays de vin, mais surtout le centre de la Roumanie saxonne, nom qu’elle doit a une importante communauté allemande implantée ici depuis le treizième siècle qui a survécu longtemps, et développé une importante série de citadelles et de villages fortifiés de façon a se garantir des invasions diverses (tatars, ottomans, …). Il faut noter que le pays a de tout temps été un lieu de refuge, de par la présence des forêts (Les Daces du temps des romains s’y sont sérieusement implantés).


Brève histoire d’Alba Iulia

Je cite cette phrase tirée de Wikipedia qui vous en dit plus sur le nom de la ville. La ville en porte quatre, en fait, de noms : En romain : Apulum, en roumain Alba Iulia (en allemand Karlsburg, en hongrois Gyulafehérvár) La ville de Alba Iulia doit son nom à une implantation romaine. En effet, les romains avaient des problèmes avec les Daces (mais qui ne le sait pas ?) et devaient constamment entretenir des garnisons pour maintenir ce peuple turbulent sous contrôle après avoir longtemps guerroyé du temps de Trajan. La ville de Alba Iulia est sur une de ces rivières calmes qui ont descendus les Carpates, pour traverser la plaine et se jeter dans la Tisa hongroise plus tard (pas ce soir), laquelle Tisa fait ensuite cap plein sud pour rejoindre de Danube. Mais, la Tisa, le Sud, tout ça c’est bien loin d’ici. On est encore dans la montagne et on était autrefois (pas hier, mais il y a 500 ans) dans un lieu de passage des invasions, des Go (pas ‘in’ du tout) aux Huns, des des Huns aux Magyar, pour citer aussi les Ottomans et les turcs. Bref, ici, ça a été un peu … le bordel !

Visiter Alba Iulia ; au coeur des territoires saxons

La ville d’Alba Iulia est composée de divers quartiers, dont le centre (Centru) et la Citate déjà citée. Le centre de cette dernière est l’ancienne ville saxonne, implantée à l’intérieur d’une grande enceinte protectrice, sur plan à la Vauban, du moins c’est ce que je crois comprendre en lisant la carte. Le quartier s’appelle d’ailleurs aussi VAUBAN. Le tour de ces remparts doit faire au moins 3 a 4 kilomètres, ce sont des kilomètres très biscornus, car le rempart intérieur est protégé de l’extérieur par une douve énorme, laquelle remonte en face sur un autre mur d’enceinte aussi haut. L’ensemble est réalisé en brique, et fait l’objet de beaucoup de contorsions.

 L’intérieur de la citadelle

Visite assez longue, ce que je subodorais, donc j’ai préféré la faire en footing. Bien m’en a pris, car la visite des douves (une bonne quinzaine de mètres de profondeur presque tout autour de la citadelle, disons 300 degrés sur 360) pourrait paraître un peu longuette a celui qui l’entreprend à pieds, et s’il est seul, il pourrait trahir quelques inquiétudes d’autant que l’on trouve ici aussi, comme partout en Roumanie des chiens errants.
En ce jour de février, la neige étant tombée en abondance, le sol est gelé (moins 6 la nuit), et c’est donc sur une véritable patinoire que je commence mon tour, en descendant depuis la porte principale du côté de la grande place (la vraie porte principale de la cetate située à l’opposé est en réparation, et elle est fermée a la circulation automobile, mais elle donne sur un superbe paysage de campagne environnante) par un chemin qui part sur la gauche. Il se trouve qu’il est emprunté par les quelques commerçants qui utilisent des réserves ménagées dans les murs comme entrepôts (l’un fait du vin, l’autre vend des produits pour la construction). Quelques autres anciens bâtiments adossés tant bien que mal aux énormes murs de briques en excellent état semblent avoir été abandonnés, je pense qu’ils en servent plus de refuge qu’aux chiens errants et aux rats.

Restaurants et Hôtels à Alba Iulia

A lire les prospectus, je comprends qu’il y a quelques hôtels et beaucoup de restaurants, bars, ici. Le fait que la ville soit étudiante semble donner un coup de nerf à l’activité, contrairement à d’autres villes que j’ai traversées, et où les restaurants sont au point mort. Pour ce qui est de l’hôtel, je vais parler de celui que j’ai choisi, un des deux listés dans le seul guide que j’ai emmené, le guide évasion de Hachette. Hôtel Cetate, qui est dans la cetate. Mon guide donne deux étoiles sur quatre. Comme il dit d’un autre hôtel de la même ville qu’il est sans charme, je comprends donc que celui-ci en a un peu.
L’hôtel est un bâtiment de béton d’une douzaine d’étage, avec 110 chambres, et un air du genre de l’hôtel de la porte Maillot a Paris, sauf que le béton a vieilli. Il donne sur une place énorme, ou tout piéton est une fourmi perdue ; J’ai dégoté une chambre au sixième étage, dont le mobilier est décati, mais la vue est splendide. Affiché : 175 lei, soit 45 euros, et la donzelle me proposait une chambre améliorée à 58 euros. C’est quoi amélioré demandes-je ? C’est parait-il une chambre dont le mobilier était en meilleur état. Franchement, puisque c’est mon patron qui paye, je suis prêt à payer plus cher, mais pas le double quand même. Bien évidemment, en plus des daces, les envahisseurs, en particulier, venant d’Asie, ont été également un souci constant.
La Cetate, citadelle, a été créée par les allemands implantés dans la région (de longue date : plusieurs siècles à l’époque), et emprunte un plan à la Vauban, assez superbe d’ailleurs. Juste à l’écart de cette cetate, devant l’entrée principale (il y a deux entrées dont l’une est actuellement en rénovation, et s’ouvre sur l’extérieur, la campagne dirait-on chez nous) le centre ville comporte le plus grand hôtel de la ville, l’hôtel Cetate, et un certain nombre de commerces qui ont fleuri dans ces rues modernes, entre des bâtiments de l’époque Caucescu. Le restaurant Go In dont j’ai déjà parlé m’est conseillé par la réceptionniste de l’hôtel laquelle parle français, il faut le noter. Je m’y dirige donc ce samedi soir d’hiver ou il vient de neiger abondamment, les routes et les rues se sont transformées en un mélange de patinoire (la température n’est jamais remontée au-dessus de zéro dans la journée) et de station de ski (il y a plus de quinze centimètres en certains endroits). Ce restaurant est situé à trois minutes de marche de l’hôtel, il suffit grosso modo de traverser la place.

Mon avis sur Alba Iulia en bref

Une soirée et une matinée me semble suffisants pour consacrer une visite à Alba Iulia. Dommage que cette grande cité semble receler plus de ressource restauratoire que bien des villes et des villages infiniment plus jolis que j’ai traversés, mais il faut faire un choix quand on visite un pays !



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