Sur le chemin de Stevenson de Hervé Bellec
Magnifique ouvrage que nous offrent là les Editions Ouest France dans la collection « Itinéraires et découvertes », véritable guide du chemin que l’écrivain R.L. Stevenson parcourut en 1878 en compagnie de son ânesse Modestine dans le sud du Massif Central, entre Le Monastier sur Gazeille et Saint Jean du Gard et qu’il raconta dans un livre demeuré célèbre : « Voyage avec un âne à travers les Cévennes ».Lire la suite »Sur le chemin de Stevenson de Hervé Bellec
Un charmant livre raconté par quelqu’un qui connaît vraiment l’Afrique, qui y a séjourné longtemps, vécu avec ses habitants et voyagé avec les moyens du cru, c’est à dire le train ( d’où le titre ), le taxi-brousse etc… On suit ses aventures avec intérêt, amusement et étonnement parfois. On est loin des images sur papier glacé des tours-opérators et du Paris-Dakar. 
Sur les chemins de Compostelle de Huchet-Boëll est un très beau livre sur le pélerinage le plus ancien et le plus célèbre d’Europe. C’est une véritable somme. Tout y est : la dimension historique, religieuse, géographique, culturelle et architecturale.
Clemens Forell est fait prisonnier à la fin de la deuxième guerre mondiale par les soviétiques. Simple soldat allemand, il devrait « bénéficier » du statut de prisonnier de guerre. Mais il n’en sera rien. Les communistes lui font un procès et le condamnent à vingt ans de goulag pour crime d’espionnage et haute trahison et le voilà parti pour le grand nord entassé dans un fourgon à bestiaux.
Un vieux pêcheur tahitien, l’un des derniers encore capable de harponner le mahi-mahi de façon traditionnelle se retrouve perdu en pleine mer suite à une panne de moteur. Dès le lendemain, son frère, pêcheur également, la gendarmerie et de nombreux autres pêcheurs partent à son secours. En vain.
L’auteur , jeune officier polonais se retrouve capturé par les Russes lors de l’offensive soviétique contre la Pologne . Accusé d’espionnage , il est torturé sauvagement , mais n’avoue jamais . Interné à la Loubianka , il est condamné à 25 ans de travaux forcés en Sibérie . Il y est déporté après un long voyage inhumain en train plombé puis tiré le long d’une immense chaîne de prisonniers trainés par un camion jusqu’aux confins du cercle polaire .
Dans la lignée de la « Croisière Jaune » et dans l’esprit des routards des années 60/70, Edouard Cortès et Jean Baptiste Flichy décident de rallier Paris à Saïgon en 2 CV en se lançant sur les traces de leurs illustres prédécesseurs, Guy de Larigaudie et Roger Drapier qui furent les premiers à réussir pareil exploit en 1938. Il semble que de nos jours ce périple automobile soit tout aussi difficile. Il leur a fallu franchir 16 000 km de routes et de pistes à travers 15 pays plus ou moins accueillants. Un voyage de six mois qui vira à l’épopée.
Bernard Ollivier, sexagénaire passionné de marche à pied (il est déjà allé à Saint Jacques de Compostelle) décide en 1999 de se lancer sur la route de la Soie, d’Istanbul (Turquie) à XiAn (Chine) soit un périple incroyable de 12 000 km. Comme il est impossible de parcourir certaines portions du chemin en hiver, il ne marchera qu’à la belle saison et repartira l’année suivante de l’endroit où il aura arrêté. Il relate cette belle aventure en trois tomes plus passionnants les uns que les autres.




Foin des nuances entre écrivain-voyageur et voyageur-écrivain… Nicolas Bouvier relèverait plutôt de la première catégorie . Ayant relativement apprécié ses grands livres » L’usage du monde » , « La descente de l’Inde » , « Chronique japonaise » et » Le poisson-scorpion » , j’étais resté sur ma faim en ce qui concerne l’homme , ses motivations et ses sentiments .
Après être allé à Saint Jacques de Compostelle, avoir parcouru la route de la Soie et raconté son incroyable périple pédestre dans sa trilogie la « Longue Marche », à 70 ans, Bernard Ollivier s’est lancé un nouveau défi : descendre la totalité du cours de la Loire d’abord à pied puis en canoë depuis le Mont Gerbier de Jonc jusqu’à Nantes.
Dans ce dernier tome, Bernard Ollivier nous raconte les deux derniers tronçons de sa longue marche sur la route de la soie dont il ne reste d’ailleurs quasiment rien. Merci Gengis Khan, merci la conquête islamique. Au fin fond de l’Asie Centrale, toujours tirant son chariot prototype, il foule les neiges du Pamir, se perd dans les ruelles de la ville mythique de Kashgar et longe les déserts brûlants du Takla-Makan et de Gobi.
Le légendaire Bernard est décédé, mais il nous a laissé ce livre merveilleux où il nous raconte par le détail sa vie hors du commun. Il est né en Indochine, française à l’époque, où il eut une enfance très heureuse et très proche de la nature. Il y ressent très jeune l’appel du grand large et se construit son premier bateau qui sera suivi de beaucoup d’autres. A peine majeur, il achète sa première jonque, un rafiot pourri et fort peu maniable et, ne doutant de rien, se lance sur les mers.