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Les chiens errants en Roumanie : un problème ancien jamais résolu

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Les chiens errants en Roumanie constituent un problème ancien et qui n’a jamais été abordé de front dans la société roumaine, bien qu’ils soient sources d’insécurité, de dégâts, de risques hygiéniques et de malpropreté. Faut-il avoir peur des chiens errants lorsqu’on voyage en Roumanie?

Les chiens errants en Roumanie, voilà un problème de longue date et toujours pas résolu. Les explications vont des hésitations  à élaborer des lois claires  jusqu’à l’incapacité des autorités à mettre en place celles qui existent. Les chiens sans maître sont source de malpropreté, de maladies, d’insécurité sur l’espace public.

Opinion publique divisée sur les chiens errants en Roumanie

          

chiens errants en roumanieLa question des chiens errants en Roumanie n’a jamais été abordée de front,  ni même quand ils ont tué des gens. Les chiens continuent de vagabonder dans les rues justement à cause du balbutiement des décideurs et d’une opinion publique chancelante et divisée. Invitée au micro de RRI, l’historienne Constanţa Vintilă-Ghiţulescu, de l’Institut d’histoire  ”Nicolae Iorga” de Bucarest,  nous a parlé de la façon dont le problème des chiens errants en Roumanie a été géré au fil du temps dans le milieu urbain.  « Les chiens errants en Roumanie sont un problème permanent. Toutefois, ce n’est qu’à la seconde moitié du 19e siècle que des mesures ont été prises pour les chasser des villes. Jusque là, ils étaient partout, notamment auprès  des maisons dépourvues de clôture où ils trouvaient refuge. L’image de la capitale, Bucarest, ou bien celle de Iasi, une autre grande ville du pays, était alors toute différente de leurs visages actuels. Enfin, à cette époque-là, les chiens errants posaient problème à toute l’Europe. Le premier document l’attestant et que nous avons pu trouver date de 1810. Il consigne la préoccupation des Russes pour la question et les mesures qu’ils mettent en place. C’était à l’époque de l’occupation russe des principautés roumaines, pendant la guerre russo-turque de 1806-1812.  Il paraît que les autorités de l’époque décident de capturer les chiens errants ou en état de divagation et de les tuer. Seulement voilà, elles se heurtent à l’opposition des propriétaires de chiens. Des notifications commencent à circuler qui conseillent à ces propriétaires de tenir leurs animaux en laisse dans la cour de leur maison, sinon ils risquent l’extermination de leurs animaux. Malheureusement, une fois que les Russes quittent le territoire de la Roumanie, en 1812, cette mesure n’est plus appliquée. Elle sera reprise en 1850, lorsque la ville entamera des travaux de modernisation, d’urbanisme et de salubrité publique selon le modèle français. Enfin, en milieu rural, les chiens étaient vraiment omniprésents, car on ne les tenait pas en laisse. »

                 

         A la nuit tombée, les meutes de chiens errants en Roumanie s’emparaient des villes,  raconte  encore Constanţa Vintilă-Ghiţulescu.  « Les consuls du Royaume Uni et de la France, présents à Bucarest et Iasi jusqu’en 1859 évoquent l’impossibilité de circuler la nuit dans les rues de Bucarest et de Iasi à cause de ces chiens omniprésents. Il existe un témoignage de 1850 qui parle des chiens de la Dâmbovita, la rivière qui traverse la capitale roumaine. Comment s’explique leur présence ? De nombreux abattoirs, manufactures de  tannerie et de transformation de la viande se trouvaient sur les rives de la Dâmbovita. Ces petits entrepreneurs jetaient tout dans la rivière et c’est pourquoi les chiens y trouvaient de la nourriture. Or, une randonné dans ce quartier était synonyme d’un suicide. En 1852, les pouvoirs locaux des villes roumaines réclament des mesures contre les chiens sans propriétaire. C’est ainsi qu’apparaît l’idée de la construction de la première fourrière animale, initiative justifiée par le fait que les chiens étaient tuées dans la rue, dans un paysage effrayant. C’est à ce moment-là que se fait entendre le discours humaniste : on ne peut pas tuer des chiens sur l’espace public. L’opinion publique, elle,  condamne le travail des employés de la municipalité qu’elle accuse d’offrir un spectacle incroyable. »

Chiens errants en Roumanie ; agressivité et morts

 

Les chiens errants en Roumanie ont tué des gens dans l’espace roumain et il existent plusieurs témoignages en ce sens. Dans le cas des chiens enragés, la situation est pire. Extrêmement agressifs, avec un comportement à moitié sauvage et l’instinct des canidés de former des meutes, les chiens vagabonds étaient venaient compléter le paysage  apocalyptique des périodes d’épidémies.  Constanţa Vintilă-Ghiţulescu. « L’une des publications de l’époque publie des témoignages sur les chiens enragés qui à un moment donné, investissent les villages, pour dévorer tous ce qui croise leur chemin. De nombreuses recettes de remèdes de bonne femme contre la rage sont également publiées dans la presse de l’époque. Les journaux évoquent aussi la présence des loups. Dans le milieu rural et notamment en montagne, aux côtés des chiens enragés, les loups étaient une présence constante, notamment pendant les nuits d’hiver. Les chiens deviennent très agressifs en temps d’épidémies, lorsque la nourriture est déficitaire parce que les hommes s’isolent. Le spectacle est atroce puisque pendant une épidémie de peste par exemple, les corps sont sommairement enterrés et parfois les malades sont même enterrées encore vivants. Les gens sont tellement effrayés qu’ils choisissent d’enterrer les mourants au plus vite. Je disais que le spectacle était atroce parce que les chiens déterraient des cadavres et des mourants qu’ils traînaient ensuite dans les rues des villes. Durant les épidémies, la nourriture constituait un gros problème, tout comme de nos jours d’ailleurs. »

 

 Au cours des périodes historiques qui s’en suivirent, la Roumanie a constamment échoué à résoudre la question des chiens errants. Pendant le communisme par exemple, la population canine a carrément explosé. En effet, la systématisation des villes roumaines a impliqué la démolition de nombreuses maisons. Leurs propriétaires, obligés à s’installer dans des immeubles à plusieurs étages, ont abandonné leurs chiens dans la rue. Pour redevenir des animaux domestiques, les chiens vagabonds ont besoin de toute l’attention des humains. Chose que nombre de Roumains ne comprennent toujours pas.

Pour en savoir plus sur le problème des chiens errants en Roumanie:

 

 

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Maidanezii din România

Câinii vagabonzi au devenit, datorită limbajului corectitudinii politice, câini ”fără stăpân” şi câini ”comunitari”.

Câinii vagabonzi au devenit, datorită limbajului corectitudinii politice, câini ”fără stăpân” şi câini ”comunitari”. Limba vie, informală, a inventat însă şi un alt termen mai apropiat de realitate, ”maidanezi”, oarecum apropiat de cel original, de ”vagabond”. Maidanezii au fost mereu o problemă nerezolvată a României, iar explicaţiile acoperă un evantai care merge de la şovăiala în a concepe legi clare şi riguroase şi până la incapacitatea autorităţilor de a le pune în aplicare.

 

Câinii vagabonzi sunt asociaţi mizeriei, bolilor, nesiguranţei pe străzi. Problema maidanezilor nu a fost abordată frontal nici măcar atunci când aceştia au ucis oameni. Aceeaşi bâlbâială a autorităţilor şi aceeaşi confuzie a opiniei publice au permis ca animalele să rămână pe străzi, deşi în teorie ale tuturor, dar în realitate ale nimănui, şi să-şi impună comportamentul instinctual asupra celui raţional al oamenilor. Istoricul Constanţa Vintilă-Ghiţulescu de la Institutul de Istorie ”Nicolae Iorga” din Bucureşti ne-a povestit despre locul pe care îl ocupau câinii vagabonzi în peisajul oraşelor româneşti din prima jumătate a secolului al 19-lea.

 

Maidanezii sunt o problemă permanentă a României, dar în secolul 19, abia la jumătatea sa, se pune problema eliminării lor din spaţiul urban. Până atunci, sunt o prezenţă reală şi datoriă faptului că multe case nu au frontiere, nu există garduri, şi atunci câinii pripăşiţi pe lângă case sunt câinii tuturor. Asta şi pentru că Bucureştiul şi Iaşiul acelor epoci nu arătau aşa cum arată astăzi, cu îngrădiri şi proprietăţi bine delimitate, dar şi pentru că ei sunt o problemă a întregii Europe. Primul document pe care l-am găsit este cel din 1810 când ruşii, care ocupaseră Principatele în timpul războiului ruso-turc din 1806-1812, sesizează această prezenţă canină pe străzi şi recrutează o echipă de hingheri care să-i adune şi să îi ucidă. Numai că vor intra în conflict cu proprietarii, cu oamenii care aveau câini. Încep să apară circulare prin care proprietarii sunt avertizaţi să-i pună în lanţ, să-i ţină în curţi, pentru că altfel vor fi expuşi eliminării. Numai că, după ce ruşii vor pleca în 1812, măsura cade în desuetudine. O regăsim în 1850 când oraşele încep să se structureze când este copiat modelul francez de salubrizare şi urbanizare. În mediul rural ei sunt peste tot, bineînţeles nu sunt ţinuţi în lanţ, sunt o prezenţă într-un spaţiu locuit de oameni.

 

 În ochii străinilor, câinii vagabonzi devin celebri, ei sunt o marcă ai locurilor. Constanţa Vintilă-Ghiţulescu spune că haitele de câini vagabonzi erau stăpânele oraşului după căderea întunericului.           

 

Consulii Marii Britanii şi ai Franţei, prezenţi la Bucureşti şi Iaşi până la 1859, vorbesc de imposibilitatea de a circula noaptea pe străzile din Bucureşti şi Iaşi din cauza acestor câini care sunt peste tot. Există o mărturie de pe la 1850 care vorbeşte de câinii de Dâmboviţa. De ce erau acolo? Pe Dâmboviţa erau multe abatoare, manufacturi de tăbăcărie şi de prelucrare a cărnii. Acei mici întreprinzători aruncau totul în râu, şi-acolo erau prezenţi foarte mulţi câini pentru că aveau cu ce să se hrănească. Or, o plimbare în această zonă era aproape o sinucidere. În 1852 apare o circulară a eforiei oraşelor prin care se cere măsuri împotriva câinilor. Apare ideea construirii primului adăpost pentru că justificarea era că nu mai puteau fi ucişi, priveliştea fiind îngrozitoare. Apare discursul umanităţii: se spunea că suntem oameni şi nu putem ucide câinii în văzul tuturor, se condamna faptul că hingherii ofereau un spectacol incredibil.

 

 Maidanezii au omorât oameni în istoria lor românească, şi mărturiile nu lipsesc în acest sens. În cazul câinilor turbaţi, lucrurile luau o întorsătură cutremurătoare. Extrem de agresivi prin comportamentul lor pe jumătate sălbăticit şi al instinctului de canide de a se aduna în haite, maidanezii erau prezenţe care întregeau imaginea apocaliptică din timpul epidemiilor. Constanţa Vintilă-Ghiţulescu.

 

Într-una din gazetele vremii există mărturii despre câinii turbaţi, câini care, la un moment dat, pătrund în sate, nu în mediul urban, şi sfîşie pe oricine întâlnit în cale. De aici se observă un pericol ca şi din numeroasele reţete împotriva turbării. Dar aici este vorba şi de lupi, nu doar de câini. În mediul rural, mai ales în zonele de munte, lupii sunt o prezenţă constantă, mai ales noaptea şi pe timp de iarnă, alături de cîinii turbaţi. Câinii devin foarte agresivi în perioadele de epidemii, atunci când mâncarea este mult mai puţină pentru că lumea se izolează. Spectacolul oferit este atroce pentru că în timpul ciumei cadavrele sunt îngropate mai la suprafaţă sau cei bolnavi de ciumă sunt îngropaţi chiar înainte să moară. Lumea este atât de speriată încât în momentul în care cineva trage să moară nu mai aşteaptă lucrul acesta. Spectacolul este atroce, cum spuneam: câini care dezgroapă cadavre sau oameni aproape morţi târându-i pe străzi. În timpul epidemiilor hrana este o mare problemă, ca şi astăzi.

 

 În toate perioadele istorice care au urmat, România a eşuat constant în a rezolva problema maidanezilor. În anii comunismului, populaţia canină a explodat din cauza demolărilor şi a părăsirii câinilor de către cei care s-au mutat la bloc. În ciuda neplăcerilor pe care le produc, câinii vagabonzi sau maidanezii au nevoie, ca animale domestice, de toată atenţia oamenilor. În definitiv, victoria lor înseamnă eşecul cetăţenilor.

Steliu Lambru

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Traduction :Mariana Tudose, Alex Diaconescu

Auteur : Steliu Lambru



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A propos de l'auteur

L'équipe de Radio Romania International : Andrei Popov, Valentina Beleavski, Alex Diaconescu, Ileana Taroi, Alexandra Pop, Dominique, Mariana Tudose, Ioana Stancescu, Costin Grigore. ________________________________________________________________________________________________________ Découvrez la Roumanie et l'actualité roumaine sur le site de Radio Romania International

2 commentaires

  1. C’est vraiment dommage que ça ne soit toujours pas réglé car ça fait affreusement peur et ça ne peut que rebuter de nombreuses personnes qui souhaiteraient découvrir ce pays.

    • Je pense que l’article explique pourquoi historiquement, cela semble si complexe et pourquoi la société roumaine est divisée ou timorée, mais je ne comprends pas néanmoins pourquoi cela atteint un tel niveau d’inaction. Il y eut une époque où il était question d’euthanasier une grande partie des chiens errants en Roumanie, mais je me rappelle que les associations de défense animales dont celle de Brigitte Bardot s’étaient indignées et avaient obtenu un renoncement, sans pour autant apporter une solution. Des efforts ont été faits, surtout à Bucarest, où on en croise très peu, du moins dans le centre historiques. Après dans la campagne, c’est une autre chose et finalement, l’élimination naturelle se fait souvent sur les routes où ils errent pour chercher leur nourriture. C’est très compliqué mais pas de quoi être effrayé. Pour être allée plusieurs fois en Roumanie et ce depuis une vingtaine d’années, cela ne doit pas être un motif pour renoncer à découvrir la Roumanie. En revanche, bien être vacciné contre le tétanos!

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